lieux communs (et autres fadaises)

mercredi 18 septembre 2019

en cure à cabourg

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THALASSO
de Guillaume Nicloux

les rillettes ça se mange avec un dentier
Sacré Guillaume Nicloux. Ah ah ah (genre de rire édenté nicotiné houellebecquien). J'ai longtemps suivi sa carrière de loin en loin (Le poulpe, 1998, Cette Femme-là 2003, Holiday 2010), allant en voir certains et n'allant pas en voir pas mal d'autres... Et voilà que ces derniers temps  je m'intéresse à lui de beaucoup plus près, suivant avec assiduité, le temps de trois films consécutifs, sa trajectoire... singulière (il n'est jamais tout à fait là où on l'attendait) : Valley of love, Les Confins du Monde, et ce Thalasso ci (je n'avais pas en son temps vu L'enlèvement de Michel Houellebecq -l'écrivain ne m'intéresse pas et le personnage public m'agace- et, rétrospectivement je l'ai -un peu- regretté à présent). Houellebecq est de retour dans cette cure-là (de même que Depardieu, présent dans les  films pré-cités).

dieu peut ce qu'il veut
Parlons franc : je ne brûlais pas d'envie d'aller voir ce film-là, j'avais juste une place à 4,90€ dans une main et l'envie de savoir si la passe de trois allait se concrétiser dans l'autre. Et... bingo! Pourtant ça n'était pas joué d'avance : le début (Mimi fait une cure, mais fait bien son Mimi aussi...) distille un certain ennui poli (et on se demande comment le film va pouvoir tenir les quatre-vingt-treize minutes annoncées -et on envisage même de pouvoir bientôt quitter la salle si ça ne continue que comme ça.- Et on se dit qu'en plus on va puer la clope...)

Vous êtes la honte de la France
Puis petit Mimi rencontre Gros Gégé (c'est bien là-dessus que la com' sur le film se construit), on bifurque sur un peu autre chose d'un peu plus drôle (les nourritures terrestres et les spirituelles) et il faut admettre qu'on est déjà un peu plus titillé / hameçonné, et voilà que fait irruption (on est un spectateur malin, on a deviné) un des bras-cassés qui avaient kidnappé Houellebecq, dans le film précédent (celui que je n'ai pas vu il y a cinq ans), ajoutant un ténu brin d'intrigue, auquel, intrigué, on s'accroche (pourquoi Ginette a-t-elle annoncé à Dédé qu'elle le quittait?), puis voilà que débarque carrément toute l'équipe des fameux kidnappeurs, improbabilisant encore un peu plus le récit, (tout ça pendant que tout le personnel s'agite pour savoir si c'est vraiment Sylvester Stallone qu'on a vu tout nu sur la plage de Cabourg), et qu'on a plus du tout envie de quitter son siège, jusqu'à l'arrivée du train en gare de la Ciotat  jour J annoncé depuis le début du film par les intertitres (on a commencé à J-4) et ses élucubrations barrées (bon ils n'ont pas sucé que de la glace, il n'y a qu'à voir ce qui reste sur la table basse), tout le monde serré dans une petite chambre, jusqu'à un étonnant final métaphysico-grand n'importe quoi (lui-même démenti par une fin après la fin au début du générique (et comme on est dans le bôô cinéma, les lumières de la salle se sont -évidemment- déjà rallumées et c'est crispant ) où on se surprend pourtant à jubiler.

"La référance à la vérité est plus importente que la vérité elle-même"
Le ton, les personnages, les situations, les dialogues, feraient pencher mon coeur de cinéphile du côté du Blier de Buffet froid. ce qui est plutôt bon signe. "Bancal, épicurien, clivant, espiègle, virtuose, jouissif, absurde, misanthrope" voilà un petit florilège des épithètes glanés ça et là au fil des critiques. Et auxquels j'adhère (tiens, il manque nihiliste). Et, pour rester dans le ton, la scène que je garderai sans doute du film, paradoxalement, ne concerne ni Depardieu ni Houellebecq. C'est celle où deux mastards, allongés côte à côte en slip noir sur leur lit double immaculé (ils n'ont pas réussi à obtenir de chambre avec deux lits séparés) dissertent sur le sens de cette phrase que l'un d'eux (l'impressionnant Luc Schwartz) a trouvée, dissimulée dans une douille, et qui figure en titre de ce paragraphe (orthographe respectée). Un genre de message de Ginette à l'attention (l'intention ?) de Dédé ? Conjectures. (Conjonctures ?, on s'y perd.)

Tous des Sussex!
Oui, improbable (-issime) mais... séduisant à sa façon (comme le sont à leur façon les corps hors-normes des deux protagonistes principaux). Fascinant serait plus juste. (Je pourrais même pousser le curseur jusqu'à enthousiasmant). Un film qui fera, oui, glousser certains. Et caqueter pas mal d'autres. (Je me revendique de la race des glousseurs).

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Si vous avez l'occasion, allez voir la bande-annonce du film, je la trouve irrésistible!!

Pas de machine à gifles, mais sortons cette fois la machine à caresser la joue, et pour les Cahiaîs tiens, qui résument plutôt bien la chose : "(...) la rencontre entre Houellebecq et Depardieu tient lieu de numéro d’anarchie et de trivialité souvent jubilatoire, entre survivalisme éthylique et délicieuses envolées mystiques."
Tiens, et une fois n'est pas coutume,  décernons la même récompense pour Téléramuche : "Thalasso est un film de zombies. Mais Guillaume Nicloux en fait aussi une fascinante expérience de détox existentielle."

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mardi 17 septembre 2019

this side of paradise


The midnight oyster bellies bug you
From inside you want to scream
The comic cut is your arrival
Your reflection is obscene

Well you're looking for another end
Doing time
But you still can't turn away
Well you're looking for a real friend
Any kind
who wants to play the games you play

On this side of paradise
Wher you're never going to go through twice
Stay tuned at any price
To this side of paradise

Cylinder dreams passing in stages
Lethargic grins left to bare
Broadway windows cubical cages
Where escape is fairly rare

Well you're looking for another end
Any Time
But you still can't turn away
Well you're looking for a real friend
Any kind
That wants to play the games you play

On this side of paradise
You're never going to go through twice
Stay tuned at any price
To this side of paradise

You've got to keep yourself well amused
Pay no attention to the faulty news
Set yourself on automatic cruise
Sometimes you just got to lose

On this side of paradise
You're never going to go through twice
Stay tuned at any price
To this side of paradise

On this side of paradise
On this side of paradise
(Ric Ocasek)
Je viens d'apprendre qu'il y est passé, on the other side of paradise
et ça m'a rendu un peu nostalgique...

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(un album que j'ai beaucoup beaucoup beaucoup écouté... -particulièrement ce morceau-)

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chacun cherche (son chat) 2

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DEUX MOI
de Cédric Klapisch

(dans ma tête, pendant le film, le titre du post a été pendant longtemps "mais qu'est-ce que tu veux que j'aille faire à Vesoul ?"; allez le voir vous comprendrez...)
Cédric Klapisch je le connais depuis... pfouh 30 ans! (je viens de vérifier, merci allocinoche!), depuis Ce qui me meut, son troisième court-métrage (vrai/faux documentaire sur Etienne-Jules Marey) découvert lors de ce qui était peut-être ma première visite au Festival de Clermont. Je l'aimais pour ça, et aussi parce qu'il avait une bonne grosse barbe... je suis allé voir ses films fidèlement pendant dix ans, puis nous nous sommes, comme en amour, séparés d'un commun accord de ma part... Et je dois avouer que, sans Emma, je ne serais pas forcément allé le voir...
Et j'ai (oui, T. tu peux encore rigoler) adoré ça. Le plaisir de retrouver un vieux pote perdu de vu depuis quelques années, avec qui le hasard vous remet soudain en présence.
Je vais reparler de boy meets girl (c'est le sujet du film), à la seule différence que le film de Klapisch fait le contraire, et finit là où les autres, en général commencent, (ou presque). Il s'agit bien d'une comédie romantique, la fille ici, et le garçon là (Ana Girardot et François Civil) qui habitent deux appartement contigus mais, de par la configuration de les lieux, ne peuvent pas se voir, ne se connaissent pas, et (on est spectateur, on est malin, on sait que le propos du film est en principe qu'ils se rencontrent) mettront deux plombes ou presque pour le faire... (et là, c'est vrai, j'ai versé ma larmichette, mais, quand les lumières se sont rallumées, j'ai vu qu'Emma aussi... Midinets un jour...).
Ce qui est très réjouissant dans le film, c'est ce qui entoure nos deux -futurs- tourtereaux. la distribution est éblouissante : François Berléand et Camille Cottin en psys (un pour chacun(e)), Simon Abakarian impérial en épicier de quartier (et, finalement, deus ex machina), Eye Aïdara (la collègue), Rebecca Marder (la soeur), Marie Bunel (la mère), le toujours craquant Paul Hamy (Steevy), et même une "participation amicale" de Pierre Niney en ancien copain d'école un peu exalté.
Chacun des deux (elle c'est Mélanie, lui c'est Rémy) est seul, chacun(e) a des problèmes de sommeil (elle dort trop, et lui pas assez), chacun(e) consulte, chacun(e) se connecte sur les réseaux sociaux, chacun(e) fréquente la même épicerie de quartier (dans laquelle, spectateur, on aurait trop envie d'aller) et chacun(e) rêve de rencontrer "l'autre".
Dans comédie sentimentale, il y a "sentiment" mais aussi "comédie" (waouh, ça c'est de la phrase!) , et le contrat est ici doublement rempli. On peut regretter (j'avais écrit déplorer mais le terme serait un peu excessif) -et certains critiques méchants ne s'en sont pas privés d'ailleurs- un discours un peu simpliste (lissé) à propos de la psychanalyse (mais nous sommes, rappelez-vous, dans le domaine de la comédie, et pas du film à thèse), mais Klapisch en a fait une double construction symétrique et assez réjouissante, avec une évolution inversée (croisée) des deux praticiens -Cottin et Berléand sont, le le redis, absolument parfaits-, en espérant juste que -comédie sentimentale oblige- le hasard fait (fera) mieux les choses que la psy.
Bref, un film très réjouissant.

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ps : La palme de la phrase la plus idiote revient à la critique parue dans Libé : "Le film est plus subtil que son propos, moins bête que son contenu, mieux fait que son discours." Et hop! à la machine à gifles!

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lundi 16 septembre 2019

raconte-moi quelque chose

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VIF-ARGENT
de Stéphane Batut

Entregent, merci l'ACID, vu hier soir sur mon écran personnel et domestique le très beau film de Stéphane Batut, que nous programmerons d'ailleurs bientôt, dans le bôô cinéma. Boy meets girl, déjà, en principe, ça le fait, question film d'amour. Dead boy meets girl, c'est déjà moins courant, hormis, peut-être, dans les films de zombies, mais comme je ne vais pas les voir (je n'aime pas du tout les films de zombies), je ne sais pas.
La girl c'est Judith Chemla, que je range depuis un certain temps sur le rayon des actrices qui me sont précieuses, et le boy c'est Thimotée Robart (tiens, qui a changé son h de place), dans un sidérant premier premier rôle (un jeune homme touchant, au beau visage grave et au nez écorché). Et le film parle d'amour. Ou plutôt des intermittences de l'amour, les espaces (les interstices), entre  points de suspension et traits d'union... Calligraphies  sur un papier très particulier. Inhabituel
Il y a des films en papier-journal, des films en papier-cadeau, d'autres en papier gras (et même oui oui d'autres encore en papier-toilette...), la matière de celui-ci est somptueuse, et pourrait être (l'étoffe dont sont faits les songes...) un papier fragile, précieux, frémissant, un genre  de papier de soie gracieux, qui enveloppe les choses, qui laisse un peu voir à travers, qui laisse deviner mais ne montre pas tout. Laisse croire.
Rares sont les tentatives (et, encore plus, celles qui sont réussies) de films français dans le domaine du "fantastique". Juste (c'est le prénom du jeune homme) est un genre de passeur, qui récupère les gens nouvellement décédés et les accompagne pour les aider à réussir leur passage. Et voilà qu'il rencontre une demoiselle (vivante) qui croit le reconnaître, qui le prend (peut-être) pour un autre. Et dont il tombe amoureux.
Un "film de fantômes" épuré, apaisé (dans sa première partie) puis de plus en plus fiévreux (jusqu'à un final que j'ai trouvé flamboyant de romantisme -presque exacerbé- et de mélancolie. L'amour, quoi, toujours l'amour..., dans ce qu'il dit et dans la façon dont la musique l'accompagne. Lyrique.).
Un récit hybride, où l'"excès" de la fiction (le fantastique) est inséré dans un contexte extrêmement réaliste, terrien, au beau milieu de la foule d'un quartier dit "cosmopolite".
Non seulement j'ai aimé ce qui est raconté, mais tout autant la façon dont c'est raconté. Le travail sur la lumière y est, notamment,  enthousiasmant.
Le film sera programmé dans le bôô cinéma à partir du 9 octobre...

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dimanche 15 septembre 2019

je ne m'énerve jamais

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ROUBAIX, UNE LUMIERE
d'Arnaud Desplechin

Finalement il a été sorti du chapeau  inopinément -plop!- en tant que film A dans le bôô cinéma, comme le lapin qui sort du chapeau (j'avais tenté de mettre en place plusieurs plans successifs pour aller le voir à Besac, -où il ne passait pas, hélas, dans le Victor Hugo chéri habituel- qui tous hélas avaient fait flop).
Me restaient les échos dithyrambiques et lointains consécutifs à son passage Cannois 2019 en sélection officielle (malgré qu'il en soit reparti bredouille) d'aucuns criaient à la Palme d'Or, il est reparti sans rien. Plus ceux, bien plus récents mais tout aussi louangeurs, et encore plus dignes de confiance, de Dominique et d'Emma, qui l'avaient vu à Besac, au prix fort. Bon, alors, on allait bien voir.
D'abord, un peu de machine à gifles pour allocinoche et son "résumé" : "À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…" qui vous livre en deux lignes ce qu'on met, dans le film, un bon moment (la moitié, au moins) à savoir. Et vous pré-mâche ainsi généreusement la comprenette (mais on n'est pas des veaux, non sang!).
Deux duos, donc qui se font face : les flics et les suspectes. Côté flics le vieux et le jeune, Roschdy Zem (sidérant) et Antoine Reinartz (né au cinéma en 2017 avec 120 battements par minutes, mais qui rattrape le temps perdu, et qu'on commence à voir de plus en plus ici et là, Doubles vies, La vie scolaire, et bientôt Alice et le maire, puis Chanson douce..., c'est rien de le dire que ce jeune homme monte en pression), et en face, (comme une réminiscence des Bonnes) les très impressionnantes Léa Seydoux et Sara Forestier.
Ce qui est (très) important aussi, c'est la mention qui apparaît au début du film, dont on ne mesure pas d'emblée la portée, version Despléchine de "d'après une histoire vraie" ou "inspiré de faits réels", qui en général me cabrent un peu quand je les vois (et désamorcent en général mon envie de voir un film), à laquelle répond, à la fin du générique, comme une parenthèse qu'on refermerait,  (je cite de mémoire) la mention -mais perdue au milieu d'une masse d'autres informations, Hervé ne l'avait pas vue- "d'après le film Roubaix, commissariat Central, de Mosco Boucault", dont allocinoche m'apprend (je suis allé fouiner dès que je suis rentré) qu'il s'agit d'un doc diffusé sur arte en 2008, et qui avait visiblement fait sensation à l'époque (et impressionné Desplechin au point qu'il en a porté en lui les images pendant dix ans).
Desplechin donc, a pris du vrai pour en (re)faire un film. un film  enthousiasmant (T. va encore dire que je suis bon public, mais c'est vrai qu'en général quand je vais voir un film c'est qu'il a déjà a priori de grandes chances de me plaire...), qu'on pourrait supposer hors de la zone de confort habituelle d'Arnaud D puisqu'il s'agit  d'un film dit "de genre", un polar, un film d'enquête,  mais en fait un genre de remake d'un documentaire (sur la vie d'un commissariat -c'est vrai que ça donne envie de le voir, ce doc-) en l'accommodant quand même à sa sauce. Sa façon de voir les choses, ou, plutôt de les montrer. Un documentaire dans lequel était évoquée, justement, l'affaire dont Desplechin fait le noyau de son film, disons qu'on serait entre L627 de Tavernier pour le fond et, tiens, Les bureaux de Dieu de Claire Simon -qui n'est absolument pas un polar- pour la forme (la démarche).
Mais c'est un film de gens plutôt que de faits. Dans la première partie (l'enquête), on reste dehors, on s'intéresse surtout aux flics, les demoiselles n'apparaissant que de loin en loin, en tant que témoins (et donc c'est dommage, hein allocinoche, de vendre la mèche comme ça tout de go), tandis que dans la seconde (partie, celle de la garde à vue, l'espace est recentré, clos (huis-clos), la caméra se rapproche, (inspecte) des corps des visages et des mots (les interrogatoires et les dépositions, et bien sûr les aveux).
Et si les assassines fascinent, Roschdy Zem, lui, irradie (du coup le personnage joué par Antoine Reinartz a un peu de  mal à exister face à lui, et c'est peut-être pour lui donner ses chances d'exister davantage dans le film que Desplechin lui a confié le rôle de narrateur, ce qui paraît un peu surprenant au début). Un personnage calme très calme (c'est lui le "je ne m'énerve jamais" du titre de ce post), atone presque. Mais tout aussi opaque. Un genre de "bon samaritain" auquel on pressent de sacrées zones d'ombre (à propos desquelles le spectateur ne sera, d'ailleurs, jamais éclairé.). Et son jeune adjoint (Reinartz) par contre, est le seul à avoir besoin d'une voix-off pour éclairer un peu plus son personnage.
Les deux filles en face d'eux, aussi, sont très fortes. Le contrepoint. Léa Seydoux et Sara Forestier (toutes deux déglamourisées au possible) incarnent leurs personnages au point qu'elles arrivent à faire oublier qui elles sont (Léa Seydoux et Sara Forestier), tant elles font bien le taf (sans en faire des tonnes).
Un film qui sonne juste (un peu trop peut-être, notamment à propos des autres personnages de flics, contraints à faire de la figuration, et souvent justes esquissés comme des personnages de bourrins gueulards), un film de froid et de nuit (l'histoire se passe une nuit de Noël, et ça pourrait en être un, de Conte, contemporain, réaliste, glaçant.), un film qui va jusqu'au bout de son propos (et de ses intentions). Jusqu'en travers de la gorge.

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(tiens, ce qui semblerait conformer ce que je disais plus haut : Antoine Reinartz -pourtant en tête de distribution-, est le seul à ne pas avoir droit à figurer sur l'affiche...)

machine à gifles : palme de la phrase idiote cette fois  pour les Cahiaîs (mais c'est habituel, c'est décidé cette fois je ne me réabonnerai pas) : "Ce qu’il y a de finalement désagréable dans le film : la confusion entre le compassé et la compassion, entre une soi-disant attention minutieuse et bienveillante au « réel » et une forme de surplomb doucereux."

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samedi 14 septembre 2019

avant-perdrix

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MIAOU MIAOU FOURRURE (2015)
d'Erwan Le Duc

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LE SOLDAT VIERGE (2016)
d'Erwan Le Duc

J'ai renouvelé mon abonnement à Uncut (3,99 par mois pour un engagement annuel, dix nouveaux films proposés chaque semaine, qui restent disponibles chacun un mois, je vous recommande...) et j'en ai profité pour découvrir ces deux courts-métrages du réalisateur de Perdrix, et confirment chacun à sa façon la singularité de l'univers d'Erwan Le Duc (à l'heure où j'écris ces deux films ne sont hélas plus disponibles, ça change le jeudi, et ils étaient -déjà, comme le temps passe- en quatrième semaine))
Dans le premier, il est question d'une famille (presque) tout ce qu'il y a de banal : dans une grande maison, une mère artiste et ses deux enfants , une fille (Maud Wyler, vue dans Perdrix) et son frère (Alexandre Steiger,vu  aussi dans Perdrix) qui passent leur temps à se chamailler. La disparition de la mère (Evelyne Didi) va rendre encore plus instable (fantasque) cet univers chamboulé où le réalisateur pose les bases de son cinéma, de son rapport à la réalité, bref de sa façon de voir les choses.

Le second film, Le soldat vierge, persiste et signe dans cette voie (cette voix aussi) et enfonce encore un peu plus le clou de sa singularité. En pleine campagne avancent deux soldats, au sein d'une guerre qui ne sera jamais précisément nommée ni datée (et qui restera en off d'ailleurs). l'un des deux est blessé, il sait qu'il va mourir, et annonce à son collègue qu'il ne veut pas mourir puceau, et lui demande s'il accepte de lui faire l'amour... il sont observés à la jumelle par un général et son aide de camp, rencontrent un fou -c'est ainsi qu'il est qualifié au générique- (dans la bouche duquel, si j'ai bien compris le générique, le réalisateur mettra des extraits des Journaux de guerre, de Junger) puis une femme (Maud Wyler, encore une fois) qui s'avèrera être un esprit tiré d'une légende chinoise que le copain du soldat vierge lui a raconté...
Un film très vert, toujours ou presque au coeur de la végétation, le long d'une rivière, d'une rive à l'autre. un univers narratif à la fois très simple (rudimentaire) et parfaitement envoutant. Troublant.
En tout cas un cinéma qui me va comme un gant.

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dimanche 8 septembre 2019

poularde en croûte de sel

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FÊTE DE FAMILLE
de Cédric Khan

Cédric Khan, , en tant qu'acteur, je l'aime beaucoup, à chaque fois (L'économie du couple, Alyah, Tirez la langue mademoiselle). Plus irrégulièrement en tant que réalisateur. Et voilà que j'avais adoré son dernier La prière, alors je me demandais à propos de celui-là. Deux de suite ?
Oui oui, deux de suite.
J'ai beaucoup aimé ça (même si pas tout à fait de la même façon que pour La prière.)
Le film appartient à un genre que j'affectionne particulièrement , le FDFAT ("film de famille à table", parce que j'aime les histoires de famille -merci papa merci maman!- et que j'aime beaucoup aussi les histoires de bouffe, un genre qu'on peut qualifier d'ultra-codifié (une table, de préférence à l'extérieur, des gens autour, avec le contrepoint des apartés des mêmes en cuisine, ou dans le jardin, et, bien sûr, des histoires de famille, les secrets, les magouilles, les entourloupes, les récriminations, les révélations...oui ça j'adore... et encore mieux (idéalement) avec un casting de têtes connues (dans le même genre j'ai pensé au Skylab de Julie Delpy, multi-starisé aussi) : ici, Deneuve, Bercot, Macaigne (ah Vincentchounet-chounet, ici avec sa bonne grosse barbe comme je le préfère) et Kahn (des deux côtés de la caméra, tiens d'ailleurs comme l'ont déjà été deux de ses trois camarades ci-nommés).
La matriarche Andréa (c'est plaisant de voir comme la reine Deneuve est restée simple, on la voit abaisser de la pâte au rouleau, ranger des draps, essuyer des verres..., comme une vraie maman de la vraie vie) a réuni toute sa famille autour d'elle pour fêter son anniversaire, ça s'affaire dans tous les coins (l'effet Cuisines et dépendances, qui permet de découvrir les personnages, les lieux (une baraque de rêve), et ce qui se trame (un peu). On prépare le repas, on installe la table dehors, on met un rideau en guise de nappe... Et voilà qu'il pleut et qu'il faut tout rentrer (l'effet Sautet) et qu'on apprend (ça c'est l'effet Rude journée pour la Reine...) via un coup de téléphone l'arrivée d'une invitée supplémentaire (et non prévue), la fille d'Andréa, absente depuis plusieurs années, et qui réapparaît, en même temps qu'un passé familial un peu complexe et houleux. Comme souvent dans les histoires de famille(s), il sera question de gros sous, et (puis) de sentiments aussi (tiens comme dans Frankie, vu il n'y a pas longtemps, où la reine Huppert a réuni sa famille mais au Portugal mais sans formule repas) mais les gros sous ça revient souvent, et c'est même ça qui fait la "force" des personnages (dans le film, c'est frérot Kahn qui est riche)...
Au début le personnage de la mère est le centre du monde de l'histoire, mais celui de la fille va venir perturber ce système solaire bien organisé, et bien dézinguer l'apparent équilibre des choses. Et secouer le trône maternel. (Emmanuelle Bercot impressionnante dans un rôle pas facile).
Comme l'ont écrit certains critiques (méchants), le contexte n'a rien d'original a priori, mais j'aime beaucoup ce qu'en fait Cédric Kahn, avec sa propre petite musique à lui. Au début du film, le spectateur, avec ses gros sabots, pense qu'il va pouvoir les troquer (ses gros sabots) contre des pantoufles tellement on est en terrain connu (et qu'on adore ça, je le redis), mais, progressivement le réalisateur tire la nappe en biais, un peu, beaucoup, puis franchement de guingois, avant de -carrément- tout envoyer valser. Et d'en faire quelque chose de beaucoup plus grinçant. Qu'on n'avait pas franchement vu venir.
Ce qui ajoute encore un charme supplémentaire au film ce sont les différentes formes de  représentations qu'on y trouve (là, j'ai pensé à La petite Lili, de Claude Miller, qui opérait un peu de la même façon, et donc, aussi, par ricochet, à ce très cher Anton -Tchekhov, bien sûr-) : Vincent Macaigne, le fils bohème, est en train d'y tourner un film (dont on n'apprendra que très progressivement le pourquoi et dont on ne verra que quelques images, à la fin), les enfants quant à eux, préparent une pièce de théâtre sur l'histoire de la famille -qui sera regardée avec attendrissement par toute la (même) famille réunie-, on y chante -seule, Mon Amie la rose, à deux voix et à deux fois en voiture L'amour l'amour l'amour de Mouloudji- et on y danse aussi (une délicieuse chorégraphie familiale qui m'a fait penser à l'iconique Marcia Baila dans les toilettes, avec, tiens, la même Reine Deneuve, dans Belle-Maman, encore une histoire de famille...) bref, le spectacle sous toutes ses formes. J'adore voir dans un film les acteurs chanter.
Petits tracas du quotidien, bisbilles, chamailleries, puis problèmes personnels un peu plus conséquents, le tableau familial initial idyllique se lézarde progressivement.
Jusqu'à une scène de climax inévitable mais très impressionnante (je me suis même un peu caché les yeux).
La prière était plus rigoureux, plus ascétique. Celui-ci est plus terrien, "trivial", plus bordélique (plus "grand public"? et c'est tout le bien que je lui souhaite, justement de réussir à le trouver, le grand public...) Un film de combat.

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jeudi 5 septembre 2019

segpa

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LA VIE SCOLAIRE
de Grand Corps Malade et Mehdi Idir

Deuxième film du tandem après le très réussi -et autobiographique- Patients (2017). le premier racontait l'hôpital, et celui-ci l'école. Une année scolaire entière, et le début d'une autre. (le hasard a fait que je l'ai vu pile le jour de la rentrée hihi). Dans un collège du 93 réputé "sensible", sur les pas d'une toute nouvelle CPE. Le film a deux affiches, comme il a deux façons d'escalader la montagne : la face des adultes, et celle des ados, qu'il traite quasiment à égalité, et c'est très bien. La ZEP (ou REP ou je ne sais encore quel nouveau sigle) j'ai un peu connu ça de l'intérieur, dans une autre vie (déjà évoquée) bien que je n'ai connu les bambins en question qu'au rez-de-chaussée de leur vie scolaire...
Le film est positif, les profs professent, les ados adotent, et les conseillers conseillent. Chacun à sa place, gentiment, j'allais dire, humainement serait plus juste. Les deux co-réalisateurs se sont rappelés de leur propre passé d'élèves dissipés (inadaptés) au sein d'un système scolaire toujours en train de se raccrocher aux branches (la dichotomie douloureuse entre l'éducation nationale telle qu'elle est pensée et réglée "d'en haut" par des gens qui n'ont la plupart du temps aucune idée de ce qu'est un "vrai" enfant ou un élève "réel" d'une part, et celle qui est vécue "sur le terrain" dans la vraie vie, par des vrais gens, avec les mains dans le cambouis et, souvent, les yeux pour pleurer, toute la misère du monde, comme dit Bourdieu, on la voit passer là...)
Le film est présenté comme une comédie, mais on n'est pas dans la pantalonnade ou le rire gras (la gaudriole) , plutôt dans un film doux, à hauteur d'homme (de femme), la chronique, (banlieusarde et scolaire) avec certes son quota de ce qui pourrait apparaître comme des clichés folklos sur la vie en banlieue (les capuches, les casques audio, la tchatche, la came, la parade virile, la testostérone, le sens de la répartie, l'insolence) mais qui n'est juste que le lot quotidien -et réaliste- de ceux qui vivent ça au quotidien, des deux côtés des grilles de l'établissement (enseignants/enseignés, fifty/fifty).
Le film est agréable, plus inégal, (moins étonnant) que ne l'était Patients, mais y brillent régulièrement des scènes magnifiques (et vraiment cinématographiques), j'adore celle du parallèle entre la soirée des adultes et celle des ados, ou celle de la "création" en salle de musique, ou encore celle du conseil de discipline -même si plus "traditionnelle" par sa forme-, qui viennent épicer le flot (le flow ?) du récit (parfois) un peu plan-plan mais toujours juste qui suit les deux trajectoires de Samia (la super CPE au coeur gros comme ça) et Yanis (l'élève rebelle  révolté au coeur gros comme ça aussi). Les deux côtés de la médaille (pour l'un comme pour l'autre).
Ca fait du bien qu'un film à propos d'éducation, nationale ou pas, se teinte, comme ça d'espoir, sans tomber dans le gnangnantisme racoleur et fédérateur. La vie (scolaire) comme elle va. Des fois des hauts des fois des bas. Oui, l'espoir, mine de rien.
Et le générique de fin est -vraiment- un bijou, qui justifie à lui seul de voir le film (si si), par son dispositif assumé d'humanité et d'égalité (et donc de fraternité). Et son très beau -et touchant-  single "Je viens de là".

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mercredi 4 septembre 2019

du noir du noir du noir

(lus depuis le 13 juillet)

AU NOM DU BIEN
de Jake Hinkson
Chaudement recommandé sur mon blog préféré (Actu du Noir) et donc je débarque chez Gallmeister (par le biais de Priceministruche). Un polar choral (chaque chapitre donne la parole à un(e) intervenant(e) différent(e)). L'histoire d'un pasteur hnonorablement connu qui fait la pluie et le beau temps dans un petit patelin américain et va devoir réagir lorsqu'un jeune garçon qu'il a connu au sens biblique du terme vient lui dedamnder de l'argent pour acheter son silence... Un engrenage fatal mais super bien agencé se met en place, et bien sûr les choses vont se précipiter, et le lecteur se régale... Bien noir, corsé, amoral. Excellent!
MOI, PHILIP ROTH
de Steven Sampson
Grosse déception, celui-là m'est tombé des mains, je me suis forcé à lire une centaine de pages et je me suis dit à quoi bon et je l'ai reposé. Un mec écrit (tente d'écrire) une thèse sur Philip Roth, il vit une relation amoureuse avec une jeune étudiante, ils parlent beaucoup beaucoup, et je me suis ennuyé beaucoup beaucoup aussi. j'ai trouvé ça vain, agaçant et prétentieux.
19500 DOLLARS LA TONNE
de Jean-Hugues Oppel
Retour au polar (encore une recommandation ADN) via les trois histoires alternées d'une agente de la CIA  (ou assimilée, je ne suis plus sûr) qui baroude en Afrique, d'un tueur professionnel qui envisage de partir bientôt à la retraite, et d'un trader mégalo... Un texte pétaradant, à la fois très bien informé sur ce qu'il raconte (magouilles, politique, fric) et très drôle. Très noir aussi, bien sûr.
LE JOUR OU LES ZOMBIES ONT DÉVORÉ LE PERE NOEL
de S.G Browne
Celui-là aussi est noir, drôle et décalé (et presqu'un peu gerbant parfois aussi), et le titre est à prendre au pied de la lettre, puisque le narrateur est un zombie, mais pas n'importe quel zombie, un qui, dans le volume précédent (Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amour, que je n'ai pas encore lu) avait fondé un syndicat de défense des zombies. Et à qui les scientifiques le lui ont fait payer... La suite de ces aventures, d'une lucidité aussi brutale que drôle
SANS LENDEMAIN
de Jake Hinkson
Le premier m'avait tellement plu que je suis retourne "chez Gallmeister" pour lire ces aventures d'une femme forte, dans une Amérique plouc des années trente. Ce n'est pas très souvent que le polar traite fontalement et sans chichi des amours saphiques, entre notre héroïne, une femme (fatale) de pasteur, et une policière acharnée... Très très noir, implacable, mais d'une lecture très plaisante (ça donne envie de connaître les Ozark Moutains)
LE COUTEAU
de Jo Nesbo
J'en ai parlé auparavant, je ne m'étendrai pas. Harry Hole, les clopes, le whisky, les cuites, les tueurs (en série ou pas),les couteaux, les rebondissements, les fausses pistes, et, au final, le sentiment d'une profonde humanité. Passionnant
PRISE DIRECTE
d'Eoin Colfer
J'avais lu le suivant (Mauvaise prise) il y a quelques temps, que j'avais qualifié d'énorme plaisir de lecture, eh bien ici c'est pareil, et donc on retrouve Daniel Mc Evoy, un Irlandais pur jus, ancien militaire, videur dans un club (dont il n'est pas encore  propriétaire mais je le sais parce que j'ai lu la suite avant), enfin, on le "trouve" plutôt. Très drôle et très improbable (la vraisemblance, on s'en fiche un peu) mais très jouissif (ah les états d'âme d'un genre de Rambo préoccupé par ses récents implants capillaires et dialoguant avec le fantôme d'un ami disparu logé dans sa tête... du pur bonheur irish)

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mardi 3 septembre 2019

petit jeu

(le jeu idiot de la fin du mois d'août)

si je vous montre ça :

original

puis ça :

Image2

puis ça :

1300163-Calvados

et encore ça :

183220

allez, et encore ça :

Louis_XIV_of_France

vous me répondez :

 

avez-vous deviné de quoi donc est-ce je voulais vous causer
et ce que vous êtes censés deviner ?

Mmmmh ?

(mais oui, bien sûr!)

et si je rajoute ça :

affiche-La-Fille-du-14-juillet-2013-1

et ça :

carbone14

et finalement ça :

Echenoz-Jean14

le doute n'est plus permis...

Vous avez trouvé ?
ben oui, 14...
mais pourquoi donc ?

... eh bien c'est juste l'âge de mon blogchounet
(dont j'ai oublié de souhaiter l'anniversaire, le 25 août dernier)

bon anniversaire, blogchounet, donc!

(et bon anniversaire, Mariechounette!)

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lundi 2 septembre 2019

il est pas près d'me rattraper

Ces gens qui courent au grand galop
En auto, métro ou vélo
Vont-ils voir un film rigolo
Mais non, ils vont à leur boulot

(Refrain)
Le travail c'est la santé
Rien faire c'est la conserver
Les prisonniers du boulot
N' font pas de vieux os.

Ils bossent onze mois pour les vacances
Et sont crevés quand elles commencent
Un mois plus tard, ils sont costauds
Mais faut reprendre le boulot

(Refrain)

Dir' qu'il y a des gens en pagaille
Qui cour' nt sans cesse après le travail
Moi le travail me court après
Il n'est pas près de m'rattraper.

(Refrain)

Maint' nant dans le plus p'tit village
Les gens travaillent comme des sauvages
Pour se payer tout le confort
Quand ils l'ont, eh bien, ils sont morts.

(Refrain)

Homm's d'affaires et meneurs de foule
Travaillent à en perdre la boule
Et meurent d'une maladie de coeœur
C'est très rare chez les pétanqueurs.

(tiens... un dernier couplet indédit... alors ça...)

Henri Salvador

Je dédie de tout coeur cette chanson à tou(te)s mes ami(e)s qui travaillent encore (et dont certain(e)s lisent ce blog): Manue, Coralie, Isa T., Christine,  Alex, Sylvain M., Isa, François, Loulou, Marthita, je pense à vous...

 

salvador

 

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