lieux communs (et autres fadaises)

mercredi 8 juillet 2020

le doigt dans l'oeil

LITTLE ROCK
de John Brandon

Encore un livre que je referme presque à regret. J'avais déjà lu son premier roman, publié au Masque, Citrus County, que j'avais bien aimé, notamment à cause de son ton assez particulier. Il était question deux ados qui kidnappaient une jeune fille... Il sera question ici aussi de jeunes gens, Swin et Kyle, qui au début ne se connaissent pas (on les suit en parallèle, et j'avais un peu de mal à les différencier d'ailleurs) qui vont se retrouver embauchés pour bosser dans un parc régional ("officiellement"), mais surtout pour transporter régulièrement de la came, la nuit, aux ordres d'un chef mystérieux surnommé Frog, dont l'histoire (la "carrière") nous est retracée chronologiquement (et assez perecquiennement, puisque tous les chapitres qui le concernent sont écrits à la deuxième personne du singulier, comme dans Un homme qui dort), en alternance avec celle des deux jeunes gens.
Un bouquin qui démarre en trombe et en fanfare, qu'on pourrait définir comme épatant, avec des dialogues qui claquent, (j'aime quand j'ai régulièrement envie de recopier des passages, ou de corner les pages), des digressions plaisantes, au départ tout semble plutôt léger, désinvolte, acide, caustique, bien vu, ... jusqu'à ce qu'on réalise (en se rapprochant de la fin) que ce n'est pas du tout aussi drôle et léger que ça... Une narration goguenarde très plaisante à suivre, émaillée ça et là de quelques accès de violence (torture ou exécution) parfaitement épouvantables. Bref, un roman bien plus âpre que ce qu'on aurait pu penser au départ.
(Mais hélas encore un écrivain dont seuls deux livres ont été traduits en français...)

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mardi 7 juillet 2020

petite musique de nuit

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GHOST TROPIC
de Bas Devos

Toute une nuit... c'était déjà, il y a longtemps, un (beau) film nocturne et belge, signé  Chantal Akerman. Un film fiévreux et estival, dont allocinoche ne sait même plus la date de sortie, c'est dire. Un film choral, une nuit d'été en ville belge (que je reverrais bien d'ailleurs, tiens...)
Ici on est bien encore à Bruxelles, il y fait bel et bien nuit, mais c'est l'hiver. L'héroïne se prénomme Khadija, elle est femme de ménage, elle a une petite  voix (délicieuse), et la caméra la cueille à la fin de sa journée de travail, quand elle se prépare pour rentrer chez elle... Puis la suit lorsqu'elle prend le métro (et ne la lâchera d'ailleurs pratiquement plus jusqu'à la fin...)
Khadija s'est endormie, et voilà qu'elle est allée jusqu'au terminus, et c'est là qu'elle se réveille, au bout de la nuit, et la voilà bien obligée de se débrouiller pour rentrer chez elle par ses propres moyens... et le film donc l'accompagne, de rue en rue, de rencontre en rencontre (on en croise des gens la nuit dans la rue...) et on est heureux de leur emboîter le pas.
Le film, qui commence tout de même par un plan parfaitement immobile de plusieurs minutes qui pourrait en décourager certain(e)s (j'ai, à ce moment-là, pensé au mot exigeant : un film exigeant) se fait ensuite  plus aisé, plus mobile, sur les pas de Khadija, tout près d'elle, parfois la précédant et d'autres la suivant... Plus sinueux aussi, et d'autant plus attachant, entre réalisme social et presque fantastique urbain. Un conte de faits. Et une très jolie déambulation nocturne, frileuse, mélancolique juste ce qu'il faut, avec des lumières joliment chiadées, (j'ai un gros faible pour les lumières des villes la nuit dans les films), une  musiquette assez minimaliste parfaitement adaptée, à la rencontre de chaque fragment d'humanité qui y déambule (et qui croisera la route de Khadija, vieille dame très digne marchant vaillamment dans son odyssée nocturne.)
Un film poétique et humaniste dont les ingrédients restes pourtant toujours très simples (un gardien, un sdf, un chien, un jeune afghan, un groupe d'adolescents, des infirmières...) mais mis en lumière d'une certaine façon, qui contribuent chacun à sa façon à structurer le récit, enluminés façon chanson de gestes (mais qui serait juste murmurée), une comptine enfantine qui parlerait légèrement de choses graves...
Que dire d'autre ? Juste que c'est le genre de film que j'adore (et que j'aimerais voir les autres films de Bas Devos, mais ça a l'air d'être mission impossible, dommage...) Une vraie réussite.

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samedi 4 juillet 2020

mariposas

 

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l'image de ces papillons multicolores en plastoque sur fond de ciel bleu estival
donne une une idée assez juste de la facticité du bonheur

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la même, vue au sol, me semble beaucoup plus réaliste, non?

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unas cervezitas

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LE COLOCATAIRE (UN RUBIO)
de Marco Berger

Celui-là, Optimale (le distributeur) nous l'avait gentiment accordé, très en avant-première, pour notre désormais mort-née Semaine Latino 9. Le cocovirus en a décidé autrement, la sortie du film a été décalée au 1er juillet, et voilà que non seulement Optimale nous le repropose en sortie nationale mais que l'exploitant le programme en "film A" (plus de 20 séances pour la semaine...). J'y suis donc allé (et c'était en plus mon "retour" dans le bôô cinéma) pour la première séance, mercredi à 15h40, escomptant, par ce beau temps, une séance privée mais non, nous y fûmes deux...
J'ai déjà dit, à maintes reprises, tout le bien que je pense de Marco Berger, et ce depuis son premier film, Plan B (2010), et j'ai d'ailleurs vu tous ses films, même (et surtout) ceux sortis directement en vidéo (Hawai, Sexual tension : volatil, et Taekwondo), et même ses premiers courts, chopés sur Y*utube (Una última voluntad, El reloj)... Je peux dire que je possède donc assez bien le sujet...
Marco Berger est argentin et gay, et ses films sont à cette image duelle : il y est à chaque fois question de deux hommes entre lesquels va se nouer quelque chose (amour, amitié, va savoir...) bref un rapprochement (avec un grand D comme désir). Oui, Marco Berger est un cinéaste du désir (comme, on dirait avec la voix de Frédéric Miterrand, "Franck Capra est le cinéaste du bonheur..."). Bref le jeu du chat et du chat (il n'y a plus de souris ou bien elle est très périphérique à la narration), deux matous qui se tournent autour et semblent avoir envie d'aller goûter dans la gamelle du voisin. En tout bien tout honneur (j'en avais fait le leitmotiv d'un précédent post sur un autre film du même). En général, chaque film se cristallise autour d'une montée progressive dudit désir, portée jusqu'à l'incandescence, jusqu'à un happy-end où les deux finissent par concrétiser, juste à la fin du film, et s'envoient -enfin- joyeusement en l'air (en hors-champ) et hop!

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Il y a aussi -surtout- la façon de filmer les corps masculins qui me ravit : Marco Berger fait ça à merveille, d'une caméra aimablement voyeuse en nous gratifiant régulièrement de gros plans "subjectifs" sur les beautés cachées (à peine) de ses protagonistes (ah, les jeunes gens qui dorment dans le même lit, ETBTH*, dans Plan B) en slip, en maillot de bain, en caleçon, en jean, en jogging, et ces plans récurrents (et muets) sont comme des petites ampoules qui clignotent, complices, sur la guirlande du récit... On sait donc à quoi, peu ou prou, s'attendre, quand on va voir un film de Marco Berger (et on sait ce qu'on espère / on a envie d'y voir).
Et voilà que dans ce Colocataire (le titre français n'est pas très affriolant) -à chaque fois je pense à coloscopie, par exemple- il change -légèrement- la donne : deux hommes, certes, un brun (Juan) et un blond (Gabriel, dit Gabo) qui partagent un grand appartement, le brun est un queutard plutôt désinhibé (il reçoit régulièrement ses copines), le blond est père d'une fillette qui vit loin chez sa grand-mère et qu'il va voir régulièrement le week-end, hétéro macho 1 et hétéro macho 2, donc,a priori. L'un parle beaucoup et l'autre très peu, et pourtant ce qui devait arriver arrive, regards, frôlements, mouvements d'approche, plus proche, encore plus encore et bam,  les voilà qui s'ébattent, mais, mais mais, on est à un tiers du film seulement, alors que d'habitude c'est "ça" qui le conclut...
D'habitude, il n'est question que du désir (et c'est justement ça que j'adore), tout ce qui se passe dans la tête avant, tandis que la concrétisation, le passage à l'acte, ce n'est visiblement pas ce qui intéresse le plus le réalisateur, qui préfère allumer des mèches à combustion lente et observer de près comment le feu se met aux poudres. Que va-t-il donc se passer après ?
Pour la première fois, dans un film de Marco Berger on va voir... la suite! Ce qu'i se passe entre les points de suspension. La vie de couple, donc, si on veut (ils sont amants et ils habitent ensemble) de "presque" couple puisqu'elle n'existe qu'entre les murs de l'appartement. Et que lorsqu'ils sont seuls, ce qui n'arrive pas souvent. Entre les ex-copines de Juan, les potes qui défilent, les moments d'intimité sont rares (même si le désir pointe régulièrement le bout de son museau), surtout que Juan se comporte un peu comme un ado, égoïste et capricieux (mais tous ceux qui passent dans le salon, à se vautrer devant la télé en buvant des bières des matés ou en bouffant des pizzas se comportent aussi comme des ados, et l'omniprésence de la télé en off (matches de foot, séries, films), en rajoute encore dans ce sens.)
Juan et Gabo vont faire l'expérience de la vie de couple, hauts et bas, espoirs et déceptions, et leur relation évolue, tangue,  de l'amour il y en a, c'est sûr,  mais pas toujours quand on voudrait, comme on voudrait (un problème de synchronicité) ce qui rend les choses de plus en plus... délicates et compliquées (d'autant plus que Gabo est quasiment mutique et n'extériorise rien ou presque de ce qu'il ressent.) "Dans un couple, il y en a toujours un qui souffre et un qui s'ennuie..." Et l'autre phrase, c'était quoi, déjà ? Ah oui "Aimer c'est vouloir donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas..." Pile-poil!
Le récit (et le montage du film, assuré aussi par le réalisateur) souffle le chaud et le froid, comme la relation entre les deux hommes, et j'aime cette chronologie heurtée et pourtant rectiligne, ces ellipses, ces trous d'air, ces embrasements... et Berger boucle là une belle chronique sensible sur cette histoire d'amour, qui m'a finalement beaucoup touché (même s'il ne s'y passe rien de vraiment inimaginable, c'est la vie, quoi, oui, juste c'est comme la vie) aidé par  la qualité de l'interprétation des deux acteurs principaux (Gaston Re et Alfonso Baron) et  la force que leur conviction donne à leurs personnages (ils ont d'ailleurs tous les deux co-produit le film...)
Si le relatif désenchantement de cette vie de couple est indiscutable, il est pondéré par des petites touches d'optimisme, de la tendresse, des scènes douces, de la complicité (même si on est en droit de trouver in fine inacceptable la lâcheté d'un des deux -j'ai bien sûr pensé alors au délicat Maurice de James Ivory...). Le film laisse un goût (un peu) plus amer que les autres de Marco Berger (juste parce qu'il a le courage -les couilles ?- d'aller plus loin dans la topographie d'une histoire amoureuse), mais il est incontestablement aussi fort...
Et vaut cent fois mieux que ne voudrait le laisser croire la critique proprement dégueulasse que j'en ai lue dans Libé (et qui méritait presque le désabonnement).

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(je préfère l'affiche originale à l'affiche française...)

 

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mercredi 1 juillet 2020

juin2020

dimanche 1er (présents)
passé chez Dominique et Hervé (que je n'avais pas vus depuis plus de deux mois), j'en suis reparti avec une cagette de cerises (des petites bien noires bien mûres) et un aloé vera en pot (qui m'attendait depuis un certain temps)

lundi 2 (Francette)
"Francette est partie cette nuit.
Sans souffrance et apaisée."
c'est ce que disait ce matin le mail de René (et je pense que c'est mieux comme ça, pour elle et pour ses proches)

mercredi 3 (viennoiseries)
oh que c'était bon d'être assis là au soleil en terrasse avec Manue (finalement elle n'était pas allée faire sa prise de sang au labo, elle n'avait fait le déplacement que pour le plaisir de venir s'asseoir là et commander un grand crème (puis un autre) et un croissant (puis ceux qu'elle avait apportés, craignant qu'il n'y en ait pas)

jeudi 4 (action!)
j'ai, de bon matin, déposé ma voiture chez mon gros garagiste, pour un pré-contrôle technique, et m'en suis reparti à pied, en faisant étape à la boulangerie que j'aime bien, pour un petit-déj pendant lequel j'ai profité d'une séance de cinéma privée, assis face à la paroi vitrée de la taille d'un écran, derrière laquelle se déroulait, grandeur nature, comme à mon intention, le documentaire, "les mitrons à l'oeuvre"

vendredi 5 (idiots)
"ça n'arrive  jamais, il a fallu que ça tombe sur vous..." m'a expliqué, au téléphone (quand j'ai enfin réussi à les joindre), le mécano de chez MGG : "ils" ont perdu, c'est ballot,  la clé de contact de ma 'oiture, n'ont donc pas pu la réparer hier, l'ont cherchée partout, en vain, et pensent qu'elle a dû tomber de la poche du mécano tandis qu'il réparait une autre voiture (c'est rien de dire que ça m'agace...)

samedi 6 (non mais)
Pépin m'a ramené chez MGG pour que je récupère ma bagnole, MGG pas plus ému que ça, me dit qu'ils vont bien finir par récupérer la clé ("mardi ou mercredi") et sans sourciller me présente la facture des réparations qu'ils ont tout de même effectuées (135€) et je m'entends dire "ah mais on ne va pas faire comme ça..." en lui disant que je ne paierai ladite facture que lorsque j'aurai récupéré ma clé... et il ne moufte pas

dimanche 7 (Cuse)
tout comme"avant" ou presque avec Catherine et Dominique -et Erika- (quelques giclées de gel, en plus tout de même) : café, macarons, scrabble, cerisier, puis un autre cerisier, et re-scrabble, apéro (cerdon), petites saucisses au grill, rote grütze, et retour par les bois la nuit (tout pareil vous dis-je)

lundi 8 (tévé)
(j'ai du me référer aux photos prises ce jour-là pour essayer rétrospectivement- de me souvenir de ce que j'avais bien pu y faire : les seules traces sont, aux alentours de 21h45, une série de photos d'un documentaire sur les interventions de pompiers en été dans le sud-ouest (Bayonne me semble-t-il), assez plaisant(s) à regarder... c'est tout ? oui, c'est tout!)

mardi 9 (libraire)
passé un petit moment dans la boutique du libraire de Reservoir Books (pour le chèque-cadeau de Gigis), un homme aussi passioné que passionnant, qui m'a en peu de temps présenté au moins dix écrivains que je ne connaissais pas, et j'en suis reparti avec L'Employé, de Guillermo Saccomanno

mercredi 10 (C-EFF)
c'est la première séance, à 18h, gratuite dans la limite des 500 places disponibles, du Champs-Elysées Film Festival sur mon ordinateur, et, ô joie!, il s'agit de A l'abordage! de Guillaume Brac (je jubile)

jeudi 11 (c'est à boire qu'il nous faut)
Dans la boutique où j'ai acheté les 3 bières spinaliennes pour Régis, j'ai vu, après coup, une bouteille d'un vin que j'aime beaucoup, le Rasteau (c'est Pascal qui me l'a fait découvrir), qui plus est avec une étiquette Même pas peur! (j'adore acheter le vin pour les étiquettes!)

vendredi 12 (au 12)
Chic! Il va y avoir à nouveau de l'activité en face de chez moi, dans l'appartement au dernier étage, ça fait plusieurs fois que passe et repasse un monsieur de la même entreprise que la dernière fois, avec un très gros trousseau de clés, qui a même ouvert les trois fenêtres de l'appartement... Les travaux! Les travaux!

samedi 13 (les courses)
croisé Zabetta et Jacques devant la boulangerie, puis devant la poissonnerie (qui était fermée mais pas à clé), puis dans la file d'attente devant leur stand (des poissonniers) sous le marché couvert, où les vendeurs étaient fort affairés,  et où on a donc eu le temps de fort civilement taper la discute (dûment masqués, bien sûr!)

dimanche 14 (crédit photo)
quel travail fastidieux que la réalisation de ce livre-photo(s) sur le conconfinement : après avoir fait le plus gros du travail pour les images voilà que j'ai éprouvé le besoin de créer des cadres de texte (pour marquer la date de chaque jour, mais aussi pour copier/coller des extraits des textes publiés chaque jour, et c'est là que le bât blesse car cet outil s'avère être extrêmement capricieux)

lundi 15 (question d'esthétique)
c'est l'argument qu'a avancé ma propriétaire quand je lui ai montré le colissimo quasiment plié en quatre que le facteur avait bourriné pour réussir à le faire entrer dans ma (petite) boîtes aux lettres, à propos du fait qu'elle n'était vraiment pas assez profonde

mardi 16 (au 12 encore)
quelle activité! une vraie fourmilière de joyeux travailleurs, fort occupés juste sous mes fenêtres, qui entrent et qui sortent, montent et descendent, surtout que la camionnette est garée juste sous mes fenêtres, et qu'il faut transbahuter tout un tas de chevrons (je suis aux premières loges)

mercredi 17 (ça redémarre)
de bonne heure à Repro System pour y porter (dans l'urgence) notre nouvelle programmation "normale" (3 films/semaine sur 4 semaines) et les jeux d'étiquettes d'adresses (qui attendent depuis la mi-mars), mais la mizenplis se fera sans moi

jeudi 18 (en route pour Bellou)
comme d'habitude trajet en deux parties (cette fois dans la voiture de Dominique) : la première sur l'autoroute où on va vite (et on gagne du temps), puis la seconde où on sort de l'autoroute pour prendre "les petites routes" et où on en perd beaucoup (du temps qu'on avait gagné) -dans le carré de la carte autour de Pithiviers, notamment-

vendredi 19 (Bretoncelles)
comme toujours le boulanger barbu en short, la boulangère accorte, les bons pains chauds qui embaument, avec du gel à l'entrée en plus et une grande paroi en plastoque pour éviter les contacts (après consultation des jours d'ouverture nous y reviendrons mercredi prochain)

samedi 20 (Courseulles sur Mer)
après un pantagruélique repas à La Maison Bleue, on souffle un peu en profitant d'un apaisant coucher de soleil, assis  sur la plage -j'adore ces moments-là- (avant de retrouver notre hôtel près du Centre Routier pour une dernière partie de Triomino sur le lit (gagnée par Malou))

dimanche 21 (Bayeux)
contre toute attente, il s'avère que la Tapisserie de Bayeux (avec audioguide individuel) c'est vachement bien, une BD médiévale et guerrière avec des détails intéressants (au-dessus et en-dessous) dont l'audioguide ne parle pourtant quasiment pas, et je réalise que je n'en avais que des idées plutôt fausses

lundi 22 (un anniversaire parfait)
oui, tout était parfait : le temps, le barbeuk (à la "locomotive"), le repas dans le jardin, le lard grillé, le gâteau à la rhubarbe de Dominique, et en filigrane ce livre magnifique que j'ai tout juste terminé, avec les larmes aux yeux : Les Arpenteurs, de Kim Zupan

mardi 23 (du côté de Nogent...)
on était là à 16h tapantes, Malou Dominique et moi, avec nos masques, pour pousser les portes du beau cinéma de Nogent-le-Rotrou, le Rex, pour y voir Un Fils, et nous nous sommes assis dans une salle vide (dont nous étions les seuls occupants)

mercredi 24 (entre copines)
après l'effort le réconfort : après la visite d'un jardin joli mais écrasé de chaleur, (où j'avançais d'ombre en ombre) nous sommes allés nous installer au frais dans le bar à chocolat de Mr Bataille à Bellême, où personne n'a pourtant commandé le chocolat chaud que nous avions prévu la semaine dernière (trois glaces -menthe/fraise, fraise/chocolat, et menthe/chocolat- et un thé)

jeudi 25 (coup de chaud)
le retour, déjà, et comme à l'aller une première partie "rapide" (on ne s'est pratiquement pas trompés, y compris pour passer Chartres) mais une deuxième partie (de Langres à Besançon) que j'ai trouvée interminable tellement j'étais groggy à cause de la chaleur

vendredi 26 (garage(s))
je suis repassé voir MGG, il était ma foi fort pimpant en short et  chaussettes de contention jaune fluo, il a essayé en direct -et en vain- de joindre le mec qui soi-disant avait ma clé dans sa voiture, et a fini par faire ce que j'attendais en me suggérant d'aller en commander une nouvelle -à ses frais- chez Renault (où le chef d'atelier et un mécano présent à ce moment ont doucement rigolé en écoutant mon histoire...)

samedi 27 (au marché et alentours)
un message de Manue nous a permis de nous y retrouver (elle était à la poissonnerie et moi aux yaourts bios) au rayon du traiteur chinois, avant que d'aller tenir salon devant un café en terrasse au magasin de disques de la rue du Breuil

dimanche 28 (cinéma)
après celui des Champs-Elysées à domicile, c'est à présent le tour du Festival de La Rochelle, à la maison, contre un pass de 5€ achetable sur le site de la Cinétek... Je vois Mange ta soupe de Mathieu Amalric, avec une Jeanne Balibar "jeunette" que je trouve divinement belle

lundi 29 (midi)
le dernier repas au fjt avec les copines avant les vacances...les gens commencent à revenir, (notamment mes chers ouvriers en short) à tel point qu'il n'y a plus assez de places assises (suite à la nouvelle règlementation) et qu'on voit des gens tourner avec leur plateau

mardi 30 (la chambre)
on commence par changer les draps, la housse de couette, les taies d'oreiller, le protège-matelas, et on se dit qu'on pourrait continuer, et carrément changer le lit de place (on y pensait depuis quelques temps), et donc hop hop on s'y met, on pousse les meubles, on s'y reprend à plusieurs fois, et au bout de quelques heures, on a une nouvelle chambre

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mardi 30 juin 2020

il était un foie...

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UN FILS
de Mehdi M. Barsaoui

Le retour au "vrai" cinéma ne s'est pas fait dans le bôô d'ici comme je l'avais supposé mais très loin, dans un autre (très) beau cinéma, le Rex à Nogent-le-Rotrou, avec Dominique et Malou. Premier point positif : on peut se garer juste devant (et c'est bien parce que, un peu à cause de moi on était ric-rac pile à l'heure). On a mis nos masques (obligatoires) on a payé nos places (6,80€) et on est entré dans la salle, qui était entièrement vide. (On s'est installés serrés en plein milieu).
Un film que j'aurais pu voir en avant-première quand le monsieur du Festival Lumières d'Afrique était venu le présenter dans le bôô cinéma justement, quelques mois auparavant (mais je n'avais pas pu).
Un film dense et triste ("Mais avec quand même un happy-end..." avait rajouté Malou) qui démarre avec un jeune couple (une joyeuse petite famille plus exactement, papa, maman, fiston) en voiture qui chante à tue-tête et rigole joyeusement en choeur sur la route de Tataouine, on pressent qu'il va arriver quelque chose, et le quelque chose de terrible se produit : une embuscade de terroristes (?) dans laquelle le fiston est gravement blessé...
On le conduit à l'hôpital où les ennuis vont commencer vraiment...
C'est la seule chose que je pourrais reprocher au réalisateur, c'est qu'il a voulu un peu trop en mettre, sur les problèmes de la Tunisie aujourd'hui, à travers ce couple qu'on trouvait au début si joli et si joyeux (et si insouciant), sur lequel vont dégringoler à peu près toutes les misères du monde... paternité, religion, poids des traditions, trafic d'organes, guerre, et bim et bim et bim comme on dit par chez nous "ça tombe comme à Gravelotte..." et c'est le papa (joué par un excellent Sami Bouajila qui y a d'ailleurs gagné un Prix d'Interprétation à Venise) qui est au centre de la tourmente... Et il va avoir fort à faire pour que le film finisse bien. Mais comme il est très fort il va y arriver...
Malou, Dominique et moi  étions tous trois attentifs, concentrés, tenus en haleine, et personne n'a fermé le moindre oeil pendant le film, ce qui est plutôt bon signe...
Un très bon premier film, qui va nous donner envie d'attendre le suivant de Mehdi M. Marsaoui...

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dimanche 28 juin 2020

de Bellou à Bellou

(en passant par Cabourg, Mondeville, Caen, Courseulles, Bayeux, Bellême, Rémalard...)

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samedi 27 juin 2020

nos insomnies

LES ARPENTEURS
de Kim Zupan

De temps en temps ça me prend d'aller faire les soldes dans les rayons de chez Gibert (virtuellement) et d'acheter à prix très réduit des bouquins que je ne connais pas du tout... C'est le cas de ce roman trouvé sur le présentoir Gallmeister, acheté en même temps que quelques autres (Ned Crabb, Craig Holden, James Crumley) pour atteindre la somme à partir de laquelle les frais d'envoi sont gratuits, et qui a traîné un certain temps sur le bord de l'étagère dans la pile "à lire", avant que je ne me décide à le prendre, et que je ne l'emporte à Bellou comme livre de chevet.
Et c'est vraiment -littéralement- ce qu'il est devenu.
Le seul et unique roman de Kim Zupan (et c'est ce qui est le plus frustrant, parce que je l'ai tellement aimé que j'aurais aussitôt voulu en lire un autre du même auteur, mais non, impossible).
Une histoire d'hommes, au départ, de rencontre entre John Gload, un vieux tueur (à mi-chemin entre le tueur à gages et le serial-killer) incarcéré dans l'attente de son procès, et Valentine Millimaki, un jeune adjoint du shérif, chargé, entre autres, de le surveiller. Une étrange relation va se mettre en place entre eux, un dialogue, une petite musique de nuit, entre ces deux hommes a priori très différents mais que pas mal de choses, finalement, rapprochent. Des problèmes d'insomnie récurrents, des relations de couple pas très faciles avec leurs épouses respectives.
Le récit, au départ, peut paraître un peu déconcertant, réparti en deux narrations distinctes, celle qui suit le tueur (Gload) et celle qui suit le pisteur, (Millimaki est aussi un champion pour chercher -et retrouver- des gens disparus à l'aide de son chien), progressant par à-coups et par ellipses, jusqu'à ce que les deux hommes se rencontrent, chacun de son côté des barreaux, et que les choses deviennent vraiment  passionnantes, fascinantes (troublantes ?) .
L'émotion va croissant, et sa montée structure le récit. La relation entre les deux hommes (plus un troisième, un autre adjoint, le supérieur hiérarchique de Millimaki) m'a fait penser aux romans de Teri White (où des hommes, à chaque fois, nouaient des relations pas tout à fait "habituelles" dans les polars) tandis que la partie "conjugale" (la relation de chacun avec son épouse) m'évoquait plutôt certains novellistes américains aussi très aimés (Carver, Cheever, Yates), ces instantanés de couples qui se délitent qui se lézardent plus ou moins imperceptiblement.
Millimaki, chargé des gardes de nuit, est aussi chargé par son supérieur de soutirer des informations à Gload sur ses crimes passés (ce dont Gload n'est pas dupe) et si leur confrontation évoque, au départ,  celle de Clarice Starling et Hannibal Lecter dans Le Silence des Agneaux, les enjeux n'en sont pas tout à fait les mêmes...
Et s'il y a le dedans (la prison), le dehors a aussi beaucoup d'importance (la nature, le paysage, comme très souvent dans les romans de cet éditeur, en plus on est dans le Montana...).
C'est fort, c'est de plus en plus fort. On est bien au-delà du "polar"... J'ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois, à partir du chapitre 11 (à peu près la moitié du roman), et tout ça m'a bouleversé. C'est indiscutablement un grand roman, que je range juste à côté de ceux de Larry Brown et de Benjamin Whitmer (pour ne parler que des deux derniers écrivains gallmeistériens qui m'ont enthousiasmé), et que j'inclus illico dans mon récent Top 50...

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samedi 20 juin 2020

micro190

(commencé il ya très longtemps, ce qui explique qu'il y a des choses qui datent)

*

"Je navigue entre date de péremption et obsolescence programmée."
(Pascale Clark)

*

le pauvre Mouloudji :
s'il avait pu se douter que sa chanson L'amour servirait un jour
dans une pub pour Interm*rché

*

 j'adore les aspics, surtout ceux avec un oeuf mollet

*

"L’usage du 49.3 sur la réforme des retraites, un samedi soir, en pleine épidémie de coronavirus, à 15 jours des élections municipales, relève, pour moi à la fois du cynisme et de l’incompétence politique." (Michel Amiel)

*

pour faire le ménage il fallait que je m'habille
pour m'habiller il fallait que je me lave
pour me laver il fallait que je refixe le porte-savon à ventouses qui était tombé dans la douche
j'ai donc décidé de le refixer

*

"Ca se paye des bagnoles à 60000* balles et c'est même pas foutu de mettre son nom sur sa boîte aux lettres... " (un facteur)

*

"Les chefs c'est comme les étagères : plus c'est haut moins ça sert." (Nico*, Libé -* le prénom a été modifié)

*

j'en avais pour plus cher de crevettes (300g, mais bio), chez le poissonnier,
que de paella (une portion, environ 3 repas, chez mon boucher/traiteur)

*

une discussion animée entre couvreurs (dont les voix portaient assez loin) dont j'ai saisi "mais nous on n'a pas la mentalité des américains...") au moment où je passait à leur hauteur (!)

*

la pluie s'est aimablement retenue (de pisser) -pourtant ça menaçait- tout le temps que je revenais à pied du garage où j'avais déposé ma 'oiture (45 minutes tout de même), et je n'ai senti les premières gouttelettes que juste quand j'arrivais chez moi

*

la poste ne reprendra pas ses distributions de courrier le samedi avant septembre.

*

comme si personne n'en avait plus rien à foutre
(non, "comme si personne n'en avait quelque chose à foutre")

*

le monde d'après ?
ah ah ah
(comme disait Cavanna "Ne me faites pas rire j'ai les lèvres gercées...")

*

(* je viens de corriger suite à la remarque de Philouchoncito ci-dessous)

 

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vendredi 19 juin 2020

greta ou bien

(C-EFF5)

054
SLOW MACHINE
de Joe Denardo & Paul Felten

Tôt ce matin, ce long-métrage américain en compét' (aussi court que le film colombien de l'autre jour). Un film indie, avec deux réalisateurs aux manettes, ça ne peut pas ne pas faire penser aux (désormais) très chers frèrots Safdie (j'avais eu un peu de mal avec leurs premiers films). Un film finalement très sundancien, avec pour héroïne Stéphanie,  une demoiselle blonde (une actrice) dont cette chère Greta Gerwig aurait pu jouer le personnage, mais dont la copine (alerte rouge alerte rouge film indépendant et rebelle) est vraiment jouée par cette très chère aussi Chloé Sevigny...
Un film à la temporalité tourmentée (les indications de temps sont aussi utiles que celles, de, me semble-t-il Un chien andalou de Bunuel).
Un film parlant.
Très parlant (je n'ai pas dit bavard, hein!), où ce qui se dit est aussi important (si ce n'est pas davantage, d'ailleurs) que ce qui s'y fait. Se qui s'y joue.
New-York, Brooklyn, lofts, parties, terrasses, les scènes se suivent, les pages tournent (il est d'ailleurs, dans une très jolie scène de Chloé S., question de pages de scénario), les interprétations s'enchaînent, vrai faux réalité fiction vraisemblance  quelle importance ?
Même si rien de (très) nouveau sous le soleil de la fiction new-yorkaise et des films "avec Greta Gerwig mais sans Greta Gerwig" (mais avec Chloé Sevigny, j'ai regardé ça jusqu'au bout avec plaisir tellement j'ai trouvé que ça sonnait juste dans sa simplicité et/ou complexité narrative...
Racontez, racontez, il en restera toujours quelque chose...

 

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jeudi 18 juin 2020

combats

(C-EFF4)

053
GREVE OU CREVE
de Jonathan Rescignio

Toujours d'aussi bonnes découvertes dans ce festival champs-élyséen(s). décidément les choix de Sophie Dulac et de son équipe, pour l'instant, côtoient le sans-faute. Un documentaire (premier film me semble-t-il) à cheval sur deux époques (mais ça n'apparaîtra que progressivement au spectateur -surtout celui qui, comme moi, a voulu aborder les choses avec candeur et ne rien lire dessus avant-).
Dans une ville qui n'est jamais nommée (mais, après, je me suis renseigné et j'ai appris qu'il s'agissait de Forbach) seront évoquées en premier lieu des grèves et manifestations de mineurs qui (les images l'attestent) furent violentes mais avec une certaine élégance formelle et nocturne (et sonore, la ponctuation émotionnelle sera, à plusieurs reprises, sonore). Avant que la caméra ne se transporte (et nous avec) dans une salle de boxe, où des jeunes boxeurs s'entraînent sous la férule d'une entraîneur fort en gueule (mais qu'on soupçonnera vite, et à juste raison, d'avoir un coeur gros comme ça), on va suivre deux de ces jeunes gens sur une fête foraine (une très jolie scène), puis on passera (si ma mémoire est bonne) à un troisème fil narratif : un couple dont le mari, bonne pâte,  a eu un accident (de travail) à la main, mais que son patron a convaincu de faire passer ça en accident du travail ("pour arranger les choses") , et que sa femme pousse à réagir...
Et le film, avec toujours beaucoup d'élégance, va suivre ses trois fils, ses trois univers où il serait, à chaque fois, question de combat, construisant avec soin le passage de l'un à l'autre la transition le chevauchement le passage de relais  (et, je ne sais pas pourquoi, mais une des scènes, celle où  les deux jeunes rebeus (assis sur un terril ?) discutent dans la pénombre montante tout en étant assaillis par les moustiques, a beaucoup résonné en moi... N'aurait-elle pas, auparavant, fait l'objet d'un court-métrage, que j'aurais pu voir à Clermont, par exemple ?*)
En tout cas j'ai passé un sacré beau moment (même si je ne suis pas, d'ordinaire, un acharné des films dits "de boxe"), peut-être parce que, justement, ici, c'est plus l'action de combattre qui est importante, plus que l'issue du match (et la façon dont le réalisateur laisse en suspens, justement, l'issue du combat en cours est à cet égard significative).
J'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ça...

* j'ai eu beaucoup chercher, gougler, je n'ai pas retrouvé la trace de ce film, précisément, mais juste la certitude que le réalisateur est un artiste extrêmement préoccupé par ce sujet, puisqu'il en a déjà fait plusieurs autres (voir les traces ici) qui en parlent.

Posté par chori à 09:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]