lieux communs (et autres fadaises)

dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes...

jeudi 02 juillet

fête du cinéma 4

(un Woody le matin et un Allen le soir...)

WHATEVER WORKS
de Woody Allen

Quel bonheur de voir ce film-là à 10h du mat! parce que c'était la première séance, parce qu'il était en VO, parce que j'étais avec Marie, et tout simplement, parce que c'est un excellent film!
On retrouve le Woody Allen qu'on aime, le "première version", (ça y est, il est enfin rentré au bercail!) avec ses problèmes d'ego, de libido, d'intello juif new-yorkais, ses questions existentielles, ses doutes, ses interrogations métaphysiques, et ses répliques qui font mouche, qui font pschiiiiit, qui font whiiiizzzz!, qui éclaboussent, bref, qui fonctionnent, quoi, et à plein régime! On se régale, de la première à la dernière minute.
Le vieux maître doit désormais se trouver trop chenu pour apparaître dans son film, il a donc délégué un porte-parole pour la circonstance : un certain Boris Yellnikoff, (Ed Begley Jr) scientifique, génie (il a frisé le nobel) solitaire (un maraige et un suicide au compteur) et misanthrope (mais doté d'un sacré sens de l'humour et de la répartie, puisque ledit Ed Begley Jr est scénariste de Seinfeld... QUOI, vous ne connaissez pas Seinfeld ?) Le Boris en question nous prend à parti dès le début du film, puisqu'il apostrophe le spectateur directement, les yeux dans les yeux si je puis dire, (dans un réjouissant clin d'oeil à La rose pourpre du Caire) au grand dam des copains avec qui il est en train de discuter (qui, eux ne nous voient pas...)
Boris a une opinion de lui aussi haute qu'est grand le mépris qu'il éprouve à l'égard du reste de l'humanité, et une vision globale (c'est lui qui le dit) du sens de la vie aussi nihiliste que réaliste. Après son petit one man show urbain et introductif, on va suivre notre vieux ronchon jusque devant chez lui, où il va faire la rencontre d'une jeune sdf de fraîche date (et de frais minois aussi, et tiens tiens, se dit le spectateur, une blondinette à la Scarlett Johansen, qu'est-ce à dire...) , une blonde nunuchette venue de son Texas natal et profond pour tenter sa chance à New-York, une oie blanche pleine de candeur et d'illusions, une écervelée qui ne sait presque rien de la "vraie" vie, lacune(s) que Boris va s'employer à combler, dans son appartement un peu miteux (ah... satisfaction, ça change des lofts de la 5ème avenue!) où ils vont cohabiter, deux minutes, puis une nuit, puis une année entière, jusqu'à ce que résonne le début de la 5ème de Beethoven (tatatatam! tatatatam! le destin frappe à la porte...) pour introduire dans le film, d'assez théâtrale -mais ainsi revendiquée- façon des nouveaux-anciens personnages (c'est dommage de tout vous raconter...) , un par acte, pourrait-on dire.
De même qu'il revendique la théâtralité, (l'appart de Boris Y comme lieu scénique, les adresses au public, les apartés et les bons mots) Woddy Allen assume (et rentabilise) totalement la notion de conte (de faits plutôt que de fées ? La jeunette amoureuse du vieillot, la paysanne qui devient une artiste mainstream, le vieux plouc réac qui fait son coming out, la mère qui complote pour mettre sa fille dans les bras du prince Charmant, le solitaire qui rencontre in extremis -et de quelle façon- la femme de sa vie, etc.) avec son discours introductif et sa conclusion happy-endinguesque : une scène finale comme chez Shakespeare, tout le monde se retrouve, un couple de jeunes, un couples de vieux, un couple gay, même un ménage à trois, et tout le monde s'y congratule et s'embrasse de la plus joyeuse des façons...
Oui, voir ce film à 10h du mat, ça fait sacrément du bien ("ça vaut une séance chez le psy..." résuma assez justement Marie), une bouffée de plaisir paradoxalement aussi réaliste qu'idéaliste  (l'amour n'est qu'une affaire de hasard, il faut profiter de sa chance, le bonheur est épéhéère, etc.), et le revoir le même soir, entre Manu et Hervé (qui sont parfaitement synchrones, et riaient, en stéréo, exactement aux mêmes moments) ne fut que la confirmation que, au cinéma comme dans la vraie vie, l'important c'est que ça marche...


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mercredi 01 juillet

fête du cinéma 3

(deux films avec une icône virile -et un message personnel-)

TWO LOVERS
de James Gray

(message personnel à Joaquin Phoenix, dont je sais par ailleurs qu'il est un lecteur assidu de ce blog : "mon cher Jojo, tu as bien raison de vouloir arrêter de tourner, je ne pourrais pas supporter d'être, une autre fois, aussi bouleversé par un de tes personnages. Profite bien de tes vacs. Biz") Je n'avais pas voulu le voir quand il était passé dans le bôô cinéma parce qu'il était -horreur!- en VF, et j'ai donc profité de la Fête du Cinéma (et du fait que -huhuhu- on avait justement émis le souhait de le revoir, en VO cette fois-ci). Et j'ai rudement bien fait.

Au menu, une histoire en apparence moins noire et violemment tordue que les films précédents de James Gray. Quoique... Où Leonard (Joaquin P.), jeune homme souffrant de troubles bipolaires et vivant encore chez ses parents (sa maman a les traits d'Isabelle Rossellini, pas moins, si si, même si elle est un peu zarb  et  l'espionne régulièrement par-dessous la porte de sa chambre...) est partagé entre deux demoiselles (bipolaire, aussi, donc, au niveau du coeur)  : la brune (la rangée, bien peignée et propre sur elle) que leurs parents respectifs poussent peu discrètement dans ses pattes pour un genre de mariage arrangé et raisonnable, et la blonde (la dérangée ?) et un peu excessive (un peu sex, beaucoup drugs et très rock'n'roll) voisine d'en face... Amour, amitié, espoir, désespoir. Une histoire simplissime mais pourtant (d'autant plus) forte. Petite musique tchekovienne ineffable (A aime B qui aime C qui...).

C'est, en plus, très bien filmé, (mais bon on est chez James Gray, ce n'est pas vraiment étonnant) et, comme écrit plus haut, Joaquin Phoenix y est proprement extraordinaire. Ce mec-là est sidérant tellement il porte le film, et pourtant il fait passer ça en finesse, de la vraie dentelle, trois fois rien : un regard, un sourire, une main qui bouge à peine... Ma voisine Joseline a failli me tendre un mouchoir quand les lumières se sont rallumées tant j'avais les yeux rouges. Et cinq minutes après, croisant Marie sur le parking et tentant de lui évoquer le film en deux mots, rebelote! Bon c'est vrai qu'en ce moment, avec les questions que je me pose sur les relations, le couple, l'amour etc. j'étais spécialement réceptif, peut-être...N'empêche.  Magistral. Un film qui aurait du indiscutablement figurer dans mon best of 2008.

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JEUX DE POUVOIR
de Kevin MacDonald

(message personnel à Russel Crowe, lui aussi  lecteur assidu de ce blog : "Mon cher Ruru, que tu sois en  chemise en jeans de gros journaliste irlandais à cheveux longs et gras ou  dans ta petite jupette de Gladiator tu m'excites intéresses tout autant. Même si t'as pris un peu de popotin, que tu noues la joue un peu cracra négligé, ce n'est pas pour me déplaire...Fais attention aux triglycérides, quand même...")

Un "thriller paranoïaque" qu'on profite de la Fête du C. pour voir, tiré (je l'ai appris au générique) d'une série télévisée, où un journaliste (Russelchounet) découvre que deux faits-divers (dont un scandale impliquant un de ses amis, devenu député) en apparence indépendants sont en réalité intimement liés, et que derrière tout ça se cache une étrange et puissante multinationale à tendance militariste et que mon dieu mon dieu (le rythme s'accélère) les plus hautes sphères du pouvoir semblent être touchées et que mon dieu mon dieu mon dieu voilà même un tueur quasi-cyborg lancé à ses trousses...

Je rigole, comme ça, mais le teme de "thriller haletant" n'est pas usurpé : on n'arrête pas de courir derrière les basques de notre ami  (qui n'a d'ailleurs pas une course très esthétique mais bon là n'est pas le problème), et de rebondissements en retournements de situation, de révélations en manipulations, le spectateur est mené par le bout du nez, à peine le temps de respirer, alors manger du popcorn pensez...( c'était une séance de 22h30 et les djeuns présent n'ont rien mâché de bruyant) en n'étant, comme on dit, pas au bout de ses surprises... Je ne suis pas certain d'avoir tout compris, (comment sa femme était au courant, pour le salaire de sa maîtresse ???)  mais bon je suis sorti de là plutôt satisfait: oui, j'ai passé un  bon moment... Pas inoubliable, mais un bon moment! En plus, pendant le générique de fin, on a un petit documentaire sur la fabrication des journaux : S'instruire en s'amusant, et s'amuser en s'instruisant...


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(que ce soit dans la française ou l'américaine, ils ont laissé les cheveux gras dans l'ombre...)

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mardi 30 juin

fête du cinéma 2

(deux histoires de famille avec un enfant qui pose problème...)

ANTICHRIST
de Lars von Trier

(un temps d'arrêt... puis raclement de gorge, ou soupir embarrassé, au choix) C'est vrai, ça commençait pas mal du tout, plutôt bien, plutôt très bien même... Un court-métrage bleu et blanc juste chiadé et choquant (il aime ça, la provoc, notre Larsounet) ce qu'il faut en guise de prologue (pendant qu'un couple fait l'amour dans la salle de bains, sur fond de grande musique, le bébé , hop!, tombe par la fenêtre, au ralenti, bien sur) puis quatre parties (chacune avec son titre joliment crayonné à la craie grasse) et un épilogue.

"Elle" est désespérée, anéantie, et lui, en tant que mari et thérapeuthe, veut la consoler et la guérir, en mettant en place, justement,  une thérapie, pour la sortir de là. De quoi a-t-elle  peur ? De fil en aiguille, ils finissent par se retrouver en pleine cambrousse, dans un chalet en bois (sur le toit duquel tombent des glands) au milieu des bois (avec biche, renard, corbeau...), un lieu nommé (huhuhu) Eden. Parties un et deux, ça va, on continue sur la lancée (le travail de deuil, la thérapie, la peur, etc.) , on apprécie la mise en images, le travail sur le son, sur la couleur, la mise en place d'une ambiance efficace de film de trouille, inquiétant, esthétique, avec musique ad hoc, mais on se dit que, quand même les critiques sont un peu chochottes, y a pas de quoi hurler d'horreur tout de même, hein...

Mais quand on arrive à la troisième (pouvez pas la louper, c'est juste après le renard qui parle) c'est là que ça devient carrément effroyable. Effroyablement violent, mais aussi effroyablement grotesque, et surtout effroyablement n'importe quoi. Le film part en sucette, et le spectateur avec. A partir de là, tout va de mal en pis, et même plus encore si c'était possible. Antichrist est un film qui s'effondre  inexorablement sur lui-même, comme un trou noir d'antimatière cinématographique. Un film, comme Saturne dévorant ses enfants, qui se repaît de sa propre substance. Les deux interpètes se donnent à fond (Charlotte Gainsbourg a bien mérité son prix, et Willem Dafoe , comme dirait je ne sais plus quel journal, ne démérite pas.) mais en valait-ce vraiment la peine ?

Ps (note à l'attention des voyeurs éventuels) : ce film est abusivement survendu comme un film de cul,vous risquez d'y être déçus (une seule teub, bandante et en gros plan, certes, mais c'est tout, la deuxième fois quand elle crache du sang, ça ne compte pas...) Par contre, pour les (a)mateurs de catalogues d'outillage...

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TELLEMENT PROCHES
d'Olivier Nakache et Eric Toledano

Certes, la vison d'Antichrist ne m'avait peut-être pas mis dans les meilleures dispositions pour voir ce film-ci, qui lui a succédé.Il est ici aussi question de famille, au sens plus large (et plus trivial ?) Zabetta m'a dit que je n'étais qu'un intello parce que je n'avais que modérément ri, ce qui est vrai, je me sentais un peu perdu, désolé, dans une salle remplie de bourjoufles (j'ai appris ce mot aux amis lors de l'apéro du dimanche soir qui suivit) qui s'esclaffaient et gloussaient de plaisir à la moindre saillie, si lourdaude fut-elle, tant il est vrai que sous l'esprit bon enfant du film se cache un genre d'étude systémique de marché du zygomatique attendri...
Un jeune couple, trois enfants, dont un "hyperactif" (je dirais plutôt hyperchiant) elle un peu qui essaie d'assurer, lui ex G O au Club', jeune père laxiste et plutôtagaçant, elle pourvue d'une famille folklorique dont on va suivre les aléas (le frère et son épouse en admiration devant leur gamine, et qui l'inscrivent dans une école juive parce qu'on y réussit mieux,  la soeur qui tombe amoureuse d'un interne noir qu'on prend régulièrement pour un garçon de salle, les parents qui débarquent à l'improviste...) le jeune couple se sépare provisoirement, le temps que tout s'arrange, (car bien sur tout s'arrange) avec en prime ce message horripilant (pour l'enseignant en ZEP que je suis) : parents, laissez vos gamins chiants être chiants, quand ils auront grandi, ils deviendront des comiques célébres! Arghh! Bon, à part ça, reconnaissons que Vincent Elbaz est sympa, qu'Isabelle Carré est toujours aussi mimi, mais que c'est surtout François-Xavier Demaison qui m'a fait fondre...

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lundi 29 juin

faut pas pousser!

Non mais hé, ho! Je sais bein que les jours commencent à raccourcir, mais, tout de même, ce n'est pas une raison... La première feuille morte, le 27 juin ?


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dimanche 28 juin

fête du cinéma 1

(samedi, deux comédies:)

FAIS-MOI PLAISIR
d'Emmanuel Mouret

Comédie française. A quoi ça sert, finalement  de se fatiguer à écrire des critiques quand d'autres le font bien mieux, ou, mieux encore, l'ont déjà fait, et disent exactement ce que vous auriez eu envie de dire? (je fais ma feignasse, et je préfère me laquer les ongles sur ma méridienne) vous avez le choix entre la version longue ici ou la version brève . tout le monde semble d'accord, Mouret, c'est très bien, c'est même de mieux en mieux (j'ai vraiment beaucoup beaucoup ri pendant les deux premiers tiers du film...)

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VERY BAD TRIP
de Todd Philips

Celui-là, j'avais envie, bien que craignant la grosse bourrinade. J'aime bien ce genre de film en marche arrière, de reconstruction (puisque tout ne sera montré en détail qu'au générique de fin...) où trois "potes" qui étaient partis à las Vegas fêter l'enterrement de vie de garçon du quatrième se réveillent au matin du mariage avec une monstrueuse gueule de bois, et sans le quatrième en question... Question, justement : que s'est-il donc passé cette nuit-là ? Un tigre dans la salle de bains, un bébé inconnu, une dent arrachée, une voiture de flics volée, un chinois à poil enfermé dans un coffre, Mike Tyson, 80 000 dollars... on va de surprise en surprise, et ça continue joyeusement comme ça pendant une heure trente. Inutile de préciser que la VF est  calamiteuse, mais bon, ça se laisse voir sans aucun déplaisir, avec un sous-texte suffisamment ambigu (surtout le personnage du -hmmm je sais qu'il y en a qui vont baver- gros barbu, qu'on aperçoit même cul nu en jockstrap... ce qui n'est pas -je le reconnais- un argument très cinéphile mais bon).

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vendredi 26 juin

micro64

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cette période de l'année (sans doute ma préférée) où je pourrais ne me nourrir que de cerises et d'abricots

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lessive : ce sont les mouchoirs qui sèchent le plus vite

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(bourrins) : je crois hélas que plus ils sont cons et plus ils m'attirent

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et toujours le plaisir de compter les sous, à la fin de la kermesse

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goûté de la glace à la groseille blanche, faite maison

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que maravija...

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un dermatologue véhément m'exhorte à être moins gentil

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la nomination de Luc Chatel confirme la politique du encore pire

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j'adore les gratins de pâtes

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et le mois de juin est déjà presque fini...

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jeudi 25 juin

un chien ?

LA FEMME SANS TÊTE
de Lucrecia Martel

Et de trois! Décidément, le cinéma argentin aura fait chez nous dans le bôô cinéma, un sacré triplé! Entre le bleu et énervé La sangre brota et le minimal et ensoleillé La fenêtre, voici La femme sans tête, qu'on pourrait dire à mi-chemin de l'un et de l'autre.
Un film... poreux, malléable (meuble ?) où l'image se fait contaminer (parasiter ?) par le son, le récit par l'extérieur, les personnages les uns par les autres... Si Chabrol rencontrait Cortazar... si vous voyez ce que je veux dire, avec peut-être un zeste de Lynch pour aciduler les papilles ?

Un groupe de gamins court (avec un chien) le long d'un canal / un groupe de femmes (vont chercher des gamins à l'école? ) parlent beaucoup, en tout cas / l'une d'elles, (qui vient de se faire une couleur, on ne peut pas ne pas la remarquer, elle est blonde) monte dans sa voiture, roule le long du canal vu en ouverture, et, dans un moment d'inattention, percute quelque chose / elle ne sort pas de la voiture, finit par redémarrer et rentre chez elle, comme si de rien n'était / ... à partir de ces trois scènes, l'histoire se crée.

On va suivre (tenter de) cette femme pendant tout le film (qu'elle traverse, gracieusement somnambulique -j'ai beaucoup aimé cette actrice- ) et (tenter de) comprendre autant ses réactions que celles, en chaîne, que cet accident va provoquer autour d'elle ("il ne s'est rien passé..." lui répètera son mari). Lucrecia Martel filme incontestablement bien ce "presque rien" scénaristique, en soignant ses cadrages, en peaufinant ses plans, et parvient, une fois de plus à instiller le malaise qu'on avait déjà pu ressentir face à sa Niña santa.

Il est question bien sur, de culpabilité, (ou pas) de violence (celle de l'accident, mais aussi celle des rapports sociaux ou familiaux), de reconstitution, ou plutôt de déconstitution (de la même façon que, dans Blow-up on assistait à l'apparition (au surgissement)  d'un crime hypothétique par un détail d'une photo agrandie, lici, on aiisterait plutôt à la démarche inverse, la disparition d'un meurtre -potentiel ?- par l'effacement successif de toutes les traces) et également de diversion, la réalisatrice nous laissant le choix entre différents itinéraires (avec les inévitables fausses pistes et autres voies sans issue ).Amnésique ? Ecervelée ? Inconsciente ? Les trois en même temps ?

Le spectateur est souvent (volontairement) égaré, comme perdu dans un lieu inconnu où il chercherait des panneaux indicateurs pour tenter de retrouver son chemin, et assiste à des scènes, rencontre des personnes , face auxquelles il ne peut émettre que des hypothèses. Le cinéma argentin nous démontre encore une fois le grand écart qu'il est capable de faire entre la description réaliste d'une société contemporaine et le recours à une forme très personnelle de fantastique, discret, souterrain, mais quasiment omniprésent, qui fait que tout ou presque peut (ou ne pas) arriver...

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mercredi 24 juin

remaniement (ministériel ?)

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(ou le contraire ?)

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mardi 23 juin

perfusion

LA FENÊTRE
de Carlos Sorin

A une semaine d'intervalle, un autre moment de bonheur cinéphile venu d'Argentine. A des années-lumière de La sangre brota. Probablement un des plus beaux films vus cette année. Au bout de quelques minutes, j'avais déjà les larmes aux yeux, c'est dire. Un film très calme, très doux, très simple, pour parler du dernier jour de la vie d'un vieillard. Unité de temps, unité de lieu, nous serons face à la même bâtisse de l'aube au crépuscule.
Un papy malade dans son lit, donc, les deux femmes qui s'occupent de lui, un médecin qui vient faire sa visite, voilà pour l'essentiel, le quotidien. Pour l'extra-ordinaire, un accordeur de piano,  venu pour remettre en état le vieux piano du salon, sur lequel personne n'a  joué depuis longtemps,  pour une bonne raison : le fils du papy alité est parti il y a bien longtemps, c'est désormais un pianiste de renom, et il doit revenir aujourd'hui rendre (une dernière) visite à son père.
Un papy dans son lit, le lit dans la chambre, et pour à la fois l'isoler et le rapprocher du dehors, le rectangle magique de la fenêtre (qui donne à juste raison son titre au film). C'est un  beau jour d'été (la lumière est superbe), un rayon de soleil qui passe entre les contrevents, un souffle d'air, une mouche égarée qui bourdonne, et voilà la vie, le monde du dehors qui vient chatouiller, titiller, le vieillard... L'appel du dehors. Sa perfusion à la main, le voici qui s'aventure à l'extérieur, avec sa veste sur les épaules et son panama sur la tête, dans le jardin d'abord, puis le voilà qui se hasarde un peu plus loin, et un peu plus loin encore... dans un genre de road-movie au ralenti, une expédition minuscule, un voyage presque immobile mais d'autant plus touchant (j'étais peut-être particulièrement réceptif, mais j'avais régulièrement  les yeux mouillés...)
On aurait souhaité que le film se déroule, comme ça, paisiblement, jusqu'à a fin (que le spectateur connaît des les premières images), simplement, mais peut-être que Carlos Sorin n'a pas "osé" tenir la même note  jusqu'au bout de son historia minima. La deuxième partie est donc un peu plus "narrative", et, en ce qui me concerne, émotionnellement moins forte (mais heureusement peut-être...) En tout cas une touchante façon de parler de la mort (et peut-être un peu du cinéma aussi, non? la "fenêtre" en question faisant  tout de même assez penser à ce rectangle d'images virtuelles qui s'ouvre soudain dans le noir, à ce rayon de lumière qui nous attire  vers un au-delà ectoplasmique qui n'est peut-être pas la vie, mais qui y ressemble parfois rudement...)

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Posté par chori à 05:34 - pluricul/multimed - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 21 juin

faites des paires!

en ce jour des papas, voici ma modeste contribution, quelques images glanées sur un site qui ne cesse pas de m'... intéresser!

 

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Gros bisous donc à tous les papas et aux autres aussi...
(savez-vous que leur monde se partage en trois :1) straight 2) gay 3) bi curious)
Interesting, isnt'it ?

 

Posté par chori à 15:23 - musée de l'homme - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 20 juin

huhuhu

Dans la série "geignons il en restera toujours quelque chose..."
Tandis que mes "chroniques autant de retentissement que la chute d'une crotte de chauve-souris au fin fond du gouffre de Padirac, voilà-t-y donc pas qu'un billet contenant un courrier que je ne fais que retransmettre parce qu'il m'a fait sourire provoque ici-bas un émoi aussi incomparable qu'imprévu. 
Rendez-vous compte : cinq commentaires! Oui, comme les doigts de la main. Whaou, Comme ça d'un coup, sans prévenir, et sans même que le mien n'y figure! Autant en une seule fois que quasiment toute la production de commentaires depuis le début du mois, j'ai frôlé de peu l'attaque vasculaire...
C'est donc ce que je devrais faire, dorénavant, recopier ici des extraits de courrier... Ca tombe bien, c'est bientôt les vacances!


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Posté par chori à 19:48 - fadaises - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 19 juin

compassé ?

CHERI
de Stephen Frears

Un film bien mieux que ce que j'en attendais (et c'était pas grand chose à vrai dire). Colette, à part les "dialogues de bête"... C'est toujours pareil, chez Stephen Frears y a toujours quelque chose qui me plait. il est fort, le bougre. Là, d'une histoire surannée (vieillotte et un peu cucul-la praline), il arrive à trousser un machin ironique en costumes et "à grand spectacle" en donnant le sentiment qu'il le filme en même temps au premier degré et au nième, au moins. En même temps dedans et complètement extérieur.
L'histoire, à vrai dire on s'en contrefiche un peu. La vieille chose (encore bien néanmoins pour son "âge canonique") et le jeune godelureau, je t'aime, je ne t'aime plus, je n'aime que toi, reviens va-t-en, ni avec toi ni sans toi, etc;, on connaît la musique. Le réalisateur aussi (semble s'en ficher un peu) à la façon dont il nous expédie l'épilogue via une voix off plutôt désinvoltement. Mais bon, il y a des bonnes choses...
D'abord, Mimichounette Pfeiffer, qui, il y a "quelques années" jouait la jeune oie blanche dans les Dangerous Liaisons (déjà une adaptation du french litterary patrimony) et qu'on retrouve ici dans un rôle de , n'ayons pas peur des mots, "vieille belle". (Bon, pas si vieille, quand même!)
Ensuite, Kathy Bates, grandiose, dans un de ses meilleurs rôles, en vieille copine, vieille cocotte vieille gossip girl, vieille peau, et accessoirement mère du jeune Chéri en question.
Sans oublier, pour l'enrobage, un super chef-op' (Darius Khondji), qui nous a concocté quelques vues sublimes dites "de Biarritz" du plus "carte postale de la belle-époquesque" effet (avec un bleu maritime hmmmm beau à s'y vautrer)
Mais comme disait mon copain Gilles à la sortie, "pour faire du beau comme ça, il faut du monde..." Témoin en est un générique-fleuve (qui dure presque la moitié du film -oh j'exagère à peine!-)où n'est pas oublié le moindre cireur de bouton de bottines, à tel point que ça en devient drôle tellement il a fallu de monde et tellement personne n'est oublié... Ah les fastes of the Belle-Epoque...

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jeudi 18 juin

boîte en fer

LA SANGRE BROTA
de Pablo Fendrik

Une baffe. De temps en temps, un film vous fait cet effet-là. Un film qui déboule sans prévenir, auquel on ne s'attendait pas. Un film qui préexiste au spectateur en tant que système autonome, en circuit fermé, un film qu'on découvre, qu'on visite, qu'on appréhende, dans lequel on s'immerge, on s'enfonce, on tâtonne, plutôt qu'une simple trame narrative dont on suivrait benoîtement le fil(m) tendu depuis son point initial i jusqu'à son point final f, et basta.
Le film de Pablo Fendrik est doté, et c'est rien de le dire, d'une forte personnalité. L'Amérique du sud (et l'Argentine notamment) nous envoie régulièrement des objets étranges, des alcools forts, des formes pas formatées. La sangre brota se range au confluent de ces catégories.
C'est un film (chromatiquement) bleu (ou plutôt viré au bleu, et tirant -paradoxalement- vers le glacial l'incandescence qui semble régir cette fourmilière speed de Buenos Aires). C'est un film hargneux, teigneux, où la façon de filmer (le plus souvent, pour les scènes urbaines, en caméra sur l'épaule) rejoint la violence et la fébrilité qui sous-tendent les rapports des différents personnages. C'est un film mystérieux, aussi, dans la façon qu'il a de livrer en pâture (de jeter à la figure ?) au spectateur des pièces éparses,des éléments disparates, des personnages plus ou moins opaques, mais de très naturelle et dynamique façon. Fendrik ne construit pas volontairement du mystère, il ne fait que livrer une réalité brute, complexe, et multiple.
Chaque personnage (et son histoire) pourrait faire l'objet d'un film à lui tout seul, et le mélange des tous ces univers crée un méta-récit encore plus oppressant. Deux personnages se détachent  : Arturo, chauffeur de taxi quadragénaire, mutique et bridgeur, et Leandro, un jeunot destroy partagé entre sex, drugs et quasiment rock'n'roll (sauf qu'ici ça serait plutôt de la techno). Il s'avèrera au bout d'un certain temps que ces deux-là sont père et fils et que l'unique point commun (ou presque) qu'ils auront dans le film est une boîte en fer contenant les économies d'Arturo. Si le film met le spectateur dans un tel état,  ce n'est pas tant par ses scènes de violence (qui, si elles  sont paroxystiques, ne sont néanmoins pas traitées sous l'angle du réalisme gore mais plutôt "stylisées") que par le malaise permanent (et un peu paranoïaque) dans lequel il est plongé : chaque personnage, chaque situation, est source d'inquiétude, d'appréhension, on redoute à chaque fois le pire, parfois il survient,  et parfois c'est le contraire...
Si un mot pouvait résumer le film, ce serait peut-être "menace". Mais, encore une fois, ce n'est pas tant l'histoire (à la limite, le scénario n'est qu'un prétexte) que le traitement. qui importe Et là, chapeau! Vraiment, c'est techniquement (et donc esthétiquement) sidérant. Un cinéma qui vibre, qui court, qui pulse, qui halète,  parfois presque s'asphyxie mais repart aussi sec. Zigzaguant entre gestes délicats (un cheveu qu'on enléve d'une épaule une épaule qu'on masse...) et images choc (un bébé qu'on abandonnerait dans une poubelle, une langue qu'on sectionnerait d'un baiser, un visage qu'on écrabouillerait...)
Le visage androgyne de Leandro (c'est quasiment comme une fille avec une ombre de moustache) et ses cheveux emmêlés face au visage fermé et atone d'Arturo. Le sang, bien sûr. La rage. Et toutes ces combines, ces magouilles, ces trafics, ces addictions  qui grouillent tout au long  du film, le creusant de part en part (les courses, le bridge, l'ecstasy...) comme autant de galeries d'économie souterraine...
On sort de là impressionné, c'est indiscutable, et le film longtemps après passe encore dans la tête.

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mercredi 17 juin

vzoul

reçu hier d'un ami ce courrier que je ne résiste pas au plaisir de vous citer in extenso (ça devrait rappeler des choses à certain(e)s...)

Tu sais que tu viens de Vesoul quand :

• tu as déjà voté Joyandet, mais tu sais pas vraiment pourquoi ;

• tu mets "LE" ou "LA" devant le prénoms d'une personne ;

• tu te farcis encore le train corail pour "monter à Paris" ;

• tu es capable de t'envoyer un pot de cancoillotte avec, voire même sans pain le soir devant la télé ;

• après avoir fait la rue Paul Morel dans un sens tu la refais dans l'autre car il n'y a rien d'autre à voir ;

• tu peux, de tête, citer tous les magasins du centre ville en partant de la mairie jusqu'à la place du marché ;

• tu prononces le T à la fin de vingt ;

• tu stationnes une semaine ta voiture en zone bleue sans prendre un PV ;

• tu sais pas quoi faire quand il pleut et tu regardes des programmes de merde à la télé le dimanche ;

• t'es trop fier(e) de dire que tu vas passer le week-end à Paris ;

• tu fais l'effort de trier tes déchets et que les gars qui ramassent les conteneurs mettent tout dans le même camion ;

• tu vas acheter tes chaussures à Besac parce qu'ici il y a rien qui te plait ;

• tu sais que le BHV n'est pas qu'un grand magasin parisien mais aussi un bar à la déco bien ringarde ;

• tu trouves ça classe de porter des baskets ;

• tu sais pas marcher avec des talons ;

• t'en a marre d'entendre parler de Brel ;

• tu trouves que les pavés des trottoirs sont trop casse gueule et que le mec qui a pensé ça devrait être à St Remy ;

• quand tu regardes les habitants tu as l'impression qu'il y a 80% de logements sociaux à Vesoul ;

• tu dis que ton maire est ministre, et quand tu dis son nom, personne le connait ;

• tu rêves de sauter en parachute, mais tu sais même pas qu'il y à un club au sabot, d'ailleurs tu es jamais monté à l'aérodrome ;

• tu sais que l'été doit être une saison qui existe quelque part dans le sud de la France ;

• t'en as marre de la fête du bois, de la brioche, du miel, du fromage, de la mure, des vide greniers… vivement la fête du string ;

• tu trouves que les chiottes du Shaker, du Français, du BH et de tous les bars sont pourris sauf le Globe ;

• tu as peur de retrouver ta voiture rayée par un connard qui rentre bourré le samedi soir (et les autres soirs aussi) ;

• tu trouves ça lamentable de mettre la rue Lafayette à 30km/h et que les flics en profitent pour mettre leur radar ;

• tu en as marre d'entendre les gosses rouler en scooter sans pot d'échappement ;

• tu as fait tes études à Besac même si tu rêvais de les faire à Paris ou à Nice ;

• tu lis l'Est au café, même si tu trouves ça nul comme canard ;

• tu vas à la Loco ou "au" Manouch et que tu trouves ça nul mais que tu y retournes la semaine suivante parce qu'il n'y a rien d'autre à faire ;

• tu trouves ça nul d'avoir rebaptisé Manouch en H2O et la Loco en 3ème monde ;

• tu vas place de l'église à la Ste Catherine pour voir l'étalage des minettes ou minets célibataires ;

• tu mets encore le chauffage le 15 mai ;

• tu adores manger les patates avec de la cancoillotte chaude ;

• tu trempes tes tartines avec du fromage dans ton bol de café ou de chocolat le matin ;

• tu as déjà marché sur le lac en hiver en ayant la trouille de passer au travers de la glace ;

• tu dis que tu viens de Vesoul, on te répond systématiquement : « C'est où ? » ;

• tu vas regarder les célibataires de Vesoul sur Meetic, tu en connais presque la moitié ou au moins de vue ;

• tu peux pas faire 100 mètres sans croiser quelqu'un que tu connais ;

• tu sais que un tel couche avec une telle et que Truc a quitté Machine pour aller avec l'autre ;

• tu connais tous les mecs célibataires et t'as au moins une de tes copines qui est sorti avec…

• tu comprends l'expression "ça caille";

• tu comprends les expressions : "ch’suis gaugé", "Vingt dieux la glaise" ;

• tu as forcément quelqu'un de ta famille qui travaille chez (à) Peugeot (la Peuge) ;

• tu dis "desserre-toi"pour"décales-toi" ;

• tu te fais chambrer parce que Vesoul c'est une préfecture avec même pas 20 000 habitants ;

• t'es trop content que la Star Ac viennent à Vesoul parce que c'est les seules "stars" de l'année qui viennent jusqu'ici ;

• tu dis encore "j'vais au Prisu" alors que ça fait bien 10 ans que c'est plus Prisunic mais Monoprix ;

• tu dis "c'est FIN NUL" ou encore "c'est FIN BIEN" ;

• tu dis "on va AU Cora" ;

• tu as eu ton cochon en pain d'épice avec ton nom dessus et un sifflet dans le cul à la sainte Catherine ;

• pour t'acheter une moto ou la faire réparer t'es obligé d'aller chez Trail 70 ;

• tu sais que le seul haut-saônois connu du monde entier (ou presque) c'est Stéphane Peterhansel ;

• tu dis pas "Vesoul" mais "Vzoul" ;

• tout les mercredi soir t'es obligé de bouger ta caisse car le jeudi matin y a le marché et que tu t'es déjà fait avoir une fois ;

• ta télé déconne à chaque mobylette qui passe dans la rue ;

• tu peux pas te promener en ville sans slalomer entre les merdes de chien ;

• tout les samedi, tu vois des jeunes au kiosque en train de danser la tectonik qui est démodée depuis bien longtemps… sauf à Vesoul ;

• tu es fasciné par le casseur de vaisselle de la Saint Catherine ;

• tu trouves que c’est la classe de se balader en cuissard moulant même si t’as un cul gros comme la Motte ;

• tu t’arrêtes pour lire La Presse dans la vitrine de la rédaction du journal même si c’est un canard foireux ;

• tu dis "j’ai mal LA tête" ou "j’ai mal LE j’nou";

• tu es fier que ta ville accueille le Festival INTERNATIONAL du film asiatique même si tu n’y mets jamais les pieds parce que les film projetés sont trop chiants ;

• tu portes des pantalons "pattes d’eph" à taille basse par moins quinze pour que tout le monde voie ton tatouage ethnique sous la ficelle de ton string ;

• tu penses encore que peindre ta Peugeot à l’aérographe constitue le summum du bon goût ;

• tu klaxonnes frénétiquement quand tu quittes des connaissances, et ce quelle que soit l’heure du jour et de la nuit ;

• tu es capable de boire un litre du vin chaud de la Saint-Catherine sans vomir ;

• tu as peur de traverser la N19 parce qu’il y plein de jeunes délinquants aux Montmarin ;

• tous les samedi soirs, tu bouffes un “repas” acheté au MacDo dans ta voiture sur le Parking des Haberges avant de laisser tous tes déchets à deux mètres de la poubelle ;

• tu te dis que les pentes de la Motte se sont bien construites et que le lac a dû déborder quand tu vois une photo du Mont Saint-Michel ;

• tu rêves d'avoir un gros 4x4 de marque allemande comme les commerçants du cru afin de pouvoir descendre la rue Paul Morel avec le samedi après-midi ;

• tu ne vois pas où est le problème si tu te gares en double file pour aller acheter ton pain ;

• tu ne peux pas t’empêcher de t’offrir une gaufre ou des marrons chaque fois que tu passes devant chez Franchi ;

• tu considères que les Vosgiens sont des gros ploucs qui conduisent comme des cons ;

• le dimanche matin, tu vas faire la queue pour astiquer ta voiture à la station de lavage ;

• le samedi soir, tu achètes tes bières à 22 heures chez Paillottet parce que tu oublies chaque semaine d’aller “au” Cora pendant les heures d’ouverture ;

• tu te plantes sur les ponts du Durgeon pour contempler durant des heures les poissons malades qui nagent dans l’eau cradingue ;

• tu évites de te rendre à la campagne parce que c’est plein de pécores et que toi tu es un(e) vrai(e) citadin(e) ;

• tu vas faire tes courses à Carrefour Valentin, parce que "au" Cora, il n’y a que des ploucs venus de toute la Haute-Saône…

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dimanche 14 juin

distributeur de bananes

LES BEAUX GOSSES
de Riad Sattouf

Ouah le film! Je suis sorti de l'école à 20h et j'ai filé directos au bôô cinéma, sans même manger. J'avais trooop envie! En plus j'avais l'aval de l'avis d'Hervé et je pouvais donc même y entrer la tête haute... Riad Sattouf, j'aime vraiment beaucoup : j'ai déjà parlé ici de son Pascal Brutal dont je suis, comme tous les garçons sensibles, (même pas) secrètement amoureux, mais il a dessiné plein d'autres trucs sur cette race à part : l'ado (Manuel du puceau, les années-collège, etc...) qu'il a l'air de plutô bien connaître, puisque là, il remet le couvert, mais en images qui bougent, sur grand écran et avé le dolby. Pour nous narrer les aventures d'une sacrée paire, d'un duo comme on les aime : le grand un peu trop mou et le petit un peu trop speed, bref l'union improbable de la méduse et du moustique. Et bien entendu ça fonctionne grave, pour nos deux pieds-nickelés (quoique, dans le cas présent, il vaudrait mieux parler de chaussettes dans cet état!)
Parce que Hervé et Camel sont ados, et donc avec un look d'ado, un langage d'ado, une problématique d'ado et des obsessions d'ado... Mais Riad Sattouf a l'extrême intelligence de ne pas forcer le trait, de rester toujours dans le vraisemblable, même si pas toujours très politiquement correct. Bien entendu, comme leurs homologues américains, tous les deux ne pensent (pratiquement) qu'à une chose, qu'on pourrait résumer globalement par "le cul" (avec toutes ses déclinaisons et ses sous-classes : la branlette, le baiser, l'érection, la pipe, la chatte, le rendez-vous, les teufs, etc.) et pratiquent la stabulation en groupe avec leurs homologues (dits "les potes"), pour faciliter l'observation, en restant à distance respectueuse, du groupe du sexe dit opposé. Les filles, quoi... Bon c'est surtout un film "de garçons", mais on voit bien que les lolitas sont aussi dans la démangeaison affectivo-sexuelle (pour elles c'est plus bien sûr dans l'affectif, elles sont plutôt du genre à se recoiffer en soupirant, alors que les p'tits mecs c'est plutôt branlette dans les chaussettes en matant la voisine d'en face ou à défaut le catalogue de la Déroute à la page des dessous)
Oui, Riad Sattouf y va franco (le film s'ouvre sur un super roulage de pelle en très gros plan, genre bernard-l'hermite(s) échangeant leurs habitacles, avec le bruitage mouillé ad hoc et la quantité requise d'acné juste à point suppurant, sous le regard médusé et jaloux de nos deux compères) et pourtant ce n'est jamais complaisant ni condescendant. Genre documentaire, quoi. D'autant plus qu'il a pris soin de ne situer précisément le film ni géographiquement, ni temporellement, lui conférant ainsi une sorte d'universalité.
C'est incontestablement drôle, mais c'est plus que ça. Je n'ai pas encore parlé des adultes, avec qui cohabitent / contre qui défendent leur territoire nos lascars à boutons et à appareil dentaire : bien entendu, ils se subdivisent en deux espèces, les "profs" et les "parents", également insupportables pour nos têtes dites "blondes", avec encore une fois tout un panel finement observé et tout aussi tendrement vachard (et je voudrais encore une fois parler ici de l'excellente Noémie Lvovsky, surprenante dans un rôle de mére "dépressive" (c'est elle qui le dit) mais incontestablement à la ramasse) dont le réalisateur semble dire que, finalement, au niveau des envies et besoins, ils ne sont pas si éloignés que ça des fistons et fifilles, hein...
Le résultat n'est pas non plus très éloigné des bandes dessinées de notre réalisateur : en y regardant de très très près, on peut quand même parvenir à déceler le bâti, la structure, qui fait de chaque scène prise individuellement un genre de strip en une page (auquel on pourrait donner un titre), avec (généralement) une chute, mais que tout ça est très finement bout-à-bouté, cousu avec des points tellement minuscules qu'on ne s'en aperçoit même pas. Oui c'est du cousu main. Disons, pour pinailler,  que que le réalisateur a fait montre de plus d'acuité dans son observation que d'originalité dans sa mise en scène. Mais bon pour un résultat répétons-le à cent coudées au-dessus de ses coreligionnaires, qu'ils soient français ou américains.
Je n'ai pas de gamins, mais ils me semble que si j'en avais, j'aurais pu les reconnaître là-dedans (j'y reconnais bien ceux des autres!)... et le plus rigolo c'est lorsque les lumières se rallument dans la salle et que les spectateurs se lèvent ; j'ai eu soudain l'impression, très Quatrième Dimension, qu'ils venaient de descendre de l'écran et avaient pris forme humaine : c'étaient les mêmes! Vous reprendrez bien une banane, au distributeur ?

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Posté par chori à 20:36 - pluricul/multimed - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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