lieux communs (et autres fadaises)

jeudi 22 février 2018

madame antelme

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LA DOULEUR
d'Emmanuel Finkiel

Emmanuel Finkiel est un réalisateur passionnant, que j'ai suivi depuis le premier film de lui que j'ai vu, Voyages, en 1999 (je n'ai pas vu son tout premier, Madame Jacques sur la Croisette, même s'il me semble l'avoir quelque part -un coffret Bref ? à vérifier- ) jusqu'au dernier Je ne suis pas un salaud (avec de grandissimes Nicolas Duvauchelle et, déjà, Mélanie Thierry). Mélanie Thierry qu'on retrouve ici, mais là c'est Duras. Elle joue le rôle de Marguerite Duras, jeune, qui attend, en 1945, le retour de son mari, Robert Antelme, des camps.

Le film est éblouissant.

Par ce qu'il raconte, et par la façon dont il le raconte. (Je me suis plongé dans Les Cahiers de la Guerre, achetés à la FAL il y a deux ou trois ans, que je n'avais pas lu(s), et qui contiennent des "ébauches" de La Douleur, - je connaissais déjà le texte de La Douleur vial le spectacle qu'en avait tiré Dominique Blanc, et que j'avais vu sur scène dans botre bôô théâtre- mais en le (re)lisant  je me suis aperçu que, pour  la voix-off de Marguerite, le réalisateur est vraiment parti de ça, de ses mots, de ses phrases, de ses lignes, et, déjà, rien que ça c'est un ravissement, par cette appropriation / retranscription de la petite musica durassienne -dont je précise que je ne suis absolument pas un idolâtre, que cela soit dit-, une justesse, un équilibre, fascinants).
J'ai toujours admiré le travail cinématographique d'Emmanuel Finkiel, sur la matière même de l'image et de son utilisation (même si parfois -rarement- il a pu me sembler un peu trop théorique, comme dans Nulle part Terre promise, que je trouvais si beau qu'il en était presque abstrait, un dispositif fictionnel) . Il est pour moi l'homme des reflets -c'est une chose que j'adore-,  et se rajoute cette fois un nouvel objet de  fascination : celle du flou. (qui est une autre chose que j'adore, la troisième étant les gouttes sur les vitres mais c'est une autre histoire). De la même façon que le personnage de Marguerite est un peu perdue dans son attente, dans sa douleur, dans sa mémoire, dans son espoir, et finalement ne voit que ce qu'elle veut bien voir, le film se permet régulièrement des jeux de mise au point qui nimbent soudain (ou dissimulent ou diffractent) ce qu'il n'est pas facile de voir (ou de montrer).
Le film débute en 1945, opère un long flash-back en 1944, et se clôt lumineusement (mais un peu douloureusement) sur la lumière de cet été 1945quelque part en Italie. Et j'adore la façon dont Emmanuel Finkiel traite un quotidien somme toute réaliste (pragmatique), celui de l'Occupation, (celui des privations, des tickets de rationnement, de l'omniprésence allemande, des rumeurs, des nouvelles qu'on attend) en le reconstituant -via ce que Marguerite en a dit dans ses petits cahiers- à la fois d'une façon conventionnelle (attendue), mais a minima, quasiment en la stylisant, sans jouer la carte de l'hyper-reproduction à hmmm milliers de figurants.
On est à la fois dans cette réalité-là et dans la façon dont Marguerite D. (à ce moment, encore Marguerite A.) la perçoit et la retranscrit. On est en même temps dans la tête du personnage et à l'extérieur, dans le monde vivant, dans le réel.
Il convient de complimenter Mélanie Thierry pour cette incarnation-là, mais Benjamin Biolay et Benoît Magimel sont tout aussi dignes d'éloges (et même Grégoire Leprince-Ringuet, que j'aime bien mais dont les compositions parfois m'agacent un peu les dents, est très bon, dans oublier -quelle émotion de la retrouver ici, après l'avoir vue dans Voyages- la précieuse Shulamit Adar).
Le film m'a vraiment bouleversé (dès le tout début, j'étais dedans, capturé captivé) et m'a laissé en larmes. Bien plus que les bouquins de la Guigitte, d'ailleurs (ainsi l'appelons-nous, entre nous, familièrement)
Top 10

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mercredi 21 février 2018

quéquettes à l'air (et fesses aussi)

le premier film grâce à Uncut, le deuxième grace à Dominique, et le troisième grâce à Arte et Court-Circuit)

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A LA RECHERCHE DE L'ULTRA-SEXE
de Bruno Lavaine et Nicolas Charlet

Proposé par Uncut cette semaine, ce long-métrage court (ou ce court-métrage long) -1h tout compris- m'avait déjà fait de l'oeil à plusieurs reprises, sans que je puisse jamais réussir à concrétiser... C'était donc l'occasion de pouvoir enfin jeter un oeil sur cet opus interdit au moins de 16a, dû aux qutre mains du duo responsable du Message à caractère informatif (qui je l'avoue ne m'enthousiasmait pas plus que ça, et me faisait parfois même grincer des dents et changer de chaîne...) On baigne dans les mêmes eaux (bidouillage et re-post-synchro de tout un tas de films Z à X (X', puisqu'il s'agit de soft, et, si on voit quelques -sympathiques- quéquettes visibles, érotomanes divers, passez votre chemin ou mettez la en berne : c'est aussi soft que feu un téléfilm du dimanche soir de M6) avec un panachage entre nanars de sf ultra-fauchés, japoniaiseries à la Bioman, et films sexy voire hardcore mais vertueusement softcorés. C'est plutôt drôle, le doublage non-sensique fait son effet, et le duo de réalisateurs sait faire habilement flèche de tout bois (certaines qui font plus mouche que d'autres...)

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VIHTA
de François Bierry

C'est dominique qui l'a mentionné dans la conversation, évoquant "un film où on voyait plein de quéquettes, ce qui a bien entendu piqué ma curiosité et m'a fait le rechercher ce matin sur le ouaibe, où je l'ai assez vite retrouvé car D. avit pris soin de me donner le bon titre. Et, coup de chance il était re-visible sur arte, mais seulement jusqu'à aujourd'hui (dernier jour, ouf!).
Un bus avec cinq personnes dedans, sonorisées par un gugusse qui leur annonce qu'il les emmène dans un centre de balnéo pour passer un "week-end d'entreprise". (la boîte vient d'être reprise). Le premier écueil est qu'ils ne savent pas vraiment s'il s'agit d'un test pour savoir qui va être gardé et qui va être viré, et le second c'est que le centre balnéo en question est naturiste. D'où les quéquettes visibles annoncées, et d'où les difficulté de d'aucuns à se mettre le kiki à l'air. Et celui qui a le plus de mal est joué par le très aimé Wim Willaert, qui est un peu aux films belges ce que Ricardo Darin est aux films argentins... Et le film se regarde avec grand plaisir, simplement en nous narrant les efforts de notre héros pour ne pas la montrer ou pas. Wim Willaert est parfait (comme d'hab')  la prolifération de QV est plaisante -que demander de plus-, et le film a d'ailleurs été récompensé à Clermont 2018...

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URSINHO
de Stéphane Olijnyk

Et j'aurais dû m'arrêter là, mais j'ai vu ce film annoncé sur la même page, et lui aussi visible pour la dernière fois ce jour. J'ai commencé à regarder, attiré par une image, (deux hommes couchés dont un gros nounours mulâtre, l'ursinho -ça veut dire nounours en brésilien- du titre). Ce jeune homme vit avec son père handicapé dans un quartier défavorisé, et travaille comme homme de ménage chez des gens riches (les pauvres et les riches / un thème récurrent dans les films brésiliens). Un film très prenant, puisque, si les toutes premières scènes me firent me dire "Ohlala il a un peu chargé la barque, quand même, je ne vais peut-être pas regarder jusqu'au bout, va...", la suite est suffisamment bien goupillée pour que, plus on progresse et plus on est touché (attendri, fasciné, ému), par ce personnage central, aussi massif que mutique, qui mène sa tristoune vie (de merde) sans se plaindre, sans rechigner, vaillamment, tendu dans sa quête obstinée de contact (de tendresse ?), son désir perpétuel. Il va rencontrer, chez le riche vieux pédé chez qui il fait le bonnichon (c'est le masculin de bonniche, eh!) un jeune gigolo (coiffeur pour dames!) dont il va s'enticher... l'amour c'est gai l'amour c'est triste, comme dirait Jean-Daniel Pollet. Le film est très attachant tellement il reste dans une simplicité frontale, dans un émoi mesuré. Sans complaisance ni commisération. Et notre nounours de héros y est sans doute pour beaucoup. Plus ça va et plus on l'aime. Le réalisateur a eu l'intelligence de ne pas étirer les choses au-delà du raisonnable (le film, trapu, fait 50'), et c'est parfait comme ça...

 

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jeudi 15 février 2018

divers d'hiver

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mercredi 14 février 2018

crochon

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CRO-MAN
de Nick Park

La nouvelle création des studios Aardman (et de Nick Park) avec une variante : à la place de Wallace et Gromit (qu'on adore), nous voici face à Doug et Crochon, son fidèle animal de compagnie qui est euh... un ancêtre du sanglier, puisque Doug est un homme des cavernes et que le film se passe à l'ère préhistorique. Doug vit avec sa tribu dans une vallée paradisiaque dont des vilains plus évolués (ils en sont déjà l'âge du bronze) vont les spolier, les reléguant à la place sur des terres nulles dont personne ne veut. La clé de cette histoire, Manchester oblige (mentionné dès le premier intertitre du film), est le football, et tout va dépendre de l'issue du match qui va, justement, opposer les "Brutes" (ceux de l'âge de pierre) aux cadors de l'équipe de Bronze...
Et ça pourrait donc quasiment être un remake préhisto de Plein la gueule de Robert Aldrich (The longuest yard en vo) et de son match entre gardiens et prisonniers, ou une variation de Le football c'est la guerre continuée par d'autres moyens (un titre que j'adore -et que je trouve très juste- d'un bouquin de Pierre Bourgeade qui m'avait mis plus que mal à l'aise) tant il est question ici de lutte des classes. Je précise que je déteste le foot, ou, plus justement, que je m'y inintéresse aussi fort que je peux.
Mais ce foot là, c'est très drôle. D'autant plus que ce match est est accompagné des commentaîres benêts de deux acolytes comme en a a connu par chez nous (le film est produit pas Canal, tout à fait Thierry!). Comme, d'ailleurs l'est tout le film : les personnages (les gentils sont moches et attendrissants, les méchants sont moches et arrogants -et bêtes-), les situations (le massage du cochon restera pour moi un gran moment de rire), les animaux (le lapin malin, le canard-saure, l'oiseau qui fait office de mésangerie-express, et, bien sûr le cro-chon rouquin et malin) . C'est plein de trouvailles, de gags, on sourit, on éclate de rire, bref, on est comme des gosses.
Le film passait en vf, mais ça ne m'a pas plus gêné que ça (c'est sans doute la première fois que je voyais un film étranger en vf dans mon Victor Hugo chéri...).

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mardi 13 février 2018

cavalier par dieutre

(je photographie la télévision pendant le film)

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(Il est fort, ce Dieutre, quand même...)

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lundi 12 février 2018

micro176

*

" Y a des saucisses aussi ? "

*

"Je dis carpe et t'entends tanche..."

*

comme une miette de tendresse :
je suis à la caisse du magasin, je le vois entrer, il voit que je l'ai vu, me sourit de loin, s'avance vers moi, je le salue par son prénom en lui tendant la main, je suis super ému, j'ai les larmes aux yeux, je lui présente mes meilleurs voeux ,je lui demande comment ça va, il me dit "Je sors de chez le coiffeur..."Je m'étonne, il rajoute " je vais vous mettre des poils partout, mais j'aurais bien aimé..." et il me fait le signe du câlin, et je lui dis que moi aussi j'en aurais envie, alors on s'étreint, là, devant la caisse ; avant de se séparer, il me dit aussi "Vous avez été comme notre père, à tous...", en parlant des autres gamins du quartier... Je me tourne vers mes achats sur le tapis, et la caissière, émue elle aussi, tandis qu'on se salue et qu'il disparaît dans les rayons (heureusement que le papy juste avant moi s'était trompé en pesant ses clémentines et a dû y retourner, sinon rien de tout ça ne se serait passé...)

*

Mon ami Philou est la seule personne que je connaisse dont je puisse, le même jour,
lire un sms, puis, peu après, une "vraie" lettre envoyée par la poste

*

un restau où la patronne appelle le cuisinier "ma Zézette"...

*

La météo annonce qu'il va tomber en 24h l'équivalent d'un mois entier de précipitations

*

la balance est le seul signe astrologique qui n'est pas représenté par un être vivant

*

 des scientifiques ont découvert que, lorsque le cerveau est en surchauffe, le nez refroidit,
(mais ils ne savent pas pourquoi)

*

un bon vigneron doit ouiller tous les matins.
(une pensée pour Claude...)

*

 "Un petit barbu rouquin qui a fini en caleçon..."
(Catherine sait s'y prendre pour me donner envie de voir les concerts)

*

"On est les ploucs les pleutres les planqués les gols..."
(Alka Balbir)

*

La saison 4 du Bureau des Légendes sera réalisée par Pascale Ferran
(et diffusée à la rentrée 2018)

*

 

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dimanche 11 février 2018

gourmandises dominicales 2

... Pas convaincu par le foot roumain, je remonte d'une semaine (toujours dans la programmation d'Uncut) et j'enchaîne sur

ENNEMIS INTÉRIEURS
de Selim Azzazi (2016) 27'
Un court-métrage efficace et tendu -et glaçant- sur l'affrontement entre deux hommes, un algérien venu demander la régularisation de ses papiers pour obtenir la nationalité française, et, de l'autre côté du bureau, le fonctionnaire chargé de son dossier, d'origine maghrébine lui aussi... Nous sommes dans les années 90, et il est, déjà, question de terrorisme... Un dispositif minimal pour une efficacité maxi.
Le film a été multi-récompensé dans les festivals et était même en lice pour l'Oscar du meilleur court-métrage 2017.

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*

Ayant arrêté de regarder l'ordi et je suis descendu zapper.

Et j'ai terminé ce programme de réjouissances cinéphiliques par un imprévu
PORTRAIT D'ALAIN CAVALIER
de Vincent Dieutre
qui commençait juste (ou presque) au moment où je me suis posé sur le canapé
-et qui s'appelle aussi FRERE ALAIN (ou encore FRERE ALAIN EA5)-
(EA pour Exercice d'Admiration)
Vincent Dieutre, à Florence, parle de son admiration pour Alain Cavalier, dans une forme très "Cavalière" (mais très Dieutresque aussi) : mini-dv, monologue, objets filmés, peintures religieuses, et "St François d'Assise et la problématique du renoncement, sa pratique de l'ascèse et son désir de transcendance" (je cite eh oui le figar*.fr qui résume ça bien mieux que moi.), en parallèle avec les choix cinématographiques d'Alain Cavalier.  Dont il pourrait s'agir d'un portrait en creux (en reflet, en surimpression, en transparence) à travers, notamment les images de ses films. Et qui n'apparaîtra dans celui-ci qu'in extremis, et de fort simple et belle manière (last but not least).
Malin, ce vieux roublard de Dieutre, qui, s'il parle d'Alain Cavalier, et s'adresse même à lui, réussit en même temps à nous parler (surtout) beaucoup de lui-même, de ses propres choix, mais on ne se refait pas, n'est-ce pas, et, comme j'aime beaucoup son cinéma, celui de l'esthétique et de la pâmoison, du baroque et de l'omniprésence du désir via l'observation du quotidien (ici, par exemple, le camion des éboueurs chaque matin) il lui sera grandement pardonné, à Frère Vincent (qui constate, tout de même qu'il y a très peu d'allusions à l'homosexualité dans les films d'Alain Cavalier : il n'y en a même qu'une, et une seule, dans Le Plein de Super...)
Une belle suite florentine...

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samedi 10 février 2018

gourmandises dominicales 1

Oui, la flemme, sans doute, de me rendre au Ficââââ.
J'en profite pour lézarder devant mon ordi, et mettre à jour les films à voir de mon offre Uncut : Bouchées doubles cette semaine : une sélection de courts (Clermont-Ferrand oblige, tiens, là aussi j'ai eu la flemme...) + une sélection "Sport"
J'en profite pour voir (ou revoir)

TRAM
de Michaela Pavlatova (2011) 7' Un film d'animation rigolo où une conductrice de tram plutôt gironde est portée à l'incandescence par une rêverie à propos de ses voyageurs mâles...

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CE N'EST PAS UN FILM DE COW-BOYS
de Benjamin Parent (2011) 12'
celui-là, la première fois que je l'avais vu, je n'avais pas remarqué qu'y figuraient (pour la première fois ?) Finnegan Olfield (revu bien plus tard dans Nocturama, Marvin, etc.) et Garance Marillier (revue bien plus tard dans Grave), tous deux encore enfants... Attendrissant. En plus il est question de père gay et de Brokeback Mountain...

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puis je me lance dans

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MATCH RETOUR
de Corneliu Porumboiu (2014) 1h37
mais il s'agit vraiment de cinéma pointu pointu pointu : Le réalisateur et son père (Adrian Porumboiu) regardent ensemble et commentent un match de foor de 1988, arbitré justement par le père du réalisateur. On ne voit que le match, en qualité vhs d'époque, et qui a la particularité de s'être déroulé entièrement sous la neige, et qui sera d'ailleurs diffusé en intégralité, les commentaires du père et du fils sont en off, évoquent le foot, l'arbitrage, la notion d'"avantage", le communisme, la police secrète, les informateurs... C'aurait pu être la première fois de ma vie que je suivais un match de foot dans son intégralité, mais j'ai regardé patiemment la première demi-heure, puis j'ai sauté aux cinq dernières minutes, ou non non rien n'avait changé...
Pas ma passe de thé, donc, et je me suis alors  amusé ensuite à regarder les critiques dans allocinoche : je cite in extenso :

"C’est tout vu : outre ses attraits anecdotiques (…) Match retour recèle, nichée dans la nudité de son dispositif, une séduisante allégorie, à la fois primitive et radicale, de la mise en scène de cinéma." (Libé)

"Match Retour pense donc ensemble le football, la politique et le cinéma, avec cette ironie très roumaine selon laquelle tout ce qui est représenté tombe sous le coup d'une fatale illusion." (Le Monde)

"Un coup de maître conceptuel et ludique. (...) Match retour est tout sauf chiant : un excellent contrepoint au mondial brésilien, un film aussi simple, ludique, enfantin que puissamment conceptuel." (Les Inrocks)

"Porumboiu signe un film sobre, froid et stérile, mais auquel il accorde in fine une extase cinématographique : le ressentiment en violons de L'Hiver de Vivaldi. Il ne nous montre pas un match de foot. Il donne un requiem." (Positif)

... Waouh, les parisiens, mais qu'est-ce qu'ils ont fumé, tous ?
Téléramuche redescend un peu sur terre :

"Pour les cinéphiles qui sont ­aussi amateurs de foot vintage, nostalgiques des exploits techniques de Hagi ou de Lacatus, c'est un régal. Les autres risquent de trouver le temps long."
En effet. Bien vu...

et le coup de sifflet final est pour aVoir-aLire.com:

"Vaste plaisanterie que ce commentaire audio d’un match de football roumain datant de 1988. Ou comment repousser les limites du néant cinématographique."

 

(à suivre)

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vendredi 9 février 2018

ali-baba

il y a des jours où les choses s'enchaînent à la perfection.
Je passais juste faire un tour chez F*rum, voir si l'intégrale Varda était toujours là (à 50 %), déception plus d'Agnès V., mais voilà que le chef de rayon me montre les écriteaux : tous les dvd à -70%!
Waouh, oui, tous tous, et l'offre vient juste de débuter le matin même, et donc il reste encore pas mal de stock...
Re-waouh!
Ils ont aussi déjà réduit en rayon les prix de pas mal de dvd (les faisant passer de 19,99 ou plus à 9,99, soit, m'explique le gentil chef de rayon barbu, grosso modo, après réduction,  3€ le dvd... Et j'ai justement un avoir de 75€ à dépenser, pour services rendus... Oh oh oh je frétille et commence à fouiller... heureusement j'avais une demi-heure avant not rdv au restau, ça tombe bien...
Résultat des courses : Je repars avec

- les films que j'ai adorés et que j'avais envie d'avoir (et de revoir)
CITOYEN D'HONNEUR de Mariano Cohn et Gaston Duprat
CORNICHE KENNEDY de Domnique Cabrera
JE ME TUE A  LE DIRE de Xavier Serron
LA SOCIOLOGUE ET L'OURSON d'Etienne Chaillou et Mathias Thery*

LETTRES DE LA GUERRE de Ivo M Ferreira*
L'AMANT D'UN JOUR de Philippe Garrel
MYSTERIOUS SKIN de Gregg Araki

-les films que j'avais envie de voir mais qu'on n'a pas programmés
ALBUM DE FAMILLE de Mehmet Can Mertoglu

A MON ÂGE JE ME CACHE ENCORE POUR FUMER de Rayhana
DANS LA FORÊT de Gilles Marchand

- les films qu'on avait programmés mais que je n'avais pas pu voir
FELICITE d'Alain Gomis
LES FLEURS BLEUES de Andrzej Wajda
UNE FAMILLE HEUREUSE de Nana et Simon (que j'ai eu l'occasion de voir il y a peu de temps)

- les "beaux objets"
LES POINGS DANS LES POCHES de Marco Bellochio
MORTELLE RANDONNEE de Claude Miller

- les films que je ne connaissais pas
REVUE/ THE EVENT de Sergei Loznitsa*
SALT AND FIRE de Werner Herzog

(tous à 3€ sauf ceux marqués *, à 6 ou 5)

+
Le coffret Collector "BORO" édition limitée
(l'essentiel de Walerian Borowicz) (8 dvd + 2 album) : 21€

 

 

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après-midi dans la salle 2

Ayant eu la fainéantise d'acheter une carte 5 places et de devoir élaborer  une programmation personnelle digne de ce nom, j'ai juste utilisé les deux entrées gratuites que m'a gentiment fait passer Catherine, surtout pour aller voir 1) le film que nous avions déjà programmé mais que je n'avais pas pu voir, (et dont Jacky me chantait les louanges), et, 2) tiens, le film qui le suivait immédiatement dans la même salle, et qui était en plus, ô joie, un Naruse...

14h
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UNE FAMILLE HEUREUSE
de Nana et Simon

Oh qu'il est beau ce portrait de femme géorgienne qui décide de prendre un appartement en quittant (celui de) sa famille et de vivre sa vie. Oh qu'elle est touchante cette photo de famille in vivo (j'ai irrésisitiblement pensé au Sieranevada de Cristi Puiu pour la surpopulation de cette chronique  en appartement, il y a régulièrement une douzaine de personnes dans le cadre!). Manana n'en peut plus, en ce jour de son anniversaire, où son mari a invité -sans rien lui demander- une quinzaine de personnes, dans leur appartement où s'entassent déjà ses parents et ses enfants. On l'a vue, dans la scène d'ouverture, visiter un appartement, dans lequel elle va aller s'installer. L'annonce de ce départ provoquera quelques éclats de voix et autres vociférations au sein de la famille, mais Manana, sous ses dehors de petite bonne femme calme et peu bavarde, tiendra bon et concrétisera son projet : aller vivre ailleurs, seule, au calme. Même si c'est difficile de couper ainsi les liens. Ou, du moins, de tenter de les desserrer. Profiter du plaisir simple d'être assise, dans son fauteuil, devant la fenêtre ouverte en écoutant simplement le bruit du vent dans les branches (c'est un bruit extrêmement agréable, et qui reviendra à plusieurs reprises dans le film : y a-t-il tant de vent que ça, en Géorgie ?). Manana respire, elle est enfin seule, elle n'a pas besoin que quelqu'un d'autre veille sur elle (et pourtant ce ne sont pas les candidats qui manquent, le système patriarcal a encore de beaux jours devant lui, que ce soit en Géorgie ou ailleurs...) C'est... magnifique (à l'image du regard final de notre héroïne vers son (ex ?) mari, coupant court à l'interrogation du spectateur : Va-t-elle lui en parler ou pas ?). Jacky avait raison, c'est un film fort, élégant, bien construit, et c'eût été dommage que je ne le visse point...

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16h
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QUAND UNE FEMME MONTE L'ESCALIER
de Mikio Naruse

"Ca n'est pas son meilleur..." a sobrement résumé Catherine lorsque les lumières se sont rallumées. Et j'étais  d'accord avec elle. C'est pourtant un très beau portrait de femme. Elle s'appelle Mama, elle est hôtesse dans un bar, et elle se démène pour pouvoir vivre mieux. l'argent et les hommes sont les deux problèmes principaux auxquels elle doit faire face (le film parle beaucoup, et comme obsessionnellement, d'argent). La copie est magnifique, rien à dire, mais bon j'ai trouvé le film longuet. Les femmes japonaises n'ont pas vraiment de place, et juste le choix entre bobonne à la maison ou femme aux moeurs légères dans un bar (ou ailleurs), mais toujours et partout au service de l'homme. c'est comme ça, seigneur et maître ondit, et malheur à celle qui voudrait s'éloigner un tantinet de la voix qui est toute tracée. J'aime bien la fin, ce défilé de mâles plus ou moins penauds (celui qui lui a fait croire qu'il voulait l'épouser mais qu'elle n'aime pas, celui qu'elle serait prête à épouser mais qui ne veut pas briser son ménage, et d'ailleurs est nommé dans une autre ville, et celui qui aimerait l'épouser mais ne le fera pas...) Oui, pauvre Mama...

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