lieux communs (et autres fadaises)

jeudi 21 septembre 2017

"t'inquiète, ma luciole, tout va bien se passer..."

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UNE FEMME DOUCE
de Sergei Loznitsa

J'y  suis allé... prudemment, puisque je me souvenais qu'Emma et Dominique étaient parties avant la fin (bien avant) quand elles l'avaient vu à Besac. Mais bon je connais les films précédents du réalisateur (My joy et Dans la brume), et je les aime suffisamment, tout inconfortables qu'ils soient, pour avoir envie me rendre compte par moi-même. (je viens également de découvrir, via le blog d'un cinéphile espagnol, toute une poignée de courts et moyens métrages documentaires, puisque c'est tout de même la première casquette du réalisateur (le doc), en noir et blanc, qui m'ont l'air tout particulièrement intéressants.)
Wiseman observe et rend compte des Etats-Unis, et Loznitsa fait un peu la même chose avec "un pays qui est la Russie, mais considéré comme un territoire à la fois géographique et mental" (c'est lui-même qui le dit). Il est passé au film de fiction, mais garde toujours la façon de voir du documentariste. Et la Russie (et son espace géographique et mental) c'est spécialement pas jojo. C'est même démoralisant.
J'ai tenu jusqu'au bout du film sans problème (je trouve que mes amies ont été un peu trop sensibles et pas assez persévérantes, mais bon, hein, chacun voit midi à sa porte... mais peut-être ont-elles bien fait de partir avant, car la dernière partie n'est pas de tout repos... -euphémisme-).
La femme douce du titre, l'héroïne donc du film, mériterait plutôt le qualificatif de revêche, tant son petit minois est fermé (d'ailleurs, sur recommandation du réalisateur, on ne la verra pas sourire une seule fois dans le film). Ne pas sourire, elle a de quoi : un jour on lui demande de passer à la poste récupérer un colis qu'elle a envoyé à son mari, qui est en prison, colis qui lui est retourné sans explication (et pour lequel elle doit même payer pour le récupérer). elle essaye -en vain- d'obtenir des explications (tous les employés sont spécialement peu aimables), et notre héroïne décide de faire le voyage jusqu'à la ville trou-du-cul-du-monde où son mari est incarcéré, et entre prend de faire le siège des guichets où elle est à chaque fois rembarrée par la même épouvantable matrone. Ayant peu d'argent, elle est hébergée par une fausse bonne âme (j'ai pensé à Pinocchio) qui se révèle être une patrone (e,tre patron et matrone) de bordel, ni plus ni moins (d'où scènes de beuveries russissimes qui ont découragé mes amies, et je les comprends un peu...). Jusqu'à ce qu'elle soit prise en main par un mac local, tout prêt à lui venir en aide (c'est fou ce que les gens sont serviables...) , qui lui fait rencontrer un parrain local, qui, etc. Charybde et Scylla, vous imaginez le parcours de notre Soeur Sourire (qui tient ses commissures serrées contre vents et marées).
Le film est inconfortable, c'est incontestable, mais, pardon ô mes amies, pas du tout insupportable. C'est juste un film russe, quoi (là je suppose qu'Hervé, penché par-dessus mon épaule, va corriger "Tsss, pas russe, ukrainien, ça n'a rien à voir...", mais bon moi je me comprends, et vous aussi j'espère). Pays de merde et gens de merde aussi (oh la scène terrible de contrôle du contenu des colis...). Pour notre héroïne, c'est un vrai parcours de la combattante. Elle tient bon, elle insiste, elle se fait rembarrer, mais elle y retourne à chaque fois vaillamment.
Au bout d'un certain temps, elle consent à repartir, baisse les bras, se rend à l'évidence. Assise dans la salle d'attente de la gare, juste avant de repartir (oui, elle a fait chou-blanc) notre jouvencelle fait un rêve, à l'onirisme un peu lourdement didactique certes, mais ça ne m'a pas plus gêné que ça (j'ai toujours eu un faible pour les scènes de rêve dans les films), avant un dernier plan-séquence loznitsien (il a déjà fait un court-métrage juste sur des gens qui dorment en attendant le train) magnifique, qu'on peut qualifier de malin (même si pas  specialement de bon augure).
Je l'adore, ce dernier plan (qui a dit fin ouverte ? là elle est carrément grande ouverte...)

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mercredi 20 septembre 2017

film du mercredi 2

le sens (Verneuil)

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la poêle et les ciseaux

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GOOD TIME
de Josh (ou Joshua) et Benny (ou Ben) Safdie

C'est bon de pouvoir changer d'avis. ("Y a que les imbéciles, etc."). Jusque là, j'avoue, le cinéma des frangins Safdie, ça n'était pas vraiment ça pour moi, que ce soit Lenny and the kids (trop complaisant),The pleasure of being robbed (trop énervant) ou Mad love in New-York (trop déprimant), et c'était un peu la dernière chance que je me donnais, avec eux.
Heureusement qu'il y a eu in extremis (bon, "on" y est quand même un peu pour quelque chose) quelques séances en VO dans le bôô cinéma (où il était initialement prévu qu'il ne passât que 31 fois en VF!), et comme il me restait encore une place à 4,90€, à 18h15,  c'était l'occasion rêvée, et donc go go go! avec Pépin et Coralie.
Dès le premier plan, miracle, étonnement, merveille, oui, j'ai senti que ça y était, oui oui, cette fois là c'était bon pour moi, c'était très bon même, et je suis resté happé, fasciné, pendant les 100' que dure le film. C'est l'histoire de deux frères, l'un un peu beubeu comme on dit par ici (sur lequel d'ailleurs  s'ouvre et se ferme le film, et j'ai dû attendre le générique de fin pour avoir la confirmation qu'il était, justement, joué par un des frangins Safdie, Ben ou Benny suivant les journaux et les articles, et qui m'a vraiment sidéré, parce qu'il le joue vachement bien, ce rôle de beubeu...) et l'autre (la raison, je pense,  de l'exposition médiatique du film et des 31 séances en vf) joué par Robert Pattinson, excellent lui-aussi -et qui n'est sans doute pas pour rien non plus dans le plaisir que j'ai pu prendre au film.- il faut dire qu'il est filmé de très près et amoureusement, pour un peu on ne verrait que lui, trop mimi avec sa capuche caillera, et  aussi bien en brun qu'en blond quand il l'enlève (spoiler ?).
Un beau jour, ou peut-être une nuit (arghh Barbara sors de mon corps!), une nuit oui, tout une nuit même (arghh Chantal Akerman tu n'as rien à faire là non plus!), Connie (c'est Robert Patinson) récupère son frérot Chris en larmes et en plein bilan psy, et l'embarque aussitôt et sans transition  dans un hold-up étonnant, sans bruit et sans fureur, qui va bien se passer a priori, mais la suite lui prouva que non (Georges Brassens dehors plus de place dans mon corps).
Car à partir de là les choses vont s'enchaîner pour Connie comme elles l'avaient fait, à New-York et de nuit, déjà, pour Paul, le héros du haletant After Hours, de Martin Scorsese (1985, tout de même) qui m'avait à l'époque beaucoup impressionné. Good Time pourrait en être un genre de relecture un peu (beaucoup) plus trash et plus crade. Chaque nouvelle situation provoque une réaction de Connie, qui engendre un nouveau problème, auquel il réagit par une nouvelle action, qui engendre un nouveau, etc. Marabout de ficelle de la mouise et de la nuit. Un clou chasse l'autre, quoi. Et du clou au marteau, il n'y a jamais très loin. (Cantona, oui, toi aussi sors de mon corps... Mais bon tu peux rester si tu veux.)
On rencontre des gens, on les quitte, parfois on les retrouve, parfois pas (Jennifer Jason Leigh ne fait que passer, mais elle est, elle aussi, toujours aussi magnifique). Ca court, ça gueule, sans s'empoigne, ça cogne, ça s'apaise, et ça redémarre, à chaque fois, de plus belle. Un film de courses, de nuit, et de musique aussi (Oneohtrix Point Never qui l'a composée, en fait une composante majeure du récit, avec ces nappes de synthés technoïdes -j'ai dû lire ça quelque part, ça n'a pas pu me venir comme ça- (qui m'ont parfois rappelé le Tangerine dream qui accompagnait Thief de Michael Mann, autre film agité et nocturne), et il a d'ailleurs été récompensé à Cannes Soundtrack 2017 comme meilleure musique de film, et c'est mérité, sans oublier la chanson du générique de fin, The pure and the damned, composée et chantée par Iggy Pop, qui accompagne d'ailleurs la scène finale sublime, refermant avec délicatesse la parenthèse du film sur le personnage de Chris, de la même façon qu'il l'avait ouverte.)
Un film qui a tout juste, d'un bout à l'autre, qui file sur sa lancée, qui fait de temps en temps détourner la tête et/ou se cacher les yeux avec la main, et qui par bouffées vous enchante aussi parfois divinement, où les frères Safdie ont pris, par rapport à leur univers habituel (lose, crasse, came, amour et désespoir) juste la petite distance supplémentaire nécessaire (le coup de pouce de Roro Pattinson y est, rappelons-le, pour quelque chose) pour livrer ici, pour moi en tout cas, un film complètement convaincant. (et parfaitement abouti, ajouterait Téléramuche). Leur meilleur, toujours en ce qui me concerne.

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mardi 19 septembre 2017

doigt d'honneur

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NOS ANNÉES FOLLES
d'André Téchiné

Il n'y avait pas de séance à 14h, nous y sommes donc allés à 16. André Téchiné, c'est un rendez-vous régulier depuis... pfouh! 40 ans c'est dire! Si ses derniers m'on diversement convaincu, du moins (L'homme qu'on aimait trop, La fille du RER) au plus (Quand on a 17 ans, Les témoins), celui-là serait plutôt dans une bonne moyenne. (le plus plutôt que le moins). Pour le couple vedette, d'abord, Pierre Deladonchamps, que je suis avec intérêt depuis L'inconnu du lac, et Céline Salette dont je ne manque pas une occasion d'aller admirer le beau visage triste (avec le secret espoir de la voir, un jour, dans un film où elle rirait aux éclats, et  ne serait pas malheureuse comme les pierres -mais c'est vrai aussi que la tristesse lui va bien- là, ça démarrait plutôt bien, et puis non, dommage, vers la fin... Chassez la tristesse et elle revient au galop.).
Le film s'inspire de l'"histoire vraie" d'un couple, pendant la guerre de 14, où le mari, ayant déserté pour cause d'aversion pour la boucherie (et on le comprend et on lui donne raison) est, dans un premier temps caché par sa femme dans la cave de la maison, avant d'être par elle incité à se travestir, pour que Paul se transforme en Jeanne, et qu'il puisse sortir enfin. D'abord il refuse, et fait son gros macho, puis il accepte l'idée, fait en sorte que, tenter le jeu, et finit par sortir de nuit, travesti, pour aller prendre l'air ? Non, plus directement, aller faire un tour au Bois. Où il va découvrir illico hop! les joies de la prostitution (il faut bien faire bouillir la marmite hein).
Téchiné a décidé de compliquer un peu la narration en alternant les strates temporelles, l'histoire étant racontée par le biais de la reconstitution théâtrale qu'en a fait un directeur de cabaret (Michel Fau, très bien malgré le toupet ridicule dont on l'a affublé), où le "maintenant" représente le "hier", avec tableaux successifs danses et en musique.
Cette ccomplication temporelle fragmente un peu le récit, on a du mal au début à retrouver ceui va avant ou après quoi, mais plus ça avance et mieux les repères sont posés.
D'autant que finit enfin par intervenir dans le récit le troisième nom du générique, Grégoire Leprince-Ringuet (découvert chez Téchiné en 2003 dans les Egarés, puis re- en 2007 chez Honoré dans les chansons d'amour) mais dont la carrière ensuite a été -pour moi- un peu en pointillés, d'autant que j'ai souvent, comme chez Hafsia Herzi par exemple, des petites réserves sur la qualité de son jeu, comme s'il jouait faux remarquablement juste, alors qu'ici il est parfait). Il joue un comte, richissime mais estropié, qui a fait connaissance de Jeanne/Paul  au bois (c'est un libertin), puis ensuite, par le même biais, celle de sa femme, dont il tombe éperdument amoureux.
Débute alors la troisème partie du film (oui oui je sais bien que c'est d'après une histoire vraie, mais...) ou Téchiné nous la joue un peu chanson réaliste, avec l'arrivée d'un bébé et tout ce qui s'ensuit... La stylisation dont il avait usé jusqu'alors, avec une grande intelligence, pour ses reconstitutions (le film est "en costumes" bien évidemment) donne alors le sentiment que le réalisateur traite tout ça un peu par dessous la jambe, avec désinvolture, presque, comme si cette partie-là, justement, l'intéressait moins (et pourquoi donc ai-je pensé alors à la fin de LacomBe Lucien ?).
Pierre Deladonchamps est impeccable dans son double rôle (après Balibar dans Barbara, voici encore un rôle qui pourrait être dit "à César"), tandis que le travestissement est souvent casse-gueule (surtout dans les films français) et l'ombre d'Albin/Serrault dans La cage aux folles n'est jamais très loin. Là, il est touchant, troublant, dnas cette dualité qu'il incarne et qu'il réussit à nous faire partager, aussi vraisemblable dans chacun des deux versants de son personnage.
Et, last but not least, c'est bien de se perfectionner en chansons françaises de notre enfance : Je ne connaissais que les premiers de Auprès de ma blonde, jusqu'à la caille la tourterelle et la jolie perdrix, et bien là le film nous la chante (et déchante) jusqu'à la toute fin, qui est, bien entendu une histoire d'amour, de tristesse et de séparation. "Je donnerais Versailles, Paris et St Denis..."

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lundi 18 septembre 2017

mes lunettes

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LE REDOUTABLE
de Michel Hazanavicius

Quand il est sorti à Cannes, j'avoue que ça ne me faisait pas plus envie que ça : je n'avais pas envie de voir Louis Garrel avec une moumoute, je ne suis pas un inconditionnel de Godard, ni de Michel Hazanavicius, non plus, et puis Stacy Martin dans le rôle d'Anne Wiazemsky m'évoquait plutôt Chantal Goya...
Et en lisant les critiques pour mettre dans la plaquette, j'ai réalisé que les mots humour et  gag revenaient plusieurs fois, et puis Manue avait envie de le voir et moi de l'y accompagner, et donc hop! en voiture Simone.
Le film est effectivement drôle (voire très drôle), même si l'histoire en est tout de même finalement un poil tristoune : il s'agit tout de même d'une histoire de séparation. Sur fond de mai 68 et des désillusions qui ont suivi. Pour ce qui est de l'incarnation de Louis Garrel, je dois dire que si la vision de la moumoute est immédiatement intégrée, banalisée (on ne voit plus Louis Garrel avec une moumoute, on voit juste le personnage de JLG) par contre le travail sur la voix m'a moins séduit (je ne connais plus trop la voix de Godard, mais je trouve, surtout au début, que Garrel en fait un peu des caisses avec le zézaiement et le zozottement -ou peut-être qu'ensuite on s'habitue ?- .
Le film en tout cas ne mérite ni d'être cloué au pilori pour apostasie filmique ni grillé sur le bûcher par la Sainte Inquision Cinéphilique (oh les cris d'horreur poussés en choeur par les chapelles d'idolâtres devant le crime de lèse-Godardie), et prenons-le donc juste pour ce qu'il est : un biopic de chemin de traverse, à l'ironie tendrement drôle (et, bien sûr, drôlement tendre), à l'humour plaisant, souvent potache (qui m'a rappelé qu'Hazanavicius avait démarré sur Canal avec un film de détournement très très drôle, Ca détourne, justement) parfois à pisser de rire et d'autres fois (pas souvent) juste à se retenir, et avec, tout de même, dedans, plein plein de choses positives : un film co-produit par Riad Sattouf, avec Grégory Gadebois dedans, avec, en cerise sur le gâteau, une myse en abyme -avec deux y c'est mieux- et en images de la très jolie QV de Louis Garrel, suivie d'une deuxième, celle d'un acteur italien dont je n'ai pas retenu le nom au générique, un film avec des regards-caméra très malins, et des intertitres en forme de clins d'yeux, et un running gag à propos de lunettes cassées, un film comme ça, donc, ne peut pas être tout à fait mauvais, non ?
J'avoue que je ne savais pas grand-chose sur l'engagement maoïste de JLG (et que je m'en contrefiche tout de même un peu) mais il ne s'agirait pas de bouder son plaisir : une comédie française qui fait effectivement rire, ça n'est pas si souvent. Alors, rions un peu et laissons-nous aller...

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et reconnaissons aussi que l'affiche est relativement moche, et, tiens qu'il a tét jugé bon d'y préciser qu'il s'agissait d'une "comédie"...

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jeudi 14 septembre 2017

grossesse (très) nerveuse

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MOTHER!
de Darren Aronofsky

On a déjà eu Maman, Mommy, Mother, M/other, et la revoici donc avec un point d'exclamation (et une graphie chichiteuse!) J'ai quand même fait 40km pour aller voir l'avant-première, parce qu'elle était en VO (dans le bôô cinéma on n'aura droit hélas qu'à la VF),  qu'elle coûtait 7€ (avec le code 7ART) et qu'Aronofsky a déjà fait quelques films mémorables (Pi, Requiem for a dream) même si d'autres moins (The Foutain, The Wrestler) et d'autres encore que j'ai carrément zappés (Black swan, Noe).
(Le cinéma en question réussit quand même à nous projeter, en première partie, la bande-annonce du film qu'on va voir juste après! Bon, ça... met en condition, et on est prévenu, ça ne va pas rigoler!)
Le résumé allocinoche du synopsis était concis : "Un couple voit sa relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité.", et ce genre de sujet peut donner naissance à des films radicalement différents s'ils sont réalisés par, disons, Ingmar Bergman, Max Pécas, les soeurs Washowski, ou Lars Von Trier... Prise de tête, poilade, cyber-espace, dogma ? Histoire de traitement (et traitement de l'histoire, justement) Et la direction choisie par Darren Aronofsky n'est pas mal non plus...
Un couple, donc, elle blonde jeune et lisse (Jennifer Lawrence, que je trouve effectivement beaucoup trop lisse), et lui brun et massif (et plus vieux, et c'est Javier Bardem, qui a pris curieusement des faux airs de Fernandel). Un couple dans une grande maison, au milieu d'une nature apaisée et resplendissante, c'est le matin elle se réveille, elle se tourne face caméra, dit "Bébé" à son chéri, le cherche dans le lit, ne l'y trouve pas, puis dans la maison, et sort même sur le pas de la porte -pour voir la nature apaisée et luxuriante-, avant qu'il n'arrive par derrière, tout sourire après l'avoir surprise ("Je t'ai fait peur chérie ?"). Bref un petit matin ordinaire d'un couple ordinaire, dans sa grande (très grande) maison chicos avec beaucoup de pièces (et beaucoup d'étages aussi) ordinaire.
Normal, quoi... presque. Sauf que (il faut toujours un sauf que). On a vu, juste avant, des images qui ne vont pas tout à fait avec ça (je ne vous les dis pas toutes, mais, notamment, le visage d'une jeune fille à l'air furibarde et un peu cramée, filmée de très près, sur fond d'incendie, croit-on, qui paraîtrait quasi sortie d'une dystopie pour ados genre Hunger Games : L'Embrasement (où jouait, justement, hihihi,  la jeune Jennifer L. mais, fausse piste) , et on a du mal à comprendre sur le coup tout ce qu'on voit alors. Mais ça viendra plus tard.)
Dès le début, donc, on sent qu'il y a un truc qui cloche, sans qu'on puisse le situer avec précision, dans la maison, dans la relation du couple, dans le récit, ou dans la jeune fille elle-même qui semble... percevoir des trucs quand elle touche les murs (il y a aussi une cave assez angoissante, et une chaudière, comme dans Les griffes de la nuit ou Shining..., mais encore fausse piste) Aronofsky s'y entend pour mettre le spectateur mal à l'aise (je lui ai toujours trouvé un sens de l'esbroufe malaisante, remember Requiem for a dream...) et là il n'hésite pas à charger la mule sans modération et un peu dans tous les sens.
Les choses ne vont pas s'arranger, comme annoncé dans allocinoche, avec l'arrivée des fameux invités imprévus : d'abord lui (Ed Harris, un peu ratatiné), puis elle (Michelle Pfeiffer, que j'avais le sentiment de ne pas avoir (re)vue depuis des lustres (ou "qui s'était faite rare sur les écrans depuis le début des années 2000") mais que j'avais du plaisir à retrouver, en plus pas excessivement botoxée ça c'est bien, dans un rôle plutôt venimeux) qui vont rejouer Les inconnus dans la maison, ou presque... (fausse piste, nananananère) car d'autres vont arriver (ça pourrait être du Feydeau : "Tiens, On a sonné ?" mais en nettement moins drôle)et d'autres encore. La tension va aller croissant pendant toute la première partie du film, on est constamment crispé sur son siège (le réalisateur fait tout pour ça) d'autant plus que le film est assez agressivement sonore (et les possibilités du dolby astucieusement exploitées), avec une exponentialisation (ça se dit ? en tout cas vous comprenez ce que je veux dire) du sentiment d'invasion -et d'incompréhension-ressenti par la jeune fille, dont le début de grossesse (aussi soudain que radical, on pense à Rosemary's baby, mais toujours fausse piste) peut-être qualifié de pas de tout repos,  Ah j'ai oublié un détail important : Javier (le mari) est un écrivain en panne d'inspiration (on repense à Shining mais encore encore fausse piste), oh un pauvre créateur qui n'arrive pas à créer, et non ça ne va pas aller en s'arrangeant (cf début du paragraphe)... Comme l'écrivait Gainsbourg, les affreux de la création ("le génie ça démarre tôt, mais y a des fois ça rend marteau...")
(et c'est rien de le dire)
Pour ce qui est de l'ambiance générale du film, dans la première partie, Aronofsky réussit assez bien ce que Lynch avait fait il y a quarante ans, avec moins de moyens mais encore plus de force, et en noir et blanc s'il vous plaît (oui, Eraserhead) : filmer un cauchemar avec sa violence, son illogisme, ses excès, ses invraisemblances, ses questions sans réponses, son absurdité, sa gratuité aussi. Un cauchemar, un vrai, un bien flippant, le genre dont on se réveille en sursaut et en sueur, avec le coeur qui bat à cent à l'heure. Une première vague malaisante va monter monter gonfler s'hystériser atteindre son acmé, suivie d'une pause (juste le temps de permettre au spectateur de souffler un peu) d'apprécier un calme trompeur,  avant qu'hélas une deuxième vague ne coupe le poil à la racine et l'empêche de se rétracter  ne vienne remettre la pression, sur l'héroïne autant que le spectateur, en  montant encore plus haut et plus violemment (l'effet tsunami scénaristique).
Et ça devient tellement excessif qu'on est en droit, à un moment, de trouver ça grotesque. Et incompréhensible. Un salmigondis (ça change de gloubiboulga) mystico prétentieux grandiloquent (del'artiste considéré comme un messie) où le réalisateur a tellement voulu en rajouter que ça finit par lui péter à la figure. Le scénar court dans tous les sens, éclabousse, n'importe quoite et finit par s'autocarboniser. Et la façon un peu trop prévisible dont le film se clôt (enfin, façon de parler, les spectateur malins, dont je suis, hihihi, auront vu ça venir un peu gros comme une maison, re-hihihi) le dessert (le film, vous suivez ?). Et les différentes pistes laissées en plan (les taches rouges, le truc sanglant dans les toilettes, Ed et Michelle, le médicament jaune, le trou dans le mur) laissent frustré (avec le sentiment d'avoir été grugé) , tout comme le fait que le réalisateur se laisse aller à la facilité d'utiliser le jump scare (le bouh fais moi peur! avec apparition soudaine et musique qui souligne).
Si Darren A. a choisi la forme du cauchemar (bad bad dream), in extremis il se dégonfle pour une fin reformatée Hollywood. Lui qui nous avait empoignés au début du film, comme un chien choperait un chiffon dans sa gueule,  nous secouant violemment -rageusement!- dans tous les sens, soudain se lasse se ravise et nous jette là, dans l'herbe, plein de bave et de regrets, avant de partir désinvoltement japper ailleurs.
Forcément, on est un peu déçu.

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mercredi 13 septembre 2017

orage

cinq minutes cinquante six d'orage la nuit

Avec mon appareil-photo (puis, ensuite avec mon téléphone) il m'arrive régulièrement de faire des "petits films".
Des choses qui me plaisent, un moment qui passe, ou quelque chose, hop on filme, et on regarde comme ça ensuite, brut, sans montage, sans bidouillage,
"ne pas rater l'instant suffit"
(daniel biga)

le plus difficile aura été de réussir à les mettre en ligne

ici, le titre dit ce qui se passe : une nuit d'été, réveillé en sursaut par les coups de tonnerre, je suis descendu, j'ai ouvert la porte d'entrée, et j'ai filmé, en espérant capturer un éclair...
ça n'était pas gagné, il fait très noir, mais l'ambiance est juste
regardez, prenez le temps, soyez patients, ça s'illumine de temps en temps, et juste c'est tout (avec le bruit, quand même!)

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mardi 12 septembre 2017

être une femme libérée tu sais c'est pas si facile...

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UN VENT DE LIBERTÉ
de Behnam Behzadi

A Téhéran, Niloufar. Une jeune femme moderne (avec hélas l'inévitable foulard qui me finit par me faire enrager à chaque fois mais bon, surtout qu'ici elles l'ont toutes, et c'est une véritable mer de foulards, qui vous submerge, vous asphyxie...) moderne donc, sans mari ni enfant, avec un job (elle est patronne d'un atelier de couture), un appart' (elle s'occupe de sa vieille mère avec qui elle cohabite), qui de plus vient juste de retrouver un amour de jeunesse, un bel entrepreneur, ça va donc plutôt bien lorsque le film démarre, mais ça ne va pas durer.
On apprend que Téhéran (la ville) est épouvantablement polluée (certains jours les écoles sont ferméesà cause de ça) et que la mamie avient de faire une attaque parce qu'elle est sortie sans précautions et sans sa bouteille d'oxygène. Les toubibs sont formels, elle ne peut plus vivre à Téjéran et doit partir respirer le bon air de la campagne. Le frère et la soeur de Niloufar ont alors une sacrée bonne idée : c'est Niloufar qui va l'accompagner et s'occuper d'elle, dans le trou du cul du monde du nord de l'Iran où la soeurette a une ville qu'elle prête "généreusement" (pour avoir la paix, ne nous voilons pas la face)...
Ca commencer à grincer de diverses dents dans la famille lorsque, à cause des dettes de son frère, Niloufar, déjà pas franchement emballée par la main qu'on lui force, va se trouver dépossédée de son boulot, d'abord, puis, quasiment de son appartement, par son connard de frère, et, comme un malheur n'arrive jamais seul, là voilà qui découvre que son soupirant (le bel entrepreneur) lui a un peu menti, et décide donc de prendre un peu de distance avec lui et de laisser sonner son téléphone...
Niloufar doit faire face simultanément à toutes les emmerdes et elle a besoin d'une sacrée force de caractère pour résister à ce faisceau de sale coups. Mais ça tombe, bien, justement elle l'a, et quand on l'a, justement comme elle, et bien, on se bat...
Un très beau portrait de femme (forte), qui s'achemine pas à pas  jusqu'à une conclusion qu'on peut qualifier de "fin ouverte" puisque aucun(e) d'entre nous ne l'a interprété de la même façon.

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samedi 9 septembre 2017

tout n'est que sexe 1

Une nouvelle sous-catégorie des "fadaises", ainsi titrée en hommage à mon ami Philou, qui, il y a une quarantaine (! oui oui) d'années me mail-artait une carte publicitaire vantant les mérites d'un ramonage régulier (et annonçant celui qui se proposait de le faire à domicile) ainsi sobrement légendée de sa petite écriture "Tout n'est que sexe..." Rendons donc à César...

*

Un article sur ce groupe de métal suisse (je copie/colle) :
"Quand NOSTROMO annonce sur un célèbre réseau social son retour après 11 ans d’absence, autant vous dire que ça frétille sévère dans le calbut des nombreux fans du combo helvétique. Ces techniciens de génie, adeptes d’un grindcore embrassant la scène mathcore, tel Napalm Death s’acoquinant avec Breach pour enfanter un savant condensé de haine et de brutalité, reviennent et certainement pas pour enfiler des perles. Leurs rythmiques syncopées vous laisseront tout juste le temps de respirer avant d’exploser de façon imprévisible. Ça tabasse, ça blaste, ça groove et ça rend le kiki vraiment tout dur !" Le Hellfest (et on a rien d'autre à ajouter) cité par La Rodia

*

Bureau de tabac, je veux payer mon abonnement avec ma carte de crédit, mais je ne vois pas par où l'introduire. Face à ma perplexité la buraliste s'exclame, enjouée : "La fente, c'est moi qui l'ai ! C'est normal, je suis une fille!"

*

Ce jeune homme au remarquable pantalon de travail rouge vif  met un certain temps à rédiger son chèque, plié à angle de droit au comptoir, en face de moi, et de ma place je ne vois que la rondeur de l'aimable postérieur qu'il me tend ainsi (mais je résiste et réussis à ne pas sortir mon téléphone pour mine de rien immortaliser l'instant.

*

"Simon ne tarit pas de questions sur les rumeurs d'homosexualité qui entourent Jack Kerouac. En était-il ? En avait-il une grosse ? Ont-ils couché ensemble ? (...) Ses grands yeux noirs s'embuentau souvenir du jeune étalon de Lowell, de leurs soirées endiablées à la Cedar Tavern, de leurs folles virées au Mexique ou à Tanger. Allen se rappelle qu'il se sont branlés mutuellement, puis qu'il l'a sucé à plusieurs reprises dans un entrepôt d'un quai de l'East River, quand Kerouac était saoul. Mais Ginsberg refuse de réduire leur lien à une banale histoire de cul. Il lui préfère l'idée whitmanienne d'"adhésion", cette relation virile, typiquement américaine, qui réunit les égotistes de leur trempe dans un grand élan d'affection panthéiste."
Ginsberg et moi (Frédéric Chouraki)

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vendredi 8 septembre 2017

partir au plus beau je crois (et cacher sa peine)

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BARBARA
de Mathieu Amalric

Premier jour, première séance, tout, tout de suite. Je le voulais absolument (oui je fais ma diva) : une bande-annonce hameçonnante, des interviews de Jeanne Balibar qui me rendaient tout chose, un certain retentissement médiatique, bref j'étais fin prêt, comme on dit par ici. Dès le début dans un état de surchauffe émotive (le générique lettré s'inscrit sur une chanson parlée/fredonnée que je connais parfaitement (elle était sur la face B de l'album rose La louve), puis le piano de la gare de l'Est,  et au bout de quelques minutes j'avais déjà les larmes aux yeux, simplement de voir Jeanne B. marchant sur un pont parisien.)

J'aime Barbara depuis longtemps, je l'ai connue assez tôt parce que, enfant, ma soeur l'adorait (que dis-je, l'idolâtrait), et je l'aimais bien, oui, et je suis même allé la voir sur scène, une fois, à Besac, où elle avait avait fait quasi un esclandre, à cause d'un mec qui la photographiait, interrompant une chanson en plein milieu et venant en bord de scène apostropher l'intrus genre "Moi, non on ne me prend pas en photo, si on me veut on me prend pour de bon, mais pas de photo..." Je connais ses albums, et certaines chansons me touchent me bouleversent toujours autant : Vienne, Perlimpinpin, Amours incestueuses, l'Aigle noir (bien sûr), Une petite cantate, Gottingen... Elle fait depuis longtemps partie de mon univers musical affectif, sur l'étagère "chanteuses françaises", quelque part entre Françoise Hardy, Juliette Gréco, Véronique Sanson... même si je ne l'ai pas toujours écoutée régulièrement. C'est surtout une diva de mon adolescence, une voix de ma jeunesse. Un personnage mystérieux, un peu inquiétant (mais moins que Juliette Gréco, quand j'étais gamin). Barbara au cinéma ? J'étais partant (surtout avec Balibar).

En plus j'adore les films avec un film dans le film, genre Ca tourne à Manhattan, ou La Nuit Américaine, et Barbara entre donc avec tambour et trompette  dans mon petit Panthéon perso des FAUFDLF. Car Mathieu Amalric est très malin : il est à la fois le "vrai" réalisateur du film Barbara (qu'on est en train de voir, mais lui en vrai on ne l'y voit pas), et  le "faux" réalisateur du film dans le film  (celui qui est en train de se tourner sous nos yeux) qui s'appelle aussi Barbara. Réalisateur qui a engagé une actrice qui se prénomme Brigitte (en hommage à Brigitte Fontaine, a dit "le vrai" Amalric en interview), pour interpréter le rôle de la chanteuse dans son film. Et donc à charge pour Jeanne/Brigitte d'incarner/de composer le personnage de la longue dame brune (dont les spectateurs ne savent finalement pas tant de choses que ça). Et nous voilà embarqués avec lui, avec elle,  sur le plateau, où se jouent des scènes du film dans le film, souvent, mais ailleurs aussi, où se (re)jouent d'autre scènes, qui seraient dans un film mais pas dans l'autre, et ça en devient vite vertigineux.

Précisons tout de suite : Balibar est PHÉNOMÉNALE, tant elle réussit à jouer en même temps Barbara, Brigitte en train de jouer Barbara, sans oublier Jeanne Balibar en train d'interpréter Brigitte en train de jouer Barbara, le résultat est étourdissant (oui, il sera question de myse en abyme, tiens avec deux y ça fera encore beaucoup plus chic) d'autant plus qu'Amalric sème des petits cailloux blancs de réalité, ides morceaux de la "vraie" Barbara (pochettes de disques, livres, photos) mais enchâsse aussi des images animées, extraits de reportages, de concerts, d'interviews, de films), sans oublier des chansons, beaucoup de chansons, interprétées par Barbara en vrai (quelques-unes), ou Balibarbara -jolie création de journaliste- (la majorité), voire même d'autres interprètes (une des dernières, par un garçon dont je ne sais plus le nom, magnifique). Le cinéma comme dialectique entre vérité de nos souvenirs et mensonge de la reconstitution. Et c'est bien plus fort que dans La Nuit américaine, cette perte de repères entre le vrai, le faux, le vrai-faux-vrai, le faux-vrai-faux, car Amalric a intelligemment évité l'écueil des enjeux narratifs rectilignes, du coup on se balade comme un môme émerveillé perdu dans le "labyrinthe des miroirs" (vous connaissez cette attraction foraine ? j'avais adoré ça gamin), on déambule, admiratif, rêveur, on se cogne, on se trompe, on croit que, au détour d'une scène on dit "là, c'est elle, en vrai, non ?" et pfuit! on a enchaîné sur l'autre, et c'est exquis de se faire ainsi entourner, comme au début d'une partie de colin-maillard. Oui, il y aurait quelque chose qui tiendrait du plaisir enfantin de la fête foraine : le vertige, l'appréhension, les cris de joie, les larmes aussi parfois.

Mathieu Amalric a réussi un sacré objet de cinéma, un album-souvenir de garnement, à double ou triple fond, entre le respect, l'admiration, l'interrogation, la distance, un objet a priori paradoxal mais dont la puissance émotionnelle nous caresse souvent à vif, une machinerie fantasque, entre Proust, pour la madeleine et Calder, pour la mobilité, (avec un chouïa de Mélès, tiens, pour la rêverie sur le cinématographe comme générateur d'illusions) qui ne peut que nous laisser pantois, béats, chamboulés, quand les lumières se rallument (toujours un peu trop tôt dans le bôô cinéma). Un film qui nous parle d'amour, de chansons, et de cinéma. Bref, une parfaite gourmandise. Une oeuvre, en tout cas, qui résiste à toute tentative de définition, ou de classification. On n'en saura pas forcément plus sur Barbara en sortant de la salle, mais là n'était pas forcément le propos.

Reparler de Jeanne Balibar et de l'excellence de la performance qu'elle livre, mais du travail de fourmi archiviste de Mathieu Amalric, de la force de toutes ces inter-réalités générées par le film,  et de toutes ces scènes sublimes qui restent  déjà  -et dorées à l'or fin- dans ma mémoire archiviste cinéphile : Barbara et l'homme au bar, Barbara et l'accessoiriste, Barbara chez les routiers, Barbara au milieu de la cour en attendant les déménageurs... c'est vrai qu'en sortant on a la tête tellement pleine de musique et de chansons qu'on a envie de tout récouter (et j'espère que la BO du film va sortir un jour...).

Mais mais ça va nous faire un top 10, ça... (fa sol do fa)

185176

 

Et, tiens, Grégoire Colin joue, pour la seconde fois à quelques jours d'intervalle, le rôle d'un agent (ici celui de Charley Marouani)

Posté par chori à 06:44 - - Commentaires [2] - Permalien [#]