lieux communs (et autres fadaises)

jeudi 23 mai 2019

bnei brak

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M
de Yolande Zauberman

Un film coup-de-poing. Que la réalisatrice nomme elle-même, tout à la fin, via une citation de Franz Kafka, son film-couteau. Le genre de film qui vous laisse, lorsque les lumières de la salle se rallument (bon, c'est vrai, dans le bôô cinéma elles se rallument tôt et c'est rien de le dire...) sonné, immobile, comme planté sur le rivage tandis que la mer du film se retire. On reprend pied, on respire. On s'essuie un peu les yeux aussi. Je dois être trop sensible, je suis incapable de reprendre instantanément ma vie d'ailleurs, celle du hors-cinéma.
Nous voici à Tel Aviv, ou presque, la nuit, sur la plage, et un homme chante. Cet homme c'est le M du titre, il s'appelle Menahem, et après avoir chanté, (une chanson qui parle de rabbin et de petits enfants qui chantent ensemble l'alphabet) il explique, à la réalisatrice qui le filme, qu'il a aussi été un porno kid, qu'il a été violé quand il était enfant, par des adultes (dont son rabbin) de la communauté ultra-orthodoxe à laquelle il appartient (appartenait).
Menahem Lang, vous l'avez entendu chanter dans le Kedma d'Amos Gitaï. il chante aussi -superbement- dans le film, à plusieurs reprises, et c'est très touchant (surtout quand il explique pourquoi il met le plus de douleur possible dans son chant). Il revient à Bnei Brak (la ville de son enfance), vingt ans après en être parti (après avoir été chassé de la maison par son père à qui il venait d'apprendre qu'il avait été violé et lui avait répondu qu'il était impur et ne pouvait donc plus rester là). Il veut "régler les choses" (avec son -ses- violeur(s) d'abord, puis avec sa famille). Il revient. M c'est un garçon à la tête ronde, au crâne rasé, sans chapeau, sans barbe, sans papillotes, bref sans rien de la panoplie du juif ultra-orthodoxe telle qu'elle est portée par l'ensemble des homme qui vivent là. Et la réalisatrice le suit, de près, de très près.
Et la nuit, les nuits, il va rencontrer d'autres hommes, souvent dans un cimetière (là où l'un des rabbins avait l'habitude de violer les garçons, sur une pierre tombale) et leur parler, et va susciter la parole de ces autres hommes, qui ont tous vécu la même chose que lui, et  cette incroyable libération de la parole va prendre de plus en plus de place dans le récit, qui nous révèle une non moins incroyable généralisation de cet état de fait (le viol) et, surtout, du silence total et complice qui entoure l'événement, alors que tout le monde sait.
C'est... terrifiant. Et en même temps, salutaire. On se demande comment Yolande Z. a pu réussir à filmer toutes ces paroles (dans des lieux où les femmes n'ont pas droit de cité, n'existent pas) comme si, une fois derrière sa caméra, elle était devenue invisible. Ces paroles d'hommes qui reviennent sans cesse autour du même sujet : le viol dont ils ont tous été victimes, et que certains ont fait subir à leur tour à d'autres. L'homme en question explique d'ailleurs pourquoi.
Mais il est dans le film aussi beaucoup question du sexe, et des rapports sexuels, une terra incognita pour ces jeunes hommes dont la seule "ouverture" sur cet univers est la Torah, et ce qu'elle dit "plus ou moins" sur ce thème (une séquence plutôt drôle en compagnie d'un jeûot qui va se marier dans deux jours et est toujours persuadé que les femmes n'ont pas de sexe...).M dénonce cette hypocrisie érigée en règle de fonctionnement.
Le film se termine sur un apaisement, une réconciliation, pour Menahem, et la réalisatrice vient in fine poser ses mots sur les dernières images, comme si elle accompagnait doucement le spectateur, sonné, pendant que les lumières se rallument...
Un film fort, nécessaire, incontestable.

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samedi 18 mai 2019

chardonnay

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THE DEAD DON'T DIE
de Jim Jarmusch

Le plaisir intact et à chaque fois retrouvé de découvrir un nouveau film de JJ. Bon là ça n'était pas gagné d'avance : je suis moyennement adepte des films de zombies, mais j'aime tellement Jimchounet que je n'ai pas hésité longtemps (j'ai tenu bon pour l'avant-première dans le bôô cinéma, à laquelle j'ai préféré LES CREVETTES PAILLETEES avec Isa) mais le jour de la sortie officielle j'étais au Victor hugo dès la première séance pour voir de quoi il retournait...
Et pour ce qui est de retourner, ça retourne... (hihihi)
Les morts-vivants c'est un genre archi-connu et archi-exploité (pour ma part je me suis arrêté à peu près à LA NUIT DES MORTS-VIVANTS, de Georges Romero (cité dans le film) qui m'avait bien plus retourné que, par exemple, L'EXORCISTE vu la même semaine et qui, allez savoir pourquoi, ne m'avait pas fait plus d'effet que ça...) on sait comment ils sortent de leurs tombes dans les cimetières, ou se rassoient sur leurs lits à la morgue, on sait à quoi ils ressemblent, on sait comment ils marchent, on sait ce qu'ils aiment manger (de la chair humaine en général et ici en particulier, certains plus raffinés dans d'autres films ou séries ayant eu plutôt un faible pour la cervelle -humaine, bien entendu-) et Jim Jarmusch respecte assez scrupuleusement le cahier des charges, introduisant simplement une seule -mais plaisante- nouveauté (que je vous laisse le soin de découvrir par vous-mêmes) sur le comportement desdits undeads.
Pour répondre à tes interrogations, Marie, je dirai que le film est affreusement drôle (et c'est très juste). Et, bon, c'est vrai, il y a bien un ou deux moments où il faudra te cacher un peu les yeux (et encore). Le souci, avec les undead (pour parler comme les personnages du film), c'est que c'est exponentiel : puisque chaque humain boulotté par un mort-vivant devient à son tour un mort-vivant, et ainsi de suite. Au début du film, tout le monde est normal (pas mort, je veux dire), à la fin c'est un peu moins évident (vous vous rendrez aussi compte par vous-même, hein).
Au début on fait la connaissance des policiers de Centerville : le vieux briscard (Bill Murray), le petit jeune (Adam driver) et la petite jeune qui va avec (Chloé Sevigny), qui vont nous présenter tranquillou l'essentiel des personnages du film : un vieux fou qui vit dans les bois (Tom Waits), un fermier beauf et bas de plafond (Steve Buscemi), une dame des pompes funèbres très killbillesque (Tilda Swinton), etc. jusqu'à ce que se réveillent les deux premiers zombiechounets : ce bon vieil Iggy et sa copine Sara Driver (la copine à JJ). Tout ça nous est introduit de façon assez nonchalante et cool, bien que la situation ne le soit pas vraiment : il serait question de la fin du monde, pas moins. Dans un contexte (réaliste) de catatstrophe écologique (là il n'invente rien...)
Les amateurs de gore seront peut-être déçus (et les amateurs de jarmuscheries peut-être aussi ?), en tout cas moi ça m'a ravi. Et c'est rigolo, en plus, de trouver, vers la fin, un point commun " scénaristique" entre le cinéma de Jarmusch et celui de Bertrand Blier (je vous laisse aussi le soin de le découvrir...). J'aime les personnages, j'aime ce qu'ils disent, j'aime la façon dont ils le disent, j'aime les clins d'oeil et les références, j'aime la façon d'exterminer les morts-vivants, bref j'aime vraiment beaucoup de choses là-dedans.
C'est vrai que la distribution est somptueuse (même si certain(e)s ne font que passer ou quasi) mais elle en dit long sur la cote d'amour et de fidélité des  acteurs et les actrices pour "Jimmy" (et réciproquement)... Et ça vaut le coup pour le spectateur habitué à Jarmusch de sortir un peu de sa zone de confort (comme un zombie, justement, sortirait de sa tombe hihihi) et de venir voir de quoi il retourne...
Something weird is going on...

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l'affiche

qui m'en a rappelé une autre, d'un film vu en 1974...

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vendredi 17 mai 2019

"jacqueline a dû le pousser à bout avec ses questions de fouinasse..."

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LES CREVETTES PAILLETÉES
de Cédric Le Gallo et Maxime Govare

Une troupe de mecs en maillot qui s'ébattent dans l'eau et palabrent dans les vestiaires, qui préparent une compétition internationale et partagent un bus pour s'y rendre, tout ça "d'après une histoire vraie"... Le Grand bain 2? Difficile de ne pas y penser au départ. Sauf qu'ici le réalisateur (enfin, ils sont deux) n'a pas casté une brochette d'acteurs "bankables" pour incarner ces héros de la lose glamour, mais des beaucoup moins connus. Sauf deux (en ce qui me concerne) Alban Lenoir (un petit barbu sec, plaisant, découvert dans Kaamelot et Hero Corp) et Michael Abiteboul (un grand rouquin  barbu dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises parce que je l'aime beaucoup et je le répète, , , , et encore ), et deux autres : un petit barbu rablé dont je connaissais le visage mais pas le nom (Romain Lancry) et un pas barbu du tout mais dont le visage me disait quelque chose aussi (Roland Menou), mais dont je ne sais pas où je les ai vus, bref des "deuxièmes couteaux", mais qui donnent du coup un relief plus singulier à leurs personnages et re-du coup aux possibilités d'identification (être gay c'est vous c'est moi ça pourrait être tout le monde -enfin surtout moi dans ce cas précis-) que ça implique (que ça permet).
Les crevettes pailletées, donc, c'est une équipe de water-polo dont les joueurs sont gays (l'équipe existe en vrai, un des réalisateurs en fait partie, et il explique d'ailleurs dans un entretien que les maillots qu'on voit dans le film sont les vrais maillots de la vraie équipe, et qu'ils ont d'ailleurs été dessinés par un autre membre (!) de l'équipe, un qu'on peut voir en ce moment à la télévision (Zabetta accroche-toi) : Cyril, ex-Rouge, dans Koh Lanta, si si...), équipe qui va participer aux Gay Games en Croatie, coachée par un autre sportif qui ne l'a pas souhaité, mis là en punition par sa fédération (il est nageur de compet') pour avoir tenu des propos homophobes.
Le petit problème (pour moi) est que ce personnage n'est pas très attachant (ni très intéressant) par le petit comportement égoïstement mesquin qu'il aura pendant une grande partie du film (heureusement, vous vous en doutez bien qu'il se rachète à la fin) et ses atermoiements  successifs -et autres tergiversations.- (les faire gagner / les faire perdre / non, les faire gagner / non, les faire perdre, etc.) justifiés par le scénario. Face à lui, heureusement, la joyeuse bande de crevettes à l'humour très gay, et très vachard (celui que je préfère) et à -en dépit des préoccupations de chacun et des antagonismes- l'incontestable esprit d'équipe. De troupe. Avec cette spécificité, (dont je ne sais pas si elle m'enthousiasme ou si elle m'agace), que , à part un personnage "excessif" de trans/ drag queen (à côté de laquelle Priscilla folle du désert pourrait poser sans problème) tous ces mecs sont "normaux" en apparence, et ne font pas plus "pédé" que vous et moi - re-surtout moi dans le cas présent hihihi- (et sont d'ailleurs tous interprétés par des acteurs a priori hétéro-normés). A part une grande scène de nuit excessive disco-techno-paillettes-substances illicites-danseurs bodybuildés- qui pourrait évoquer un genre de quintessence gay, tout ça est assez sage, et le film est plutôt -paradoxalement- prude (on voit pas mal de fessiers virils mais à peu près une seule zigounette, et en plus vue de loin). Un peu le cul entre deux chaises : un poil trop trop hétéro pour les pédés, etun faux-cil trop pédé pour les hétéros, quoi. On n'est ni dans La cage aux folles ni dans Cruising ou Le droit du plus fort). Ni une pochade, ni une attaque ni une dramatisation, non, juste un entre-deux douillet, sympathique, rassurant.
C'est, finalement, tout ce qu'on lui demande... J'avoue y avoir pris un grand plaisir, avoir souri et ri aux dialogues souvent aigus vachards, avoir apprécié la musique du film (excellente idée par exemple que cette reprise d'un tube que j'aime honteusement en cachette depuis longtemps -Isa elle-aussi, elle me l'a avoué- le Boys boys boys de Sabrina, et re-bonne idée que d'avoir pris la chanson Kid de Eddy de Pretto pour le générique final) en me faisant, en même temps, ma petite auto-analyse ("Mais, être gay, c'est quoi ? Est-ce que j'ai été vraiment gay ? Est-ce que j'ai vraiment vécu comme un gay?") sans vraiment réussir à y trouver de réponse d'ailleurs.
Les crevettes pailletées est un film gentil, mieux, un film bon, en tant que plaidoyer-doudou en faveur de la différence et contre l'homophobie (dans le sport et dans la vie en général), un récit parfois un peu trop démonstratif dont je comprend néanmoins que quelques pontes militants LGBT purs et durs aient pu se formaliser pour cause, disons, de "mollesse idéologique" ou un autre truc du même genre (hihihi). Le film se revendique -et s'assume- en tant que comédie, et il faut reconnaître que, dans ce cadre-là il est diablement efficace. Comédie, mais aussi buddy movie ou feel good movie (avec une scène finale sur le fil du rasoir, courageusement, comme la petite chèvre de Monsieur Seguin) mais qui aurait sans doute encore gagné en choisissant un personnage central plus "fort" (plus intéressant).
Comment dire ? En tant que spectateur lambda je suis ravi, et en tant que pédé je le suis un peu moins (c'est difficile à dire pourquoi, pourtant je ne suis ni folle tonitruante ni militant purédur, je suis juste un pédé lambda -lambda plus plus même : vieux gros et moche, et provincial- et à ce titre je ne suis pas sûr de m'y être reconnu, mais peut-être n'était-ce pas là le propos du film ?) disons que le film est trop pas assez ceci  (ou pas assez trop cela) et

Boys, boys, boys
I'm looking for the good time
Boys, boys, boys
I'm ready for your love

plongeons joyeusement, ébrouons-nous, roulons-nous des pelles, tirons au but victorieusement, baissons le maillot des adversaires en douce sous l'eau, gagnons (ou pas), faisons la teuf pour fêter ça, et ne boudons (surtout pas) pas notre plaisir! C'est vrai que les gays ont le beau rôle, et c'est tant mieux, qu'ils sont plus drôles, plus attentionnés, plus acerbes, plus compatissants, plus tolérants, plus zinzins plus plus... vive eux, vive nous, et vive moi aussi du coup... Yessss! Bon n'en jetez plus, quoi.

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mardi 14 mai 2019

mouche tsé-tsé

098
LA FLOR PARTIE 2
de Mariano Llinás

Et nous voilà repartis pour un tour de manège argentin avec nos quatre copines pour l'Episode 3 (qui sera le plus -phénoménalement- long des  six annoncés) celui dit "des espionnes". Il semblerait qu'il dure toute la partie 2 et encore une certaine partie de la partie 3. Et vu l'état de jubilation dans lequel on se trouve à la sortie de celui-ci, avec les copines, sur le "CONTINUARA" qui apparaît en fin de projection et nous enjoint de patienter, on se dit qu'on aurait vraiment été très heureux de pouvoir continuer illico la semaine prochaine... (mais non il faudra attendre le mercredi 29 mai pour la partie 3 et le 5 juin pour la partie 4! Rendez-vous compte! Tout ça pour le bonheur de quelques-un(e)s qui, non content(e)s d'aller à Cââânnes 2019, ne voulaient pas non plus manquer la suite et la fin de La Flor...)
Bon! On prendra notre mal en patience (bien obligé(es), hein!).
On a eu la série B (épisode 1), on a eu le mélo/comédie musicale (épisode 2), et voilà le film d'espionnage... Mais alors, espionnage format XXL. Et protéiforme. Si on peut parler de récit à tiroirs, il y a vraiment ici beaucoup de tiroirs, de tailles variables, certains même  qui communiquent entre eux, et d'autres qui contiennent un autre tiroir, qui contient un autre tiroir, etc.). On suit (on essaie de suivre) une narration compliquée à propos d'un groupe d'espionnes qui ont enlevé un otage et sont poursuivies par un autre groupe d'espionnes qui veulent les zigouiller, mais le récit est fragmenté temporellement (faisant des allers et retours) et spatialement aussi (on voyage voyage) et on voit même intervenir, au milieu du récit, le réalisateur qui s'adresse au spectateur comme il l'avait fait au début de la première partie, et fait un peu le point avec nous. Il y a plusieurs sous-parties dans cet épisode, et même des sous-sous parties (mais tout cela est numéroté, ne vous inquiétez pas) on va découvrir l'itinéraire de Theresa et de La petite (et donc on sait donc déjà que les deux autres auront chacune droit aussi à "leur" histoire dans la Partie 3).
Comme disait Marie à la sortie "Je comprends qu'on ne trouve de résumé nulle part...". Oui, parce que c'est tout simplement in-résumable. C'est un film qui se vit sensoriellement, beaucoup plus qu'intellectuellement. Et qu'est-ce que ça fait du bien. Encore une fois on est immergé dans un univers de convention (le "film d'espionnage"), avec ses codes et ses passages obligés (grosso-modo tout le monde trahit tout le monde et tout le monde veut tuer tout le monde, ou Qui tue qui ? et Qui trahit qui ?). La musique est supra-expressive, les espionnes sont -bizarrement- doublées en français, les voix-off qui commentent l'action sont magnifiques, les précisions spatio-temporelles au début des parties en rajoutent encore à la confusion, (ça s'en va et ça revient... temporels) mais on adore, on se délecte, on s'immerge on s'ébroue avec volupté avec délices dans cette fiction fictionnante filmée souvent au plus près des visages, avec (tiens, encore une fois !) un travail esthétique (et cinématographique) sur la profondeur de champ et donc (yop la boum!) le flou! avec la distance que cela introduit, le décalage (encore et toujours j'adore je le redis). j'aime le puis... du flou.
Comme le disait le réalisateur dans l'extrait de l'interview cité dans le post précédent, le chocolat, rien que le chocolat du gâteau au chocolat. Rien que le plaisir, rien que le bonheur (et on a des petites étoiles qui clignotent dans les yeux lorsqu'on sort de la salle, c'est comme ça d'ailleurs qu'on reconnaît dans le hall les spectateurs de La Flor...)
Un champ de colza, une lanceuse de couteaux virtuose, un vieux minibus rouge, un otage qu'on trimballe, une muette, un homme qui rit, quatre filles avec des flingues, Bruxelles, Berlin, Londres, les Dalton, Margareth Thatcher, un aéroclub, des guerilleros, des rengaines à la radio, des rendez-vous sur un banc, une procédure téléphonique d'urgence, les plans d'une fusée contenant trop d'alliage, un rêve qui parle (et qui brûle)... vivement le mercredi 29 mai!!!

 

 

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lundi 13 mai 2019

pieds de mouton en gelée

097
QUI A TUE LADY WINSLEY ?
de Hiner Saleem

J'ai une grande tendresse pour les films d'Hiner Saleem. sans doute peut-être pas pour les bonnes raisons (...). J'aime la façon dont il parle des hommes. J'aime sa façon de filmer les hommes. J'avais découvert son Vodka Lemon (que j'avais adoré) lors d'un lointain Ficâââ, et ensuite, bon an mal an, on a essayé de programmer ses films (dans le bôô cinéma) quand ils sortaient. Certains que j'ai adorés (Si tu meurs je te tue, My sweet pepperland) d'autres dont je ne me souviens pas bien (Kilomètre zéro, Le ciel de Paris).  C'est un cinéma que j'aurais envie de rapprocher de celui d'Otar Iosseliani, un cinéma qui batifole, à la seule (grosse) différence que le (gros) coeur battant dans les films d'Hiner Saleem se nomme Kurdistan, tandis que chez Iosseliani on entendrait plutôt résonner Géorgie...
Après le western (My sweet pepperland) le réalisateur aborde cette fois l'univers du polar. Un univers presque délicatement suranné, à la Agathie Christie, où une riche américaine (à grands coups de Je t'aime) a été assassinée d'un coup de révolver sur une petite île turque TDCDM (trou du cul du monde) où tous les habitants ou presque appartiennent à la même famille (et ont donc tous presque le même adn), et on a envoyé sur ladite île un Sherlock Holmes turc,  dépêché depuis Istanbul pour résoudre l'affaire, car la police locale patauge... Le Sherlock en question est un beau ténébreux au charme duquel la demoiselle qui s'occupe de l'hôtel où il est descendu ne se révèlera pas insensible...
Bien entendu, le mot kurde ne va pas tarder à faire son apparition dans l'enquête, et même en de multiples occurrences... Et sera même un élément-clé de ladite enquête. J'aime beaucoup le ton de la narration, qui fait semblant le plus souvent de se prendre au sérieux, avec, à intervalles réguliers, ces petites chorégraphies masculines que le réalisateur semble affectionner (et moi aussi d'ailleurs, énormément) et qui me ravissent (Vous souvenez-vous des sept frères au comptoir dans Si tu meurs je te tue ?) ou ces gags instantanés (j'ai adoré le "Descendez-le!", par exemple)qui font éclater de rire tandis que le récit continue, sourcils froncés, impassible en apparence. Le Sherlock a fort à faire : d'une part la résolution de l'enquête (compliquée par le fait que chaque ilien(ne) semble souhaiter lui mettre des bâtons dans les roues), et d'autre part l'amour est un oiseau rebelle (si tu ne m'aimes pas je t'aime)  avec la dame de l'hôtel, et les deux affaires seront chacune dûment menées à terme : le meurtre, élucidé, et l'amour, entériné (comme le plus miellé des baklavas). Et, mine de rien, sous ce récit plan-plan en apparence, le réalisateur réussit à aborder deux sujets qui lui tiennent (toujours autant) à coeur : la condition des Kurdes et celle des femmes, que la machocratie Turque semble traiter avec le même mépris souverain...
Un film aux saveurs orientales qui ravit donc les yeux et le palais (j'en reviens au baklava), à recommander chaudement, donc.

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l'affiche

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le baklava...

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dimanche 12 mai 2019

things on tv

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bruno ganz

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"I watched it for a little while
I like to watch things on TV" (Lou Reed)

je viens de vérifier les paroles et je suis étonné :
j'ai toujours cru entendre
"I like to watch men on TV"...
Etonnant, non ?

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samedi 11 mai 2019

"viande blanche"

096
LES MOISSONNEURS
d'Etienne Kallos

Je crois que c'est Zabetta qui l'avait évoqué la première, et une fois de plus c'est Pyramide qui distribue (ces gens-là ont un line-up de malades!). Nous avons déjà programmé (par le passé) deux films sud-africains, Beauty et Les initiés, traitant tous les deux, entre autres, de la difficulté d'être homosexuel (même refoulé -surtout refoulé!-) et de le vivre dans ce pays.
Les Moissonneurs met en scène Janno, un jeune homme, homosexuel refoulé donc, vivant dans une famille de fermiers afrikaners, très pieux, et partageant sa vie entre les prières et les travaux agricoles. Un grand papa barbu, une maman blonde, trois petites soeurs, et tout un chacun prie, travaille, prie, travaille, etc, s'adressant à Dieu pour un oui pour un non.
Et voilà que débarque à la ferme Pieter, un jeune garçon ("que Dieu leur a envoyé") qu'ils accueillent comme un membre de la famille, suivant le voeu de la maman de le "guérir". (Les Afrikaners ressemblent un peu aux Amish, et vivent dans un genre de bulle, un univers "préservé", coupé du monde, de la réalité, où l'omniprésence écrasante de Dieu serait censée pouvoir régler tous les problèmes.) Pieter vient de la ville, et, cette réalité, il la connaît, justement,  il l'a vécue, il en porte les stigmates (violentes crises de manque nocturnes) et va jouer les détonateurs dans la vie de Janno, lui faisant découvrir progressivement cette "vraie vie" qui va le mettre en porte-à-faux avec les vieux principes bigots qui régissent sa vie (no sex, no drugs, no rock'n'roll)...
Va se mettre en place entre les deux garçons  un jeu de pouvoir, un combat, au sein de la famille puis de la communauté. Une rivalité. Mais les tenants et les aboutissants de cet affrontement sont complexes. Et, complexe, le récit l'est aussi, et de plus en plus. Magnifiquement complexe. Esthétiquement, le film est magnifique, (on pourrait juste faire au réalisateur le léger reproche d'avoir un peu forcé sur les filtres jaunes qui idéalisent (angélisent ?) un chouïa  les scènes agricoles autant que les familiales...) et exploite avec intelligence les possibilités cinématographiques de chaque plan.
Ce qui m'a vraiment impressionné c'est la densité (la complexité) de la narration et la multiplicité des fils (!) conducteurs tendus, et l'habileté avec laquelle le réalisateur conduit son récit, mine de rien, dans une direction que je n'avais pas vraiment vu venir*... (j'ai trouvé la fin absolument magnifique, dans la façon qu'elle a de boucler la boucle, et de basculer quasiment dans le fantastique, mais de façon... ténue)
Et j'ai été très étonné de voir que les critiques étaient plutôt tiédasses (mitigées disons) pour un film que, personnellement , je trouve rempli de qualités (la palme de l'absconsitude critique vacharde, ex-aequo encore une fois entre Libeeeh : "Un pensum dévitalisé sur des gens qui n’inspirent aucune sympathie ni intêret faute d’avoir su faire partager leur terreur obsidionale d’être dépossédés de tout ce qu’ils ont spolié" et, encore une autre fois, Les Cahiaîs : "ce pur produit de la (ré)écriture festivalière et de la coproduction internationale semble multiplier les pistes narratives sans jamais en privilégier une seule, pour accoucher d’un scénario doloriste et convenu"... mais pourquoi donc sont-ils si méchants ?) et que j'ai donc envie de défendre. Moi j'ai beaucoup aimé cette histoire ntre deux garçons qui sort vraiment des sentiers battus des histoires entre deux garçons.
Et toc.

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* midinet comme vous me connaissez, vous vous imaginez bien que je m'étais déjà fait un film ("mon film"), genre "les deux "frères" que tout oppose, le rat des villes et le rat des champs, ils s'affrontent au début et hop à la fin ils tombent dans les bras l'un de l'autre, c'est l'amour-mour-mour et ils se marient et ont beaucoup d'enfants.") Sauf que non, pas du tout. C'est beaucoup beaucoup plus fort (et plus malin) que ça, trouve-je.

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vendredi 10 mai 2019

tous les garçons et les filles de mon âge...

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COMING OUT
de Denis Parrot

C'était surtout celui-là que j'avais envie de voir...
Séance à 16h (je viens de voir Alice T. qui ne m'a pas laissé entièrement satisfait, et coucou! je retrouve Emma, qui vient voir le film avec moi).
Un sujet qui me touche, vous vous en doutez, tout particulièrement, puisque celui-ci (le coming-out) en ce qui me concerne ne s'est pas exceptionnellement bien passé... (passons). Les nouvelles technologies (en ce temps-là, Internet n'existait pas...) permettent à des jeunes gens d'un peu partout dans le monde (enfin, pas tout à fait vraiment partout) de franchir le pas et d'annoncer à leurs proches qu'ils sont gays où qu'ils sont trans... Webcam, téléphone, skype, réseaux sociaux sans doute aussi, le web est pour eux le sésame qui va permettre de les libérer, situation qui va se passer plutôt bien dans une majorité des cas (mais pas toujours).
Le film est tout simplement bouleversant (j'ai pleuré, et j'ai entendu qu'Emma aussi), par la simplicité du dispositif, mais ne se cantonne pas à un simple bout-à-bout de "Euh... maman j'ai quelque chose à te dire...", puisque le montage a su les organiser, les ranger, les mettre en valeur et en résonance (comme une boîte de petits chocolats, où chacun est identifié, l'heure, le lieu, le prénom, souvent, mais pas toujours).
Un film doux, un film juste, un film qui fait du bien, un film , tout simplement utile.

«Nous ne faisons pas notre coming out pour que les hétérosexuels le sachent, pour que les croyants le sachent, pour que ceux qui nous haïssent le sachent. Nous le faisons pour que les personnes comme nous le sachent, qu’elles ne sont pas seules.» (le film, cité "de mémoire" par le journaliste de Libé)

 

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jeudi 9 mai 2019

échographie

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ALICE T.
de Radu Muntean

J'ai déjà dit et répété (radoté ?) mon goût pour le cinéma roumain. J'aime son réalisme, sa crudité, son humour froid, son acuité clinique. De Radu Muntean j'ai déjà vu trois films (Boogie, Mardi après Noël, L'étage du dessous), tous chroniqués je pense sur ce blogchounet, et un quatrième (le premier, en fait) , Le papier sera bleu, que je viens de récupérer.
Le cinéma roumain, donc, on le sait déjà c'est plutôt raide. Histoires de famille, souvent. Affrontements, aussi, souvent. Ici il est question d'une demoiselle, Alice, une adolescente aux cheveux rouges (qui m'a allez savoir pourquoi fait penser à Emilie Dequenne) et de sa mère. Et d'une grossesse de la demoiselle en question, qui va constituer l'élément central du film. Où la mère force sa fille à l'avouer après lui avoir confisqué son téléphone et l'avoir obligée à faire un test (acte I), où toutes les deux vont se rapprocher en prenant rendez-vous chez la gynécologue (la maman n'a jamais pu être enceinte et a adopté Alice) et où la maman va aller défendre sa fille bec et ongles devant la principale du lycée (acte 2),  où Alice va mener tout son petit monde -toute la famille- en bateau (acte 3), avec un entracte / décadrage estival (acte 4) jusqu'à un plan final roumainissime avec juste la demoiselle et juste l'écran du moniteur de la gynécologue, un plan sans pitié qui dure comme un vrai plan final de film roumain...
Le problème avec ce film (pour moi) c'est son personnage principal, Alice, parce qu'elle est parfaitement insupportable (et donc, peu aimable) : menteuse, insolente, de mauvaise foi, agressive, etc (une vraie adote en phase je t'emmerde, quoi). Impossible, quoi qu'elle fasse, de se raccrocher à quoi que ce soit d'un peu affectif.  Et donc de pouvoir vraiment s'y intéresser (c'est un peu comme si le réalisateur, plus ou moins inconsciemment, ne lui laissait aucune chance). La façon dont elle manipule son entourage, sa famille, les enseignants, devient très vite (pour moi) plus qu'agaçante. Et que sa mère prenne son parti n'arrange pas davantage les choses.
Sans doute suis-je un affreux macho sectaire et tout,  mais je me sens beaucoup plus concerné quand c'est un bon gros papa roumain qui est au centre des débats (ça me touche plus, oui oui) je suis davantage en terrain de connaissance, et donc là je suis resté un peu à distance (ayant aussi du mal à accepter, peut-être souvenirs professionnels obligent) qu'une mère puisse prendre avec autant de mauvaise foi la défense de sa fille (inexcusable) vis-à-vis du personnel enseignant).
Mais bon c'est un film roumain et donc on suit ça tout de même avec plaisir (le plaisir indéniable que je prend à regarder les films roumains) et celui-ci est tout à fait dans le créneau, (on pourrait l'étiqueter, tangentiellement, comme une série de variations sur la couleur rouge...) et préciser que, indépendamment du personnage qu'elle joue, la jeune actrice est vraiment vraiment impressionnante. Voilà.
Peut-être suis-je juste un peu perplexe...

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mercredi 8 mai 2019

les yeux de la momie et la toxine du scorpion

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LA FLOR PARTIE 1
de Mariano Llinás

Il est parfois des événements qui quand vous êtes un chouïa programmateur(s) (on peut dire qu'on est ça à notre toute petite échelle) vous tiennent particulièrement à coeur. Et ce film en fait partie. Un incontestable événement cinématographique : rendez-vous compte, on programme dans le bôô cinéma ce film-monstre de quatorze heures (annonce la publicité, en réalité il ne s'agit QUE de 13h35!), distribué en quatre parties de 3h30 environ chacune.
Et là, c'était la semaine de la première partie (3 séances, deux à 20h et une à 13h30), et, ce vendredi, à 13h30 donc, dans la salle 3 du bôô cinéma, nous étions tout de même une quinzaine (et mes copines étaient là...), attendant, et je vous jure que quand le film a commencé, je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir les larmes aux yeux (ça commence par un plan où le réalisateur explique ce qu'est son film, et oui, pfouit! c'est monté, tellement je me sentais à la fois ému fier et content...).
Le film annonce 4 parties et 6 épisodes, et nous avons donc vu dans cette première partie les épisodes 1 et 2 : celui avec une momie et celui avec des scorpions, pour résumer grosso-modo (sans gâcher aucun plaisir)...
Quatre filles... des histoires mystérieuses... des groupes secrets... On ne peut pas ne pas penser à Rivette, à sa Bande des Quatre, et c'est très très agréable. Un cinéma joueur (et bien joué, c'est un plaisir de voir, d'une histoire à l'autre, les quatre actrices changer de rôle et de personnage) qui prend son temps, c'est vrai, pour mettre en place chacune des histoires racontées, et prend un certain plaisir (mais ça c'était annoncé depuis le début) à ne pas les terminer.

(la bande-annonce est . Je vous invite à la visionner parce qu'elle donne très envie je trouve...).

C'est un film qui a (beaucoup) à voir avec le plaisir. Le plaisir du jeu, le plaisir de la connivence, le plaisir du cinéma, le plaisir du spectateur (parce que visiblement  celui des acteurs). Il faut être un minimum joueur (et ouvert un minimum à ces spéculations narratives) pour accepter de se laisser aller dans ces montagnes russes (argentines dans le cas présent) cinématographiques. Un peu de train fantôme, aussi, sans doute. Et puisqu'il est question de train, un je-ne-sais-quoi de cinéma des origines (de l'arrivée d'un train en gare de la Ciotat on serait passé à l'arrivée d'un train argentin pas train-train en gare de la Cinématographie). Mais qu'est-ce c'est agréable de tchoutchouter avec ces quatre lutines (Pilar Gamboa, Laura Paredes, Elisa Carricajo, Valeria Correa) et leurs comparses masculins, d'arpenter avec elles des territoires un peu mystérieux, un peu instables, un peu inquiétants, un peu nunuches, aussi parfois, (tout à la fois parfaitement reconnus, et dans le même mouvement, parfaitement inconnus ; ordinaires et insensés, réalistes et chimériques, bref, paradoxaux, comme ce que nous avait appris notre metteur en scène, la notion de présent/absent), bref, tout et son contraire, en tout cas  tout ce qu'il faut pour être heureux avec elles lorsqu'on est spectateur, comme un gamin à qui on raconte son histoire du soir... Et on n'en a encore vu qu'une partie ! Le réalisateur définit l'épisode 1 comme une série B, et le second comme un mélodrame avec des chansons et un peu de mystère... Mais chacun des épisodes est ça, mais pas seulement, ou autrement, et échappe, heureusement,  à la caractérisation et à l'étiquetage auxquels certains esprits formatés étroits auraient bien aimé pouvoir les réduire.

La Flor est juste un énorme bonheur de cinéma, je ne saurais pas mieux dire!

«Je fais partie d’un groupe qui s’appelle El Pampero [société de production fondée en 2002, ndlr]. Il y a dans ce groupe une fable originelle, qui nous est constitutive. Avec mon associé Alejo Moguillansky, à une époque où nous travaillions, très lentement, sur un de nos premiers projets qui était très mal payé, nous passions notre temps à aller manger. Un jour, Alejo arrive et me dit : "Là-bas, au coin de la rue, ils font un gâteau au chocolat qui a tout le bon du gâteau au chocolat, et rien du mauvais." Vous savez que dans les gâteaux au chocolat, il y a toujours une partie ennuyeuse, avec plus de pâte, plus farineuse. Nous y allons, et en effet : il n’y avait absolument rien de bureaucratique dans ce gâteau, c’était le plaisir intense du chocolat. Je crois que ce moment de communion a influencé notre manière de faire des films. Seulement le bon ! Seulement le chocolat ! Et pas seulement dans nos films, en évitant toutes les scènes stupides de transition ou de narration au profit de scènes divertissantes, mais aussi dans la manière de faire, sur le tournage. Si on a passé dix ans à faire ce film sans presque jamais s’arrêter, c’est que ça a été un plaisir permanent, qu’on a su éviter tous les moments bureaucratiques. Ça vaut aussi pour la production. Le film s’est fait avec 250 000 ou 300 000 euros, donc avec très peu d’argent. Il est financé de façon conventionnelle, mais ce qui est moins conventionnel, c’est ce qu’on a fait avec l’argent, en le dépensant seulement pour ce qui se verrait à l’écran, pour ce qui ferait du bien au film, jamais pour des choses superflues.»
(extrait d'un entretien avec le réalisateur, Locarno 2018)

l'entretien en entier est ici

et je piaffe déjà en attendant la semaine du 8 mai (deuxième partie, dans le bôô cinéma)

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