jeudi 25 mai
installation
Voilà, j'ai longuement longuement hésité. Mais j'ai fini par y aller.
Où ? aux bozarts. Pour voir l'installation-cinéma que *** présentait pour l'évaluation de fin de semestre (c'est lui qui me l'a proposé, hein, genre si tu passes par là...)
Je pensais que c'était peut-être une connerie (d'y aller!) mais, si je n'y allais pas, je risquais de le regretter. Alors j'y suis allé. Pas le choix.
On s'est très peu vus, finalement, il a passé la matinée à mettre en place, installer, brancher, bidouiller, le dispositif (pas mal du tout) que j'ai pu étrenner en début d'après-midi. Il était dans sa période gros cheveux et barbe rase (c'est p't'être ça qui me plaît chez lui, il a le poil à géométrie variable... ni tout à fait le même ni tout à fait un autre).
Et c'était comme si je sentais quelque chose d'un p'tit peu cassé. De ma part. Lui était tout pareil au même comme d'hab. Moi pas tout à fait. Vous savez, vous remplissez un verre pour boire, et vous vous rendez compte qu'il est fêlé. Qu'il se cassera bientôt. Mais bon vous buvez quand même.
Oh peut-être juste une lézarde dans cette histoire (ou dans cette illusion appelez ça comme vous voulez) C'est peut-être ça, lâcher prise ?? Comme si enfin je reconnaissais les faits. Lui ici et moi là-bas, lui jeune et moi vieux, lui en couple et moi pas, lui hétéro et moi pédé. Des faits, des affirmations des constats. Des évidences.
Oui, comme si je me rendais à l'évidence. (D'accord, je me rends)
D'accord, il était speed, il était stressé, à mettre en place tout son p'tit fourbi avant la visite des profs. Moi j'allais et venais, en haut en bas, à tout à l'heure, buvant du café, discutant avec truc, avec machine, revenant repartant (me demandant si c'était vraiment une bonne idée d'être venu là, puis me répondant que oui finalement oui) je le regardais de loin, attendri, (apaisé peut-être aussi) et je me disais que c'était mieux quand on juste chattait sur msn ; ce n'était pas le même, je préférais l'autre, le virtuel, celui en mots plutôt que celui en vrai. Je le connais mieux.
Puis sa copine est arrivée, baiser distant, s'est assise en me tournant le dos, me suis dit alors que c'était là l'occasion qu'il le fallait... Lui ai donc offert un capuccino, nous sommes montés et nous sommes installés à une petite table. Et me suis jeté à l'eau. J'ai pas été très bon, c'était difficile, d'ailleurs qu'est-ce que je voulais vraiment lui dire ? Que je n'avais voulu blesser personne, que je ne m'étais pas servi d'elle pour me rapprocher de lui, que je souhaitais juste qu'elle ne m'en veuille plus... C'était difficile parce qu'elle ne m'aidait pas vraiment, mais bon elle n'était pas là pour ça non plus. Ca a donc été comme un gros soulagement lorsque je l'ai vue enfin me sourire... C'est comme si j'avais réussi à désinfecter cette plaie qui menaçait se d'infecter sérieusement sous l'apparente cicatrisation.
Nous sommes redescendus, *** avait -enfin- fini d'installer, et j'ai donc pu tester le dispositif avec elle (puisque Bernard n'était pas disponible) dispositif plutôt troublant, qui nous faisait nous regarder l'un l'autre alternativement... (*** pendant ce temps prenait des photos)
Puis quand elle et B. (l'autre copain de ***) sont partis pour acheter des sandwiches (on s'est fait une vraie bise normale, elle et moi), nous sommes donc restés en tête à tête avec *** (plutôt en voix à voix) pendant un petit moment, parlant de tout et de rien, juste comme des vieux potes. Jusqu'à ce que je décide qu'il était temps que je parte. Je n'ai pas voulu abuser.
Poignée de main virile. A la prochaine
Oui, comme des vieux potes.
(...)
Je suis reparti vroum vroum rapidos il était quinze heures et quelques il ne pleuvait pas j'ai mis la radio et je suis rentré directement... en oubliant de faire tout ce que j'avais à faire à Besac (mais non qu'allez-vous chercher il s'agit juste de distraction, l'émotion n'a rien à voir la d'dans!)
Commentaires
Il faut un sacré courage pour affronter ses propres démons, ses lâchetés, la réalité et les gens habitants cette réalité,tout ça quoi… Donc, je te trouve très, très courageux.
La photo...
... est très bien... On dirait un torse vu de dos...
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