T comme tribal
T comme transe
T comme tellurique
T comme testostérone
T comme très très fort...

T comme Tambours du Bronx, vus en concert ici-même (enfin, juste à côté)
Quatorze bidons en demi-cercle pour dix-sept gaillards en noir (ils se relaient!), un clavier en hauteur, au centre, pour les zinzineries ambiantes électroniques, deux "percussionnistes" de part et d'autre, pour donner le rythme, c'est assez pour générer deux heures (ou presque) d'un show qui séduit autant les oreilles que les yeux.
L'objet à priori n'offre pourtant que peu de possibilités sonores (le boum boum quand on frappe sur le bidon et le tchik tchik quand on frappe les "baguettes" -il s'agirait plutôt, d'ailleurs, de rondelles de manches de pioche-) Mais ici c'est l'union qui fait la force. La maestria de ces mastards tient à leur extrême coordination pour canaliser cette folle énergie, à l'ensemble stupéfiant qu'ils ont dans cette chorégraphie primale, ce rituel barbare. Ces mecs cognent sur leurs bidons avec une force communicative, créant ce rythme, cette pulsion, qui vous poussent à sauter sur place, comme possédé, avec le coeur qui tape et les tripes qui vibrent. C'est très... physique. Dès la fin du premier morceau, il y en a deux qui tombent la chemise, et l'apparition des torses nus va rendre encore plus intense ce processus viril. A la fin, ils sont quasiment tous torse-poil (quelques-uns seulement (des frileux ? des timides ?) ont gardé pourtant le haut jusqu'au bout. J'ai d'abord regretté de ne pas avoir pris l'appareil-photo, devant tous ces torses, ces bras, ces poils, ces muscles, ces tatouages, cette sueur, exposés, donnés, offerts. Et puis me suis dit que c'était mieux, que j'aurais perdu quelque chose, à vouloir capturer l'image de ces gaillards plutôt qu'à vivre pleinement l'événement au présent.
Avec les copines, on faisait nos commentaires, comparaisons, chacun(e) précisant ses choix dans cette extraordinaire biodiversité virile. Cent pour cent mâle, comme a dit Isa à leur entrée sur scène. Encore plus impressionnant du fait qu'on était vraiment tout près, (ils se relaient aussi dans le rôle de "chanteur" (éructeur, performer serait plus juste, tant, là encore, la performance est physique et tient plutôt de Roger Daltrey que de Jack Lantier) et qu'on pouvait donc vraiment bien les détailler ; en tendant les bras, on aurait presque pu les toucher.

Une soirée, donc... parfaite : un spectacle extraordinaire, des ami(e)s qu'on aime pour partager ça... Bon il est deux heures du mat (arghhh bientôt trois) je vais aller me coucher, la tête pleine encore du fracas métallique, mais juste se dire encore que ça valait la peine.

(photos from the ouaibe)

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