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mercredi 07 février

pavé

MICROFICTIONS
de Régis Jauffret

Mmmhhh... Après l'effort, le réconfort. Suis donc allé en ville cet après-midi, à la librairie plus précisément où j'ai ma carte de fidélité, carte qui -ô bonheur- était remplie et me donnait donc droit à un avoir de 15€ et des brouettes... J'ai acheté le bouquin que je convoitais, celui cité en titre.
C'est la première fois que j'achète un si gros bouquin à la neureufeu (plus de 1000 pages!) Finalement le rapport densité/prix est plutôt extrêmement favorable.

J'aime bien Régis Jauffret, découvert avec Promenade (quand il était encore publié chez Verticales), livre qui m'avait valu quelques volées de bois vert de la part de mes amis lorsque je l'avais mis en circulation dans notre Cleube du Livre cette année-là, et que j'avais alors qualifié de dispositif fictionnel. J'aimais ces centaines d'histoires au conditionnel, qui finissaient quasiment toutes mal... J'avais alors à l'époque acheté d'autres volumes du même, qui m'avaient valu quelques déconvenues (Clémence Picot, Histoire d'amour,...)mais aussi de grands (quel est le contraire de déconvenues ? convenues ?) bonheurs, notamment Jeux de Plage et Fragments de la vie des gens. Je pense que Jauffret est plus efficace sur de toutes petites distances.
J'avais pris à la lecture de ce dernier autant de plaisir que j'avais pris à lire L'observateur (est-ce le bon titre ?) de Thomas Bernhard. Des textes courts, une méchanceté sans faille, une hargne sans répit. L'humanité, chez Jauffret, est représentée sans masques, sans maquillage, sans concessions. A cru et sans pitié.
Et c'est d'autant plus efficace quand il s'agit, comme ici, de petites histoires d'environ une page et demie, sèches comme des coups de rasoir. L'écriture fonctionne à l'interne, en vase clos, dans chacune de ces historiettes bêtes et/ou méchantes. Jauffret n'a plus à s'embarrasser du liant narratif qu'il utilisait pour insérer chacun de ces fragments dans l'édifice narratif plus vaste du roman.
Il a jeté le ciment, il ne garde que les moëllons, et c'est comme ça qu'il me plaît. Brut. Je pense qu'il est beaucoup plus fort comme ça, juste des faits, sans fioritures, rangés par ordre alphabétique, sèchement, comme sans états d'âme.
Je vais le mettre près de mon lit pour l'avoir comme livre de chevet.

Posté par chori à 06:55 - caisse de livres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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