lieux communs (et autres fadaises)

dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes...

mercredi 18 avril

trois façons de voir

18719463 (affiche française)

18723299 (affiche italienne)

18473722 (affiche américaine)

Posté par chori à 16:35 - postcards & affiches - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

tatouages

ALPHA DOG
de Nick Cassavetes

Drôle d'impression... On sort de là (quasiment deux heures tout de même) un peu perplexe : pas par rapport à l'histoire racontée mais plutôt sur la façon dont c'est. Le sentiment que le réalisateur n'a pas vraiment réussi à décider s'il allait nous la jouer plutôt American Pie, ou Elephant, ou De sang-froid. Il hésite, il hésite, le bougre, et plouf plouf pique nique douille mais finalement ne choisit pas. Et plouf! se vautre.
L'important, quand on a l'histoire (puisque -c'est dit et redit sur l'affiche- tout ça est "basé sur des faits réels") c'est, bien entendu, la façon dont on l'appréhende et comment on va la raconter, le ton et le point de vue, quoi. Ben dans le cas précis on serait plutôt aveuglé, louche ou borgne...
On débute et on finit genre reality show / trash tv par des interviews des adultes, (vieux, avec des -fausses ? - taches de vieux), comme entre parenthèses parentales donc, avec, entre les deux, la chronique de la vie d'une bande de djeunz (friqués, américains, tous blancs ou presque, diversement addict, mais c'est pas de leur faute, eh, c'est la faute à la famille, à la société, au pape, au relâchement des moeurs, au trou dans la couche d'ozone, et que sais-je d'autre encore,  pauvres bichounets va...) comme si vous y étiez, vue de l'intérieur quoi, prise avec un gros téléobjectif, comme dans La vie des animaux.
Johnny est l'alpha dog (le mâle dominant, merci Téléramuche!) de la meute en question. Pourtant il a l'air tout gentil comme ça. C'est le fils de Bruce Willis. Et, comme il deale beaucoup, beaucoup de monde lui doit du fric, notamment Jake (lui, c'est le fils de Sharon Stone!), un nazillon énervé et instable. Pour que Jake lui rende son dû, Johnny enlève, sans vraiment le préméditer, Zach, le petit frère de Jake, dont il va dans un premier temps confier la garde à son pote Frankie, un "joyeux branleur", et tous prennent un peu ça à la rigolade. Au début du moins. Car ça va plutôt dégénérer. Engrenage fatal! Big trouble, deep shit!
Réaliste ? Je ne sais pas vraiment, mais on peut être impressionné par la proportion de tatouages au centimètre carré, la quantité de came(s) diverse(s) consommée(s), et la profusion de gros mots de djeunz (et fuck et suck et cock et shit et bitch et j'en passe) qui fleurissent les plate-bandes des dialogues. En plus, ils sont tous (je parle des mecs, bien sûr, je suis sectaire), chacun dans leur genre, plutôt agréables à regarder. Rien ne manque, baggy, calbute qui dépasse, marcel, casquette à l'envers, grosses baskets, semis de barbe à des niveaux de croissance variés, et  marquages corporels, bien sûr ...(Justin Timberlake fait fort, là, sur le coup -et sur le cou aussi d'ailleurs hihi!-
Mais à la différence de Larry Clark ou de Gus Van Sant, auxquels on ne peut pas ne pas penser, je ne suis pas certain que Cassavetes les aime, ses personnages (objets d'étude, mais pas de son affection ?), cette joyeuse (!) bande d'ados un peu décérébrés tout de même, dont la buvette et la fumette (et la baisette, cela va sans dire) constituent l'essentiel de l'activité...
J'ai failli au début sortir très vite de la salle (mais bon -quel crétin- j'avais tout de même fait 50 bornes pour le voir! et la caissière, comme un ange tutélaire, m'avait dit "Je vous préviens , c'est en VO", visiblement étonnée que je lui répondasse "C'est bien pour ça que je suis là") puis j'ai -comme on dit- pris sur moi et je suis resté jusqu'au bout (j'en profitais pour, quand je décrochais, essayer de deviner quel était le motif du tatouage sur le mollet droit du mec (en short) assis avec sa copine juste un peu devant moi en contrebas -on ne se refait pas-). On a le sentiment, à la fin, d'un gâchis un peu navrant. Polar ? thriller,? chronique sociale ? film à thèse ? popcorn movie ? Rien de tout ça, ou plutôt si un peu de tout.
En plus des maladresses et des lourdeurs,  il y a des scènes que je trouve dégueulasses, inacceptables, surtout avec l'alibi "tiré de faits réels". D'autant plus que des éléments que je considérais joyeusement comme des running gags (le décompte des témoins, par exemple) s'avèrent à la fin ne plus en être du tout. Il me semble qu'il s'est pris un peu au sérieux et les pieds dans le tapis, notre Nick Van Clark, je trouve. Et je le déplore.

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Posté par chori à 08:29 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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