lieux communs (et autres fadaises)

dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes...

vendredi 24 août

glisser dans la piscine

LE PENSIONNAT
de Songyos Sugmakanan

Les films thaï se suivent et ne se ressemblent pas forcément. Après un tendre et assez solaire SYNDROMES AND A CENTURY de notre ami Apichounet, voici une plutôt sombre (au sens strict) et nocturne histoire de fantômes, thaîlandais, donc. Où un gamin est envoyé par son père (qui a ses raisons) dans un pensionnat un peu inquiétant, y fait la connaissance d'une bande de pieds-nickelés qui le bizuthent règlementairement à coup d'histoires de fantômes, finit par en rencontrer un vrai, devient son ami, et l'aidera à régler son problème (car les fantômes ont généralement un problème)...

Au début du film, c'est vrai, on a très peur, mais pas vraiment de ce que montre le film ; on a surtout peur d'assister à un effrayant catalogue de clichés, de poncifs et de déjà-vu du cinéma fantastique bouh fais-moi peur asiatique. Heureusement, le réalisateur est bien plus malin, et, passé le début qui c'est vrai en remet des couches (bâtisse lugubre, directrice inquiétante, chiens qui hurlent à la mort, angoisses nocturnes, porte qui se ferme puis s'ouvre toute seule, ombre flippante...) il met en place une histoire assez  bien fichue (et plutôt très bien mise en images), en mêlant plusieurs strates narratives, chacune associant un personnage, un objet, et un sentiment  (le père / la télévision, les copains / les lampes de poche , la directrice / le disque rayé, le fantôme / la piscine), passant d'un registre à l'autre parfois abruptement (on a le sentiment, au début, que le montage a été fait un peu à la hache, moins par la suite, mais peut-être s'habitue-t-on), d'un sentiment à l'autre...

Il va sans dire que la mise en place de l'histoire est beaucoup plus intéressante que son explicitation... Quelques très belles scènes (le public à la projection de "Fantômes affamés", la piscine en temps mêlés), beaucoup de  plans léchés (avec une image sombre, à la limite de la sous-exposition) de quelques lieux très graphiques (la salle d'eau, la piscine vide, le dortoir), des interprètes (enfants, surtout) sympathiquement justes, font apprécier cette histoire qui, paradoxalement, ne fera hurler de peur à aucun moment, mais nous raconte simplement combien c'est difficile (et pas forcément plaisant) de passer du stade de petit à celui de grand.

Pour ceux qui  entendent la contrepèterie, j'ai trouvé que le titre de ce post s'imposait doublement, car, je ne sais pas si c'est parce que j'avais envie, mais il me semble que je n'ai jamais vu un film (fantastique) où on pisse autant. (Mais, désolé, pas la moindre glycine...)

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Posté par chori à 09:05 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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