lieux communs (et autres fadaises)

dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes...

dimanche 30 septembre

à revoir, les enfants

Souvent, j'aime bien revoir les films, peut-être à la façon des enfants qui réclament qu'on leur raconte encore une fois une histoire que pourtant ils connaissent déjà par coeur (mais finalement pas exactement pareil tout de même.)
Revoir un film permet de relativiser une expérience. Que ce soit immédiatement tout de suite là sur le champ, ou au contraire bien des années plus tard. Et généralement ça confirme ce qu'on savait déjà : la rencontre avec un film (ou avec un bouquin, ou avec un tableau, ou même avec quelqu'un) est unique. Il y a d'une part l'objet-film, qui lui par définition reste inchangé, c'est le point de vue objectif : des images fixées sur de la pellicule (en général) identiques d'une fois à l'autre. Un film au point p et la date d, c'est a priori exactement le même qu'au point p' et à la date d'. Aquelques rayures et collures près, soit.
Ce qui change ? Tout le reste! Les conditions de projection, (la salle, le lieu, le temps qu'il fait) en premier lieu, et, bien évidemment (et surtout) le spectateur lui-même. Et tout ça produit un effet. (C'est déjà assez vertigineux de penser qu'à une séance donnée, devant un nombre lambda de spectateurs, seront appréhendées simultanément lambda versions personnelles et uniques du (pourtant) même film. C'est comme ce qu'on perçoit des reflets : à chacun le sien propre!)
Oui, chaque vision est unique. Ne vous est-il jamais arrivé de vous rendre compte, à la seconde, ou troisième ou hmmième vision, que, finalement, le film n'était pas si extraordinaire que ça, et de chercher désespérément ce qui tant avait pu vous y plaire. Voire, encore pire, dans l'autre sens, comme les critiques de téléramioche, de vous rendre compte que ce film a été "un peu injustement sous-estimé lors de sa sortie..." (mais bon, là, peut-être qu'on sort un peu du sujet en abordant la fonction critique) mais  en général, pour les choix personnels et intimes, c'est plutôt dans le premier sens que ça se passe. On se souvient qu'on avait beaucoup aimé, et on réalise qu'on ne comprend plus pourquoi. Ainsi, ce n'est peut-être pas le film en lui-même qu'on aime et dont on se souvient, mais c'est plus souvent le souvenir de l'effet qu'il vous a produit. (Comme disait ce critique dont j'ai oublié le nom - Boujut ? Ciment ?- à propos de Syndromes and a century de mon ami Apichounet.)
Quand j'étais plus jeune, et que le cinéma était moins fréquent (et moins cher), il m'est arrivé de revoir le même film plusieurs fois de suite, goulûment, (les cinémas étaient ce qu'on appelle "permanents", et vous pouviez rester à plusieurs séances d'affilée si ça vous chantait), mais dans ce cas-là, ça ne compte pas vraiment, puisqu'on ne faisait alors que tenter de prolonger un moment (je me souviens d'avoir fait ça avec Pourquoi pas! de Coline Serreau, avec Barocco, d'André Téchiné, avec L'Ami américain, de Wim Wenders, c'est dire si c'est du révolu...)
C'est donc le cas des films qu'on a vus il y a quelque temps, et qu'on a l'occasion (l'envie) de revoir : soit parce qu'ils ressortent en copie neuve, soit parce qu'on retrouve une vieille k7 vhs en faisant du rangement, soit parce qu'ils sortent en dvd (ou qu'on les a téléchargés mais non parce que c'est mal). Bien souvent il va s'agir d'une déception : ce qui à l'époque vous avait semblé aussi chatoyant que les plumes du paon ou l'arc-en-ciel joliet qui vient illuminer le ciel après l'orage devient, à y regarder de plus près, plus grisâtre et tristounet que toile d'araignée pendouillant en son placard. J'exagère mais presque. Ce film qui vous avait fait vibrer vous laisse désormais quasi-indifférent, avec un tracé d'enthousiasme aussi plat que l'encéphalogramme de deubeulyou bouche, par exemple. Mais qu'est-ce qu'on avait pu y trouver ? On devait être un peu niais à l'époque, pour y avoir pris le moindre plaisir. On l'avait aimé, et on ne l'aime plus (tiens, finalement, porte ouverte enfoncée, c'est un peu comme dans la vraie vie avec les vrais gens, non ?) Triste, triste, pour beaucoup de films ; comme les pinards, ils ne sont pas dits "de garde", juste des trucs à boire rapidement, à savourer dans l'instant, et à oublier ensuite. Ce qu'on appelle la consommation courante.
Après, restent, bien sûr, quelques (car le nombre a alors sacrément diminué) films dits de référence, ou d'anthologie (personnelle, bien sûr, et chacun les siens, encore plus bien sûr!), et là, même si les conditions changent, l'émotion reste la même, en tout cas aussi intense (si je me lance dans la tentative de définition du point de vue qualitatif et quantitatif, je risque de m'emmêler les pinceaux, déjà que ça devient ici assez confus, non ?) voire plus encore (non seulement ça fonctionne toujours, mais on a parfois le sentiment que ça fonctionne encore mieux) même si pas forcément pour les mêmes raisons  - les connaît-on vraiment, d'ailleurs, ces raisons ? - (certains pervers, dont je suis, essaieront parfois de ne revoir un film que pour tenter de retrouver l'état d'esprit -et donc les émotions- dans lequel ils étaient à ce moment précis, quand ils l'ont vu pour la première fois, et la façon dont tout le reste avait influé sur la perception qu'ils en avaient eue alors.)  On aime un film pour son histoire, pour une scène précise, pour une image sublime, pour une chanson, mais aussi pour quelqu'un, pour un certain jour, pour une autre histoire.
Certaines fois, le film est alors comme une coquille vide, un genre de fossile déserté par son bernard-l'hermite préhistorique, on n'y reconnaît rien, mais de le revoir permet tout à coup, miraculeusement, de reconstituer, partiellement le plus souvent, l'alentour de la séance de cinéma à laquelle on l'a reçu (ou rencontré, je parle du film, bien sur) Tiens, ça serait une idée de liste rigolote, la Liste Des Raisons Que J'ai D'aimer Certains Films, je le note sur un post-it mental.
La mémoire des films (après la mémoire de l'eau...) ça tient quand même à peu de choses. Je ne sais pas vous, mais moi, il me semble à ce propos (début d'Alzheimer ou faiblesse des scénaristes ?) que j'oublie de plus souvent la fin des films (et je vais dans certains cas jusqu'à, non seulement éradiquer la vraie fin du film, mais par la remplacer sans vergogne par une fin de mon cru (non non il n'y a pas de contrepèterie, du moins je crois...). La mémoire serait-elle à ce point infidèle ?
Pas toujours : il y a aussi les incunables, les chimères : des films qui ont existé, un jour (on en est sûr, puisqu'on les a vus) mais dont la seule trace qui res(is)te n'est plus que celle qui perdure dans votre mémoire (et va donc en  s'amenuisant.) C'est en général des films qu'on a -beaucoup- aimés, et on comprend d'autant moins qu'ils aient disparu de la surface de la terre, que personne n'ait songé, comme vous, à les honorer d'un petit monument (mental, cela va de soi).
J'ai ai quelques-uns, dans cette catégorie : LE SOURIRE VERTICAL, de Robert Lapoujade, QUI TROP EMBRASSE, de Jacques Davila (dont j'ai déjà parlé il y a longtemps), LA MAIN DANS L'OMBRE, de Rudolf Thomé, END OF THE NIGHT, de Keith Mc Nally, SLEEPWALK de Sara Driver (la copine de Jarmusch...) Là on touche à l'extrême : un film qu'on a vu en général qu'une seule et unique fois, dans des conditions, donc, d'exception (ici, dans la liste seul QUI TROP EMBRASSE a été vu plusieurs fois, autant qu'à l'époque j'avais eu d'occasions d'y retourner), mais duquel ne subsiste que le souvenir du plaisir qu'on y a pris (et qu'il vaut mieux  peut-être justement ne jamais revoir : au moins, il reste l'espoir...) Ces derniers ont  en commun la particularité de ne pas figurer non plus (et pourtant, dieu sait s'il y en a!). Films fantômes, sans copies, sans affiches, existant juste en pointillé sur allociné point freu.
Bon c'est vrai qu'à l'exception de ces cas extrêmes, les progrès de la vie moderne permettent désormais à quasiment quiconque de revoir un film si l'envie lui prend, pour tenter justement l'expérience : on ne cherche pas seulemnt à se rappeler seulement ce film, on cherche surtout à retrouver l'état dans lequel on était, les sensations qu'a éprouvées, bref le plaisir (justifié ou non d'ailleurs, la question ici ne se pose absolument pas), juste le plaisir...

Posté par chori à 18:32 - fadaises - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 29 septembre

et la vie continue

Oui, comme disait mon ami Kiarostami (que j'irai d'ailleurs bientôt voir à Beaubourg avec mon autre ami Erice) "et la vie continue". Lui, c'était, si je ne me trompe, après un tremblement de terre, en ce qui me concerne, c'est  après pas grand chose, en tout cas rien d'assez palpitant pour être narré ici par le menu.
Allez hop, on y retourne, dare-dare, on repart, tout va bien, hop, hop!
Juste comme avant.
Un vrai début de samedi comme avant. je viens de me vautrer (et même un peu m'endormir aussi, c'est dire) sur le ca'pé, en zappant au hasard suis tombé sur un vieux téléfilm des familles, un truc en deux parties, d'après Stephen King, Les langoliers ça s'appelle, et j'ai juste regardé (et enregistré!) parce que mon autre ami David Morse y joue le rôle d'un pilote d'avion. Et que je voudrais bien en tirer quelques photogrammes. Comme quoi...
Un bon samedi après-midi, tranquille, paisible, sans souci particulier...
Non, y a pas d'soucis...

Posté par chori à 16:26 - fadaises - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 28 septembre

marchand de glaces

LES MEDUSES
de Shira Geffen et Etgar Keret

(à chaud). J'étais curieux. Je connaissais Etgar Keret dont j'avais apprécié les nouvelles ("Crise d'asthme"), et j'ai en général un faible  pour la "Caméra d'or" (qui est pour moi au cinéma ce que le prix Médicis est à la littérature). Oui, j'y allais donc curieux, et de plus alléché par une bande-annonce sybilline.
J'aime beaucoup la première scène, qui nous plante  en peu de temps mais avec force le personnage de Baya. C'est presque trop gros, presque trop beau : elle est trop malheureuse, elle est trop triste, le film va prendre l'eau se dit-on. L'eau qui sera, d'ailleurs, partie prenante de chacun des segments du film (une petite fille rousse et muette sortie des vagues, plop! comme ça, une lune de miel ratée dans un hôtel où on veut voir la mer, et une maman philippine expatriée qui veut acheter un bateau pour son fils), segments au départ nettement distincts, sur les traces simultanées de plusieurs personnages féminins de divers âges et conditions, mais au bout du compte peut-être pas tant que ça (finalement).
Car ça devient intéressant à partir du  moment où le film arrête de se la raconter, où il prend un peu la tangente. Ne suit plus le droit fil des histoires. Chacun des récits sème des cailloux blancs de petit poucet qui vont parfois rouler jusqu'au récit voisin. (Bon, je sais, c'est le propre du film choral que de faire se rencontrer ses partenaires par des artifices scénaristiques plus ou moins grossiers). Le réalisme initial se gauchit subtilement, à l'image des petites choses incongrues qui soudain (se) passent, en arrière-plan. Et le film prend corps à partir du moment où il s'effrite, devient poreux, un peu se désagrège (se réagrège ?). Tout est dans les détails.
Trois (quatre ? cinq ? six ?) portraits de femmes légèrement à la dérive. (La semaine dernière les pieuvres, cette semaine les méduses. Tsss, encore que des filles ? Non non, il y a quand même un jeune marié plutôt agréable et mal rasé qui passe le film en marcel blanc). La partie courons après cette bouée est plutôt douce mais assez tristounette, celle de changeons de chambre chérie plutôt statique mais assez grinçante, et celle de ô mon bateau plutôt effleurée mais assez sans surprise. Et cette nostalgie balnéaire en super 8 (ah, le marchand de glaces...) m'a, je dois dire, plutôt ému.
L'une trouve une copine, l'autre démarre assez mal son mariage, la troisième rompt avec sa mère. La quatrième repart chez elle...
Et, sur la plage, le marchand de glaces est toujours là.

Alors d'où vient le fait que je sois sorti de là un peu flottant ?  Cette grand-mère comme dans Depuis qu'Otar est parti, cette fête de mariage comme dans Mariage Tardif, ce portrait en creux de Tel Aviv comme dans The bubble ? C'est vrai que j'ai beaucoup pensé à d'autres films, par association ou par ricochet. Sans que les références soient forcément en défaveur des Méduses,d'ailleurs. La méduse est un animal plutôt inerte en apparence mais à la mobilité singulière, fascinant, translucide, inoffensif au premier abord, un peu inquiétant malgré tout. De tout ça le film est un peu. J'en aurais voulu plus... Plus d'urticant, plus de dérive. Plus de temps, aussi, simplement peut-être.

(un peu plus tard) Reste surtout, c'est vrai, le visage de touchant de cette petite fille silencieuse aux cheveux roux et mouillés, aux yeux immenses et au sourire énigmatique, et cette bouée rouge et blanche qui soudain traverse l'écran, comme le lapin blanc d'Alice...

18796122_w434_h_q80

Posté par chori à 07:13 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 26 septembre

alleluïa!

Ca y est! Je peux mourir tranquille!
Pourquoi ? Je l'ai enfin reçue... (j'en bave d'émotion)
Quoi ? mais enfin, la quintessence, la substantifique moëlle, l'aboutissement ultime, le nirvana, l'omega de l'alpha, le whalala (? orthographe à confimer ce me semble), la bible du travailler plusse pour gagner plusse, le sésame du réconfort pédagogique, la clé merveilleuse du paradis des certitudes apprenatoires (hmmm je suis tellement ému que j'en invente des mots...)
Regardez si elle est belle :

la_lettre_dos (vue arrière)

la_lettre (vue avant)

... Elle est belle, non ? Je suis tellement content que je vais la mettre sous globe et ne plus jamais la toucher, de crainte que les miasmes et germes divers dont je suis porteur ne risquent un jour de l'altérer, de la souiller, de la contaminer!

Posté par chori à 12:26 - sacs congélation - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 23 septembre

contrôle

(bout de rêve)

On se déplace bizarrement (avec des cales en bois qu'on met sous les pieds et qu'on tient avec une ficelle ?), ça n'est pas pratique parce qu'on a toujours les deux mains occupées. J'ai des problèmes avec mon pantalon qui ne tient pas bien. Je traverse la rue en biais, et je sens justement mon pantalon qui descend, j'essaie de le rattrapper, à ce moment je vois du bout de la rue arriver une bagnole de flics et je me dis que, comme ça, avec le pantalon sur les chevilles, je vais sûrement me faire contrôler.
La voiture arrive à ma hauteur, elle est bizarrement longue, comme un break familial, avec beaucoup de flics à l'intérieur. La voiture s'arrête, la portière s'ouvre, une fliquette en descend, s'approche et, comme je le supposais, me demande mes papiers. Comme je n'ai pas mon sac à dos, je sais que je ne peux pas lui présenter mon passeport, mais ma carte d'identité doit être quelque part dans mon porte-feuilles (que j'ai dans ma poche). Elle attend, je cherche dans toutes les poches de mon porte-feuilles, en vain, je commence à m'affoler, plus je cherche et plus je m'énerve, d'autant plus qu'elle insiste, elle attend, et continue à me parler en même temps. Mais la conversation soudain prend un tour différent (Je ne me souviens pas exactement des mots, mais c'est du style "j'ai besoin de voir vos papiers pour savoir..." (très sérieuse) "...à qui sont ces beaux yeux-là!" (soudain souriant et plaisantant). Je comprends alors que c'était une blague, un contrôle pour de rire, je trouve ça très con de faire des plaisanteries pareilles, et je tourne aussitôt les talons. Je repars, triste et excédé, tandis que je l'entends dans mon dos continuer à s'expliquer et essayer de me raisonner "allez, c'est pas grave, etc."

Posté par chori à 20:33 - sacs congélation - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 22 septembre

regarder le plafond

NAISSANCE DES PIEUVRES
de Céline Sciamma

Troublant...
A priori pas trop pour moi : une histoire de filles, avec que des filles, des adolescentes, des qui s'aiment et d'autres pas, des premiers émois, des djeunz, de la natation synchronisée, du gel et des paillettes, des petits dessous (non non rassurez-vous on n'est pas chez David Hamilton...) bref je craignais de bailler au bout de cinq minutes et de m'enfuir au bout du quart d'heure. Pas du tout. Marie, Floriane et Anne. Environ 45 ans à elles trois. La plate, la belle et la dodue, pour résumer trivialement les choses. L'une est amoureuse de l'autre et copine avec la troisième, qui convoite un mec de l'équipe de water-polo qui lui est attiré par la belle en question (comme visiblement tous les mâles du coin). Car l'originalité du film est de présenter les mecs de loin, comme des organismes étranges et étrangers, des quéquettes à pattes, des joyeux bourrins juste bons à ahaner, à sentir la sueur, à faire les cons avec leur maillot sur la tête ou à ricaner en bande. Pas idyllique comme vision, mais plutôt... réaliste, non ?
Serait alors comme l'envers du film de Lou Doillon (Et toi t'es sur qui ?) où il était aussi question de copines qui voulaient le faire. La tchatche et la verve en moins. Mais une intensité poétique indéniable. Un regard juste sur la confusion des sentiments. On aime, mais on ne sait pas exactement ce que ça veut dire. Le corps et le coeur, le cul et les sentiments, à cet âge-là, c'est compliqué, c'est embrouillé. On ne sait pas sur quel pied danser. L'une veut passer pour une salope, mais ne couche pas, l'autre est amoureuse mais ne parvient pas à l'exprimer, et la troisième voudrait qu'on l'aime mais se débat dans sa solitude.
Et avec tout ça, il faut en plus se débrouiller seule(s). Car si le film est focalisé sur ces demoiselles, les adultes n'y existent quasiment pas, les parents en sont tout à fait absents, abstraits. C'est un autre monde. Et son centre est la piscine, un univers idéalement géométrique et désincarné, où justement les troubles  et les désirs vont idéalement prendre corps. Que ce soit dans l'eau, lors des compétitons, dans les vestiaires, sous les douches, c'est là, au milieu des carrelages humides, que ça se noue, que ça se joue.
J'aime ces frémissements, ces maladresses touchantes de faons, ces frôlements, (un regard qu'on croise, une main qu'on cherche, un baiser ébauché) ces espoirs flous, ces égarements, ces attentes, ces déceptions (où le contenu d'un sac poubelle jeté par l'autre sera conservé comme une preuve d'amour puis jeté à nouveau, où le mec qu'on convoitait vient finalement à vous, mais juste parce qu'il n'a pas pu faire son affaire avec l'autre, où le baiser reçu, pourtant tant attendu, sera finalement lavé et effacé à l'eau chlorée de la piscine, où un bijou volé - dans la bouche! - aura un curieux itinéraire circulaire...)
Les friselis électroniques de la bande-son (par le groupe Para One dont je n'avais jamais entendu parler jusque là je dois l'avouer mais dont il serait bien de bientôt reparler) viennent idéalement parfois accompagner, parfois envelopper et parfois juste chatouiller la narration, contrepoint sonore d'une idéale finesse (tristesse ?) .
Et, contrairement à certains ces derniers temps (pas mal de réalisateurs à vrai dire), je ne dirais, non pas que ça finit bien, mais plutôt que la réalisatrice le finit bien. Oui, Céline Sciamma sait boucler parfaitement son affaire. La dernière scène est l'aboutissement logique, le point d'orgue. Et montrée comme telle. Tout y est, le rythme du montage, la force des contrastes, la précision, la musique. On en sort quasiment chaviré. Troublant...

18771155_w434_h_q80

Posté par chori à 08:15 - pluricul/multimed - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 21 septembre

marries et femmes

18796846_w434_h_q80

LE MARIAGE DE TUYA
de Wang Quan An

Bergers mongols (des vrais, seule Tuya est jouée par une actrice professionnelle) in situ : yourtes, moutons, gnôle, clopes, bottes, troupeau, chameau (mais celui-là, me semble-t-il, ne pleure pas...), rien ne manque. Tuya est une femme, comme on dit, de caractère ; comme son mari est devenu infirme suite à un creusage de puits qui a mal tourné et qu'elle même vient de manquer de s'estourbir les vertèbres en tentant de relever seule une charrette de foin renversée (quand je vous disais qu'elle a un sacré tempérament!), elle décide donc de divorcer pour se retrouver un autre mari, mais qui l'accepterait comme elle le souhaite, c'est à dire avec armes, bagages, les deux enfants, mais surtout aussi avec son ancien mari qu'elle chérit malgré tout tendrement. Pour Tuya, c'est tout le paquet-cadeau ou rien. Bon si vous avez vu la bande-annonce, vous savez déjà qu'elle convolera (le suspens -minuscule- étant est-ce bien avec celui auquel je pense ?). Mais là n'est pas le plus important. Cette chronique mi-ethno, mi-doc, sait dépasser les frontières du didactique en y mêlant les éléments de la romance. C'est pittoresque, c'est dépaysant, c'est touchant, c'est drôle parfois. Avec un petit côté rustique, 100% naturel et fait maison, comme celui du tord-boyau local que semblent affectionner tous les protagonistes (qui, comme on dit, n'ont pas l'air de sucer que de la glace). Après coup, ça vous laisse en bouche un petit goût couleur locale plutôt agréable. Plutôt gai ?

18775467_w434_h_q80

LA FACE CACHEE
de Bernard Campan

Le dépaysement fut total en passant de la steppe à la "civilisation", de la yourte à l'appartement, de Tuya à Isa (Karin Viard), épouse de François (Bernard Campan), dans un film réalisé par lui-même.On pourrait même parler de choc thermique. Le seul point commun est que, si Tuya avait quelques soucis (le mari, le troupeau, la marmaille...) Isa semble avoir aussi les siens, dont il faudra attendre un bon moment pour  avoir l'explication. Le récit est centré sur son mari, soudain face à un genre de crise existencielle de la quarantaine qui aurait quasiment les symptomes d'une dépressionnette (oui ça m'a rappelé des choses) genre mais tout cela a-t-il donc un sens ? Soudain réalisant qu'il se délite, et se contemplant en train de sombrer. Le mari, sa femme, et l'ami du mari (qui doit bientôt justement se marier) nous jouent des variations pas désagréables sur le couple, ses aléas, ses doutes, ses malheurs, mais en opérant, bizarrement, à la  fin, une bifurcation étrange, un changement d'éclairage (et aussi de fusil d'épaule), comme si le réalisateur n'avait pas osé aller jusqu'au bout de sa propre histoire et y apportait in extremis une justification pas très convaincante. Interviennent aussi régulièrement dans le récit et face caméra des gens sans rapport avec l'histoire qui viennent exprimer leur malaise (on comprendra  tout à la fin). Avec un grand moment de suspense lors de l'exécution d'un morceau de Bach.Tout ça un peu trop franco-franchouille psycho machin, ou peut-être je n'ai pas bien saisi le message. Plutôt triste ?

Posté par chori à 18:56 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

conseil des ministres

Reçu ça au courrier de la part de mon amie adèle... Pas pu résister au plaisir de vous en faire profiter!

REMANIEMENT

Posté par chori à 18:52 - fadaises - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 20 septembre

un "vrai" mercredi

Hmmm... rentrer chez soi le soir avec un sourire aux lèvres et comme du ciel bleu soudain dans la tête. Comme ça, sans raison particulière, juste le sentiment d'avoir vécu une vraie bonne et grande journée...
Soyons clair : un mercredi qui commence par un sms "je t'm tant", même si c'est une erreur de destinataire de la part de la part de l'expéditrice, ne peut pas être un jour complètement mauvais...
Un vrai mercredi , quoi, (comme disait Pépin, "les mercredis redeviennent des mercredis et les dimanches  des dimanches" ), où l'on part à besac (le coeur léger parce qu'on a préparé son boulot pour le lendemain) faire un peu de shopping aussi (circuit habituel : librairie, soldeur, disques) sans oublier le cinoche (avec l'opération "la rentrée du cinéma", on a pu allervoir caïman deux films pour le prix d'un...) Un restau pour finir, delicious, et même pas de pv sous l'essuie-glace, alors qu'on n'avait pourtant mis que 1,50€. En plus, il ne pleuvait pas!

DSC05581

Posté par chori à 06:49 - fadaises - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 19 septembre

occasions manquées

(deux bouts de rêve du 18/09)

Je rentre chez un bouquiniste chez qui j'allais souvent avant. Visiblement les affaires ne sont pas florissantes puisqu'il ne vend plus des livres que sur un quart de la boutique, les trois autres (quarts) étant consacrés à la vente de vêtements et d'accessoires divers. C'est comme s'il était en train de liquider. Je repère sur le comptoir un vieux livre de lecture de CP à couverture rouge, je me dis que je le prendrai plus tard. A droite du comptoir, sur une étagère ne restent plus que des volumes (que je suppose très chers) du Club du Livre d'Anticipation (ceux dont le prix me faisait baver lorsque j'étais ado), je me dis que j'y jetterai un coup d'oeil après. Sur le pan de mur opposé, les livres sont rangés dans des genres de pochettes plastique transparentes superposées, en farfouillant je trouve tout un tas de bouquin des Peanuts, en anglais.
Je vois alors Céline qui vient de faire des achats dans ce même magasin, et je reconnais dans son sac en plastique la couverture rouge du livre de lecture que je convoitais. Je suis déçu, je dis au vendeur qu'il y a eu un malentendu, que je lui avais dit que je voulais l'acheter (alors que justement il ne me semble pas le lui avoir dit, je me sens de mauvaise foi, mais ce livre je le voulais.) Le vendeur sort de derrière son comptoir, je lui répète qu'il ya eu un malentendu, il cherche dans un rayon et me ramène un vieux fascicule plat qu'il me tend, c'est aussi une méthode de lecture, à couverture sombre, mais dont les illustrations ne me conviennent pas... Je suis déçu, je le repose d'autant plus qu'Alissa insiste en disant "Oui, il est moins bien". Quand j'essaye de retrouver les bouquins des Peanuts, je n'y arrive pas, les pochettes de livres semblent avoir été remplacées par des présentoirs de sous-vêtements masculins. Je le dis au vendeur, qui me montre qu'il ya en réalité deux présentoirs superposés, et que celui des livres que je cherche est caché derrière (il est d'ailleurs désormais en toile de jute.)

Avec tout un groupe d'amis, nous devons aller visiter (une grotte ?), je suis le mouvement. Nous partons à pied, je suis le dernier, un peu à la traîne, mais un peu devant moi il y a Pépin qui marche, je n'ai donc qu'à le suivre. En passant devant un jardinet, je vois posé sur le bord du muret un petit billet écrit à la main, d'une écriture enfantine, d'un enfant à son papa, ça a l'air touchent, je le lirai plus tard. Pépin est toujours devant moi, mais la distance entre nous s'est accrue. Je dois refaire mon lacet, je m'accroupis, et alors que mes lacets sont marron, je tire un très long lacet blanc, mais qui visiblement ne m'appartient pas. J'aperçois Pépin, au loin, qui tourne à gauche (ce pourrait être la rue en face de la banque pop'), je'accélère pour le rejoindre, mais quand j'arrive dans l'"impasse" (c'est une toute petite rue, un genre de traje), je ne vois que rémi c., souriant il me salue, il habite là, il a une chemise complètement déboutonnée, et je n'avais jamais remarqué qu'il avait le torse aussi velu... Il ne peut pas m'aider. Je ne sais pas quoi faire, je ne me rappelle même pas exactement où les autres allaient en excursion, d'aillleurs je n'ai même pas pris mon portable, au cas où ils voudraient me joindre. J'échafaude un plan compliqué, de joindre une personne A qui pourrait joindre une personne B, qui à son tour pourrait joindre etc., pour pouvoir les prévenir. Finalement je me retrouve chez Karine, elle est très serviable je trouve (mais il me semble qu'elle est vraiment très mûre, presqu'une grand-mère, alors qu'il n'y a pas si longtemps c'était une adolescente) Elle me sourit, et finalement j'ai Nadine au téléphone, qui m'explique qu'ils ont fait la balade sans moi (la communication est mauvaise, il ya de la friture sur la ligne...)

Posté par chori à 11:22 - sacs congélation - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »