lundi 01 octobre
family life
Ils sont arrivés juste avant moi sur le parking de mon ORL chez qui j'ai rendez-vous ce matin. Se sont garés sur la place handicapés (mais peut-être le gros papa l'est-il), sortent en rafale de la bagnole : le gros papa donc, la petite maman, et trois enfants un peu en vrac : l'ainé, la cadette et "le petit" (ou "la petite" ? pas vraiment réussi à établir un diagnostic précis, puisqu'on ne l'appelait que "bébé".)
Rentrent juste devant moi, le temps que je me présente à la secrétaire, ils ont déjà investi la -petite- salle d'attente. Sont déjà là une dame âgée et une mère avec son fils. Il ne reste plus qu'une chaise libre, à côté du gros papa, qui souffle très très fort et de façon continue (il semble avoir des problèmes respiratoires), je m'y installe donc, face à la maman et aux trois enfants, qui sont en train de prendre possession des lieux, plutôt bruyamment d'ailleurs, s'installant sur la table basse qui sert -en principe- à poser les magazines (j'ai réussi à en piquer un juste avant que l'opération ne devienne impossible pour cause de matériel scolaire posé dessus et d'enfants donc y travaillant.
L'ainé a visiblement une dictée de mots à écrire sur son cahier, des mots en ail, précisément, que la maman lui lit successivement et dont elle surveille la recopie un gouvernail, du corail, un chandail tout en répondant de l'autre main à la soeur qui a sorti elle aussi un cahier dans lequel elle recopie je ne sais trop quoi, sans oublier le "bébé" qui a un livre sonore sur lequel il appuie avec ravissement, et chaque fois que ça fait un nouveau bruit sa maman lui demande de lui dire de quel animal s'agit-il, un soupirail, de l'émail, et la gamine qui demande je ne sais pas quoi, et le livre qui fait tût tût et pouet pouet et le papa qui souffle rauque et la maman qui réussit à mener de front la dictée la réponse au papa la conversation avec le bébé, les remarques à la soeur, pendant que ma voisine s'est obstinément vissée la tête dans son magazine et que la dame et son fils assis dans l'autre coin, visiblement décontenancés par cette prestation inattendue, se relaient pour aller aux toilettes, pour pouvoir échapper sans doute quelques instants à tout ce brouhaha, toute cette agitation...
Le docteur arrive, c'est ma voisine de droite qui part, la veinarde ! Je pense que je vais avoir du mal à supporter tout ça une écaille de la paille mais finalement ouf! c'est moi que l'ORL vient chercher juste après. Il me confirme d'un clin d'oeil complice et rigolard que la fin de mon supplice est arrivée...



