lieux communs (et autres fadaises)

dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes...

samedi 20 octobre

la chemise

(une petite histoire vraie que j'aime bien, racontée par un ami routier)

Un soir qu'il était garé sur un parking, il rencontre un mec. Les voilà tous deux dans le bahut, qui font leur petite affaire, puis, le mec se rhabille, et repart chez lui en voiture (il doit être deux heures du mat'), tandis que le routier se recouche et s'endort.
Une ou deux heures plus tard, il entend frapper à la porte de son bahut. Réveillé en sursaut et croyant que c'est encore un mec qui drague, il ronchonne et prie l'importun d'aller se faire voir ailleurs. Mais l'autre insiste et explique que c'est lui qui est monté tout à l'heure dans le bahut avec lui...
Le routier lui ouvre donc et l'autre explqiue qu'il a eu un petit problème : en arrivant chez lui et au moment de se déshabiller pour se mettre au lit près de sa tendre épouse, il a réalisé avec horreur que ce n'était pas sa propre chemise qu'il portait, mais celle du routier , et si jamais sa bonne femme s'en apercevait le lendemain, elle se poserait des questions, et lui serait comme on dit pris sur le fait... Il s'est donc rhabillé, a repris la voiture, et refait le chemin en sens inverse.
Ils refont donc l'échange, le mec  repart avec sa "vraie" chemise, et le routier  se recouche, avec le sourire ...

(mimi, non ?)

Posté par chori à 08:04 - sacs congélation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

pharmaciens

SECRET SUNSHINE
de Lee Shang-Dong

On hésitait entre un film de 2h22 et un film de 2h40. On a choisi le plus court. Sur le souvenir de PEPPERMINT CANDY, qui m'avait tant bouleversé. Ici aussi, histoire très trèèèès triste, mais pas vraiment le même résultat.
Le film démarre par une voiture en panne au bord de la route. Celle d'une jeune veuve retourne s'installer avec son jeune fils dans la ville de naissance de son mari, après le décès de celui-ci. Mais le destin comme on dit va l'éprouver cruellement une nouvelle fois (il ne faut pas tout raconter, sinon vous n'auriez plus la surprise), elle va alors tenter de réagir pour  trouver un exutoire, mais, pour une sombre histoire de pardon (une idée que je trouve vraiment excellente), va perdre la foi en ce qui lui avait apporté un certain réconfort, et boum badaboum j'arrête là la narration par le menu.
Le parti-pris narratif de Peppermint Candy (remonter l'histoire à rebours pour expliquer pourquoi ce jeune homme se suicide depuis ce pont-là au début du film) a fait place à un dispositif beaucoup plus normal, une histoire racontée dans l'ordre, avec juste ce qu'il faut de zones d'ombres, suivant les rites du mélo (une héroïne malheureuse, un malheur, un répit, un encore plus gros malheur, puis une catastrophe, puis quelque chose d'affreux, et encore quelque chose d'encore plus triste pour la rendre encore plus malheureuse, and so on...) Je connais peu de films coréens qui soient du genre à se taper sur les cuisses de rire.
Mais la mise en scène de Lee Chang-Dong sait étoffer cette toile de fond un peu convenue, la tordre, la froisser, y faire des accrocs, y rajouter quelques motifs en contrepoint, même si au bout du compte le résultat reste le même : tout ne peut aller que de mal en pis pour cette pauvre dame. Chacun des thèmes, pris séparément : comment se faire sa place dans une communauté où l'on débarque, comment la religion est véritablement un opium du peuple, comment la psychiatrie n'arrange rien, comment l'amour est aveugle...) est plutôt justement traité et s'enrichit de  variations accessoires, dont certaines qu'on aurait aimé voir plus développées (mais sans doute alors le film aurait duré quatorze heures!)
Il y a de très belles idées, des propositions plastiques intéressantes, des plans soigneusement composés, des personnages idem (autour de celui, central et quasiment de tous les plans, de notre héroïne -qui a d'ailleurs bien mérité son prix d'interpréattion à Cannes... - j'ai notamment un faible pour le garagiste amoureux transi)  on devrait donc comme on dit en avoir pour son argent.
Et pourtant...
J'avoue m'être un peu ennuyé (au début, d'ailleurs, avec D., on a piqué du nez tous les deux, pourtant on avait mangé plutôt léger...) Si la partie centrale est quasiment parfaite, la dernière partie s'éternise. On n'en voit plus le bout, du malheur sans fin. Et hop! encore une louche! Quand on se dit plusieurs fois "tiens là, hop, il faut s'arrêter ça ferait une bonne fin..." et qu'à chaque fois il y a un autre plan après, c'est mauvais signe...   
Trop long, trop dense, trop riche trop triste ? Trop quelque chose, en tout cas... On finit par regarder ça d'un peu loin, comme on s'abriterait pour se protéger d'une averse trop insistante. Et regarder sa montre aussi. Et le plan fixe énigmatique qui clôt le film n'éclairera pas davantage votre lanterne (mais qu'y a-t-il donc que je n'y ai pas vu?)

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Posté par chori à 06:57 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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