dimanche 21 octobre
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JUSTE LA FIN DU MONDE
de Jean-Luc Lagarce
LES REGLES DU SAVOIR-VIVRE DANS LA SOCIETE MODERNE
de Jean-Luc Lagarce
Une semaine faste, théâtralement parlant. Deux pièces de Lagarce, une le mercredi et une autre le vendredi. Une que je découvrais et une où je retournais pour le plaisir.
La première, donc, où un personnage rentre chez lui (d'où il est parti depuis longtemps) pour annoncer à sa famille qu'il va bientôt mourir. il y retrouve sa mère, sa soeur, son frère, et la femme de celui-ci. ils vont se parler, chacun à son tour. Plaisir intact de retrouver ces vastes blogs de monologues (plutôt que conversations véritables) dans la belle et précieuse et riche langue lagarcienne (dont c'était ici un véritable plaisir d'entendre la mise en bouche), et la thématique familiale et lagarcienne idem. Mais, malgré la qualité des comédiens (Hervé Pierre, Danièle Lebrun, Clothilde Mollet, Elisabeth Mazev, Bruno Wolkovitch, le groupe est très homogène), l'intérêt s'érode un peu progressivement, par la répétitivité même du système ("bon on a eu la belle-soeur, la soeur, la mère, ah il nous reste le frère...") et on commence à s'ennuyer un peu, à la fin, malgré l'inventivité d'une mise en scène parfois juste un peu voyante (m'as-tu-vue ?) mais paradoxalement appliquée, et la beauté grave d'une gigantesque toile de fond en tulle peint d'un bien beau ciel...
Le vendredi, on change de lieu et d'histoire. Le même metteur en scène (François Berreur, qui était mon voisin de palier quand j'habitais à B. mais je ne savais pas à l'époque qu'il deviendrait célèbre), une actrice seule en scène, un décor minimaliste (une table, une chaise, puis une robe) pour une heure quarante de bonheur garanti. J'avais déjà vu la pièce il ya deux ans, et j'avais tellement aimé que j'y revenais, avec un peu d'inquiétude... Mireille Herbstmeyer compose une fabuleuse conférencière bècebège (chignon, rouge à lèvres, tailleur, perles) qui vient exposer ce qu'il en est des convenances sociales, tout au long d'une vie (baptême, fiançailles, mariage, noces d'argent, noces d'or, enterrement...) et c'est un pur bonheur (je pense avoir encore plus aimé que la première fois). C'est drôle, c'est vachard, c'est acide, c'est méchant, c'est toujours surprenant (la dame va passer vraiment par tous les états) et incroyablement inventif. Du plaisir théâtral dense comme ça, ça n'a pas de prix!






