dimanche 28 octobre
costumé
(aparté caliméresque : pourquoi ce genre de plan pourri est-il toujours pour moi ?)
J'étais invité aux 60 ans d'un copain, qui souhaitait qu'à l'occasion, nous (ses invités) vinssions costumés. J'ai plutôt horreur de ça, donc je l'avais prévenu que non, probablement, mais au matin même du jour de la teuf en question, bourrelé par les remords d'une nuit anxiogène par rapport à cette histoire de costume, je décidai donc tout de même de. L'inventaire de mes placards (plus une visite propice chez Emmaüs) me menèrent à opter pour un déguisement de Blues Brother (ou aussi de Reservoir Dog, voire même éventuellement d'employé de banque (pour ceux qui ne vont jamais au cinéma) tant le look costard sombre lunettes et pompes, sans oublier chemise blanche et cravate idem plus le chapeau est cool (dixit Tarantino) mais surtout inhabituel pour moi. Dans le miroir de la salle de bain, je trouvai ça (moi, donc) plutôt pas mal, d'ailleurs.
Les choses se compliquaient simplement un peu du fait que je devais passer récupérer à la gare de Besançon un copain qui arrivait de Dijon pour le conduire à la teuf en question. Le copain en question, prénommé D., qui arriverait au train de 17h10 me fut décrit comme déguisé en Gainsbourg mais avec une canne comme Grand Corps Malade, puisqu'il avait été victime de deux accidents. Je me dis alors que moi aussi je vais me déguiser avant, comme ça ça sera déjà fait, et ça peut être rigolo, Blues Brother meets Gainsbarre...
J'arrive donc à la gare un peu en avance, me gare sur le parking (aux tarifs scandaleusement prohibitifs, mais aux vingt premières minutes gratuites, justement à peu près l'avance que j'avais ), je trouve une place juste en face des portes de sortie (pour lui éviter un trop long déplacement pédestre) et j'entre donc dans la gare en costard sombre chemise blanche et cravate (j'ai tout de même laissé le chapeau et les lunettes noires in the car) et consulte le tableau d'affichage.
Aïe!
Il appert que la circulation ferroviaire de ce samedi 27 est extrêmement perturbée. Beaucoup de gens dans le hall, une queue zigzaguante aux guichets et pareil à l'accueil. Après vérification, malgré tous les trains supprimés, celui de 17h10 (17h11, en fait) est bien prévu pour l'heure dite. La population devient encore plus dense dans le hall (entre gens qui partent, gens qui arrivent de, et gens qui viennent chercher gens qui arrivent de.) Je me poste juste au-dessus de l'escalator qui déverse les arrivants sur le quai, et j'attends. J'attends longtemps, jusqu'au dernier, jusqu'aux éventuels retardataires. Plusieurs quidams avec cannes ou béquilles, mais aucun avec le look annoncé.
L'agitation et l'inquiétude des voyageurs (partants, arrivants, venant chercher etc.) et la rigueur de mon accoutrement font que plusieurs personnes s'adressent à moi, interrogativement, supputant sur mon apparence que je suis un responsable, ou un contrôleur, voire un surveillant. Non non, réponds-je à chaque fois, je ne suis pas d'ici, je suis juste venu chercher quelqu'un.
Un quart d'heure est passé, le quai est presque vide, le hall aussi, et je m'enquiers auprès d'un membre de l'accueil de l'heure du prochain train venant de Dijon. 18h12. Je vais donc ronger mon frein dans le hall et ses environs, sous le regard progressivement de plus en plus soupçonneux des autochtones. Précisons que, bien entendu, je n'ai pas le numéro de téléphone de ce fameux D. que je viens chercher, que lui n'a pas le mien non plus, que le numéro du fixe familial de l'ami organisant la teuf est sur répondeur (puisqu'il a dû partir depuis belle lurette pour préparer) et que lui non plus n'a pas mon numéro de portab'.
Je décide donc d'attendre le prochain train (au cas improbable où le pauvre ait raté le premier) et s'il n'y est pas tant pis pour lui je partirai. Une heure c'est assez long quand on tourne en rond dans le hall, qu'on entre et qu'on sort, qu'on va s'asseoir dans la voiture, qu'on retourne dans le hall, regards de plus en plus soupçonneux, etc.
18h12, enfin.
Bien entendu, "il" n'y est pas. Je réponds encore à quelques nouveaux arrivés que non non je ne suis au courant d'aucun horaire, que je ne connais le fonctionnement d'aucun automate du hall et que je n'exerce aucune surveillance de quoi que ce soit. Et donc, quand je suis bien sûr que tout le monde en est bien descendu, du fameux train (d'ailleurs, depuis le temps, il est déjà reparti) je me décide à aller reprendre ma bagnole au parking (pour une somme plutôt faramineuse) car j'ai encore un bon bout de route à faire pour arriver à la fête...
Lorsque finalement j'y parviendrai, (il fait nuit depuis un certain temps) ce sera pour m'entendre dire par l'hôtesse que l'ami en question a téléphoné un peu plus tôt que finalement il avait trouvé une copine qui l'amènerait en voiture, mais que, conscient du désagrément qu'il m'avait occasionné (et aussi parce qu'il ne connaissait pas l'itinéraire tandis que moi si) il avait prévu de passer par la gare de Besançon pour me prévenir de cet état de fait, mais qu'elle n'a pu m'en avertir puisque j'avais déjà quitté mon appartement, et qu'elle n'avait pas hélas mon numéro de portable...
A l'heure où j'écris, (dimanche midi) l'ami en question n'e s'est toujours pas manifesté, j'ai failli d'ailleurs faire un crochet par la gare de Besançon en rentrant ce matin, des fois que. Mais non.
Commentaires
Comme quoi le portable c'est bien mais le numéro c'est mieux :)
Dommage qu'il ne soit pas venu, t'aurais pu lui éclater la tête façon John Travolta...
Pour se passer les nerfs, il y a aussi l'oreille découpée au rasoir façon Mr. Blonde. Quand on a le costume adéquat, autant s'imprégner du personnage.
Mouais moi j'ai tout de même une tite préférence pour le coup d'extincteur dans la gueule version Irréversible... Ça défoule plus on dirait...
Hmmm je suis plutôt PACIFIQUE... donc s'il était venu, étant donné que c'était un handicapé, je n'aurais point levé la main... Mais tant qu'à faire, je préfère indubitablement l'oreille tranchée et la petite danse qui va avec, à la Michael madsen (je suis persuadé que ce mec est authentiquement givré...)
Euh, je fais une séance de rattrapage avec la reine mère qui regarde par dessus mon épaule pour vérifier que je lis TOUT... Un jour, si tu es sage, je te raconterai le plan le plus pourri du monde qui m'est arrivé à moâ à la gare de Bordeaux (si tu es sage j'ai dit) A part ça, tu lui as cassé la gueule ?
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