lieux communs (et autres fadaises)

dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes...

vendredi 05 octobre

micro36

Sentiments ténus, émois fugitifs, ondées passagères.

*

Se contenter de.

*

"J'ai le sentiment que plus je vieillis, et plus je plais aux hommes."
(Christian Gailly, cité par Dominique)

*

"Il est poilu moralement."

*

Catherine m'a apporté une photo de famille, découpée dans la presse, qui porte en elle, selon moi, toute la douceur du monde.

*

Une portière entr'ouverte d'où émerge, mieux qu'une gracieuse gambette féminine en talons-aiguilles, une  grosse patte virile en pantalon fluo de travailleur, avec les pompes idem.

*

Trop de poches, pour trop de clés à y ranger.

*

Un papa rond et doux comme un gros nounours.

*

Un peu partout, de mystérieuses petites plumes blanches.

*

Plaisirs simples : manger du pain d'épices avec du beurre.

*

C'est un jeune homme à éclipses.

*

"Et larmes et faim et soif et froid et nuit qui tombe"
(Norge ?)

*

Les temps de cuisson au four à micro-ondes sont toujours surestimés.

*

DSC05550

Posté par chori à 07:01 - événements minuscules - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 04 octobre

marieuses

(une vieille histoire, retrouvée en faisant le ménage)

"Les mariages arrangés, ça ne fonctionne jamais." me suis-je répété en rigolant toute la soirée...
Hier soir donc, j'étais invité chez un couple d'amis, avec un autre couple d'amis (que je connais bien aussi) et un autre de leurs amis (que je ne connais pas, mais dont j'ai beaucoup entendu parler par l'élément mâle de l'autre couple d'amis - pour faire bref, je sais que le monsieur en question est un artiste, qu'il est pédé, qu'il a -comme moi d'ailleurs- toujours eu un léger faible pour le mari de l'autre couple, mais, comme moi bien sûr, en tout bien tout honneur, d'ailleurs ils se vouvoient)
La soirée commence bizarrement, j'arrive le premier, l'hôtesse est au téléphone avec la dame de l'autre couple d'amis qui ne sait pas où est passé son mari (mais c'est une situation relativement habituelle), qu'ils annonce qu'ils arriveront en retard et s'inquiète donc pour l'ami commun qui doit venir, mais dont elle sait qu'il est tellement timide, osera-t-il entrer ?
Bref on commence à boire l'apéro à trois, pour faire venir les autres, ça ne manque pas, on sonne et arrive donc le fameux monsieur tout seul que (ouf!) je ne connais effectivement pas (je craignais d'avoir à reconnaître quelqu'un déjà vu entre d'autres mieux moins avouables!) Ouf donc, il est effectivement calme, peu bavard, sympathiqur, discret, nous entretenons une conversation en pointillés (pas facile de rompre la glace, heureusement il y a plein de choses à boire et à grignoter...)
Finalement arrive l'autre couple d'amis. Lui a l'air déjà un peu éméché, mais souriant, l'ambiance est donc plutôt détendue, les conversations se nouent se dénouent, vous voyez bien ambiance apéro estival et champêtre... Mais c'est un peu bizarre, je trouve que P. (le mari de l"autre couple, ceux qui viennent d'arriver) est très... attentionné avec moi (sur le ton de la plaisanterie bien sûr), il veut s'asseoir absolument près de moi au repas, tandis que l'autre ami est placé à l'autre bout de la table. Le repas se passe très agréablement, je souris un peu intérieurement, chacun des convives vantant à l'autre notre créativité et nos charmes respectifs et la quantité de choses que nous avons ainsi en commun. Tenteraient-ils de nous pousser dans les bras l'un de l'autre ? Pas facile, hihi nous sommes d'ailleurs chacun à une extrémité de la table (et d'autant plus que je suis un peu accaparé par P...) J'ai failli alors expliquer à nos amis que, certes, leurs efforts étaient touchants et méritoires, mais que ce n'est pas parce qu'on est tous les deux pédés et artistes qu'on était forcément compatibles et qu'on allait se tomber dans les bras l'un de l'autre en gémissant d'aise. Mais je me suis tu.
Arrivera pour le dessert un troisième couple, ce qui compliquera encore un peu les rapports, puisqu'il s'avère que l'ami tout seul (qui jusque là vouvoie et est vouvoyé par tout le monde) connaît très bien C., la dame du  couple en question, et qu'ils se tutoient depuis toujours. A table,  alcoolémie aidant, ça vouvoie, ça tutoie, ça s'embrouille, les éclats de rire gagnent en intensité sonore, (les bafouillements aussi, et l'élocution parfois devenue pâteuse.)
Le premier couple repartira en premier, assez tôt d'ailleurs, nous resterons encore un moment, j'aime l"ambiance fin de repas estival, café, nuit d'été, grillons... puis chacun finira par prendre congé. L'ami tout seul repartira chez lui à pied, comme il était venu (il s'avère qu'il habite tout près) et je remonterai dans ma voiture, après que nous nous soyons amicalement serré la main.

Posté par chori à 07:29 - fadaises - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 03 octobre

à vue de nez

L'ORL m'avait bien répété, en m'enfilant sa petite caméra dans les fosses nasales (on finit presque par y prendre goût) que oui c'était lié à mon stress... Me voilà sans doute soudain destressé, car depuis deux jours ayant partiellement recouvré mon olfaction (et le goût aussi!)
Mais ce n'est ni constant ni définitif, ça ressemble plutôt à une radio, oui un vieux poste à galène, quand on tournicotait le bouton des stations pour trouver la bonne fréquence, par instants c'est précis, c'est net, on est juste dessus, on profite de tout, mais pfffft!  à d'autres l'onde porteuse (c'est comme ça que ça s'appelle ? ) s'évanouit dans l'éther et tout se ratatine, oui c'était là l'instant d'avant, et soudain ça s'amenuise, ça s'évanouit ça disparaît, on capte de moins en moins, les parasites brouillent l'écoute, et hop! le message olfactif disparaît dans le néant!
Odorat donc en pointillés. Fragile, incertain, parfois, comme ci comme ça, mais c'est mieux que rien, on en profite désespéréement, on s'en met plein les narines, puisqu'on sait que ça peut disparaître à nouveau complètement n'importe quand. Mieux vaut un petit peu de temps en temps que rien du tout jamais, non ? c'est dans l'air du temps... (Renifler plus pour sentir plus ?)
(et du coup tout ça me rappelle il y a très longtemps quand on écoutait Radio-Andorre : Aqui Radio-Andorra... mais ça n'a aucun rapport.)

DSC05276 (et ça non plus, d'ailleurs. quoique...)

Posté par chori à 07:39 - fadaises - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 01 octobre

family life

Ils sont arrivés juste avant moi sur le parking de mon ORL chez qui j'ai rendez-vous ce matin. Se sont garés sur la place handicapés (mais peut-être le gros papa l'est-il), sortent en rafale de la bagnole : le gros papa donc, la petite maman, et trois enfants un peu en vrac : l'ainé, la cadette et "le petit" (ou "la petite" ? pas vraiment réussi à établir un diagnostic précis, puisqu'on ne l'appelait que "bébé".)
Rentrent juste devant moi, le temps que je me présente à la secrétaire, ils ont déjà investi la -petite- salle d'attente. Sont déjà là une dame âgée et une mère avec son fils. Il ne reste plus qu'une chaise libre, à côté du gros papa, qui souffle très très fort et de façon continue (il semble avoir des problèmes respiratoires),  je m'y installe donc, face à la maman et aux trois enfants, qui sont en train de prendre possession des lieux, plutôt bruyamment d'ailleurs, s'installant sur la table basse qui sert -en principe- à poser les magazines (j'ai réussi à en piquer un juste avant que l'opération ne devienne impossible pour cause de matériel scolaire posé dessus et d'enfants donc y travaillant.
L'ainé a visiblement une dictée de mots à écrire sur son cahier, des mots en ail, précisément, que la maman lui lit successivement et dont elle surveille la recopie un gouvernail, du corail, un chandail tout en répondant de l'autre main à la soeur qui a sorti elle aussi un cahier dans lequel elle recopie je ne sais trop quoi, sans oublier le "bébé" qui a un livre sonore sur lequel il appuie avec ravissement, et chaque fois que ça fait un nouveau bruit sa maman lui demande de lui dire de quel animal s'agit-il, un soupirail, de l'émail, et la gamine qui demande je ne sais pas quoi, et le livre qui fait tût tût et pouet pouet et le papa qui souffle rauque et la maman qui réussit à mener de front la dictée la réponse au papa la conversation avec le bébé, les remarques à la soeur, pendant que ma voisine s'est obstinément vissée la tête dans son magazine et que la dame et son fils assis dans l'autre coin, visiblement décontenancés par cette prestation inattendue, se relaient pour aller aux toilettes, pour pouvoir échapper sans doute quelques instants à tout ce brouhaha, toute cette agitation...
Le docteur arrive, c'est ma voisine de droite qui part, la veinarde ! Je pense que je vais avoir du mal à supporter tout ça une écaille de la paille mais finalement ouf! c'est moi que l'ORL vient chercher juste après. Il me confirme d'un clin d'oeil complice et rigolard que la fin de mon supplice est arrivée...

Posté par chori à 21:14 - fadaises - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3