lieux communs (et autres fadaises)

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samedi 10 novembre

noir c'est noir

LE RÊVE DE CASSANDRE
de Woody Allen

Tiens, un film qui colle le bourdon comme ça, un vrai de vrai, ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. (Mais peut-être n'était-ce dû qu'à une conjonction : celle du film lui-même, certes, mais aussi du dernier jour de ces vacances, de la baisse brutale des températures, de l'écoutage des infos sur france-imper, de la nuit noire et sans lune, du vague à l'âme caliméresque, etc.) Ou c'est peut-être juste que je me suis empathiquement trop identifié à Colin Farrell (qui joue ici le dépressif torturé de service, si si je vous jure)

Deux frères pas très riches s'achètent un bateau qui donne son titre au film et son huis-clos final au même (comme quoi, dans un film, rien n'est jamais gratuit, n'est-ce pas Hervé ?), ils ont donc des problèmes de liquidité, (l'un est un joueur compulsif et l'autre un ambitieux) qu'ils vont résoudre grâce à un genre de providentiel Tonton d'Amérique. Tonton qui (pourquoi tu tousses ?), en échange, va leur demander un petit coup de main. Que la morale bien sûr réprouve (il faut bien que le bât blesse quelque part). Ce qui va provoquer des flottements chez les deux frangins, qui ont bien du mal à passer à l'acte (et la scène dudit passage à l'acte va être tendue au maximum par notre Woodychounet (encore un peu plus et je faisais un arrêt cardiaque) qui remarquez, nous avait déjà un peu fait le coup dans Match Point.)
Mais ici pas d'ironie glacée glaçante, pas d'humour pas de clins d'oeil, plus ça avance plus on s'enfonce dans le drame (et le pathos.) Alors qu'Ewan Mc Gregor semble avoir plutôt aisément négocié le virage que lui (im)posait sa conscience, le pauvre Colin pédale de plus en plus dans le cambouis (il est garagiste en plus, so sexy le p'tit gars avec sa combi crade et ses mains noires) et on a mal pour lui, et de plus en plus, d'autant que tout va aller -bien sûr- de mal en pis, car il est dit que :
1) l'argent ne fait pas le bonheur
2) le crime ne paie pas
3) les pauvres ont tout intérêt à rester pauvres, c'est plus dans leurs cordes...
sans oublier (dernier plan)
4) les femmes n'ont rien dans la cervelle : inconscientes du drame qui se déroule, les voilà qui minaudent en essayant de la petite lingerie (Tss, Woody, tu vas pas te faire que des copines, sur ce coup-là!).
Mais, je le répète, au moins pour Colin Farrell, on peut y aller (ahlala ces sourcils en accent circonflexe et cette lippe de chien battu... Allez, viens là, Colinchou, viens  raconter tous tes malheurs à Tonton Chori...) et aussi pour la musique, plutôt surprenante pour un film d'Allen, puisque c'est l'ami Phil Glass qui s'y attelle (ça change du jazz de d'hab', et pour moi du moins ça n'est pas plus mal!)

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Posté par chori à 07:14 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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