lieux communs (et autres fadaises)

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lundi 26 novembre

english breakfast

A VERY BRITISH GANGSTER
de Donal McIntyre

Où "la réalité dépasse la fiction". Vraiment (et ce n'est pas un effet de style). Voici Dominic Noonan, un vrai caïd du vrai Manchester de la vraie Angleterre, sa vraie famille, sa vraie vie (ou ce qu'il veut bien en dire.) Au début le film amuse, c'est monté speed, il y a de la bonne musique, et ce bon gros chauve à lunettes plutôt souriant avec ze big gourmette, bagouzes aux pouces blingbling, portable en sautoir, paraît juste trop gentil pour être honnête. Il fait la loi (gentiment) dans son quartier, où il remplace la police, règle les querelles familiales ou de voisinage, etc. Pour un peu, il ferait traverser les petites vieilles...
On sourit déjà un peu moins lorsque le portrait devient plus précis (réaliste ?) : le business, le fric, la "famille", les procès dont il sort toujours innocent et blanchi comme l'agneau qui vient de naître, la taule, la religion (!) et jusqu'à ses préférences sexuelles (il se revendique désormais comme gay -tiens, pour une fois qu'il y en a un qui ose le reconnaître...-, car, comme le souligne délicatement l'interviewer "il préfère la banane à la figue".)
On a sans cesse l'impression qu'on assiste à une fiction plutôt bien goupillée, qu'une armada de scénaristes a peaufiné ce portrait plus vrai que nature, les réactions, les rebondissements, les interviews, et pourtant il semblerait bien que tout cela soit réel, de a jusqu'à z (je pense qu'il faudrait un deuxième alphabet complet pour inclure ce qui a été "omis".) Et ça fait un peu gloups! dans la gorge.
Ce qui fout encore plus les jetons, ce sont les autres membres (mâles) de la famille, notamment son frère Desmond, "exécuteur" addict au crack (la scène où il est interviewé est à la fois drôle et glaçante),  qui finira d'ailleurs au cimetière lors d'une grandiose scène en grande pompe pince moi je rêve c'est Le Parrain ou quoi ? Mais, plus, encore, c'est la jeune génération : les jeunes lieutenants embauchés par Noonan comme garde rapprochée (en tant que bras droit, bras gauche et bras du milieu) qui avouent sans ambages que "les anciens (gangsters) tuaient et détroussaient pour (sur)vivre, se défendre, tandis que eux le font pour l'adrénaline, pour le fun, parce qu'ils kiffent ça...", et, de la même façon les gamins de la vraie famille : le plus jeune fils de Noonan "sur la photo il a l'air d'un ange, mais c'est un sacré petit salopard" (Noonan himself), les cousins, filleuls, tous semblent vivre dans un autre monde que celui des braves gens. Ailleurs, années-lumières. Et semblent trouver ça agréable et plutôt normal.
Comme disait Zabetta en sortant, on se croirait dans du Ken Loach... Mais là c'est du vrai. La Grande-Bretagne des petites gens est sinistrée (Merci Maggie!), la démerde (et donc la violence, ou l'illégalité) sont devenues la norme, question de survie.
Le film a obtenu le Grand prix au Festival du Film policier de Cognac. C'est la première fois qu'un doc l'obtient, mais c'est indiscutablement mérité.

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Posté par chori à 06:50 - pluricul/multimed - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

j'ai tjrs lu dans le manuel du "parfait mafiosi" le fait d'être "pédé", était non seulement un point faible, mais surtout un bon moyen de se faire éliminer !

tu as piqué ma curiosité...

Posté par yaisa, mardi 27 novembre à 02:06

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