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samedi 26 avril

j'ai toujours rêvé d'être islandais

CHILDREN
de Ragnar Bragason

Nous a été envoyé d'Islande ce film en (très très) noir et blanc (un petit peu quand même). La sortie française à l'origine prévue a été reculée (ajournée sine die ??? pourtant, il mérite largement le détour...), mais le distributeur (gentil) a quand même accepté de nous le filer en avant-première. Donc, ce soir, à la séance de 18h, ce film passait dans une seule et unique salle en france (le bôôô cinéma) et nous étions -hélas trente mille fois hélas- quatre (oui 4 !) à vivre l'événement en direct.
Je ne connaissais pas Ragnar Bragason, mais c'est désormais quelqu'un que je vais suivre (d'autant plus que ce film -Children- est la première partie d'un diptyque, dont la seconde -Parents- devrait incessamment voir le jour, aidée peut-être par le fait que celui-là vient d'obtenir le premier prix au Festival de Copenhague...)
Le titre de la présente chronique est un clin d'oeil, finalement peut-être pas vraiment juste, au film éponyme de Samuel B. récemment vu (et aimé et chroniqué ici-même), mais c'est vraiment l'impression que ça m'a donné, au début : noir & blanc, humour à froid, musique chiadée, histoires qui se croisent, personnages un peu écornés, regard de cinéaste atypique... mais, en fin de compte, quand l'un utilise clairement la dérision et l'humour décalé comme ciment de son récit, dans le cas du second, on a un peu plus de mal à définir exactement sur quel pied il danse, tant il use de la violence   "banalisée" comme catalyseur et générateur  de ... morale (?).
Children, comme son nom l'indique, traite des rapports familiaux. Autour de Karitas (l'"héroïne", blonde) gravitent ses trois filles (blondes) (que cherchent à récupérer son ex-mari et sa nouvelle copine) et son fils Gudmundur (blond), dont son père, Gardar,(un blond razibus et teigneux) qui l'a jadis abandonné, cherche  tout à coup se rapprocher (pour se racheter une conduite ?). Gudmundur qui se fait molester à l'école par les autres gosses et a pour seul copain Marino, un quadragénaire un peu mal dans sa tête qui vit seul avec sa mère, et va péter un plomb en apprenant que la mère en question fréquente un autre homme en cachette. Bonjour la joie.
Voici grosso modo la situation "de départ", qui nous sera exposée par fragments (parfois contondants, parfois aiguisés, parfois émoussés, parfois presque tendres) juxtaposés (rajoutez quand même un chien, un poisson rouge, un ballon de foot, pas mal de nez cassés...) dans un  noir et blanc assez classieux même si minimaliste (le réalisateur, lors de la remise de son prix, a précisé qu'il n'avait pas eu de fric ni pour la couleur, ni pour les costumes, ni pour le maquillage ni pour le décor, ce qui rend la force du film encore plus imposante et digne de louanges) et dont les différentes parties vont évoluer chacune à son rythme, parfois toutes seules comme des grandes, parfois interférant, se croisant, se bousculant, jusqu'à un final...  ironique (même si j'ai regretté qu'un des personnages au moins y soit un peu laissé à l'écart... mais peut-être se dire alors que pour lui tout va aller bien ?) à l'image du plan d'ouverture, et la boucle narrative, donc, est bouclée...
Ragnar Bragason : ce mec-là a du talent, c'est indéniable, et de l'énergie (et de la rogne ?) à revendre... J'espère qu'on aura l'occasion d'y revenir bientôt ! (ce qui tendrait à prouver que l'Islande nous envoie quand même de sacrées bombes glacées : entre Children, 101 Reykjavik et Noi Albinoi, vous reprendrez bien un petit truc givré, hein ???)

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Posté par chori à 21:37 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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