lieux communs (et autres fadaises)

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lundi 05 mai

langue pâteuse

JULIA
d'Erick Zonca

Décidément, c'était la semaine... Après un film chinois beau mais moral dans les chaussettes, voilà qu'on en remet une couche dans le démoralisant avec ce film-ci : un genre de tunnel noir noir noir avec quand même (ouf!) in extremis une toute petite lumière minuscule au bout. Erick Zonca est parti filmer aux USA, mais l'ange à la chute duquel il s'attache ici n'a, encore une fois, pas vraiment une vie rêvée...
Portrait sans maquillage d'une alcoolique "ordinaire", la première partie est tout simplement épouvantable de glauquerie. Scènes de bars, de biture(s), de réveils misérables, de réunions des AA, de clopes allumées à la chaîne, de verres descendus idem. Julia se tape des mecs anonymes (commes les alcooliques du même nom) chaque nuit, et a du mal à assurer chaque jour qui suit. Elle galère, perd son job, se prend la tête avec son agent de probation (pourtant nounours genre crème des hommes, le seul personnage "positif" , en tout cas, auquel on puisse se raccrocher dans le film), et finit par concevoir un plan très foireux de hold-up de gamin avec l'espoir de ramasser un gros paquet de fric. On descend encore d'un cran dans le glauque et le malaise. Evidemment, le kidnapping ne se passe pas de la meilleure façon du monde, quand elle enferme dans son coffre de bagnole un gamin terrifié en maillot de bain, on sait de suite que ça ne va pas aller en s'arrangeant, bien au contraire... La suite d'ailleurs nous le confirme, qui n'est qu'une fuite en avant, avec collectionnage de toutes les catstrophes qui étaient susceptibles d'arriver. Et ça se termine à Tijuana, de part et d'autre d'une artère très passante, et voilà.
Tilda Swinton assure, tant dans le registre de la pochetronne échevelée que dans celui de la dame propre sur elle et tout et tout (quand elle se donne la peine, elle est capable de se ressaisir un chouïa...), mais qu'on ne compare pas s'il vous plaît, comme je l'ai vu faire ici et là par des critiques fatigués, au Gloria de Cassavetes. Ca n'a rien à voir, excepté le fait qu'il s'agit dans les deux cas d'une femme et d'un enfant. Et d'une fuite, d'accord. Et d'un genre (oui j'ai bien dit genre) de polar, re-ok. Bon, peut-être, finalement. Gena Rowlands était... touchante, forçait l'émotion, suscitait l'admiration. Le personnage de Julia, pendant les neuf dixièmes du film ne suscite que la répulsion, la pitié, la colère.
Tant de noirceur tout de même intrigue. Zonca se spécialiserait-il dans le paumé, comme Bruno Dumont le fait dans le bourrin, ou Cronenberg dans le violent ? Ne flirterait-ce point avec la complaisance ? Je crois qu'hélas je ne suis pas objectif, je reconnais que j'ai un problème avec les personnages d'alcooliques, autant au cinéma que dans la vie réelle, d'ailleurs... En tout cas, je n'ai cessé de me tortiller sur ma chaise. Et j'étais mal. A chaque instant, on se demande quelle décision encore plus stupide va-t-elle prendre, quelle catastrophe va encore lui tomber sur le râble, qu'est-ce qui pourrait lui arriver de pire. Trop c'est trop. Sans compter que le gamin, n'est, finalement, pas plus attachant que ça, hein...

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Posté par chori à 19:18 - pluricul/multimed - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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