mercredi 03 décembre
comme les rois mages...
LE CHANT DES OISEAUX
d'Albert Serra
C'était la première "délocalisation" du Festival belfortain Entrevues dans notre bôô cinéma. A 18h on projeta La vieille fille, que je n'ai hélas pas eu l'occasion de revoir, et, à la séance suivante, le lauréat de l'édition 2008, Le chant des oiseaux, d'Albert Serra.
Serra avait déjà été primé en 2006 pour Honor de cavalleria, ce qui prouve l'attachement du festival à l'oeuvre de cet homme (quand même, deux films du même réal' primés en deux ans, c'est un peu étonnant, non ?) Disons le franchement, je n'avais pas aimé Honor de cavalleria. Disons que je m' y étais ennuyé, copieusement, somptueusement, ascétiquement, enfin bref d'un bout à l'autre. Il s'agissait d'une "relecture" de Don quichotte, montrant juste les allées et venues de celui-ci avec son écuyer, Sancho.
Aujourd'hui, rebelote. Serra a cette fois-ci choisi pour héros les rois mages et nous relate leurs pérégrinations minimal(ist)es, entre le moment de leur rencontre, et jusqu'à leur adoration de Jésus. J'ai plutôt bien aimé la première scène, mais, assez vite, (paradoxalement), on sait où on va. J'ai eu le sentiment d'être devant un Honor de Cavalleria 2 : le retour, tant les deux films sont pour moi proches dans leur démarche (!) (et le fait de reprendre les deux acteurs du film précédent n'arrange rien.) Le film enfonce le clou du film de déambulation. Il dure 1h20, mais il pourrait en durer cinquante (c'est d'ailleurs parfois le sentiment qu'il donne), ça n'a plus d'importance. Je m'attendais tellement à m'ennuyer que je n'ai pas été déçu. J'ai soupiré, ronchonné intérieurement, échangé avec mon jeune voisin ("Finalement, Bresson, c'était commercial..." m'a-t-il chuchoté), j'ai quelquefois été touché par la beauté d'un plan, la composition d'une image, je me suis parfois laissé transporter (certain escaladage de dune aussi étiré et hypnotisant pour moi que certaine montée et descente par une ouvreuse boîteuse de salle de cinéma vide dans Goodbye Dragon Inn, de Tsai Ming Liang,ou certaine poursuite de deux points dans le vert lors de la scène finale d' Au travers des oliviers, de l'ami Kiarostami) mais souvent, la plupart du temps, je me suis retenu de regarder ma montre.
J'étais pourtant d'humeur à rédiger un billet indulgent, sur ce cinéma radicalement radical (et extrêmement extrémiste!), quand je suis tombé (là) sur une interview du réalisateur qui m'a mis de très mauvaise humeur. Interview ui m'a semblé être un sommet de prétention, de mauvaise foi, de chevilles gonflées et quasiment de mépris. On lui avait (trop) vanté les dialogues de son premier film ? Il les supprime. On lui avait dit que les paysages étaient jolis ? Il les éradique. Les acteurs ? Bah, interchangeables (dans le film) mais il "a repris les mêmes parce qu'ils sont bons et que ce sont les seuls qu'il connaît". Le scénario ? A quoi bon. Le montage ? quelle importance. Tout ça pour se figer dans une pose auteuriste et messianique genre ohlala z'avez vu j'ai fait le film le plus religieux de tous les temps...
Alors la, pour le coup, ça m'énerve vraiment.
Commentaires
Comme les rois mages en Galilée, cherchaient en vain l'étoile du Berger, où tu iras, j'irai fidèle comme une ombre... Quoi, la bande son c'est pas la chanson de Sheila ? Oups... j'ai honte mais je n'ai pas pu résister. C'est grave, docteur ? Allez, vite soyons fous Agathe Cléry, Transporteur 3 et tutti quanti, j'arrive !
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=64308&pid=11607632
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :




