lieux communs (et autres fadaises)

bribes, détails, éclats et brimborions "les gens n'ont pas assez de force pour l'mour, ils préfèrent aller au cinéma"

dimanche 21 décembre

au creux de l'oreille

Ca arrive de temps en temps, comme ça, une bonne surprise, une chanson qu'on entend pour la première fois, sans a priori, et qui vous accroche l'oreille illico, et qu'on n'a qu'une envie, celle de la réécouter dès qu'elle est terminée... Un genre de plaisir enfantin, régressif, délicieux. Et c'est ce qui m'arrive cet après-midi avec Chocolat, une chanson de Thomas Fersen.
Merci à François d'avoir acheté le disque et de l'avoir prêté à Christine et Jean-Fran, merci à Christine et Jean-Fran de me l'avoir prêté, merci à Emma de m'avoir dit qu'il ya avait dedans une chanson qu'elle aimait spécialement, avec de la grosse caisse... Voilà, ça doit faire 50 fois que je l'écoute (elle est courte, c'est dommage, à peine 2'53!) et j'ai un sourire idiot à chaque fois. Allez, je vous mets les paroles!!!

Chocolat (Thomas Fersen / Thomas Fersen)

Ma cigarette sur l'oreille
Et mes grosses lunettes de soleil
Leur ont mis la puce à l'oreille
Alors qu'ils bayaient aux corneilles
Mes chaussures à museau de rat
Ont chatouillé leur odorat
Et comme ils n'avaient rien à fiche
Ils ont détaché leur caniche


Et le chien s'est jeté sur moi
I
l a mangé mon chocolat
Il a mangé mes Granola
Et puis il m'a léché les doigts
Ils ont goûté la farine
Ils ont goûté l'aspirine
Ils ont goûté le savon
Mais le savon c'est pas bon
Oh non !

Y a des perdreaux dans mes chaussettes
Des poulets dans mon bermuda
Dans mon masque et dans mon tuba
Et sur mon gros radiocassette
Ils ont écouté la musique
Qui provenait de Jamaïque
Ils ont écouté du Bob
Tout en fouillant ma garde-robe

{au refrain}
Y a la volante dans mes calcifs
Ils sont pourtant inoffensifs
Ils ont même l'air un peu gênés
Ils pensaient pas s'oxygéner
Ma valise, elle est décousue
Elle tire une langue de tissu
Elle a un gros derrière carré
Mais elle n'a rien à déclarer

Et le chien s'est jeté sur moi
Il a mangé mon chocolat
Il a mangé ma confiture
Puis il m'a léché la figure
Je suis entouré de flics
Qui cherchent la Jamaïque
La Jamaïque elle est plus là
Elle était dans le chocolat
Oh oui !

Posté par chori à 14:33 - fadaises - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

verre pilé

MY MAGIC
d'Eric Khoo

J'avais adoré Be with me. Celui-là je l'appréhendais un peu, au vu du résumé. Dans Be with me, il était question d'amour (trois ou quatre histoires enchevêtrées, heureuses ou malheureuses). Dans My magic aussi il est question d'amour, mais filial, cette fois-ci, celui d'un père pour son fils. Vu hier soir, donc, et c'est un film d'une insondable tristesse. Construit autour d'un personnage impressionnant (un magicien -un vrai, d'ailleurs-, qui croque du verre, se transperce aux endroits les plus divers avec des accessoires idem, allume spontanément ses mains et autres joyeusetés) alcoolique (très alcoolique), qui vit avec son jeune fils depuis le départ de sa mère, (à qui il téléphone régulièrement alors que depuis longtemps la ligne en a été coupée), et va soudain cesser de penser à lui, et à sa souffrance, pour tenter d'offrir à son fils un avenir plus reluisant que le sien.
Un film effroyablement réaliste, où le calvaire de cet homme qui souffre (de plus en plus) pour de l'argent (qu'il destine à son fils) nous met, spectateurs, à la même place que ce boss aux yeux fixes et cruels, qui ne cillent jamais, mais semblent se repaître de cette souffrance donnée en spectacle, et revendiquée en tant que tel, puisqu'elle est monnayée.
Pour Eric Khoo, la réalité, le présent, ne sont qu'une mince cloison entre les souvenirs et les rêves, cloison contre laquelle pourtant on ne cesse de se cogner la tête, de la plus violente et la plus absurde des façons. Douloureusement. Le monde est cruel, dira à un moment le père à son fils. Le film se clôt pourtant sur une scène très douce, muette, apaisée (la scène originelle ?) où le présent (le réel) est aboli, où l'on se réfugie dans l'ailleurs, comme on se coucherait dans la neige lorsqu'on est très fatigué. L'illusion du secret, c'est le secret de l'illusion.(Cette phrase, qui me fascine depuis longtemps, était citée en ouverture d'un film, que j'aimai beaucoup, il ya longtemps, et que je n'ai jamais revu. Il s'appelait Trompe-l'oeil. Et, miraculeusement, elle résume celui-ci...)

18991541_w434_h_q80

Posté par chori à 05:40 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1