lieux communs (et autres fadaises)

bribes, détails, éclats et brimborions "les gens n'ont pas assez de force pour l'mour, ils préfèrent aller au cinéma"

mercredi 31 décembre

mes films de 2008

D'abord neuf :

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(des palettes rouges / deux mecs assis dans une caravane sous la pluie / une lente agonie / deux kidnappeurs assez stupides / des plans noirs récurrents / un furoncle mal placé / un prof d'éco qui joue du djembé dans le métro / un cauchemar avec des chiens / "vous voulez du fromage ? ")

et puis, encore neuf... :

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(une course au ralenti pour monter dans un train / un démineur qui rate son coup / deux tueurs à gages un peu paumés / des jeunots qui défouraillent en slip / emile hirsch / une partie de luge / "vous êtes sûre que vous avez des veines ? " / des miroirs sur une plage qui reflètent la mer /alger au crépuscule)

... et, pour finir, plein de choses à vous pour deux mille neuf!

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prise multiple

LE PLAISIR DE CHANTER
d'Ilan Duran Coen

Comme l'a résumé Malou en sortant : "une comédie délicieuse". Pas inoubliable, non, mais délicieuse, ça c'est sûr. Ilan Duran Coen continue son entreprise de "réhabilitation" de la bisexualité, et ma foi ça n'est pas déplaisant. J'y allais pour Jeanne Balibar, et voilà qu'on me rétorque Nathalie Richard et Dominique Reymond, sans compter Marina Foïs (qui nous montre ses petits dessous) et Lorant Deutsch, parfaits en improbable (et le mot est faible) paire d'agents secrets en immersion dans un cours de chant, à la recherche d'une mystérieuse clé usb que d'autres espions aussi recherchent. Notamment, un nounours (très barbu et très poilu) et une petite pute (c'est comme ça qu'on l'appelle dans le film, et que lui-même aussi d'ailleurs) un tantinet exhibitionniste d'ailleurs, (je ne vais pas m'en plaindre) qui se promène à maintes reprises la quéquette à l'air (qu'il a, d'ailleurs, très agréable à regarder).
Tout le monde cherche cette clé, tout le monde couche un peu avec tout le monde, tout le monde essaie de tuer tout le monde, mais, surtout, tout le monde chante, tandis que passe au milieu, évanescente, évaporée, énamourée, la divine Jeanne B. (en chanteuse lyrique qui rêve de faire de la variétoche).
C'est très plaisant, avec des dialogues  très écrits (on a envie de dire "parfois trop"), les situations un peu moins mais ça n'a pas vraiment d'importance, (dans cette comédie d'espionnage, on serait plutôt à 3/4 de comédie pour 1/4 d'espionnage, et c'est très bien comme ça) même si le rythme s'essoufle un poil (un poil ? non, dans le film il y en a un sachet entier, de poils!) vers la fin et que la coda s'étire un peu, mais bon, c'est peut-être dur de tenir la note juste jusqu'au bout sans reprendre sa respiration, hein...

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Posté par chori à 11:20 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

furoncle

SERBIS
de Brillante Mendoza

Enfin réussi à le voir, après un sacré parcours du combattant (1 cinéma / 1 jour / 1 séance, merci le Hautefeuille!) J'avais beaucoup aimé John-John, j'ai encore plus aimé celui-là, parce qu'il est encore plus dans mes cordes.(...)
Un cinéma à Manille, le Family (!), au nom qui pourrait sembler menteur étant donné le caractère des films qui y sont projetés, mais qui finalement se justifie plutôt puisque c'est toute une famille (multi recomposée) qui y vit et le gère. Et le film oscille entre ces deux pôles, ou plutôt imbrique ces deux trames, ces deux mondes, malaxe ces deux réalités jusqu'à ce qu'elles en soient étroitement entortillées. Le portrait de famille est un peu complexe (on a du mal parfois à rétablir les liens de parenté), en contrepoint idéal au dédale labyrinthique du lieu, un vieux cinéma porno délabré où tout ce petit monde se promène, se croise, se poursuit, se chasse.
J'ai toujours aimé les films qui se passent dans un cinéma (ah, Goodbye Dragon Inn...) et tout spécialement dans ce genre de cinéma (ah, la nostalgie...). C'est quelque chose de tellement particulier, ces mecs solitaires qui baisouillent en douce, à tâtons, dans l'obscurité. Vous ne pouvez pas vraiment comprendre si vous ne l'avez pas vécu. Le clandestin, l'intime, l'organique, juste à deux pas de la bruyante réalité sonore de l'extérieur. Le sexe furtif, un peu honteux, mine de rien. Au Family, il y a, en plus, des jeunes gens qui proposent leurs services (d'où le Serbis du titre) tarifés aux clients esseulés.
Brillante Mendoza persévère sur la voie entreprise dans John-John : un "cinéma-vérité", une caméra à l'épaule, mobile, fluide, comme aux aguets, qui ne perd pas une miette de ce qui se passe autour d'elle. Qui ne se détourne pas, qui ne se voile pas l'objectif, bien au contraire, sans fausse pudeur mais sans voyeurisme excessif non plus (que ce soit côté pile ou face, on n'ignorera ainsi rien de l'anatomie du projectionniste...)
On suit ainsi plusieurs histoires entremêlées, (d'inégale importance mais justement traitées sur le même pied d'égalité) sur l'espace d'une journée, en suivant les différents protagonistes, (le procès entre le père et la tante, le furoncle du projectionniste, le nettoyage des toilettes, le défilé des clients, l'irruption de la chèvre) jusqu'à ce que, finalement, le réalisateur décide, en quelque sorte, de retirer l'échelle, pour nous laisser là, en plan, orphelins dans le noir...
La bande-son, très travaillée, nous plonge dans un vacarme urbain de klaxons, de véhicules, de discussions, quasiment ininterrompu, comme si le cinéma, l'intérieur était devenu perméable aux manifestations sonores extérieures, comme si l'extérieur, prosaïque, venait constamment contaminer le désir, le fantasme. Et c'est bien le sens de cette image ultime, ou la réalité vient, littéralement, annihiler la fiction. Clap de fin et noir.

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(l'affiche est inutilement racoleuse me semble-t-il)

Posté par chori à 11:04 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

fantoches

MISTER LONELY
de Harmony Korine

Entre ineptie et inertie. Une catastrophe, Harmony Korine ou pas (pourtant dieu sait si j'avais aimé son Gummo...) Un sosie de Michael Jackson rencontre un sosie de Marylin Monroe, mariée à un sosie de Charlie Chaplin et mère d'un sosie de Shirley Temple. Ensemble ils partent sur un île peuplée de sosies, qui organisent un spectacle de sosies... Ah oui, il y a aussi des bonnes soeurs qui sautent sans parachute d'un avion sous la conduite de Werner Herzog et atterrissent indemnes.
Tout ça pour un sosie de film, un semblant de cinématographe, pour lequel il est rageant de penser que le moindre cent ait pu être dépensé. Comme si Harmonychounet n'avait plus rien à dire, ou plutôt qu'il s'en fichait. Il ya là-dedans quelque chose de nunuche, et en même temps de frelaté.Tout ça sent son patronage à quinze pas, avec des interrogations métaphysiques à la petite semaine. Le film fait pratiquement deux heures et j'ai bien cru que j'allais y mourir d'ennui. J'ai cependant bien fait de rester jusqu'à la fin : les cinq dernières minutes sont superbes. Dommage que ce soient les dernières...

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Posté par chori à 06:26 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 30 décembre

manger des limaces

LOUISE-MICHEL
de Benoît Delépine et Gustave Kervern.

Poil à gratter. Ou comment la comédie escomptée se transforme en fable grinçante et caustique et acide. Bref, ça agace les dents, ça tord parfois un peu les boyaux. Et c'est, finalement, un film politique. Les réalisateurs ne font pas dans la dentelle, et tirent quasi sur tout ce qui bouge : les hommes et les femmes (et les autres), les jeunes et les vieux (même les bébés!), les malades, les cancéreux, les infirmes, les  nains, les patrons, les ouvriers... ça dégomme tous azimuts, dans un esprit typiquement grolandais, (quasiment fou-furieux, donc) avec, toutefois, un petit quelque chose en plus (ce qu'il faut pour passer d'un sketch à un film ?), appelons ça de la suite dans les idées.
Après un début grinçant (dans tous les sens du terme), les présentations sont assez vite faites. Des ouvrières licenciées décident de faire liquider leur patron. Le couple vedette tient ses promesses (Yolande Moreau épatante dans un rôle pourtant spécialement destroy, et  Bouli Lanners égal à lui-même : parfait). Une pauvre ouvrière et un tueur à gages nul s'en vont gaiement sur les routes... avec, ça et là, des apparitions de têtes connues (Benoît Poelvoorde, Mathieu Kassovitz, Philippe Katerine, Albert Dupontel -lui si vous voulez le voir il faudra vous armer de patience et attendre jusqu'à la fin du générique de fin-), au milieu d'un vivier humain typiquement grolandais : moche, bête et méchant.
Ca décape, ça tranche jusqu'à l'os, ça n'hésite pas à aller toujours jusqu'au bout (et même un peu plus loin), et, finalement -qui sait ?- ça pourrait finir par donner de bonnes et saines idées de révolte au petit peuple prolétarien et surexploité (là on n'est plus vraiment dans la fiction, n'est-ce pas ?) sauf que, comme dans les Idées Noires de Franquin (avec lesquelles le film n'est pas sans rapport), l'histoire, en gros, n'est hélas jamais finie.
Et si les deux compères nous collent un genre de demi happy-end à rebours, c'est aussi une façon de dire que, si on veut vraiment que ça change, faudrait peut-être relever les manches et y aller plus... radicalement ? Dommage, en tout cas, que l'image soit moche (les couleurs sont pisseuses, les éclairages idem). Mais, finalement, quand on y regarde bien, le monde est-il si joli-joli ?

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Posté par chori à 22:15 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

atypiques

Cins films parisiens, donc (quatre en "rattrapage", et le premier en sortie nationale, trois que j'ai beaucoup  aimés, un que j'ai trouvé sympathique, et un qui m'a profondément barbé... faites vos courses!) qui ont en commun, à des degrés divers, d'appartenir à la catégorie qui donne son nom à cette chronique :

LOUISE-MICHEL
de Benoït Delépine et Gustave Kervern

SERBIS
de Brillante Mendoza

MISTER LONELY
d'Harmony Korine

HUNGER
de Steve Mc Queen

LE PLAISIR DE CHANTER
d'Ilan Duran Coen

(Je n'ai hélas pas pu voir ni SHOTGUN STORIES, ni L'ART DE LA PENSEE NEGATIVE, pour cause de passage un seul jour à une seule séance dans un seul cinéma... Snif!)

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Posté par chori à 09:08 - pluricul/multimed - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 29 décembre

esprit d'noël, es-tu là?

Déjà une semaine de vacs de fichue passée.
Et me voilà de retour à la maison, après une semaine dé-li-cieu-se à Paris, à fêter, pour la quatrième année "Noël à Champlitte à Paris", dans notre petite "famille recomposée" (avec cette année une nouvelle venue...)
Ce fut (de l'avis de chacun et chacune) un très beau noël : Des plats de fête, des cadeaux (les "vrais" et les "faux"), quelques films (cinq, j'y reviens vite), des promenades, des discussions, des fou-rires, une merveilleuse librairie, un Grand Palais plein de vidéos... Que du bonheur, en gros !
A peine rentré, et j'ai commencé par vider l'appareil photo... Voilà donc, en amuse-gueule, quelques clichés...

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(malou/françoise hardy qui se change derrière le sapin)

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(choucroute de la mer)

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(saumon, mâche, kaki, et guimauve au wasabi...)

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(et voici la dernière arrivée, rébecca...)

Posté par chori à 20:59 - fadaises - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 23 décembre

commentaires : zéro

... ca tombe bien, je pars pour une semaine à Paris
(ce blogchounet restera donc vacant, mais changera-ce tant que ça ? huhuhu)
baille baille!

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dimanche 21 décembre

au creux de l'oreille

Ca arrive de temps en temps, comme ça, une bonne surprise, une chanson qu'on entend pour la première fois, sans a priori, et qui vous accroche l'oreille illico, et qu'on n'a qu'une envie, celle de la réécouter dès qu'elle est terminée... Un genre de plaisir enfantin, régressif, délicieux. Et c'est ce qui m'arrive cet après-midi avec Chocolat, une chanson de Thomas Fersen.
Merci à François d'avoir acheté le disque et de l'avoir prêté à Christine et Jean-Fran, merci à Christine et Jean-Fran de me l'avoir prêté, merci à Emma de m'avoir dit qu'il ya avait dedans une chanson qu'elle aimait spécialement, avec de la grosse caisse... Voilà, ça doit faire 50 fois que je l'écoute (elle est courte, c'est dommage, à peine 2'53!) et j'ai un sourire idiot à chaque fois. Allez, je vous mets les paroles!!!

Chocolat (Thomas Fersen / Thomas Fersen)

Ma cigarette sur l'oreille
Et mes grosses lunettes de soleil
Leur ont mis la puce à l'oreille
Alors qu'ils bayaient aux corneilles
Mes chaussures à museau de rat
Ont chatouillé leur odorat
Et comme ils n'avaient rien à fiche
Ils ont détaché leur caniche


Et le chien s'est jeté sur moi
I
l a mangé mon chocolat
Il a mangé mes Granola
Et puis il m'a léché les doigts
Ils ont goûté la farine
Ils ont goûté l'aspirine
Ils ont goûté le savon
Mais le savon c'est pas bon
Oh non !

Y a des perdreaux dans mes chaussettes
Des poulets dans mon bermuda
Dans mon masque et dans mon tuba
Et sur mon gros radiocassette
Ils ont écouté la musique
Qui provenait de Jamaïque
Ils ont écouté du Bob
Tout en fouillant ma garde-robe

{au refrain}
Y a la volante dans mes calcifs
Ils sont pourtant inoffensifs
Ils ont même l'air un peu gênés
Ils pensaient pas s'oxygéner
Ma valise, elle est décousue
Elle tire une langue de tissu
Elle a un gros derrière carré
Mais elle n'a rien à déclarer

Et le chien s'est jeté sur moi
Il a mangé mon chocolat
Il a mangé ma confiture
Puis il m'a léché la figure
Je suis entouré de flics
Qui cherchent la Jamaïque
La Jamaïque elle est plus là
Elle était dans le chocolat
Oh oui !

Posté par chori à 14:33 - fadaises - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

verre pilé

MY MAGIC
d'Eric Khoo

J'avais adoré Be with me. Celui-là je l'appréhendais un peu, au vu du résumé. Dans Be with me, il était question d'amour (trois ou quatre histoires enchevêtrées, heureuses ou malheureuses). Dans My magic aussi il est question d'amour, mais filial, cette fois-ci, celui d'un père pour son fils. Vu hier soir, donc, et c'est un film d'une insondable tristesse. Construit autour d'un personnage impressionnant (un magicien -un vrai, d'ailleurs-, qui croque du verre, se transperce aux endroits les plus divers avec des accessoires idem, allume spontanément ses mains et autres joyeusetés) alcoolique (très alcoolique), qui vit avec son jeune fils depuis le départ de sa mère, (à qui il téléphone régulièrement alors que depuis longtemps la ligne en a été coupée), et va soudain cesser de penser à lui, et à sa souffrance, pour tenter d'offrir à son fils un avenir plus reluisant que le sien.
Un film effroyablement réaliste, où le calvaire de cet homme qui souffre (de plus en plus) pour de l'argent (qu'il destine à son fils) nous met, spectateurs, à la même place que ce boss aux yeux fixes et cruels, qui ne cillent jamais, mais semblent se repaître de cette souffrance donnée en spectacle, et revendiquée en tant que tel, puisqu'elle est monnayée.
Pour Eric Khoo, la réalité, le présent, ne sont qu'une mince cloison entre les souvenirs et les rêves, cloison contre laquelle pourtant on ne cesse de se cogner la tête, de la plus violente et la plus absurde des façons. Douloureusement. Le monde est cruel, dira à un moment le père à son fils. Le film se clôt pourtant sur une scène très douce, muette, apaisée (la scène originelle ?) où le présent (le réel) est aboli, où l'on se réfugie dans l'ailleurs, comme on se coucherait dans la neige lorsqu'on est très fatigué. L'illusion du secret, c'est le secret de l'illusion.(Cette phrase, qui me fascine depuis longtemps, était citée en ouverture d'un film, que j'aimai beaucoup, il ya longtemps, et que je n'ai jamais revu. Il s'appelait Trompe-l'oeil. Et, miraculeusement, elle résume celui-ci...)

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Posté par chori à 05:40 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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