LES INSEPARABLES
de Christine Dory

Un joli film, tout chargé d"affect. Centré sur (et quasi uniquement sur, peu d'autres personnages parviennent à y exister vraiment et n'y sont tout au plus que des silhouettes) lui (Guillaume Depardieu, très bien, mais on en avait -je parle hélas à l'imparfait- l'habitude) artiste, camé, écorché vif, asocial, complexe, énervant, insupportable, et elle (Marie Vialle, une nouvelle venue, excellente dans un registre étendu), employée dans une agence immobilière, candide, charmante, souriante, prête -dans un premier temps- à toutes les concessions, complexe elle aussi, et parfois énervante aussi, et même insupportable...
Esquisse d'un couple typiquement NAT/NST (ni avec toi, ni sans toi), histoire de deux personnes qui s'aiment mais ne peuvent s'empêcher de faire du gâchis (bon, surtout lui tout de même reconnaissons le), état des lieux d'une relation en même temps banale mais pas si simple,  comme dans une chanson de Gainsbourg que chantait Jane Birkin il y a longtemps :
Nous nous sommes dit tu
Nous nous somme dit tout
Nous nous sommes dit vous
Puis nous nous sommes tus... ("Vie mort et résurrection d'un amour-passion")
(c'est drôle, je m'aperçois en recherchant sur le ouaibe que pas mal de personnes utilisent sur leur blog et autres cette formule que j'ai eu pourtant un peu de mal à reconstituer...)
Il dessine, il l'attend à la maison toute la journée, elle fait visiter des apparts, ils se retrouvent le soir... Mais il a besoin de se shooter pour créer, et malgré tout l'amour qu'elle lui porte (on pourrait dire qu'elle aussi est dépendante, mais de par cet amour-même) va se mettre en place une sorte de contamination de cette relation au reste de sa vie à elle (par rapport à son travail, à ses amis, son père, son enfant) qui est devenue leur vie à eux... La came fait tâche d'huile, et on assiste au processus de propagation, de diffusion...
Mais paradoxalement le film n'est pas traité sur le mode dramatique et grandes orgues lacrymales, et est plutôt joyeux, solaire (surtout dans sa première partie). C'est rien qu'une histoire vécue... La force des sentiments d'un côté et tout ce qui leur fait obstacle en face. On a quand même tous unanimement constaté, en sortant, que c'était quand même un petit peu long (surtout dans la dernière partie, peut-être un peu trop systématiquement crises et engueulades...)
Et Guillaume Depardieu, dans un rôle qui peut s'avérer systématique et parfois agaçant, réussit encore une fois à nous attendrir, à nous toucher (et quand, à la scène avant l'enterrement, il se met à dire de la poésie, il m'a carrément tiré des larmes...)

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