(deux films avec une icône virile -et un message personnel-)

TWO LOVERS
de James Gray

(message personnel à Joaquin Phoenix, dont je sais par ailleurs qu'il est un lecteur assidu de ce blog : "mon cher Jojo, tu as bien raison de vouloir arrêter de tourner, je ne pourrais pas supporter d'être, une autre fois, aussi bouleversé par un de tes personnages. Profite bien de tes vacs. Biz") Je n'avais pas voulu le voir quand il était passé dans le bôô cinéma parce qu'il était -horreur!- en VF, et j'ai donc profité de la Fête du Cinéma (et du fait que -huhuhu- on avait justement émis le souhait de le revoir, en VO cette fois-ci). Et j'ai rudement bien fait.

Au menu, une histoire en apparence moins noire et violemment tordue que les films précédents de James Gray. Quoique... Où Leonard (Joaquin P.), jeune homme souffrant de troubles bipolaires et vivant encore chez ses parents (sa maman a les traits d'Isabelle Rossellini, pas moins, si si, même si elle est un peu zarb  et  l'espionne régulièrement par-dessous la porte de sa chambre...) est partagé entre deux demoiselles (bipolaire, aussi, donc, au niveau du coeur)  : la brune (la rangée, bien peignée et propre sur elle) que leurs parents respectifs poussent peu discrètement dans ses pattes pour un genre de mariage arrangé et raisonnable, et la blonde (la dérangée ?) et un peu excessive (un peu sex, beaucoup drugs et très rock'n'roll) voisine d'en face... Amour, amitié, espoir, désespoir. Une histoire simplissime mais pourtant (d'autant plus) forte. Petite musique tchekovienne ineffable (A aime B qui aime C qui...).

C'est, en plus, très bien filmé, (mais bon on est chez James Gray, ce n'est pas vraiment étonnant) et, comme écrit plus haut, Joaquin Phoenix y est proprement extraordinaire. Ce mec-là est sidérant tellement il porte le film, et pourtant il fait passer ça en finesse, de la vraie dentelle, trois fois rien : un regard, un sourire, une main qui bouge à peine... Ma voisine Joseline a failli me tendre un mouchoir quand les lumières se sont rallumées tant j'avais les yeux rouges. Et cinq minutes après, croisant Marie sur le parking et tentant de lui évoquer le film en deux mots, rebelote! Bon c'est vrai qu'en ce moment, avec les questions que je me pose sur les relations, le couple, l'amour etc. j'étais spécialement réceptif, peut-être...N'empêche.  Magistral. Un film qui aurait du indiscutablement figurer dans mon best of 2008.

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JEUX DE POUVOIR
de Kevin MacDonald

(message personnel à Russel Crowe, lui aussi  lecteur assidu de ce blog : "Mon cher Ruru, que tu sois en  chemise en jeans de gros journaliste irlandais à cheveux longs et gras ou  dans ta petite jupette de Gladiator tu m'excites intéresses tout autant. Même si t'as pris un peu de popotin, que tu noues la joue un peu cracra négligé, ce n'est pas pour me déplaire...Fais attention aux triglycérides, quand même...")

Un "thriller paranoïaque" qu'on profite de la Fête du C. pour voir, tiré (je l'ai appris au générique) d'une série télévisée, où un journaliste (Russelchounet) découvre que deux faits-divers (dont un scandale impliquant un de ses amis, devenu député) en apparence indépendants sont en réalité intimement liés, et que derrière tout ça se cache une étrange et puissante multinationale à tendance militariste et que mon dieu mon dieu (le rythme s'accélère) les plus hautes sphères du pouvoir semblent être touchées et que mon dieu mon dieu mon dieu voilà même un tueur quasi-cyborg lancé à ses trousses...

Je rigole, comme ça, mais le teme de "thriller haletant" n'est pas usurpé : on n'arrête pas de courir derrière les basques de notre ami  (qui n'a d'ailleurs pas une course très esthétique mais bon là n'est pas le problème), et de rebondissements en retournements de situation, de révélations en manipulations, le spectateur est mené par le bout du nez, à peine le temps de respirer, alors manger du popcorn pensez...( c'était une séance de 22h30 et les djeuns présent n'ont rien mâché de bruyant) en n'étant, comme on dit, pas au bout de ses surprises... Je ne suis pas certain d'avoir tout compris, (comment sa femme était au courant, pour le salaire de sa maîtresse ???)  mais bon je suis sorti de là plutôt satisfait: oui, j'ai passé un  bon moment... Pas inoubliable, mais un bon moment! En plus, pendant le générique de fin, on a un petit documentaire sur la fabrication des journaux : S'instruire en s'amusant, et s'amuser en s'instruisant...


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(que ce soit dans la française ou l'américaine, ils ont laissé les cheveux gras dans l'ombre...)