Tiens on a quand même trouvé l'occasion (et l'ordinateur ad hoc) pour s'épancher quelques instants... on est donc en villégiature dans une maison "ossature bois" au-dessus (presque) de la Baie des Trépassés (oui, on nous la vendit abusivement pour un emplacement plus proche, on la crut un instant, dans nos rêves, quasiment juchée juste au bord de la falaise surplombant ladite baie...) et donc, entre deux siestasses, entre deux scrabbles, entre deux grattouillages de rochers et cueillages de moules (qui poussent, chacun le sait, sur l'arbre joliment appelé moulier) on a trouvé le temps de commencer ce post (que, mine de rien, d'ailleurs ,on continue tranquillement depuis chez soi, ayant depuis quelques heures benoîtement rechaussé ses haut-saônoises charentaises -mais bien malin alors qui pourra retrouver la césure)
Du 5 au 15 donc, environ, on fut breton, ou tout du moins on fut entouré de bretons bretonnants.
On s'entendit dire kenavo en sortant de bouges à matelots,
on prit le bateau (comment disait donc P. ? ah oui le promène-couillons) qui nous emmenait à Sein (l'île) où l'on passa la journée, et de laquelle on visita le phare (249 marches) à vrai dire davantage pour attendre la fin d'un grain que par intérêt véritable,
on eut même le privilège, dans le susdit bateau, de pénétrer dans la cabine de pilotage, du fait que le pilote s'en était avéré être notre voisin d'en face (avec une encore plus jolie vue!),
on alla au marché d'Audierne où l'on acheta des araignées, du jus marron desquelles certaine se délecta,
on arpenta le sentier côtier sans carte et sans boussole, pendant que certain autre (votre serviteur pour ne pas le nommer) se livrait au plaisir de la sieste bienheureuse sur le canapé avec la Baie des Trépassés au loin,
on loua un bateau à moteur pour descendre l'Odet, qui s'enorgueillit ici du titre de plus jolie rivière de France (où votre même serviteur constata que ce qui était le plus difficile, c'était la transition entre plancher des vaches et pied marin),
on goûta au caramel au beurre salé sous toutes ses formes (même les faites maison) et aux crêpes idem,
on fit de menues emplettes au saloir de Plogoff, dont on goûta de multiples spécimens,
on fit de même à la biscuiterie du même nom, dont les dégustations gratuites de spécialités pâtissières bretonnantes et beurrées nous dispensèrent à plusieurs reprises de goûter,
on alla même jusqu'à aller sur la plage, poussant l'audace jusqu'à se trempoter les orteils dans une eau frisquette entre treize et quatorze estima-t-on, et on en profita pour photographier un spécimen de méduse violette, dont par ailleurs il fut beaucoup question pendant ce séjour,
on alla même dans un restaurant délicieux sur les conseils de notre ami le voisin d'en face qui avait une encore plus jolie vue, on y mangea bien, et on s'en tira encore mieux puisque notre jeune -et visiblement débutante- serveuse intervertit notre note (pour 4) avec celle des américains de la table voisine (pour 2) qui venaient de payer sans sourciller et déjà s'en étaient allés, pour la plus grande confusion de la patronne,
on chercha, qui, une épuisette, qui un coupe-vent doublé, qui du muscadet sur lie, qui des jolies cartes postales, et on trouva la plupart de ces choses, d'ailleurs,
on joua beaucoup au scrabble, à deux ou à trois (le quatrième nous accompagnant en général musicalement depuis le fauteuil où il "lisait"),
on écrivit à la chaîne quelques textes pour les cartes postales de vacances à l'intention de nos amis suffoquants du grand est,
on s'occupa du chat, du jardin, des suspensions, du courrier, comme il nous l'avait été recommandé,
on ne gémit jamais, ou presque, à propos du temps changeant et du fond de l'air fraîchounet,
on ne cassa que le manche d'une casserole,
bref on passa une semaine exquise, dans une maison exquise, avec un temps quasiment exquis, mais, bien évidemment, parce que entre gens exquis!!!