Que le temps passe vite! Déjà à la moitié de notre jolie semaine latina, et pas encore eu le temps de pondre un petit quelque chose! petit survol rapide des 4 films déjà vu jusque là :

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EL CHINO
de Sebastian Borenzstein

Une comédie réjouissante, et pas seulement parce que je me suis identifié grave au héros (!) : il s'appelle Roberto, c'est un vieux garçon ronchon (pléonasme) et maniaque (idem). A cause d'une vache, le voilà obligé par un concours de circonstances, à cohabiter avec un chinois qui ne parle pas un mot d'argentin... En attendant de trouver -rapidement, il l'espère- une solution, voilà notre "héros" forcé de bousculer ses habitudes, ce qui ne va pas sans problèmes et difficultés diverses... Une comédie tendre, aussi idéaliste qu'idéale, qui fait du bien, simplement. Meuh!

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LA VIDA UTIL
de Federico Veiroj

Un film uruguayen, charmant, en avant-première, qui plus est en présence de son acteur principal (qui arrivait quasiment directo de Montevideo pour venir nous le présenter dans le bôô cinéma) tout ça hélas devant un nombre de spectateurs que je ne n'écrirai pas tant il m'a déçu et agacé. (...) Tant pis, ils ne savent pas ce qu'ils perdent, ceux qui n'étaient pas là ! (Rendez-vous compte, on a eu l'avant-première avant le MK2 Beaubourg, où notre cher Jorge Jellinek devait présenter le film le lendemain...). Un film en noir et blanc ("muy especial") comme il fut sobrement décrit, sur un vieux garçon (encore!) qui travaille depuis 25 ans à la Cinémathèque de Montevideo, et doit soudain faire face à un incident majeur : il est viré! C'est cinéphile et cinéphilique, c'est certes un peu pointu, mais c'est en même temps tellement agréable que, décidément, on n'a envie d'en dire que du bien!

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REVOLUCION
de dix réalisateurs différents, pour les 100 ans de la révolution mexicaine

Qui dit programme composite dit intérêts partagés...
Mes préférés ?
LA BIENVENUE de Fernando Eimcke, LE PRÊTRE PENDU d'Amat Escalante, (deux très  beaux films en noir et blanc, chacun avec un univers singulier, et chacun mettant en oeuvre une dimension particulière,  l'un le temps et l'autre l'espace), R-100 de Gerardo Naranjo (un univers coloré/contrasté, muet et  sanglant : des mecs, des bagnoles, des accidents... viril, quoi!) , et 7TH STREET AND ALVARADO de Rodrigo Garcia (un essai poétique et urbain : un coin de rue, aujourd'hui, où passent soudain les fantômes des révolutionnaires, dans un fabuleux plan-séquence, au ralenti. Bluffant)
Des films sympathiques, mais pas entièrement convaincants :A NOTRE BIEN-AIME, de Patricia Riggen, LUCIO de Gael Garcia Bernal,  LE MAGASIN DE L'HACIENDA, de Mariana Chenilo, 30/30, de Rodrigo Pia, et PACIFICO de Diego Luna, plus classique dans leur forme et dans leur narration, et dont on se demande parfois (surtout pour le dernier) de quelle façon ils se rattachent au thème...
Et, inclassable CECI EST MON ROYAUME, de Carlos Reygadas, qui fait tellement son Reygadas que ça peut en devenir insupportable... (je détestais franchement au début, puis -peut-être parce que je me suis dit "tiens ça doit être le Reygadas..."- j'ai mieux aimé ensuite.) Mais c'est assez incompréhensible, et formellement éprouvant.

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TRABALHAR CANSA
de Juliana Rojas et Marco Dutra

Un autre film en avant-première (il doit sortir début avril). Brésilien (ce qui, en ce qui me concerne, ne joue déjà pas en sa faveur hihi). Un film qui commence dans le social-réaliste-contemporain-urbain (un jeune couple avec fillette, la dame veut racheter et remettre en état une supérette à l'abandon tandis que son mari se fait justement virer de son emploi...) Et va se mettre soudain à dériver par bouffées vers le fantastique-inquiétant-zarbi-épouvante, sans qu'au bout du compte on  soit vraiment sûr de ce qu'on vient de voir. Beaucoup de pistes ébauchées (à l'image du titre, attirant, et de l'affiche, singulière) : le travail, les relations de pouvoir, le travail au pouvoir, le pouvoir au travail, le pouvoir du travail, le travail du pouvoir... et ces machins innommables cachés derrière ce mur pourrissant...
Les réalisateurs se promènent, et nous promènent, parsemant leur récit "normé" (le travail, au Brésil, aujourd'hui) de clins d'oeil (facétieux ?) macabres et/ou fout-les-jetonnesques, mais on peut regretter, au final, que tout ça s'éparpille un peu trop (et que certains  personnages (la fillette, la bonne) soient insuffisamment exploités). cette scène finale qu'on n'est pas certain de savoir comment elle se rattache au reste exactement.
Intriguant, prometteur, mais, au final, un peu frustrant, au vu des potentialités entrevues.

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