LA GRANDE BELLEZA
de Paolo Sorrentino

Je ne savais pas du tout ce que j'allais voir avant d'entrer dans la salle, juste une affiche entrevue, (un vieux monsieur assis devant une statue de Jupiter), et le fait que le film était italien, comme La belle endormie qui venait de tant me plaire... Eh bien, en sortant, je n'en savais à vrai dire pas beaucoup plus!
Un vieux, un autre vieux, encore d'autres vieux, des vieilles, qui ont tous quelque chose à voir avec le monde de la Cultura (prononcez à l'italienne) et de l'Arte (idem). Qu'est-ce que l'art aujourd'hui, et la célébrité ? et la beauté ? Ils dissertent, ils bavochent, il radotent, et ça s'étire ainsi sur 2h20! (j'ai même rallumé mon téléphone à un moment, j'avais l'impression que 3h au moins s'étaient déjà écoulées, mais non il n'y en avait encore qu'une seule et demie! arghh!)
Il y a des moments plaisants (l'utilisation de la techno dans les premières scènes pour provoquer un effet de contraste), mais beaucoup d'autres moins plaisants (les diverses "performances" : la tête contre le mur, la gamine qui peint en pleurant) voire carrément insupportables (l'interminable histoire de la vieille sainte, à la fin).
On a le sentiment que tout ça est très complaisant, très superficiel, très vain.
Une "nostalgie" manipulée par brouettes et étalée à la truelle, sans être jamais vraiment touchante, parce que pas vraiment sincère. Et ça dure, et ça dure...
On a  le plaisir de voir passer Fanny Ardant, blonde, mais ça dure dix secondes et elle disparaît dans la nuit. Pour ne plus jamais réapparaître. Puis arrive le redoutable syndrome dit "des fins successives" : "Tiens, ça pourrait s'arrêter là..." Mais non, ça repart. "Oh, ça serait super si ça s'arrêtait sur ce plan...". Mais non ça continue. "Oooh là ça serait très bien pour finir...". Et ça repart de plus belle, etc.
Voilà, ça peut être aussi ça le cinéma italien. J'entendais à la sortie le projectionniste discutailler avec une dame, en évoquant Fellini. Federico ? Non non, il y a erreur, on n'a pas vraiment affaire à la même pointure...
Honnêtement, si le réalisateur avait eu les yeux moins plus gros que les ventre, et resserré son propos en amputant disons... 45 bonnes minutes, peut-être que le film se serait alors mieux tenu, et je pense qu'alors mon plaisir en eût été plus grand.

 

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