LES JARDINS DU ROI
d'Alan Rickman

J'avais décidé que non, et finalement le hasard a fait que... M'étant assis par erreur dans la salle voisine, j'ai fini par voir un des films pour lequel j'avais initialement hésité, étonné de voir un générique anglais, curieux de savoir ce qui m'allait être projeté, et prêt à quitter la salle plein d'une vertueuse indignation en cas de bouse.
J'y suis resté jusqu'au bout. Le réalisateur, Alan Rickman, (que je connais depuis longtemps comme acteur, et que je considère avec reconnaissance  pour son rôle dans Truely, madly, deeply, même s'il a joué dans bcp de merdouilles ensuite -oui oui même Harry P. je renage ça dans les merdouilles-) joue aussi dans son film, et s'y est attribué le beau rôle, celui du Roi, au réveil duquel nous assistons, en compagnie de Sa Royale Famille, sauf qu'il ne s'agit pas d'un quelconque english king, mais de nôtre cher Louis XIV à nous. Qui parle donc anglais. Ainsi que l'ensemble de la cour et des courtisans, qui ont tout de même des noms français, qu'il prononcent à l'anglaise, et que rien que ça est plaisant. Kate Winslet est jardinière, française elle-aussi (Mme de Barra), et elle va recontrer Monsieur Le Nôtre lors d'un entretien d'embauche /appel d'offres pour les futurs jardins de Versailles,(Le Nôtre qui est joué par Matthias Schoenearts (BullHead), qui, passé la surprise initiale, porte plutôt bien le cheveu long et le pourpoint brodé).
C'est très well reconstitued, (costumes, perruques, carrosses, laquais, courbettes, intrigues de Cour, jalousies, complots) et suffisamment bien fait pour qu'on trouve ça aussi pittoresque que les gravures colorées qui illustraient nos livres d'histoire à l'école primaire, et qu'on ne s'y ennuie pas... Avec en prime un Stanley Tucci délicieux en Comte (ou Marquis, je ne sais plus) bisexuel (ça n'a aucune importance dans l'intrigue, mais c'est plaisant). On savait depuis le début comment tout ça allait se terminer, et il n'était donc pas indispensable de lester le récit du pathos veuvagesque (et lourdaudement insistant) de Mme de Barra. Le jardin mené à terme, les roucoulades dans l'alcôve, la cérémonie officielle d'inauguration en grande pompe (avec en prime un discours féministe -pour l'époque- où il est question de femmes et de roses). Le roi s'amuse, et visiblement, Alan Rickman aussi, des deux côtés de la caméra.

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