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MATE-ME POR FAVOR
de Anita Rocha Da Silveira

Entregent, suite (le film sort le 15 mars et nous l'avions envisagé pour notre Semaine Latino 6, donc, lien de visionnement gentiment fourni par le distributeur). Je l'ai donc regardé ce matin.
Et j'en reste très... perplexe.
Pour savoir si d'autres l'avaient vu et s'ils l'avaient aimé ou non (car moi, j'avais le sentiment que ça m'avait entre agacé et énervé, avec pourtant une modulation induite par la toute dernière scène). Et les quelques critiques que j'ai trouvées en surfant (je vous mets même les liens : (filmdeculte.com, ungrandmoment.be, mad-movies.com, chaosreigns.fr)) sembleraient  aller dans le sens contraire : tout le monde a l'air d'avoir plus ou moins a-do-ré ça.
Voyons voyons : quelque part au Brésil, (à Rio de Janeiro, quoi) des jeunes gens (surtout des jeunes filles) se font mystérieusement et successivement assassiner, toujours au même endroit, dans un genre de terrain vague (ou de, comment disait Dominique ? ah oui... de "friche industrielle). Un groupe de copines s'intéresse à l'affaire, dont fait partie Bia, l'héroïne, la seule qui soit, en même temps connectée à deux personnages masculins (on pourrait dire "aux deux personnages masculins principaux") : Felipe, son amant catho (aux hésitations de jouvencelle sur le bien-fondé de faire des cochonneries dans les toilettes -ou ailleurs- avant le mariage) et Joao, son frère, addict au web et amoureux obsessionnel d'une adolescente disparue. Plus le temps passe et plus les cadavres s'amoncellent (sans qu'aucune force de police pourtant ne s'en inquiète et/ou émeuve), plus les jeunes filles frissonnent et gambergent, et plus notre héroïne file un étrange coton...
Voilà pour le pitch. Après, il serait aventureux de vouloir raconter autre chose (et surtout de le pouvoir). En regardant le film , j'ai eu le sentiment que le montage était si cahotique (je ne dirais pas calamiteux mais presque) que plus ça va et plus on n'y comprend rien. (La réalisatrice en touche deux mots sur allocinoche, en expliquant que comme il s'agissait d'une coproduction Argentine/Brésil, elle a d'abord dû travailler avec un monteur argentin, qui voulait en faire un "film commercial", et que ça s'est donc très mal passé, qu'elle l'a  tué (je plaisante comme dans le film) viré, et qu'elle a fini le montage au Brésil toute seule comme une grande avec une copine (-brésilienne-...)
Bon, le film plaît. On vante la fraîcheur et l'originalité du produit. La plupart des critiques évoquent un "kaléidoscope pop et acidulé". Soit. Je pense qu'ils doivent avoir l'âge du rôle, et être sans doute eux-aussi jeunes pop et acidulés. En ce qui me concerne, (qui dois donc avoir au minimum deux fois leur âge), j'aurais plutôt qualifié ça de joyeux foutoir et de grand n'importe-quoi. Déjà, la collaboration Argentine/Brésil, j'avais trouvé ça étonnant. Et le film est comme tiraillé. Ensuite je me dis que, effectivement il y a des éléments non miscibles dans le scénario et le traitement de l'histoire, ce qui donne ce sentiment étrange de coq-à-l'âner en permanence.
Plus le film avance et plus il m'évoque un Scream sans masque et sans couteau ou un It follows sans zombie atone. Avec un peu de Gregg Araki par ci (la vie de lycée en couleurs flashy) ou un peu de Kleber Mendonça Filho par là (le sang qui coule). Et beaucoup de sauce telenovela pour napper le tout (ou de "satire de telenovela", voyez la nuance, mais qui pour moine fait pas vraiment de différence). J'ai eu la pénible impression que le film durait quatre heures, alors qu'il n'en fait même pas deux. Une succession de scènes pas déplaisantes prises individuellement mais dont la mise bout à bout donne parfois l'impression qu'on a utilisé la touche random pour le montage. Oui, plein de choses intéressantes, souvent, mais dont l'agencement ne fonctionne pas. (Enfin, pas toujours) Ah pourquoi ci ? Et pourquoi ça donc maintenant ? Mais qu'est-ce qu'elle a donc voulu dire ? (comme si la réalisatrice avait eu du mal à faire des choix.)
Peut-être que c'est juste moi qui suis  trop vieux, hein, et que le film va cartonner chez les adolescents (le cocktail hormones au taquet / réseaux sociaux / meurtres mystérieux doit être plus alléchant pour eux que pour moi. En parlant d'hormones, je n'ai pas vraiment chronométré ni tenu la liste mais c'est incroyable le nombre de plans où ils se roulent des pelles : ça doit bien occuper un tiers du film!) Ciel! Vieillis-je et ne comprends-je plus rien au jeunisme (ou à la jeunerie ?) pour passer mon temps à ronchonner et cracher mon venin ? (Pierre Murat, sors de mon corps!). Peut-être y aurait-il aussi une métaphore sur la façon dont la (belle) jeunesse s'abîme (à force, justement, de trop se rouler de galoches ?), tant le nombre de plaies hématomes coupures et pansements divers bourgeonne et fleurit au fil du film qui passe...
Donc, vous irez voir, et vous me confirmerez après si je suis un vieux con ou quoi.

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comme diarit allocinoche : "Si vous avez aimé..., alors vous pourriez aimer...

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