lundi 6 mars 2017

partisan

063
PERE
de Istvan Szabo

(On continue dans la découverte de pépites grâce à Uncut.) Un film hongrois de 1966, par un réalisateur dont je ne connaissais que Mephisto et Colonel Redl (très bien tous les deux, même si j'en ai peu de souvenirs). Le cinéma hongrois, c'est plutôt rare, et j'ai donc comme on dit risqué un oeil.
Bonne pioche. Un beau noir et blanc. L'histoire d'un gamin dont le père est  mort en 1946 lors de la prise de Budapest, mais qui n'a de cesse de faire revivre ce fameux père, de par l'admiration qu'il lui porte et la fertilitude de son imagination. le gamin réinvente des épisodes la vie du fameux papa (qui est alors reconstituée filmiquement sous nos yeux) et c'est assez délicieux.
Plus tard, le gamin est devenu un jeune homme, mais a toujours autant besoin de rêver (et de mentir), même lorsqu'il rencontre Esther, une jeune juive qui a perdu son père en camp de concentration, il ne peut s'empêcher de lui raconter des bobards.
Ils se sont rencontrés sur le tournage d'un film, à propos, justement de la déportation des Juifs (une scène fascinante, à propos de la reconstitution, et, justement, des mensonges : le jeune homme passera ainsi sans tradition d'un rôle de déporté à celui de soldat allemand. il suffit d'enlever une étoile et de lui donner une casquette et un fusil...)
Un film qui mérite d'être re-découvert (et du coup, il me semble en avoir vu quelques autres -du même réalistaeur- sur Uncut). Un film étonnamment "moderne", qui sent sa "nouvelle vague des pays de l'Est" (ce qui n'est absolument pas péjoratif, je pense à Forman, à Skolimowski, ou, en littérature, à Kundera...), un cinéma élégant  et joueur qui fait le (beau) portrait d'un menteur "pour la bonne cause"....

174050

Posté par chori à 06:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]