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THE LOST CITY OF Z
de James Gray

James Gray, on connaît bien. Depuis le début. Cinq films, de Little Odessa (1993) à The Immigrant (2013). Un univers familier : ambiance noire, polar, morts violentes, rapports père/fils, histoire d'amour, et avec, dans presque tous, la présence reconnaissable de Joaquin Phoenix (que j'aime vraiment beaucoup...). Déjà dans The immigrant, il nous avait surpris en nous la jouant "en costumes" (mais toujours avec Jojo), et voilà qu'il fait un nouvel écart, pour nous surprendre encore plus, puisque si c'est bien "en costumes" (les 25 premières années du siècle précédent), c'est totalement sans Joaquin Phoenix. Mais beaucoup coup dans la jungle (terrible jungle... air connu).
On sera, donc, beaucoup en Bolivie, avec ce Fawcett (Bon sang mais c'est bien sûr! Ting!  Fawcett... comme dans "Sur la piste de Fawcett"*, la troisième aventure de Bob Morane ??? Ooooh je rajeunis...), un major anglais chargé de cartographier un peu plus précisément le pays, puisqu'à ce moment la carte en est quasiment encore vierge. Et qui va partir crapahuter dans la jungle une fois, puis deux, puis etc. (vous avez compris le système). La jungle mystérieuse, l'occidental qui devient fou d'elle... On pense à Kinski et Werner Herzog, bien sûr, on pense à L'étreinte du serpent, vu l'année dernière, on pense à La forêt d'émeraude de John Boorman (pas vu mais on en avait tellement parlé à l'époque) et on en arrive même à évoquer Spielberg et Indiana Jones, voire même Coppola et Apocalypse now !
James Gray se maintient largement à la hauteur de ses illustres prédécesseurs. En encrant d'abord longuement son récit dans la société victorienne à l'étiquette aussi rigide que les baleines des corsets de ses femmes, où les codes sociaux prennent le pas (le poids) sur toute initiative personnelle, où cette expédition cartographique en Bolivie est d'abord présentée à notre héros comme un moyen d'améliorer son rang social, de s'élever en "rachetant" les erreurs de son père. En lui permettant, ensuite, de changer d'air, à pleins poumons, de respirer plus librement,  et de vivre toutes ces aventures des hardis explorateurs de notre/son enfance.
Spectateurs, nous aurons la folie verte, les bestioles, les pirogues, les piranhas, l'attaque des indigènes mystérieux dans la forêt profonde sous une pluie de flèches vindicatives, les bestioles, les mille dangers qu'il faut braver pour parvenir jusqu'au fin fond, et là trouver des fragments de poteries, et entendre mentionner par les autochtones une mystérieuse Cité d'or. Avant d'être obligé de rebrousser chemin et de rentrer.
L'aventure, c'est l'aventuuuuuuure semble chanter à pleins poumons notre Fawcett (et le réalisateur en deuxième voix, qui l'accompagne.) Un plaisir de gosse, qu'il s'est fait, qu'il nous fait. Avec un point d'orgue nocturne et mystique dans la magnifique dernière scène, la nuit, les torches (connaissez-vous la nouvelle de Julio Cortazar La nuit face au ciel ?)

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