jeudi 10 août 2017

on n'est pas bien, là, à la fraîche...

CABADZI X BLIER

Grande

jpg-Cabadzi-article

Le titre du concert se lit "Cabadzi fois Blier". C'est, encore une fois, justement, grâce à Catherine qu'on a eu la chance de se retrouver là. Pour ses avant-dernières grandes vacances, lui est venu le goût d'expérimenter les festivals locaux, ou, en tout cas, pas trop loin, et j'ai eu le grand bonheur de jouer à chaque fois les accompagnateurs : Musicoul  (ça, c'est chez nous), Les Estivales (ça aussi ou presque, Les Eurocks, La guerre du son, et, cette fois, Le chien à Plumes.
On y (re) venait plus spécialement pour un concert, celui de Cabadzi, même s'il était annoncé à 1h15. On a assisté à tout, de 17h (Lisa Leblanc, on a pensé à Emma) à 23h (Las Aves, on a pensé à Manue). Il faisait  beau, on était bien, il y avait plein de jeunes gens torse-nu, à la démarche plus ou moins assurée, on a bu des bières locales (au prix quasiment de celles des Eurocks, il faudrait un peu qu'ils se calment, tous, avec le prix de la bière, dans les festivals, non ?).
A la fin de Las Aves, j'ai zappé Matt Bastard sur la grande scène parce que je voulais être sur d'être tout devant pour Cabadzi, contre la barrière, comme pour Fauve il y a deux ans. J'avais envisagé de piquer un roupillon mais j'ai finalement assisté à quasiment toute l'installation du concert à venir (en journée on voit des roadies concentrés et efficaces qui s'affairent, torse-poil, avec l'élastique du calbute qui dépasse du short, j'adôôre ça), l'installation du décor (un cube avec des parois déplaçables en fils parallèles sur lesquelles on peut projeter des choses), les réglages son, lumière, avec même les interventions des deux mecs de Cabadzi en personne, dont un notamment qui passa un long moment à peigner les fils de la structure pour qu'ils soient bien parallèles et impeccables comme il faut.

c,5,0,1380,776-cr,1380,720-q,85-714edd

Et le temps a passé, et voilà il est déjà 1h30 (je m'étonne moi-même), et ça commence...
On est idéalement installés, bien calés contre la barrière, quasiment au milieu, et c'est un sentiment jubilatoire de n'être, ainsi, qu'à quelques mètres d'eux. Ca démarre et hop tout de suite on est dedans. Quelque chose se passe, qui vous happe, vous enveloppe, vous agrippe et ne vous lâchera plus jusqu'à la fin. Cabazi x Blier, c'est bien plus qu'un concert. C'est Cabadzi qui joue, mais sur des mots de Bertrand Blier (et c'est une excellente occasion de revisiter sa filmo), avec des images des films de Blier, retravaillées façon croquis (et animées lors des projections dont j'ai parlé plus haut, sur les fils), et des voix de ses films, aussi, parfois reconnues (Depardieu) et parfois pas..., dans une scénographie millimétrée, impeccable, imparable, impitoyable pour vous harponner et vous tournebouler, un concert scénarisé, (un scéanr concertisé ?) bref une performance ahurissante* ...
Un show d'une force et d'une intensité (d'un volume sonore) sidérantes, qui enchaîne les morceaux -de bravoure- sans débander ("on bandera quand on aura envie de bander..."), je ne me souviens pas de tout, mais une mention spéciale pour un Danser (pas sûr du titre) d'une si haute volée qu'il m'en fit venir les larmes aux yeux). Au tout début du show, tellement ça tapait fort, -oui on était très près- j'avais pris mes petits bouchons, mais je les ai vite re-ôtés, pour me sentir mieux dedans, encore plus fort, encore plus profond.
Je pense que la proximité décuple les sensations quand on assiste à un concert (qui vous plaît, bien sur) et là, j'ai retrouvé l'intensité des sensations éprouvées quand on était tout près de Fauve, la même ferveur, même si ce qui se jouait sur scène était complètement différent. Il faut avoir les couilles pour oser, ainsi, faire un spectacle à deux avec juste voix, batterie, électro, et beatbox (on ne verra pas la queue d'une guitare sur scène, ce qui est assez rare pour être souligné!) Et ces deux mecs sont vraiment fabuleux : Victorien Bitaudeau (batterie, beatbox, vocaux) et Olivier Garnier (chant, claviers), et on a juste envie de leur crier "On vous aime les mecs!".
Je me suis rendu compte que je ne (re)connaissais pas si bien que ça les citations de Blier, mais ce qui fait du bien, c'est la façon dpnt les deux Cabadzi se les ont appropriées, les ont intégrées, digérées, recrachées, extégrées... Ce show a été pour moi une véritable grosse baffe, un gigantesque coup de coeur, et la rigueur de la préparation, de la scéno, ne bride à aucun moment la vigueur et l'énergie du propos, bien au contraire...
Une heure qui passe très, trop, vite, j'ai repiqué là la liste des morceaux de l'album, qui sont tous joués sur scène : Bouche /oui / grave / polaroïd / un deux trois / reste / rouge / jamais / fatiguée / bain / dansable

Et, comme pour un vrai film, il faut rester jusqu'au bout du générique (que j'ai récupéré sur le site de La Manufacture) :

Distribution
Cabadzi (Olivier Garnier et Victorien Bitaudeau)
Texte/auteur : Bertrand Blier
Musique : Cabadzi
Conception lumière et scénographie : Cyrille Dupont
Régie lumière : Noémie Crespel                
Régie sonore : Patrice Guillerme
Régie plateau : Antony Revon / Vincent Potreau
Illustrations : Adams Carvalho
Conception vidéo : Maxime Bruneel pour Eddy (animation) et Marian Landriève

Oui ce concert fut pour moi une vraie secousse, une déflagration, un absolu condensé de plaisir puisque mêlant la voix, l'électro, l'émotion, la percussion,l'énergie,  le cinéma, l'émotion encore, le cul, l'amour, la tendresse, la colère, l'émotion toujours, oui, quelque chose qui m'a vraiment submergé (et, visiblement, Catherine était à peu près dans le même état).J'étais tellement sous le choc et j'avais tellement envie d'en profiter directement (d'en jouir), de rester dedans,  que j'ai complètement oublié de filmer (je n'ai du coup que quelques secondes...).

l'album sortira fin septembre (est annoncée une édition luxueuse, avec cd, carnet, cartes postales, affiche, tote-bag, tout ça fait à la main, amoureusement, dans cet esprit artisanal qui caractérisait déjà les editions de leurs cd précédents -pour Des angles et des épines ils ont écrit 6000 mots doux à la main, chacun glissé dans un des coffrets, oui, de l'amour vous dis-je!-

* (éblouissante, incroyable, invraisemblable...)

Posté par chori à 11:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]