mercredi 30 août 2017

qu'est-ce que vous faites assis dans les toilettes ?

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LIEUX SAINTS
d'Alain Cavalier

Retour ce matin à l'excellent Uncut, un peu délaissé ces dernières semaines. Je passais pour voir le nouveau programme de la semaine et je tombe sur ce titre -et l'image qui l'accompagne- , et la fiche du film m'apprend qu'il s'agit d'un film de 32' et de 2009. Et je le regarde illico, avant même de descendre pour petit-déjeuner.
On ne peut pas vraiment le qualifier de "documentaire", il s'agit plutôt d'un genre de journal intime, filmé uniquement dans les toilettes, tout un tas de toilettes, chez lui, chez des gens, dans des bars, à la maison de retraite..., avec les réflexions qui les accompagnent, souvenirs, observations, rêveries, confidences...
Alain Cavalier, je l'ai déjà dit et je le répète, j'aime vraiment beaucoup ce monsieur-là, pour sa singularité (sa spécificité) cinématographique(s). De rendre à l'image tout son pouvoir, à l'acte de regarder aussi, et, donc, de montrer. Cette démarche m'enchante, d'observateur et de commentateur. La voix de Cavalier qui accompagne le filmage de deux pastilles bleues et d'une cigarette abandonnées au fond d'un urinoir d'un "q(donner) de la valeur à la vie, aux preuves de la vie" (à propos de la présence de sa mère, qui vient de décéder) m'enchante. Ce trublion qui s'amuse avec sa caméra et n'en fait qu'à sa tête.
on pourrait croire qu'il ne parle qu'à lui, qu'il ne parle que de lui, pas du tout du tout.
Les "lieux d'aisance"  sont ici le prétexte, le point de départ, le rivage depuis lequel il fait des ricochets. Comme on rêvasse quand on y est soit même, y faisant ce qu'on a à y faire. Et c'est très agréable.

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mardi 29 août 2017

le (faux) sang dans la baignoire

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120 BATTEMENTS PAR MINUTE
de Robin Campillo

En sortie nationale dans le bôô cinéma. Séance du soir, avec Catherine et Manue.
On parle beaucoup du film, on en a beaucoup parlé à Cannes, et ici du coup on est contents d'avoir un film qui fasse le buzz, même si ça ne se bouscule pas dans la salle (et que- consternation- il y a toujours des gens qui commentent et/ou ricanassent devant une scène d'amour entre mecs).
Le film est long mais ça ne se ressent pas du tout. Pourtant il s'agit (du moins la première partie) surtout de scènes d'A.G, de discussions, de prises de paroles et de claquements de doigts (pour exprimer son approbation au lieu d'applaudir). Il est question du mouvement Act Up, et de ses militants, pas tout à fait à la création du mouvement, mais quelques mois après. Les années 90,  Mitterrand, Fabius, le sang contaminé, le sida, la Gay pride, Bronski Beat... Ces militants, ils sont sur tous les fronts, et mettent en place des actions, le plus souvent spectaculaires et radicales. (et parisiennes, car il s'agit d'Act Up Paris, et je vous invite/incite à lire d'urgence ici l'intervention de Didier Lestrade, président du mouvement de 89 à 92). Silence = Death, c'est eux, l'utilisation comme logo du triangle rose la pointe relevée c'est eux aussi, et la capote  géante sur l'obélisque,vous ne pouvez pas avoir oublié ça...
La lutte pour les droits des LGBT (maintenant on doit dire LGBTQI) s'est construite sur plusieurs vagues successives : j'ai été (un peu) plus concerné par celle du FHAR (front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) dans les années 70 que par celle d'Act Up, justement (on était loin, on vivait en province, on ne savait pas vraiment ce qui se passait, on ne s'en souciait pas trop, on avait trente ans quoi...) donc il est indispensable et salutaire que Robin Campillo (qui fut acteur du mouvement) nous rafraîchisse un peu la mémoire sur tout ça : le sida, le black-out des pouvoirs publics, l'incurie du gouvernement, les saloperies des laboratoires... Et d'entendre aussi des mots comme "séropo". Non le sida n'est pas banalisé comme semblent vouloir le croire les jeunes générations, ce n'est pas une maladie anodine. Tout ça m'a ramené au très très  beau livre de Jonas Gardell N'essuie jamais de larmes sans gants, qui raconte à peu près la même histoire, (sauf que ça se passe  en Suède), et que je vous exhorte à lire (prévoyez suffisamment de temps, il est très long...)
Mais revenons au beau film de Robin Campillo. Il est brillamment construit, nous exposant d'abord les protagonistes en tant que militants, véritables acteurs d'une contestation pugnace, obstinée, en les dotant progressivement d'un background affectif, amoureux, familial, en plus du politique.
Et, comme dans N'essuie jamais de larmes..., il se focalise sur un couple, plus précisément, celui de Sean (le séropo) et de Nathan (le séroneg). Si Arnaud Valois est très bien dans le rôle de Nathan, Nahuel Perez Biscayart  (qu'on avait découvert -et adoré- ici dans le touchant Je suis à toi, projeté lors d'une Belge Semaine, dans le rôle d'une crevette-gigolo-argentin qui déboulait dans la vie tranquille d'un gros boulanger belge) est vraiment magnifique (et c'est mérité qu'il soit sur l'affiche, tant il est le coeur (corps) battant du  film...). On en oublierait presque Adèle Haenel, c'est dire (elle, je l'adore toujours autant, je le dis et je le répète), qui se tient aimablement presque sur la touche, en marge de ce qui est surtout l'histoire "des garçons".
La deuxième partie, donc, est plus grave (et encore plus forte) puisqu'elle accompagne Sean et Nathan jusqu'au bout, oui, jusqu'au bout du bout (j'ai trouvé la toute dernière scène, avant un générique de fin totalement silencieux, tout à fait sublime, et j'aimerais revoir le film pour ça. Et peut-être aussi pour essayer de comprendre le pourquoi de l'inimitié persistante entre Sean et Thibaut, le président du groupe -dans le sens Sean/Thibaut-)
Me restera aussi la vision très forte (et plastiquement parfaite) d'un fleuve rubis, et, last but not least, le grand plaisir de réécouter Small Town Boy de Bronski Beat, dans un remix d'Arnaud Rebotini, qui signe par ailleurs la musique du film. "To your soul... to your soul..."
Et se dire, comme on l'a fait avec Catherine ce midi, qu'accorder la Palme d'Or plutôt que le Grand Prix (où il succède à Xavier Dolan en 2016... Tss tss le grand prix serait-il follement gay ?) à Cannes aurait été un geste  politique autrement plus fort...

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Sean et Nathan

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jeudi 24 août 2017

les oies dans la baignoire (de sang)

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ON THE MILKY ROAD
d'Emir Kusturica

Ca faisait un bail qu'on n'avait pas eu de nouvelles de Kustu. Ou, du moins, que je n'en avais pas pris. J'ai l'impression d'en avoir raté quelques-uns des derniers (ou, si je les ai vus, de les avoir oubliés). Je me souviens de l'avoir vu comme acteur il n'y a pas si longtemps dans 7 Jours à la Havane, où il jouait son propre rôle, et comme réalisateur il faut remonter à 2004 (La vie est un miracle) ou, encore mieux, à 2001 pour le très très aimé Super 8 Stories, un doc "rugueux" en noir et blanc sur le No Smoking Orchestra, son groupe...
Cet homme-là a quand même gagné la Palme d'Or à Cannes et autres menues friandises, et voilà qu'il sort un nouveau film et que beaucoup regardent ailleurs en sifflottant, voilà qu'il ne semble plus être en odeur de sainteté, et que la critique parisienne en escarpins vernis et perruques de courtisans se met à faire la fine bouche, à se pincer le nez, à l'expédier manu militari en quelques lignes assassines sur le ton de "Ah quand même c'était -bien- mieux avant..."
J'y suis allé le dernier jour, pas très sûr de mon coup, donc, et Catherine à midi, pas hyper-enthousiaste non plus, ne m'avait pas  beaucoup plus rassuré. Et voilà qu'Emma arrive au débotté dans la salle juste au moment où le film commence, et que je l'installe à côté de moi, et ça démarre plein pot. On n'est pas dépaysé, tout de suite on en prend plein les oreilles, et les yeux aussi. Toute une ménagerie : un faucon, un troupeau d'oies, un cochon qu'on va saigner, des mouches, un âne, un serpent qui boit du lait, pas de doute on est bien dans le Kusturica Land. Et c'est plutôt plaisant comme retrouvailles (et entrée en matière).
Au générique, on a vu qu'il y avait principalement Monica (Bellucci) et Emir. Lui est laitier et débonnaire, elle émigrée italienne et avenante. Elle est là pour épouser le frère de la femme qu'Emir est censé épouser le même jour. Une guérillère athlétique. Le frère est à la guerre, et on attend donc qu'il en revienne. Car la guerre est là, autour, partout, tout le temps, une bonne guerre bien imbécile où chacun pense que c'est la faute de l'autre, où on affronte un ennemi invisible, mais surtout où chacun continue aveuglément de la faire, même les civils, surtout les civils. Volatiles, musique, alcool, guerre et amour, bref the show must go on...
Les oies cancanent, la musique tzigane, et les mecs défouraillent. Des trognes, des matrones, des beuveries, et toujours une certaine même bonne humeur balkanique expansive et explosive. Pas dépaysés, je vous l'avais dit...

La paix est déclarée, et le frérot revient, les deux mariages se préparent (le frérot en question a des airs de Saddam Hussein, et sans doute le même sens de l'humour), sauf qu'on sent que aïe aïe aïe le laitier est plus attiré par la belle italienne que par la pasionaria serbe (celle qui elle est gymnaste et révolvériste). Et voilà que tout va voler en éclats et partir en fumée avec l'irruption de "vrais" soldats (avec du camouflage sur la figure et des kalach') qui vont mettre le mariage à feu et à sang (la même chose que j'ai déjà vue dans un autre film des pays de l'Est dont je n'arrive pas à me souvenir du titre). Emir et Monica s'enfuient, poursuivis par trois soldats, jusqu'à la fin du film... Par monts et par vaux (et par moutons aussi), sur terre et dans les airs (et sous l'eau aussi...)

On regarde tout ça, en pleine immersion, (le dolby dans la salle augmente encore plus cette sensation), béat, alternant sourire et larmes, heureux comme des gamins devant leur première histoire de Tintin (ah, les pailles pour respirer sous l'eau...). C'est vrai que, question scénar, on a déjà eu affaire à plus complexe... Mais la mise en scène se déploie, flamboie, rutile, et, question d'équilibre, si certaines scènes sont monumentalement belles, d'autres tout aussi épouvantablement dégueulasses. On suit, on avance, on tient la main qu'Emir nous a tendue, on s'envole sans perdre des yeux la robe de mariée que Monica a ôtée, ça zigzague ça louvoie, ça se convulse, comme ce gros serpent un peu insistamment récurrent (et plutôt moche, en plus) mais on reste toujours accroché derrière.

Le programme kusturicien est respecté à la lettre, et même s'il en fait des fois un poil trop, tout ça est compensé par le lyrisme déglingos de l'ensemble (et il a même la gentillesse, Emirchounet, d'apparaître -enfin!- barbu, comme je l'aime, dans la dernière scène, que je trouve, personnellement, magnifique...) alors pourquoi alors bouder notre plaisir ?

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Je cite quand même les Cahiaîs (cités par allocinoche) :
"Tout semble ici si kitsch, fatigué, faux et forcé qu’il semble peu probable que Kusturica nous inflige à nouveau ce genre de mascarade sans révéler, sous le vernis décati de ses atroces visions numériques, l’obscénité idéologique de ce cinéma."
oh et puis le Figharo, tiens aussi (allocinoche again) :
"Ici, le trop-plein étouffe. Pour rien. Il faut être juste, Kusturica a une qualité: la galanterie. Il est encore plus mauvais que Monica Bellucci. Ça n'était pas gagné."

Si c'est pas du dézinguage en règle, ça...

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mercredi 23 août 2017

dédicace

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RETOUR A MONTAUK
de Volker Schloendorf

Celui-là, je sais, je sais, je suis inexcusable, je me suis endormi pile-poil à l'endroit où, justement, il n'aurait pas fallu s'endormir... celui, où, justement, ils retournent à Montauk, et que j'ai ainsi perdu la quintessene du récit. Pourtant jusque-là je m'étais très bien comporté.
un écrivain allemand vient à New-York pour une tournée de promo pour son nouveau bouquin, (et les séries de dédicaces qui vont avec). Il y est pris en charge par son attachée de presse (jeune et mimi), il y retrouve la femme qu'il aime, mais avec qui il ne vit pas (jeune et mimi aussi) mais surtout il retrouve, par hasard, une femme qu'il aima (et que lâchement il abandonna). Librairies, cocktails mondains, bars branchouilles, appartement de haut standing, il fait la tournée des grands-ducs, répartissant son temps entre l'attachée, l'actuelle et l'ancienne, et les choses, évidemment, ne sont pas si simples... Surtout quand il commence à mentir à la deuxième avec l'aide la première pour aller retrouver la trosième en cachette.
Bon j'ai manqué l'essentiel, et donc le film n'avait plus guère de sens pour moi hélas, oui, je suis passé à côté, et entièrement de ma faute.
Photos, faute de mieux :

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Oui, je suis désolé d'être passé à côté...

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mardi 22 août 2017

prendre un bain (dans une baignoire)

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TENUE DE SOIREE
de Bertrand Blier

Je l'avais vu à sa sortie (il y a trente-et-un ans, quand même!), j'avais bien aimé, mais un je-sais-putain-de-pas-quoi m'avait empêché, à l'époque, de l'adorer complètement, comme il le mérite, sans doute parce qu'à l'époque j'idéalisais encore suffisamment l'amour pour ne pas être un peu dérangé aux entournures par la vision qu'en donne Blier (vision dont je suis, à présent, tout à fait solidaire), une version amère et lucide, un état des lieux dévastateurs, un saccage salutaire. Blier dévaste, sans prendre de gants, il fonce, il va jusqu'au bout, et le film, à la manière de Buffet froid et peut-être encore mieux, nous empoigne et ne nous lâche plus (il nous tient par les couilles pourrait être un bon équivalent, car si le discours de Blier peut toujours autant être taxé de misogyne ou phallocrate, la suavité avec laquelle, par exemple, Gros Gégé fait passer les dialogues, le rend toujours aussi salutaire : cru, acide, lucide, mais tellement bon en bouche). De bout en bout.
Le film s'ouvre sur une scène d'anthologie (le monologue de Miou-Miou) et se clôt sur une autre (les trois putes au bar), tout aussi anthologique (c'est même ma préférée du film), mais c'est quasiment aussi fort tout du long, et le trio principal, Blanc, Depardieu, Miou-Miou (je les ai rangés par ordre alphabétique par ce que ne peux pas les désolidariser) est phénoménalement en état de grâce (j'ai appris qu'à l'origine, le projet s'appelait Rimmel, et que si Dewaere ne s'était pas foutu en l'air, c'est lui qui aurait joué le rôle, reconstituant ainsi le trio des Valseuses).
Je l'avais un peu oublié, ce film, et c'est l'excellent Cabadzi x Blier, au Chien à Plumes, qui me l'a remis en mémoire... Et voilà qu'en rentrant du Perche, je m'installe sur le canapé, je zappe, et qu'est-ce qui démarrait juste sur ma chaîne Ciné préférée ? Tenue de soirée, bien sûr! Quel beau hasard, quelle douce coïncidence! Je suis resté là, ravi, de a jusqu'à z, et je me suis ré-ga-lé (et j'ai joué à repérer les lignes de dialogue que Cabadzi a phagocytées).
Le film est court, et donc il va vite. Bam bam bam il galope il enchaîne il fait mouche. un couple "normal" devient ménage à trois, puis à deux plus un, puis deux moins un, etc. Blier joue avec l'arithmétique amoureuse, physique et/ou sentimentale, où tout, ou presque pourrait être monnaie d'échange, ou plutôt marchandise. Le cul et le fric. Les biffetons volent, l'amour va et vient, les sentiments ne sont pas forcément payés en retour... "L'amour physique est sans issue" a écrit Gainsbourg, qui signe d'ailleurs la musique du film (pour laquelle il faut tout de même reconnaître qu'il ne s'est pas trop foulé).
Bon, il y a toujours un petit truc qui me gêne dans le film, c'est la place (le rôle) que la femm y tient. Miou-Miou n'est pas très gâtée avec son personnage mais l'assume (l'assure) avec brio. Mais Blier reste cohérent (logique) en traitant de la même façon le personnage de Michel Blanc lorsqu'Antoine devient Antoinette (et je continue de trouver que son incarnation est magistrale). Depardieu, est, quant à lui, quasiment (idéalement) jupitérien. (Téléramuche dirait "au-delà des superlatifs"). Et quel bonheur de voir passer Jean-François Stévenin, Jean-Pierre Marielle et Caroline Sihol, Bruno Cremer, tous magnifiques eux-aussi dans leurs interventions.
De l'amour considéré comme un cambriolage. De l'effraction érigée en preuve d'affection. Du grand art.

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lundi 21 août 2017

abc du perche

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2 comme 205
("On prend la 205 ?")

A comme ALBIZIA

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A comme AOÛTATS
(beaucoup furent piqués...)

B comme BANC ROUGE
(celui qui est au fond du jardin, au bord de l'Huisne)

B comme BANC VERT
(celui que Malou a acheté au vide-grenier)

B comme BELLOU
(ça rime avec Malou, et c'est très bien comme ça...)

B comme BEURRE DE KARITÉ

B comme BOUDIN
(celui de Rémalard ne fut pas mal non plus...)

B comme BOURGUEUIL
(le vin que souhaita Dominique)

C comme COMPOST
("Et ça, ça va dans le compost ?")

C comme CONSOUDE
(la sole végétale)

E comme ÉTRILLES
(J'ai tout bien mangé, même le jus marron!)

G comme GUÊPES

H comme HUISNE
(qui coule au fond du jardin)

I comme ITINERAIRE BALISÉ
(bien souvent un peu désinvoltement)

K comme KALANCHOE
(la plante qui s'auto-multiplie)

L comme LAGAVULIN
(mon whisky préféré, que Pascal prodigua...)

M comme MÉTÉO
(qu'on consulta chaque matin et même, ensuite, plusieurs fois par jour)

M comme MOULICENT

M comme MÛRES

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O comme OKEY

O comme ON NE SE RESSERT PAS
(Sauf pour les légumes. Et dérogation aussi quand il faut absolument finir le plat)

O comme ON VA FAIRE UNE GRANDE BALADE

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P comme PLANTAIN
(souverain contre à peu près tout)

P comme PUNTI
(plat auvergnat adapté par Alissa)

P comme PURÉE-FARINE
(une des spécialités de Pascal)

R comme RÉMALARD
(pour le pain, le boudin, et le marché nocturne)

S comme SCRABBLE

S comme SIESTE
(en principe de 15h jusqu'à...)

S comme SORBET (AUX MÛRES)
(une merveille)

S comme SPRITZ

T comme TRIOMINO

V comme VIDE-GRENIER

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Z comme ZAZOUNETTE 
(la reine de la maison...)

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dimanche 20 août 2017

oups!

Mais où avais-je la tête
pour oublier de souhaiter à mon blogchounet chéri chéri
un bon anniversaire (le douzième déjà!)
Le matin à Cuse, l'après-midi de passage à Coulevon, et le soir à Villegusien...

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(douze images du 05/08/17, pour souffler les douze bougies d'anniversaire du blog)

vitelottes / catherine et dominique / radis / vernis / mûres / ipomées /
roadie / catherine / public / ciel bleu / quatuor / oiseau d'emma

 

ce post a été rédigé le 5 août, à la date que je croyais être celle de l'anniv du blogchounet, mais la vraie date, c'est le 20!
peut-être qu'un an de blog egale douze ans d'humain, et donc, qu'à 12x12 = 144 ans,
il est bien normal je sois donc déjà frappé de sénilité ?
Ce post était très bien comme ça, je n'allais pas rechanger la date, les photos, réécrire les légendes
Je l'ai donc gardé au chaud, en l'état, et donc le (re)voilà!
Bon anniversaire, mon blog!

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papa maman

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LOLA PATER
de Nadir Moknèche

(Tiens, c'est drôle, il me semblait que j'avais commencé un post... Y aurait-il un ghost sur ce blog?)
Un jeune homme,moderne rebeu et à chignon de samouraï, assiste à l'enterrement de sa mère, et part à la recherche de son père, qu'il n'a jamais connu. Il retrouve assez facilement sa trace mais est très surpris : ce n'est plus Farid, mais c'est Lola. Son père est devenu femme et enseigne la danse (et, accessoirement, il a la plastique et la voix de Fanny Ardant). D'où étonnement, choc, réaction violente, rejet... mais on ne va pas en rester là.
Un joli film doux qui sert d'écrin à la magnifiquissime Fanny, toute en crinière et en féminité ("Tu n'as pas lésiné sur les nichons...") qui réussit, oui, à nous faire croire à son personnage, et à la possibilité qu'elle ait été un homme, avant...
Il est question d'accorder des pianos (c'est le métier du fiston, qui est très bien lui aussi, avec des airs de Sagamore Stévenin) et donc de se mettre au diapason l'un de l'autre, c'est ce que réussiront père(mère) et fils. A l'éternelle question "Eut-il mieux valu faire jouer un personnage transgenre par un acteur transgenre ?" il sera répondu qu'avec toute autre interprète que Fanny Ardant, le film eut sans doute été moins touchant... Bref, les puristes trancheront.

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samedi 19 août 2017

médaille de communion

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QUE DIOS NOS PERDONE
de Rodrigo Sorogoyen

Un film español, quel bonheur, joder! Un polar, en plus, dont la bande-annonce a suffisamment de cojones pour vous donner envie d'en savoir plus... Et, au Victor Hugo, il était en sortie nationale et j'y suis donc allé (un peu grâce à Emma tout de même). ca se passe en 2011, à Madrid (le film est précisément géo-chrono-localisé puisque 2011 c'est la visite du pape Benoît XVI aux jeunesses communistes oups catholiques madrilènes façon grand-messe "J'ai vu jésus en sortant d'la chapelle..." jouons de la guitare et embrassons-nous youp la boum.
Mais pendant que les cathos effervescent (juste avant pour être plus précis), on fait la connaissance de deux flics, en tandem, (non non ils ne font pas du vélo pffff) qui comme tous les tandems de flics du monde 'enfin, celui des films et des romans dits "noirs") ne sont pas vraiment assortis : d'un côté un bourrin baraqué très très... impulsif (mucho violento, quoi) avec pectoraux apprents sous la chemisette, et en face un partenaire en costard, un peu étriqué, dont on s'aperçoit vite qu'il bégaye (et un peu plus tard qu'il peut lui aussi être sujet à des accès de violence). celui-ci faisant office de cerveau et l'autre étant les muscles de la paire (je n'ai rien dit) qu'ils composent.
Le film démarre très fort, et on sent qu'on va se régaler, et que la bande-annonce ne racontait pas de mentiras. Nos deux lascars vont être amenés à enquêter sur une affaire sordide (une mamie tombée dans un escalier et donc kaputt mais un examen plus approfondi révèle qu'elle a été violée, et par un pénis démesuré en plus...) qui va se révéler reliée à une autre, puis une autre, et une autre encore, et les voilà partis sur les traces d'un fantomatique (et de plus en plus violent) sérial killeur (et violeur) de mamies, chacun avec les méthodes qui lui sont propres, qui le bourre-pif et qui l'examen minutieux à la loupe des fibres du tissu... et la pose de questions à la Columbo ("Mais qui a nourri le chat ?")
Je ne vais pas vous en raconter plus, pour ne pas gâcher votre plaisir, mais dites-vous bien que vous n'êtes pas à l'abri de vos surprises (c'est normal, on est dans un polar, noir, de plus en plus noir, et glauque, de plus en plus glauque aussi). mais le réalisateur est assez malin pour nuancer son propos, et aérer son discours de petites vannes plaisantes (j'avais commencé à taper saillantes, et c'est vrai qu'elles le sont aussi, d'une certaine façon)...
Et il nous balade de droite et de gauche, nous fait valdinguer, nous coupe le soufle dans de brusques accélérations, et même carrément des changements de voie inopinés et des demi-tours au frein à main du scénario. C'est fort, ça roule un peu des mécaniques, c'est noir, et c'est extrêmement violent (très, trop, je suis sans doute chochote mais pour moi deux scènes au moins frisent la complaisance malsaine...).
Mais bon c'est efficace, et du coup on ferme les yeux sur les ficelles du scénario un peu voyantes parfois, en même temps que sur certains excès un peu sanguinolents.
Je ne connaissais pas  Rodrigo Sorogoyen, mais ce film fait plus que nous appâter sur son devenir cinématographique... L'Espagne décidément regonfle son cinéma, avec, ces derniers temps, quelques polars couillus et tonitruants, et mon coeur de Chori ne peut que (triplement) s'en réjouir : J'aime les hommes, j'aime le polar, et j'aime l'España... 

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vendredi 11 août 2017

oppressée

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ANA MON AMOUR
de Calin Peter Netzer

Je l'ai déjà dit 500 000 fois, j'adore le cinéma roumain, et ce film-ci, encore, ne me fera pas mentir. De ce réalisateur (Calin est un joli prénom, non ?), on avait déjà programmé Mère et fils, qu'on avait déjà beaucoup aimé (vu ma taille, j'ai droit au pluriel dit "de majesté", non ?) Familles je vous hais, pourrait-être un leitmotiv de ce cinéma-là, et Ana, mon amour ne faillira pas à la règle. C'est... chirurgical quasiment dans la démarche. En gros ça va de là :

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à là :

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Voilà, tout est dit. ou pourrait l'être. L'histoire d'un couple de a jusqu'à z. Où l'on serait à peu près sûr du a mais pas tout à fait du z. Je m'explique : la chronologie du film n'est pas linéaire, ça serait trop facile, mais... bordélique, mélangeant les moments et les époques (le film s'étire en gros sur 10 ans), et le seul indice un peu patent est capillaire, puisqu'il suffit de regarder le garçon pour savoir à peu près à quel moment de l'histoire on en est.
Deux étudiants qui se rencontrent, dans une chambre de Cité-U (la première scène). et au début tout est merveilleux, c'est bleu c'est rouge c'est Broadway, malgré que leurs familles respectives n'y mettent pas vraiment du leur (chacune à son tour), et le fait que la jeune fille semble affligée d'un problème d'angoisse(s) chroniques(s). Et persistant.
Et sil l'histoire de nos roumains tourtereaux est ainsi mille-feuillée, ce n'est pas juste pour le plaisir de faire confus mais parce que (on l'apprendra très vite, hein, donc je ne spoile pas, et de toutes façons le film ne passe plus hihihi) le monsieur a fini, sur les conseils de sa chère, par aller voir un psy (alors qu'elle a terminé la sienne, que c'est lui, d'ailleurs, qui a payée, contrairement à tous les us en usage dans la relation psy/client) et que donc ce qu'on voit c'est ce qui lui passe par la tête, que ce soient des souvenirs, des rêves, ou autre chose encore.
J'aime le cinéma roumain et j'aime beaucoup, aussi, ce film-là. Et j'aurais aimé d'ailleurs pouvoir le revoir, pour tenter d'éclaircir la question, qui, finalement, nous tarauda, Catherinechounette et moi, à la sortie du cinéma. Il a la rigueur clinique du cinéma roumain "habituel" (il appelle un chat un chat, et quand il faut le montrer, il n'hésite pas à le faire, tous fluides corporels confondus...). Les critiques, toujours aussi agaçants dans leur majorité, ont un peu finebouché (surtout les parizzziens : à propos de la psychanalyse, justement, du manque de finesse et d'originalité de ce biais, de la lourdeur des explications psy et des symboles psy, et des maladies psy et autres touche-psypsy (ça n'est pas de moi, c'était dans un vieux Brian de Palma), mais moi je m'en contrefiche.  J'aime bien cette idée, j'aime  beaucoup comme c'est construit, ces va-et-vient mémoriels, cette tapisserie de dix ans de vie faite de fragments plus ou moins bien recousus entre eux, avec tous les blancs, tous les accrocs,  toutes les questions que ça suscite, et les sentiments mêlés aussi (parfois on est joyeux, ou attendri, ou on s'énerve, ou on est ému, ou on s'agace...), c'est comme la vie, sauf que c'est la vie au cinéma, et qu'on vibre sacrément au diapason des deux personnages principaux (mais de tous ceux qui les accompagnent aussi). Un couple c'est ça, ça peut être ça, c'est sans doute aussi autre chose (je suis assez mal placé pour en parler) mais ce film en est, pour moi, une excellente approche, très... roumaine, voilà.

"Nous sommes de l'étoffe dont les songes sont faits, et notre petite vie est cernée par le sommeil."
(William Shakespeare)

"C'est l'amour, c'est l'amour, c'est l'amour-mour-mour..."
(Léopold Nord et vous)

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Posté par chori à 02:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]