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UN VENT DE LIBERTÉ
de Behnam Behzadi

A Téhéran, Niloufar. Une jeune femme moderne (avec hélas l'inévitable foulard qui me finit par me faire enrager à chaque fois mais bon, surtout qu'ici elles l'ont toutes, et c'est une véritable mer de foulards, qui vous submerge, vous asphyxie...) moderne donc, sans mari ni enfant, avec un job (elle est patronne d'un atelier de couture), un appart' (elle s'occupe de sa vieille mère avec qui elle cohabite), qui de plus vient juste de retrouver un amour de jeunesse, un bel entrepreneur, ça va donc plutôt bien lorsque le film démarre, mais ça ne va pas durer.
On apprend que Téhéran (la ville) est épouvantablement polluée (certains jours les écoles sont ferméesà cause de ça) et que la mamie avient de faire une attaque parce qu'elle est sortie sans précautions et sans sa bouteille d'oxygène. Les toubibs sont formels, elle ne peut plus vivre à Téjéran et doit partir respirer le bon air de la campagne. Le frère et la soeur de Niloufar ont alors une sacrée bonne idée : c'est Niloufar qui va l'accompagner et s'occuper d'elle, dans le trou du cul du monde du nord de l'Iran où la soeurette a une ville qu'elle prête "généreusement" (pour avoir la paix, ne nous voilons pas la face)...
Ca commencer à grincer de diverses dents dans la famille lorsque, à cause des dettes de son frère, Niloufar, déjà pas franchement emballée par la main qu'on lui force, va se trouver dépossédée de son boulot, d'abord, puis, quasiment de son appartement, par son connard de frère, et, comme un malheur n'arrive jamais seul, là voilà qui découvre que son soupirant (le bel entrepreneur) lui a un peu menti, et décide donc de prendre un peu de distance avec lui et de laisser sonner son téléphone...
Niloufar doit faire face simultanément à toutes les emmerdes et elle a besoin d'une sacrée force de caractère pour résister à ce faisceau de sale coups. Mais ça tombe, bien, justement elle l'a, et quand on l'a, justement comme elle, et bien, on se bat...
Un très beau portrait de femme (forte), qui s'achemine pas à pas  jusqu'à une conclusion qu'on peut qualifier de "fin ouverte" puisque aucun(e) d'entre nous ne l'a interprété de la même façon.

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