jeudi 28 septembre 2017

jeunes gens torse-nu

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LES INSHORTABLES VOL 1
LES INSHORTABLES VOL 2
LES INSHORTABLES VOL 3

Trois fois merci à Uncut, pour ces programmes de courts, qui furent présentés en leur temps au Marais Film Festival (et sont distribués par Outplay, une boîte que j'adore...), des films d'horizons et de continents variés, mais autour d'une même thématique grosso-modo : les premiers émois d'adolescents (les garçons).
Ouh que tout ça est mimi et touchant! Deux axes principaux : la tristesse (mal-être, incompréhension, homophobie, violence, répression) et la joie (la tendresse, l'humour, la dérision, la teuf, les roucoulades), assez bien répartis dans les 3 dvd. j'ai bien entendu un faible pour les frémissements  les prémisses et les aveux...
Je mets en gras ceux que j'ai préférés.

vol 1 :
BOYGAME
Anna Nolskog / Suède / 15 min
John et Nicolas ont 15 ans et sont meilleurs amis. Ils sont tous les deux très intéressés par les filles mais se sentent maladroits. Ils décident donc de s’entraîner ensemble…

TOUR DE PISTE
Dylan & Lazlo Tonk / Pays-Bas / 13 min
Deux coéquipiers de l’équipe d’athlétisme font face à l'ultime épreuve de leur amitié.

ÂGE : 17 ANS
Filippo Demarchi / Suisse / 22 min
Matteo, 17 ans, se découvre amoureux de Don Massimo, le jeune prêtre du village qui dirige la fanfare dans laquelle il joue du tambour.

GABRIEL
Benjamin Chimoy / Allem-Espagne / 22 min
Gabriel, jeune adolescent, fait des dessins d’hommes nus et les cache dans sa chambre. Jusqu’au jour où sa mère les découvre…

À L’AUBE
Elin Övergaard / Suède / 7 min
Dans cette belle lumière pâle du matin, il ne serait pas humain de résister à ses émotions et à ses sentiments nouveaux.

NOS HISTOIRES
Anthony Schatteman / Belgique / 6 min
Deux amis, des souvenirs, et des histoires qu’ils auraient pu raconter…

EMBRASSE-MOI
Anthony Schattemann / Belgique / 16 min
Jasper, 17 ans, vit avec sa famille dans une petite ville, où son père est un célèbre chanteur de bals musette. Pas évident d’exister face au poids de cette star locale.

vol 2 :

GAYSIAN 
Austin Wong / Canada / 9 min
Pas facile de draguer lorsqu’on est asiatique et gay.

GOOD MORNING
P. Knegt et S.Dunn / Canada / 10 min
Un jeune trentenaire se réveille le lendemain de son anniversaire et découvre un jeune homme de 17 ans dans son appartement…

MON MEILLEUR AMI
Allan Deberton / Brésil / 17 min
Samedi, premier jour des vacances. Lucas et Felipe décident d’aller à la plage.

O PACOTE
Rafael Aidar / Brésil / 17 min
Léandro, ado brésilien, se lie d’amitié avec Jeff, un camarade de classe. Une relation se tisse entre les deux garçons, mais Jeff a quelque chose d’important à dire à Léandro…

ANTES DE PALAVRAS
Diego Carvalho / Brésil / 17 min
L’attirance grandissante entre Celio et Dario, deux camarades de classe qui sont réunis par une série de rencontres fortuites.

NO NO HOMO
Jerell Rosales / Etats Unis / 3 min
Une séance de cinéma. Deux garçons. Un appétissant seau de pop-corn…

UNICORN
Rodrigo Bellot / Bolivie / 30 min
Un jeune Mennonite risque sa vie, pour échapper à sa communauté stricte et religieuse, pour trouver l’Amour et la Liberté.

vol 3 :

DÉGONFLÉ
Dustin Shroff / Etats-Unis / 5 min
Un petit garçon et son père entrent dans un magasin. Ce dernier lui dit qu'il peut choisir un petit jouet. Le garçon se dirige comme hypnotisé vers un rayon de ballons roses... 

LE SACRE DU PRINTEMPS
Glen Wood / Canada / 11 min
David fait partie d un groupe d'ados qui s'entraîne au vélocross dans la forêt. Il se lie d'amitié avec Jacob, un photographe timide qui a du mal à s'intégrer au groupe...

19 ANS
Madeline Kelly / Australie / 10 min
Un jeune homme de 19 ans encore vierge retrouve un prostitué dans une chambre d'hôtel miteuse. Mais que recherche-t-il ? 

AU DERNIER ETAGE
Edgar A. Romero / Mexique / 12 min
Beto est un petit garçon qui vit chez ses grands-parents. Un jour, il décide d'entrer chez Stephany, que le voisinage ne semble pas apprécier. 

I REALLY LIKE YOU
Jason Karman / Canada / 13 min
Michael tient un restaurant en bordure de route. Il passe une soirée plutôt monotone jusqu'à l'arrivée de Brad, un séduisant jeune homme venu pour dîner... 

BEAT BEAT BEAT
Christin Freitag / Allemagne / 29 min
Fabian est un lycéen ordinaire. Il fait les 400 coups avec ses copains, mais semble s'ennuyer dans cette vie où il peine à trouver sa place. C'est alors qu'il remarque Jakob... 

UN APRES-MIDI
Søren Green / Danemark / 8 min
Deux amis regardent des vidéos de skate. Tout à coup, le brun montre au blond une vidéo de strip-tease...

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mardi 26 septembre 2017

le sang

154
UNE VIE VIOLENTE
de Thierry de Peretti

Un autre film marquant.

(je suis effondré après m'être baladé sur allocinoche pour lire les "critiques" des spectateurs... mon dieu mon dieu quelles abysses de conneries... je vais sécher mes larmes et je reviens)

Un autre film fort et complexe. Et corse, celui-ci. Après Les apaches, qui m'avait déjà enthousiasmé (la critique est ) Thierry de Peretti revient sur le même territoire, et on pourrait presque dire qu'il reprend les mêmes personnages un peu plus tard (ils étaient ados, et là, les voilà adultes). Mais toujours aussi prompts à l'esclandre et l'escarmouche. Ca commence par une exécution, puis ça repart en arrière de quelques années pour exposer la genèse de cette exécution, et ça se termine, une fois que la boucle a été bouclée, (peu de temps après l'exécution et l'enterrement qui a suivi), par un plan-séquence magnifique (le héros), après un autre plan-séquence non moins fort (les mères et la langouste). Les mères parlaient de leurs fils (en mangeant des langoustes) , tandis que la voix-off qui accompagne le héros nous dit du Mc Liam Wilson, à propos de la rage qu'il a en lui.

Sur allocinoche beaucoup de lecteurs dans leurs critiques piaillaient (mieux, piaulaient, comme des poussins abandonnés) parce que soi-disant le film n'est pas assez clair et ne nous raconte pas les choses bien sagement bien rangées, de a jusqu'à z, avec des chapitres et des sous-chapitres voire même des petits alinéas numérotés pour bien qu'on se repère.

Hé bé non! C'est vrai que tout ça apparaît complexe (les situations, les gens, les groupes, les actions) et qu'il faut accepter de lâcher prise question comprenette, juste se laisser porter, transbahuter, chambouler, par le beau et fort cinéma de Thierry de Peretti. On a affaire à beaucoup de personnages (une grande majorité d'hommes) c'est vrai, et la référence àux Apaches fait sens , dans l'exacerbation de ces rapports virils de ces mecs -je faisais dans mon post sur Les Apaches une analogie aviaire, en évoquant les jeunes coqs, ergots dressés, furibards, bataillant pour la domination de la volaille, de la basse-cour (et c'est toujours le même schéma, affrontements, gros flingots, menaces, engueulades, empoignades). Sauf qu'il est aussi (surtout) question de politique, de FNLC, de nationalistes, de terroristes. Et de mafia aussi. Et que les motivations de l'engagement de ces jeunes gens (on peut parler au choix de prise de conscience ou de radicalisation, -cf les scènes de prison-) reposent souvent sur l'amalgame (l'ambiguité) entre les deux (militant et/ou mafieux). Cette violence corse "pur jus" (d'ailleurs la majorité des acteurs le sont, corses pur jus, puisque le réalisateur a composé, comme pour Les Apaches, un casting profondément "local", mélange de professionnels et d'amateurs, authentiques au point que leur accent (corse) ne facilite pas toujours la compréhension, surtout dès que le ton monte) est omniprésente, enracinée  autant qu'elle peut sembler absurde, imbécile, puérile, en tout cas quasiment incompréhensible vue de l'extérieur (= depuis le continent), dans ces luttes intestines et familiales, (et j'avoue me sentir plutôt étranger à ces notions de  codes d'honneur, de "loi du sang") autant elle m'apparaît juste (et justifiée) dans son combat et ses revendications politiques (surtout par rapport au pouvoir "continental", à la façon dont il attise et exacerbe les rivalités insulaires, et à sa position de colonisateur).

(allocinoche, fin : d'autres spectateurs benêts, des pintadeaux sans doute cette fois, se lamentent que ohlala ce n'est pas du vrai cinéma et qu'il n'y a pas de mise en scène et que ça ne fait pas un vrai film et qu'ils se sont ennuyés et patia patia... Oh, c'est à se demander, si, justement, ils en ont déjà vu un, de "vrai film").

J'admire le travail du réalisateur et du chef-op' sur l'image et la force des  cadrages, cette façon de moduler l'espace, (parfois presque de l'asphyxier), d'y faire figurer très souvent un "quelque chose"  qui coupe, qui recadre, qui empêche de voir. Cette manière, aussi, de ralentir les fondus au noir (ou les fondus-enchaînés, je pense notammant à ce plan de la voiture en flammes qui persiste longuement dans le plan suivant), bref d'utiliser -et maîtriser- toutes les ressources de la grammaire cinématographique.
Si le fil narratif initial est simple ("le personnage principal revient en Corse pour assister à l'enterrement de son ami, va-t-il pouvoir en repartir ?) l'oeuvre cinématographique construite autour par le réalisateur est beaucoup plus complexe, et on pourrait filer la métaphore avec la topographie de l'île en question, rocailleuse, accidentée, dangereuse.
Je ne suis pas du tout certain d'avoir tout compris, (dans les luttes intestines et les rapports avec le pouvoir, notamment) mais je peux vous assurer que, pendant, je n'ai pas fermé l'oeil une seconde. Ce qui est (chez moi) plutôt bon signe. Thierry de Peretti a réalisé un film très fort, polyphonique, corsissime. Du vrai cinéma politique. Et ce n'est pas un hasard si Thierry de Peretti, dans une interview, cite Brillante Mendoza, Lav Diaz et Jia Zang-Khe parmi les réalisateurs qu'il aime (desquels il se revendique).

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lundi 25 septembre 2017

maladie belge

153
PETIT PAYSAN
d'Hubert Charuel

Hervé l'avait recommandé dans son édito, Emma avait l'adoré en avant-première, les critiques avaient l'air assez unanimes, on l'avait programmé, et voilà qu'il avait droit à une vingtaine de séances dans le bôô cinéma... j' y suis donc allé à la première séance, plutôt inhabiltuelle, du mercredi à 16 heures... je connaissais l'histoire, mais, vu la façon des critiques de parler à demi-mots de la seconde partie du film, je pensais que j'allais voir peut-être un film d'horreur agricole, à la façon de Isolation (chroniqué ), avec vache mutante et tout le tralala (ou plutôt tout le meuhmeuh), mais le film prend une forme (et une tournure) légèrement différentes.
Un petit paysan donc (Swann Arlaud, parfait), bosse comme un malade  pour sa petite exploitation (une trentaine de vaches) ; un matin il fait appel à sa soeur vétérinaire (Sara Giraudeau, bien loin du Bureau des légendes, mais toujours égale à elle-même : parfaite -question de parité : si j'avais écrit délicieuse, comme j'avais commencé à le faire, on m'aurait taxé de misogynie traité de sale phallocrate ou que sais-je encore du genre-) car il est inquiet pour une de ses vaches (il est question d'une mystérieuse maladie belge qui les attaque, qui se manifeste par une fièvre anormale et des hémorragies au niveau du dos, maladie dont on ne connaît pas les vecteurs de transmission, et qui nécessite l'abattage du troupeau entier si un animal s'avère contaminé.)
Il va s'avérer rapidement que le petit paysan avait vu clair, et qu'une de ses bêtes est effectivement contaminée. Il va donc prendre les mesures nécessaires pour éviter de perdre son troupeau entier, et se met donc en place le premier d'une longue série de mensonges, avec les services sanitaires, avec ses connaissances, ses amis, sa famille, sa soeur, mettant le jeune homme dans une position de plus en plus intenable, tout embourbé qu'il est dans son déni de la réalité. Il va faire des choses de plus en plus irraisonnables (et répréhensibles), courant inéluctablement à la catastrophe au fur et à mesure qu'il essaye de l'éviter... Jusqu'où pourra-t-il aller ?
Hubert Charuel, dont c'est le premier long métrage, parle d'un monde qu'il connaît bien (ses parents sont -étaient- éleveurs, le tournage a d'ailleurs eu lieu dans la vraie ferme des parents en question, il a mélangé au casting des "vrais" acteurs et des amateurs (notamment, ses propres amis), sans compter que cette "maladie belge" n'est pas sans rapport avec un certaine de Creutzfeldt-Jacob de récente mémoire...) et a réalisé un film fort, dont Swann Arlaud est le centre magnétique, entouré d'un casting à la hauteur (en plus de Sara Giraudeau, déjà complimentée, plaisir de revoir Bouli Lanners en paysan youtubeur, Marc Barbé en responsable DDPP, Isabelle Candelier en mère, et India Hair (c'est le seul personnage dont je regrette qu'il soit sous-employé) en boulangère enamourée) qui le soutient excellemment (et le père et le grand-père sont joués par les "vrais" père et grand-père du réalisateur, tout comme les potes de Pierre (au nombre desquels figure le réalisateur lui-même).
Peit paysan est le portrait d'un homme face à un crise qui menace de détruire la vie qu'il s'est construite ("je ne sais rien faire d'autre..."), un film documenté (même s'il peut paraître assez documentaire) qui suit la double piste de la chronique et du thriller (avec, en plus, peut-être, un doigt de fantastique, très justement dosé) et sait constamment tenir le spectateur par la bride pour l'emmener pâturer où il l'a décidé.
J'ai vu certaines spectatrices se tortiller sur leurs sièges tellement eles étaient tendues, et moi-même à certains moment me suis caché les yeux, ce qui ne m'a pas empêché de rigoler à certains autres oui oui. Un bel équilibre, pour une belle réussite (autant critique que publique, semble-t-il...). D'autant plus forte que le réalisateur sait nous éviter, avec doigté, un dénouement que l'on pensait inéluctable, chapeau.

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samedi 23 septembre 2017

paire de pères

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ÔTEZ-MOI D'UN DOUTE
de Carine Tardieu

Dimanche, 18h, dernière place à 4,90€. Une séance... dominicale : grande salle, public plutôt nombreux, couples, quelques parents avec enfants, des gens qui discutent un peu pendant le film, la routine dominicale, quoi... Un film qui donne envie, dès la distribution : François Damiens, Cécile de France pour le couple-vedette, Guy Marchand et André Wilms pour les papas, Alice de Lenquesaing et Esteban pour les jeunes, Lyes Salem et Brigitte Roüan en renfort, (et ils sont tous excellents, avec un petit plus affectueux pour André Wilms, spécialement magnifique, en père de l'une et peut-être père de l'autre.)
Car il sera question, beaucoup, de père(s) et de parentalité. Les mères sont mortes, (les pères se démerdent), et la seule du film, à venir, est la propre fille d'Erwann, le héros du film (François Damiens est parfait).
Erwann découvre, via une analyse adn que celui qu'il pensait être son père (Guy Marchand) ne l'est pas et engage une détective qui lui retrouve, en deux coups de cuillère à pot, son vrai père, un adorable vieux gaucho blanchi -au sens propre- sous le harnais (Wilms est vraiment magnifique) avec lequel il va reprendre contact, pour réaliser assez vite qu'il est aussi le père de la dynamique doctoresse (Cécile de France, très céciledefrancesque, je l'aime, moi aussi cette petite femme là) qu'il vient de recontrer et dont il est tombé amoureux.
(Oui, Sacha Distel n'est pas loin : "car cette fille est ta soeur et ta mère ne l'sait pas...")
Mais Papa 2 n'est pas entièrement convaincu d'être celui d'Erwann, et donc il va s'agir de répondre à la question On est frère et soeur, ou pas ? et son corollaire, On couche ensemble, ou pas ?
Je l'ai déjà dit souvent ici, les histoires de papa(s) au cinéma ça me touche toujours particulièrement, alors ici, entre un vrai papa, un deuxième papa, et un troisième papa inconnu parce qu'il était déguisé en Zorro, je ne pouvais qu'être encore plus touché. La mécanique est méticuleusement sertie, (on ne serait pas loin d'une intrigue boulevardière c'est vrai mais le savoir-faire de Carine Tardieu, réalisatrice pour laquelle j'éprouve beaucoup de tendresse et d'attachement, assaisonne tout ça juste comme il faut, et permet d'ajouter un  supplément d'âme à ces rebondissements plus ou moins attendus), les intrigues parallèles fonctionnent, on est attentif, on sourit, on est attendri, bref, on passe un bon moment devant ce film bon enfant (dont le père est qui, d'ailleurs ?), cette comédie dominicale qui remplit parfaitement sa fonction, avec son petit plus scénaristique (l'inceste putatif n'est pas un thème si fréquent, au royaume des comédies dominicales...).
Et le casting est, une fois de plus, aux petits oignons.

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vendredi 22 septembre 2017

micro172

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la femelle panda n'est fertile que 48 heures par an.

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une brosse à dents dont l'emballage affirme (proclame) qu'elle enlève plus de 150% des bactéries de la bouche...

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" saupoudrer de sel est un pléonasme et saupoudrer de sucre une absurdité"
(peut-être d'ailleurs l'ai-je déjà dit, me semble-t-il)

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une "bonne action" n'a d'intérêt que si personne d'autre (que celui qui la fait) n'est au courant

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(soupir) pourquoi y a-t-il autant de sucre dans le chocolat ?

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les baskets neuves : elles sont flambant trop belles mais un peu dures aux pieds,
tandis que les vieilles, même très moches, sont  trooop confortables, comme des  charentaises

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Ooooooh... Jeanne Balibar annonce qu'elle va tourner dans le prochain film d'Apichatpong Weerasethakul, en 2018

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 une confiture qui s'appelle P'tit bisou
(abricot, pêche et un peu de miel)

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j'adore les soirées improvisées

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"Ils veulent nous faire payer les pois cassés"

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 pour que l'automne tombe un 21 septembre il faudra attendre 2092
(j'aurai pas la patience)

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jeudi 21 septembre 2017

"t'inquiète, ma luciole, tout va bien se passer..."

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UNE FEMME DOUCE
de Sergei Loznitsa

J'y  suis allé... prudemment, puisque je me souvenais qu'Emma et Dominique étaient parties avant la fin (bien avant) quand elles l'avaient vu à Besac. Mais bon je connais les films précédents du réalisateur (My joy et Dans la brume), et je les aime suffisamment, tout inconfortables qu'ils soient, pour avoir envie me rendre compte par moi-même. (je viens également de découvrir, via le blog d'un cinéphile espagnol, toute une poignée de courts et moyens métrages documentaires, puisque c'est tout de même la première casquette du réalisateur (le doc), en noir et blanc, qui m'ont l'air tout particulièrement intéressants.)
Wiseman observe et rend compte des Etats-Unis, et Loznitsa fait un peu la même chose avec "un pays qui est la Russie, mais considéré comme un territoire à la fois géographique et mental" (c'est lui-même qui le dit). Il est passé au film de fiction, mais garde toujours la façon de voir du documentariste. Et la Russie (et son espace géographique et mental) c'est spécialement pas jojo. C'est même démoralisant.
J'ai tenu jusqu'au bout du film sans problème (je trouve que mes amies ont été un peu trop sensibles et pas assez persévérantes, mais bon, hein, chacun voit midi à sa porte... mais peut-être ont-elles bien fait de partir avant, car la dernière partie n'est pas de tout repos... -euphémisme-).
La femme douce du titre, l'héroïne donc du film, mériterait plutôt le qualificatif de revêche, tant son petit minois est fermé (d'ailleurs, sur recommandation du réalisateur, on ne la verra pas sourire une seule fois dans le film). Ne pas sourire, elle a de quoi : un jour on lui demande de passer à la poste récupérer un colis qu'elle a envoyé à son mari, qui est en prison, colis qui lui est retourné sans explication (et pour lequel elle doit même payer pour le récupérer). elle essaye -en vain- d'obtenir des explications (tous les employés sont spécialement peu aimables), et notre héroïne décide de faire le voyage jusqu'à la ville trou-du-cul-du-monde où son mari est incarcéré, et entreprend de faire le siège des guichets où elle est à chaque fois opposée à la même épouvantable cerbère. Ayant peu d'argent, elle est hébergée par une fausse bonne âme (j'ai pensé à Pinocchio) qui se révèle être une patrone (entre patron et matrone) de bordel, ni plus ni moins (d'où scènes de beuveries russissime, celles qui ont découragé mes amies, et je les comprends un peu...). Jusqu'à ce qu'elle soit prise en main par un mac local, tout prêt à lui venir en aide (c'est fou ce que les gens sont serviables...) , qui lui fait rencontrer un parrain local, qui, etc. Charybde et Scylla, vous imaginez le parcours de notre Soeur Sourire (qui tient ses commissures serrées contre vents et marées).
Le film est inconfortable, c'est incontestable, mais, pardon ô mes amies, pas du tout insupportable. C'est juste un film russe, quoi (là je suppose qu'Hervé, penché par-dessus mon épaule, va corriger "Tsss, pas russe, ukrainien, ça n'a rien à voir...", mais bon moi je me comprends, et vous aussi j'espère). Pays de merde et gens de merde aussi (oh la scène terrible de contrôle du contenu des colis...). Pour notre héroïne, c'est un vrai parcours de la combattante. Elle tient bon, elle insiste, elle se fait rembarrer, mais elle y retourne à chaque fois vaillamment.
Au bout d'un certain temps, elle consent à repartir, baisse les bras, se rend à l'évidence. Assise dans la salle d'attente de la gare, juste avant de repartir (oui, elle a fait chou-blanc) notre jouvencelle fait un rêve, à l'onirisme un peu lourdement didactique certes, mais ça ne m'a pas plus gêné que ça (j'ai toujours eu un faible pour les scènes de rêve dans les films), avant un dernier plan-séquence loznitsien (il a déjà fait un court-métrage juste sur des gens qui dorment en attendant le train) magnifique, qu'on peut qualifier de malin (même si pas  specialement de bon augure).
Je l'adore, ce dernier plan (qui a dit fin ouverte ? là elle est carrément grande ouverte...)

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mercredi 20 septembre 2017

film du mercredi 2

le sens (Verneuil)

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la poêle et les ciseaux

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GOOD TIME
de Josh (ou Joshua) et Benny (ou Ben) Safdie

C'est bon de pouvoir changer d'avis. ("Y a que les imbéciles, etc."). Jusque là, j'avoue, le cinéma des frangins Safdie, ça n'était pas vraiment ça pour moi, que ce soit Lenny and the kids (trop complaisant),The pleasure of being robbed (trop énervant) ou Mad love in New-York (trop déprimant), et c'était un peu la dernière chance que je me donnais, avec eux.
Heureusement qu'il y a eu in extremis (bon, "on" y est quand même un peu pour quelque chose) quelques séances en VO dans le bôô cinéma (où il était initialement prévu qu'il ne passât que 31 fois en VF!), et comme il me restait encore une place à 4,90€, à 18h15,  c'était l'occasion rêvée, et donc go go go! avec Pépin et Coralie.
Dès le premier plan, miracle, étonnement, merveille, oui, j'ai senti que ça y était, oui oui, cette fois là c'était bon pour moi, c'était très bon même, et je suis resté happé, fasciné, pendant les 100' que dure le film. C'est l'histoire de deux frères, l'un un peu beubeu comme on dit par ici (sur lequel d'ailleurs  s'ouvre et se ferme le film, et j'ai dû attendre le générique de fin pour avoir la confirmation qu'il était, justement, joué par un des frangins Safdie, Ben ou Benny suivant les journaux et les articles, et qui m'a vraiment sidéré, parce qu'il le joue vachement bien, ce rôle de beubeu...) et l'autre (la raison, je pense,  de l'exposition médiatique du film et des 31 séances en vf) joué par Robert Pattinson, excellent lui-aussi -et qui n'est sans doute pas pour rien non plus dans le plaisir que j'ai pu prendre au film.- il faut dire qu'il est filmé de très près et amoureusement, pour un peu on ne verrait que lui, trop mimi avec sa capuche caillera, et  aussi bien en brun qu'en blond quand il l'enlève (spoiler ?).
Un beau jour, ou peut-être une nuit (arghh Barbara sors de mon corps!), une nuit oui, tout une nuit même (arghh Chantal Akerman tu n'as rien à faire là non plus!), Connie (c'est Robert Patinson) récupère son frérot Chris en larmes et en plein bilan psy, et l'embarque aussitôt et sans transition  dans un hold-up étonnant, sans bruit et sans fureur, qui va bien se passer a priori, mais la suite lui prouva que non (Georges Brassens dehors plus de place dans mon corps).
Car à partir de là les choses vont s'enchaîner pour Connie comme elles l'avaient fait, à New-York et de nuit, déjà, pour Paul, le héros du haletant After Hours, de Martin Scorsese (1985, tout de même) qui m'avait à l'époque beaucoup impressionné. Good Time pourrait en être un genre de relecture un peu (beaucoup) plus trash et plus crade. Chaque nouvelle situation provoque une réaction de Connie, qui engendre un nouveau problème, auquel il réagit par une nouvelle action, qui engendre un nouveau, etc. Marabout de ficelle de la mouise et de la nuit. Un clou chasse l'autre, quoi. Et du clou au marteau, il n'y a jamais très loin. (Cantona, oui, toi aussi sors de mon corps... Mais bon tu peux rester si tu veux.)
On rencontre des gens, on les quitte, parfois on les retrouve, parfois pas (Jennifer Jason Leigh ne fait que passer, mais elle est, elle aussi, toujours aussi magnifique). Ca court, ça gueule, sans s'empoigne, ça cogne, ça s'apaise, et ça redémarre, à chaque fois, de plus belle. Un film de courses, de nuit, et de musique aussi (Oneohtrix Point Never qui l'a composée, en fait une composante majeure du récit, avec ces nappes de synthés technoïdes -j'ai dû lire ça quelque part, ça n'a pas pu me venir comme ça- (qui m'ont parfois rappelé le Tangerine dream qui accompagnait Thief de Michael Mann, autre film agité et nocturne), et il a d'ailleurs été récompensé à Cannes Soundtrack 2017 comme meilleure musique de film, et c'est mérité, sans oublier la chanson du générique de fin, The pure and the damned, composée et chantée par Iggy Pop, qui accompagne d'ailleurs la scène finale sublime, refermant avec délicatesse la parenthèse du film sur le personnage de Chris, de la même façon qu'il l'avait ouverte.)
Un film qui a tout juste, d'un bout à l'autre, qui file sur sa lancée, qui fait de temps en temps détourner la tête et/ou se cacher les yeux avec la main, et qui par bouffées vous enchante aussi parfois divinement, où les frères Safdie ont pris, par rapport à leur univers habituel (lose, crasse, came, amour et désespoir) juste la petite distance supplémentaire nécessaire (le coup de pouce de Roro Pattinson y est, rappelons-le, pour quelque chose) pour livrer ici, pour moi en tout cas, un film complètement convaincant. (et parfaitement abouti, ajouterait Téléramuche). Leur meilleur, toujours en ce qui me concerne.

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mardi 19 septembre 2017

doigt d'honneur

148
NOS ANNÉES FOLLES
d'André Téchiné

Il n'y avait pas de séance à 14h, nous y sommes donc allés à 16. André Téchiné, c'est un rendez-vous régulier depuis... pfouh! 40 ans c'est dire! Si ses derniers m'on diversement convaincu, du moins (L'homme qu'on aimait trop, La fille du RER) au plus (Quand on a 17 ans, Les témoins), celui-là serait plutôt dans une bonne moyenne. (le plus plutôt que le moins). Pour le couple vedette, d'abord, Pierre Deladonchamps, que je suis avec intérêt depuis L'inconnu du lac, et Céline Salette dont je ne manque pas une occasion d'aller admirer le beau visage triste (avec le secret espoir de la voir, un jour, dans un film où elle rirait aux éclats, et  ne serait pas malheureuse comme les pierres -mais c'est vrai aussi que la tristesse lui va bien- là, ça démarrait plutôt bien, et puis non, dommage, vers la fin... Chassez la tristesse et elle revient au galop.).
Le film s'inspire de l'"histoire vraie" d'un couple, pendant la guerre de 14, où le mari, ayant déserté pour cause d'aversion pour la boucherie (et on le comprend et on lui donne raison) est, dans un premier temps caché par sa femme dans la cave de la maison, avant d'être par elle incité à se travestir, pour que Paul se transforme en Jeanne, et qu'il puisse sortir enfin. D'abord il refuse, et fait son gros macho, puis il accepte l'idée, fait en sorte que, tenter le jeu, et finit par sortir de nuit, travesti, pour aller prendre l'air ? Non, plus directement, aller faire un tour au Bois. Où il va découvrir illico hop! les joies de la prostitution (il faut bien faire bouillir la marmite hein).
Téchiné a décidé de compliquer un peu la narration en alternant les strates temporelles, l'histoire étant racontée par le biais de la reconstitution théâtrale qu'en a fait un directeur de cabaret (Michel Fau, très bien malgré le toupet ridicule dont on l'a affublé), où le "maintenant" représente le "hier", avec tableaux successifs danses et en musique.
Cette ccomplication temporelle fragmente un peu le récit, on a du mal au début à retrouver ceui va avant ou après quoi, mais plus ça avance et mieux les repères sont posés.
D'autant que finit enfin par intervenir dans le récit le troisième nom du générique, Grégoire Leprince-Ringuet (découvert chez Téchiné en 2003 dans les Egarés, puis re- en 2007 chez Honoré dans les chansons d'amour) mais dont la carrière ensuite a été -pour moi- un peu en pointillés, d'autant que j'ai souvent, comme chez Hafsia Herzi par exemple, des petites réserves sur la qualité de son jeu, comme s'il jouait faux remarquablement juste, alors qu'ici il est parfait). Il joue un comte, richissime mais estropié, qui a fait connaissance de Jeanne/Paul  au bois (c'est un libertin), puis ensuite, par le même biais, celle de sa femme, dont il tombe éperdument amoureux.
Débute alors la troisème partie du film (oui oui je sais bien que c'est d'après une histoire vraie, mais...) ou Téchiné nous la joue un peu chanson réaliste, avec l'arrivée d'un bébé et tout ce qui s'ensuit... La stylisation dont il avait usé jusqu'alors, avec une grande intelligence, pour ses reconstitutions (le film est "en costumes" bien évidemment) donne alors le sentiment que le réalisateur traite tout ça un peu par dessous la jambe, avec désinvolture, presque, comme si cette partie-là, justement, l'intéressait moins (et pourquoi donc ai-je pensé alors à la fin de LacomBe Lucien ?).
Pierre Deladonchamps est impeccable dans son double rôle (après Balibar dans Barbara, voici encore un rôle qui pourrait être dit "à César"), tandis que le travestissement est souvent casse-gueule (surtout dans les films français) et l'ombre d'Albin/Serrault dans La cage aux folles n'est jamais très loin. Là, il est touchant, troublant, dnas cette dualité qu'il incarne et qu'il réussit à nous faire partager, aussi vraisemblable dans chacun des deux versants de son personnage.
Et, last but not least, c'est bien de se perfectionner en chansons françaises de notre enfance : Je ne connaissais que les premiers de Auprès de ma blonde, jusqu'à la caille la tourterelle et la jolie perdrix, et bien là le film nous la chante (et déchante) jusqu'à la toute fin, qui est, bien entendu une histoire d'amour, de tristesse et de séparation. "Je donnerais Versailles, Paris et St Denis..."

070614

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lundi 18 septembre 2017

mes lunettes

149
LE REDOUTABLE
de Michel Hazanavicius

Quand il est sorti à Cannes, j'avoue que ça ne me faisait pas plus envie que ça : je n'avais pas envie de voir Louis Garrel avec une moumoute, je ne suis pas un inconditionnel de Godard, ni de Michel Hazanavicius, non plus, et puis Stacy Martin dans le rôle d'Anne Wiazemsky m'évoquait plutôt Chantal Goya...
Et en lisant les critiques pour mettre dans la plaquette, j'ai réalisé que les mots humour et  gag revenaient plusieurs fois, et puis Manue avait envie de le voir et moi de l'y accompagner, et donc hop! en voiture Simone.
Le film est effectivement drôle (voire très drôle), même si l'histoire en est tout de même finalement un poil tristoune : il s'agit tout de même d'une histoire de séparation. Sur fond de mai 68 et des désillusions qui ont suivi. Pour ce qui est de l'incarnation de Louis Garrel, je dois dire que si la vision de la moumoute est immédiatement intégrée, banalisée (on ne voit plus Louis Garrel avec une moumoute, on voit juste le personnage de JLG) par contre le travail sur la voix m'a moins séduit (je ne connais plus trop la voix de Godard, mais je trouve, surtout au début, que Garrel en fait un peu des caisses avec le zézaiement et le zozottement -ou peut-être qu'ensuite on s'habitue ?- .
Le film en tout cas ne mérite ni d'être cloué au pilori pour apostasie filmique ni grillé sur le bûcher par la Sainte Inquision Cinéphilique (oh les cris d'horreur poussés en choeur par les chapelles d'idolâtres devant le crime de lèse-Godardie), et prenons-le donc juste pour ce qu'il est : un biopic de chemin de traverse, à l'ironie tendrement drôle (et, bien sûr, drôlement tendre), à l'humour plaisant, souvent potache (qui m'a rappelé qu'Hazanavicius avait démarré sur Canal avec un film de détournement très très drôle, Ca détourne, justement) parfois à pisser de rire et d'autres fois (pas souvent) juste à se retenir, et avec, tout de même, dedans, plein plein de choses positives : un film co-produit par Riad Sattouf, avec Grégory Gadebois dedans, avec, en cerise sur le gâteau, une myse en abyme -avec deux y c'est mieux- et en images de la très jolie QV de Louis Garrel, suivie d'une deuxième, celle d'un acteur italien dont je n'ai pas retenu le nom au générique, un film avec des regards-caméra très malins, et des intertitres en forme de clins d'yeux, et un running gag à propos de lunettes cassées, un film comme ça, donc, ne peut pas être tout à fait mauvais, non ?
J'avoue que je ne savais pas grand-chose sur l'engagement maoïste de JLG (et que je m'en contrefiche tout de même un peu) mais il ne s'agirait pas de bouder son plaisir : une comédie française qui fait effectivement rire, ça n'est pas si souvent. Alors, rions un peu et laissons-nous aller...

052385

et reconnaissons aussi que l'affiche est relativement moche, et, tiens qu'il a tét jugé bon d'y préciser qu'il s'agissait d'une "comédie"...

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