samedi 7 octobre 2017

le feu au rideau

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DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS
de Noémie Lvosky

Nous étions trois dans la salle 12 du bôô cinéma, à cette séance de 16h. Mes copines marie, Véro, et moi. Nous étions trois, en larmes, quand les lumières se sont rallumées au générique de fin (enfin, avant le générique de fin, puisque c'est bien souvent la coutume ici...). Le film que nous venions de voir n'était pas tout à fait celui que nous avait suggéré la bande-annonce. Il avait bien les mêmes acteurs, les mêmes personnages (une fillette, une mère larguée), les mêmes détails intriguants (un oiseau qui parle dont seule une fillette entend la voix, un squelette, une mariée en vadrouille), seulement il était plus triste. Beaucoup plus triste.
Le film est d'ailleurs dédié à la propre mère de Noémie Lvosky (qui le réalise et joue le rôle de la mère) et on croit comprendre qu'il a quelque chose d'autobiographique (en interview, la réalisatrice propose le mot de personnel plutôt qu'autobiographique). Pour mémoire, Noémie L.  jouait dans Camille redouble le personnage de la fille (sa maman était la toujours aimée Yolande Moreau), ici elle joue celui de la mère, et donc la boucle d'une certaine continuité affective (familiale) serait ainsi bouclée. Car c'est bien encore d'amour et de relation mère/fille que parle le film.
Une fillette, donc (Luce Rodriguez, impressionnante) vit seule avec sa mère (qui apparaît comme fantasque dans la bande-annonce, mais qui est bien plus, que ça "C'est ta mère qui est folle!" dira plus tard un des personnages du film) , papa est parti (a quitté le foyer, mais est toujours là au bout du fil en cas de besoin (Mathieu Amalric, tout frais sorti de Barbara) et les choses ne sont pas faciles tous les jours... La mamn divague, dérive, déprime (un rôle pas facile que Noémie Lvovsky endosse très bien, un peu à la surprise du spectateur qui a plutôt l'habitude de la voir dans des rôles plus solaires et extravertis) et la gamine veille au grain, redresse la barre, tient la main de sa mère contre vents et marées.
C'est un film sur l'amour maternel et filial, oui, l'histoire d'une relation quasi fusionnelle entre une mère et sa fille, où la réalité a besoin d'une part de fantastique (d'onirisme) pour être supportée (il sera à plusieurs reprises question d'une femme dans l'eau, à mi-chemin entre Ophélie et la dame du Lac...).
Un film qui a failli ne plus exister du tout, puisque l'état de santé de la fillette en a d'abord imposé l'arrêt total, avant que l'adjonction d'une dernière partie (initialement pas prévue dans le scénario) ne permette de le continuer et -heureusement- de le conclure (en beauté, puisqu'elle nous permet d'y revoir Anaïs Demoustier, dans les très touchantes scènes finales...)
Oui un film très triste, puisqu'on sait, presque dès le début, qu'il n'y a pas vraiment d'issue possible, mais qui confirme l'estime que j'ai pour sa réalisatrice (que j'aime toujours autant, et ce des deux côtés de la caméra...) et Noémie Lvosky livre une persformance vraiment impressionnante, sur le fil du rasoir, face à la jeune Luce Rodriguez, tout impressionnante de justesse.

Bref, un sacré beau film sur l'enfance.
Et la scène du squelette est magnifique (tiens, en plus du top10 des films, je devrais faire aussi un top10 des scènes de l'année, et celle-ci en ferait sûrement partie...)

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Posté par chori à 06:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]