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LE SENS DE LA FÊTE
d'Olivier Nakache & Eric Toledano

Tout au début, je m'étais dit non non. Et puis j'ai vu Bacri qui faisait la promo (très bacriesquement) sur Canalsat, j'ai dit peut-être et enfin j'ai vu la bande-annonce, où je n'ai eu d'yeux que pour Vincent Macaigne, et c'est ce qui m'a décidé à y aller cet aprèm', entre copines avec tickets orange cinéday (merci Hervéchounet!).
On avait envie de rigoler, envie d'un "film qui fait du bien" (dixit Marie), on était dans une (grande) salle avec un public (très) attentif qui n'hésitait pas à exprimer son ressenti (mais sans malice, et donc c'était bien qu'ils soient là). Bon, c'est vrai, j'ai ri (beaucoup plus qu'à Un beau soleil intérieur, qui n'est pas la comédie irrésistible que les critiques ont voulu nous survendre, j'insiste et je le répète) j'ai ri de bon coeur, c'est vrai, et puis pendant un long moment j'ai moins ri, et puis presque plus du tout.
Bacri est... comment s'appelle ce métier, traiteur ? organisateur de mariages ? fabricant de teuf ? réceptionniste ? Enfin il est censé, pour cette journée-là -un mariage-  tout gérer de a (les mignardises à l'apéro) jusqu'à z (le feu d'artifice final), avec tous les gens qui vont avec. Evidemment ça merdouille, et ça va partir en biais de plus en plus au fil de la soirée (et de la nuit). Le casting est absolument prestigieux (autour de Bacri, déjà nommé, Macaigne, déjà nommé aussi, Lellouche, Rouve, Azaïs, Lebghil, Chappey, ivanov, pour les sieurs, et Eye Haidara, Suzanne Clément, Hélène Vincent, Judith Chemlah pour les gentes dames... pour ne citer que les principaux...) Ca fait beaucoup de monde à gérer, et, du coup, à caractériser (à "faire exister") aussi, ce qui fait que le scénario va leur accorder un qualificatif à chacun(e), en gros, et que chaque soliste devra donc tenir sa note, la même, jusqu'au bout. c'est un peu dommage que la plus grande partie des personnages ne soient qu'une esquisse, un trait de caractère, une attitude donnés. J'aime bien le comique de répétition mais il faut reconnaître qu'il y a un ou deux gags ("ah, la tête que tu as faite...") qui ne font plus autant rire à la 18ème récurrence...
Le film souffre à mon avis d'une énorme erreur de caractérisation : avoir fait du marié un personnage insupportable et antipathique. Ca désamorce beaucoup de l'intérêt qu'on pouvait avoir à voir la réception de son mariage se casser la gueule (ce qu'on a pressenti dès qu'on a vu Bacri et son équipe de bras cassés investir le château où tout cela à lieu (tiens, j'ai un peu pensé au mariage de Melancholia, dans un tout autre registre). Et on trouve dommage que Judith Chemlah épouse ce mec-là. Et le film perd beaucoup en force à cause de ça je trouve.
Bacri est très bien, très juste, très... Bacri, justement (comme Macaigne est très très Macaigne, mais coup de chance c'est justement le Macaigne que j'aime, la barbe, les cheveux en pétard, les yeux de cocker transi d'amour... Ooooh Vincenchounet, continue oui oui) mais tout ça patine un peu et s'enlise vers le milieu du film -justement, la scène du discours interminable du mérié) et c'est dommage (à ce moment-là j'étais plus intéressé par les réactions et les remarques des spectateurs que par le film lui-même c'est dire...).
J'ai peut-être été influencé par le critique qui traitait le film de "premier film macroniste", et au lieu de trouver les dernières scènes (très "youp la boum") émouvantes, je les ai presque trouvées condescendantes (faux-cul), le côté "regardez comme on aime tout le monde, et comme tout le monde s'aime...". Happy end de rigueur (sauf pour la pauvre mariée, je le redis...).
Mais, d'un autre côté, je sais, je suis sûr, que je pourrais revoir ce film avec grand plaisir, donc c'est plutôt bon signe et j'arrête donc de bacriser... (hihihi)

l'affiche originale :

570288

et ses déclinaisons :

0267105

0156166

0170229

0182729

0196792

0210854

0224917

0253042

une jolie idée, je trouve...