jeudi 19 octobre 2017

rubalise

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FAUTE D'AMOUR
de Andreï Zviaguintsev

"On pourra, évidemment, contester à Zviaguintsev le droit de flanquer ainsi, sans se décourager, des baffes répétées à ses compatriotes (et à nous, à l’occasion). Mais on ne saurait nier qu’elles claquent sec et fort. Et qu’elles visent juste." Télérama

Oui, je cite Téléramuche, parce que ça me parait très juste et très vrai. Frappant. Cinglant. Une sacrée paire de baffes, oui. J'avais plusieurs échos très enthousiastes (Jean-Luc, Catherine, Zabetta), et je ne peux que joindre ma voix aux leurs. Faute d'amour est un film fort ET un grand film. Glaçant par ce qu'il raconte (normal, c'est russe) autant que  sidérant par la façon dont il le montre (normal c'est Zviaguintsev).
Les plans d'ouverture donnent le ton (arbres, neige, eau... Elena, d'ailleurs, ne se terminait-il pas sur un plan d'arbre ? A vérifier) avec personne (sans personne ?) en leurs cadres somptueux (Mais que veut-il alors nous dire, en slience ? se demande-t-on, on comprendra plus tard...) où va, juste après un plan de sortie d'école, venir prendre place un enfant. Un enfant ordinaire, nous dira d'abord le plan d'ensemble, qui n'y prête pas plus attention qu'aux autres. C'est Aliocha, un blondin d'une dizaine d'années, qu'on retrouvera d'abord avec les arbres la neige et l'eau, puis dans sa chambre, assis à son bureau face à la fenêtre, avec un plan (pour moi sublime, ceux qui me connaissent comprendront) avec des gouttes sur les vitres (les plans à travers cette même fenêtre, en travelling avant,  reviendront rythmer le film à plusieurs reprises).
Sa chambre, dans l'appartement de ses parents qui ont transformé le lieu en zone de guerre : ils sont en train de divorcer et ça donne lieu à des échanges hargneux, amers, méprisants, au milieu desquels Aliocha est en même pris en otage, mais, paradoxalement,  ignoré, considéré par ses belligérents de parents comme quantité négligeable, dommage collatéral. (Ce dispositif m'a fait penser à un film roumain dont je ne retrouve plus le titre, où un appartement devenait, au sens propre, un champ de bataille... Papa vient dimanche, non ? sauf que'en Roumanie, le papa aimait sa fille.)
Pas comme ici. C'est terrifiant d'être aussi peu (aussi mal) aimé. D'autant plus que chacun des parents a déjà commencé à refaire sa vie ailleurs (le père a mis une jeunette enceinte, et va donc l'épouser, et reproduire ce qu'il a fait avec sa première épouse ; la mère, elle, a trouvé un homme qui visiblement a les moyens -et la maison qui va avec- riche ? nouveau riche ? qu'importe...) et que le gamin, comme l'appartement qui va être vendu, fait désormais partie d'un passé dont aucun des deux parents ne souhaite, visiblement, s'encombrer.
Ne pas en dire davantage sur la situation, sinon que le cinéaste va faire opérer au récit un  demi-tour au frein à main, mettant les personnages (et le spectateur) dans une position inattendue, et suivant consciencieusement cette piste, quasiment jusqu'au bout. Presque, oui,  avant que de nous abandonner, de nous éjecter du récit, tout seuls en plein hiver au bord de la route et dans le froid, sans pitié ni attendrissement.
"Est-ce qu'on va être heureux?" s'interroge la nouvelle épouse du père. Non, semble répondre le réalisateur. C'est sans espoir et c'est la guerre, la guerre partout et tout le temps, en Ukraine, au journal télévisé, dans l'appartement, dans la famille, dans la vie tout court. Et des victimes, cette guerre va continuer à en faire.
Et le réalisateur réussit, encore une fois, la prouesse de mettre ce récit aigre en images somptueuses. La musique est à l'image du film. Puissante. Chaque plan est méticuleusement construit, pensé. Les derniers sont à tomber. Un regard-caméra qui nous glace et nous émeut, une photocopie décolorée, et la boucle est bouclée en revenant aux arbres à la neige et à l'eau du début, avec une insistante (intriguante ?) contreplongée finale.
Un grand film qui m'a particulièrement touché.
(Et j'adore la voix d'infra-basse du flic).
(Top 10)

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mercredi 18 octobre 2017

les élucubrations d'antoine

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L'ATELIER
de Laurent Cantet

Le hasard a fait que c'était justement la bonne heure, et donc allons-y! Entendu le réalisateur en parler dans On aura tout vu samedi dernier (merci Marie!) et c'était plutôt appétissant : un groupe de jeunes "en rupture" participe à un atelier avec une romancière et le projet d'écrire un polar. Les jeunes sont de La Ciotat et Olivia, l'écrivaine (Marina Foïs, excellente encore une fois) de Paris, d'où, au moins au début, choc des cultures, et surtout des accents.
Il y a dans le groupe un jeune homme, prénommé Antoine, qui, dès la première scène, nous est présenté comme " à l'écart" (c'est le seul qui ne courra pas alors avec les autres pour prendre le bus à la fin de la journée). Et c'est le seul du groupe que le film suivra en détail (in et hors atelier) tandis qu'on ne saura rien de plus des autres (ce que je trouve, personnellement, un tout petit peu regrettable mais bon). Antoine est un jeune homme plutôt taiseux, solitaire, ombrageux, qu'on va donc découvrir progressivement, à travers surtout les images qu'il regarde.
Laurent Cantet est un réalisateur très doué, qui réussit à nous amener pas du tout où on pensait justement qu'il allait le faire. Difficile, justement d'en dire plus sans risquer d'en dire trop.
Le film fonctionne un peu comme un steeple-chase, (ou, pour rester français, et à pied, un 400m haies, bref une course de fond avec passage d'obstacles à intervalles réguliers. Il a suffisamment de souffle pour tenir aisément la distance (et on est heureux d'y retrouver au générique, en tant que co-scénariste, le très cher Robin Campillo, réalisateur du récent et brillantissime 120 bpm, mais, tiens, dans ce film-ci, rien de gay clic clic). Et les obstacles franchis sont les écueils (les chausse-trappes, parlons soutenu) de ce genre de récit, évités l'un après l'autre et haut la main  par le réalisateur (et les co-scénaristes).
On croit Entre les murs, mais non (hop!). Puis on croit Corniche Kennedy, mais non (hop! hop!) Puis on pourrait croire Le blé en herbe, ou Le voyeur, ou Chez nous, mais non, mais non, mais non. (hop! hop! hop!)
Le récit est hâché, comme strié de textures d'images multiples (un jeu vidéo, un vieux doc décoloré avec voix lénifiante ad hoc, une vidéo sur y*utube, une autre sur faceb**k), et toujours on suit les trajectoires des deux personnages principaux, Olivia et Antoine, comme deux graphiques qui s'écrivent en parallèle, s'éloignent, se croisent, s'entrecroisent, bifurquent, s'emballent, ralentissent, avec toujours cette faculté à zigzaguer, à nous étonner, toujours nous (at tirant plus loin dans le récit .
Redire la grande qualité des deux interprètes (Marina Foïs, déjà nommée, et le jeune Mathieu Lucci, extraordinaire). Pas sûr, comme Téléramuche qu'il s'agisse d'un "film sur la jeunesse"... Sur un jeune, oui, et la façon dont il cherche sa place, au milieu d'un certain désespoir social ambiant. Pas joyeux joyeux mais bon, nous le savons, on ne vit pas une époque formidable, et il faut bien grandir avec...

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lundi 16 octobre 2017

vincent(s) de la fête

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6 fois Vincent-chéri chéri
(from Le sens de la fête / plus de 40 photos sur allocinoche, quand même)

 

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dimanche 15 octobre 2017

micro173

*

quelle que soit l'heure à laquelle je me recouche, pendant la journée,
je pense que je suis capable de me rendormir sans aucun problème

*

parking de la Maison des Assoc', plutôt bondé :
un gros con a garé son gros 4x4 de traviole à cheval sur deux places
(pour pas qu'on lui effleure ses portières ?)

*

 "deux gouttes, c'est plus qu'une..."

*

 quand sa fille vient passer le week-end à la maison, elle lui prépare de la blanquette.

*

je fais partie des gens qui croient qu'un truc merveilleux finira bien par leur arriver

*

c'est drôle (et en même temps incompréhensible) :
c'est comme si j'étais tombé amoureux de Manu Larcenet

*

 la route entre Besançon et Vesoul, de plus en plus excédante :
déviations de déviations, et contournements de contournements

*

me suis trompé sur les sens de "rédhibitoire" et de "épiphanie"
(que j'étais prêt à employer tous les deux à mauvais escient -?-)

*

les pièces "fleur de coins" dont m'a parlé le bouquiniste de la rue d'Anvers

*

un panaché en terrasse = trente-et-un cinquante-huitièmes d'une place de cinéma
(un peu plus que la moitié, quoi)

*

le pouvoir apaisant de la douceur de cette lumière automnale

*

 Mylène Farmer a assisté à l'enterrement de Jean Rochefort

*

 

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samedi 14 octobre 2017

à partir de dorénavant

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LE SENS DE LA FÊTE
d'Olivier Nakache & Eric Toledano

Tout au début, je m'étais dit non non. Et puis j'ai vu Bacri qui faisait la promo (très bacriesquement) sur Canalsat, j'ai dit peut-être et enfin j'ai vu la bande-annonce, où je n'ai eu d'yeux que pour Vincent Macaigne, et c'est ce qui m'a décidé à y aller cet aprèm', entre copines avec tickets orange cinéday (merci Hervéchounet!).
On avait envie de rigoler, envie d'un "film qui fait du bien" (dixit Marie), on était dans une (grande) salle avec un public (très) attentif qui n'hésitait pas à exprimer son ressenti (mais sans malice, et donc c'était bien qu'ils soient là). Bon, c'est vrai, j'ai ri (beaucoup plus qu'à Un beau soleil intérieur, qui n'est pas la comédie irrésistible que les critiques ont voulu nous survendre, j'insiste et je le répète) j'ai ri de bon coeur, c'est vrai, et puis pendant un long moment j'ai moins ri, et puis presque plus du tout.
Bacri est... comment s'appelle ce métier, traiteur ? organisateur de mariages ? fabricant de teuf ? réceptionniste ? Enfin il est censé, pour cette journée-là -un mariage-  tout gérer de a (les mignardises à l'apéro) jusqu'à z (le feu d'artifice final), avec tous les gens qui vont avec. Evidemment ça merdouille, et ça va partir en biais de plus en plus au fil de la soirée (et de la nuit). Le casting est absolument prestigieux (autour de Bacri, déjà nommé, Macaigne, déjà nommé aussi, Lellouche, Rouve, Azaïs, Lebghil, Chappey, ivanov, pour les sieurs, et Eye Haidara, Suzanne Clément, Hélène Vincent, Judith Chemlah pour les gentes dames... pour ne citer que les principaux...) Ca fait beaucoup de monde à gérer, et, du coup, à caractériser (à "faire exister") aussi, ce qui fait que le scénario va leur accorder un qualificatif à chacun(e), en gros, et que chaque soliste devra donc tenir sa note, la même, jusqu'au bout. c'est un peu dommage que la plus grande partie des personnages ne soient qu'une esquisse, un trait de caractère, une attitude donnés. J'aime bien le comique de répétition mais il faut reconnaître qu'il y a un ou deux gags ("ah, la tête que tu as faite...") qui ne font plus autant rire à la 18ème récurrence...
Le film souffre à mon avis d'une énorme erreur de caractérisation : avoir fait du marié un personnage insupportable et antipathique. Ca désamorce beaucoup de l'intérêt qu'on pouvait avoir à voir la réception de son mariage se casser la gueule (ce qu'on a pressenti dès qu'on a vu Bacri et son équipe de bras cassés investir le château où tout cela à lieu (tiens, j'ai un peu pensé au mariage de Melancholia, dans un tout autre registre). Et on trouve dommage que Judith Chemlah épouse ce mec-là. Et le film perd beaucoup en force à cause de ça je trouve.
Bacri est très bien, très juste, très... Bacri, justement (comme Macaigne est très très Macaigne, mais coup de chance c'est justement le Macaigne que j'aime, la barbe, les cheveux en pétard, les yeux de cocker transi d'amour... Ooooh Vincenchounet, continue oui oui) mais tout ça patine un peu et s'enlise vers le milieu du film -justement, la scène du discours interminable du mérié) et c'est dommage (à ce moment-là j'étais plus intéressé par les réactions et les remarques des spectateurs que par le film lui-même c'est dire...).
J'ai peut-être été influencé par le critique qui traitait le film de "premier film macroniste", et au lieu de trouver les dernières scènes (très "youp la boum") émouvantes, je les ai presque trouvées condescendantes (faux-cul), le côté "regardez comme on aime tout le monde, et comme tout le monde s'aime...". Happy end de rigueur (sauf pour la pauvre mariée, je le redis...).
Mais, d'un autre côté, je sais, je suis sûr, que je pourrais revoir ce film avec grand plaisir, donc c'est plutôt bon signe et j'arrête donc de bacriser... (hihihi)

l'affiche originale :

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et ses déclinaisons :

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une jolie idée, je trouve...

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vendredi 13 octobre 2017

petit cheval de bois

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BLADE RUNNER 2049
de Denis Villeneuve

Je l'attendais, cette grosse machine chromée rutilante hollywoodienne qu'on nous a annoncée longtemps à l'avance de façon assez tonitruante (et insistante). Comme tous les vieux cinéphiles, je garde dans mon coeur une certaine tendresse pour "le" vrai Blade runner, le premier, le seul, l'unique, mais bon, la durée (2h43), le casting (Gosling / Ford), l'opportunité d'une séance en VO ont fait que j'y étais, ce lundi à 17h30, et ce avec une certaine... impatience.
Démesuré, ça l'est : l'écran, la musique, les décors, le générique final ("il y a plus de noms sur ce générique que d'habitants dans notre ville..." a dit, à peu près, Hervé), les moyens techniques (et, corollairement aussi sans doute, les cachets des acteurs), et il faut reconnaître que Denis Villeneuve n'a pas lésiné, et a réalisé le beau gros giga film de SF qu'on espérait...
Dans le bôô cinéma, le film avait beaucoup de séances en vf, quelques-unes en vf et 3D, et très peu en vo (3 ou 4). Je ne concevais pas de voir le film en vf (oui je suis un vieux puriste, et je n'avais pas envie d'entendre Harrison Ford ou Ryan Gosling parlant français). C'est donc Ryan Gosling le héros, il a repris la silhouette et la fonction d'Harrison Ford dans le film-papa : il est chasseur de Réplicants, sauf qu'il est ici lui-même un Réplicant, c'est dit d'entrée, un de la dernière génération, celle qui obéit bien, qui fait son boulot sans (se) poser de question. En ouverture du film, il retrouve et tue (sans états d'âme, juste il fait son job) un vieux Réplicant, devenu fermier d'asticots ("producteur de protéines") et met à jour une caisse remplie d'ossements enfouie sous un arbre (mort), ceux d'une femme ayant accouché sous césarienne, mais Réplicante elle-aussi).
Wow! une Réplicante-maman ? Une histoire de re/naissance, tiens tiens. Ce sera le point de départ de l'enquête que va mener K (Gosling), renommé plus tard Joe, dans une histoire complexe et à travers un scénario touffu, avec investigations, découvertes, rebondissements, destruction de preuves, fausses pistes, dans un univers futuriste très cohérent (et très déprimant il faut bien le reconnaître) qui ne fait que reprendre et amplifier (ré-assaisonner) les décors de "BR le vrai".
K/Joe va surtout retrouver la trace de Deckard, qui est mêlé à l'affaire -d'où le titre- et qui a pris sa retraite  (Harrison Ford est vieux et il est magnifique, c'est une des meilleures raisons d'aller voir le film), et affronter un méchant industriel cynique (Jared Leto, très starwaresque).Il y a aussi des femmes, bien sûr, pas d'hollywooderie sans meufs : Joi, la copine virtuelle de K-Gosling, Joshi, sa supérieure hiérarchique, et Luv, la méchante-très-méchante, un genre de Terminatorette ("I am the best!") douée d'un joli minois (bras droit du méchant-très-méchant) mais prête à tout (vraiment tout) pour étouffer l'affaire.
Le film traite "consciencieusement" de la question posée au bac philo 2049 : "Qu'est-ce qui différencie l'Homme et le Réplicant ?" (Vous avez trois heures) et le fait avec toutes les armes et la pyrotechnie du cinéma à grand spectacle (On en a pour ses sous, ça c'est sûr!), mais tout ne me ravit pas, par exemple  les scènes de baston kung-fu(tur) étaient-elles vraiment indispensables (la bagarre dans l'eau est ennuyeuse), à part peut-être pour légitimer dans la salle la présence de jeunes bourrins attirés par ce genre de choses ? (et encore, ceux-là auront dû se sentir frustrés). Autre détail qui me chiffonne, le PPV (le placement de produit voyant) : était-il vraiment indispensable de nous montrer que K conduit une Peuge*t ?
Des bouffées (des échos) de la musique de Vangélis reviennent à intervalles réguliers pour faire souffler le vent de la nostalgie. Mais le film reste avant tout une machinerie, somptueuse, magnifique, hallucinante, certes, mais une machine, avec ce que ça suppose de rouages, de pistons (ça c'est moi, c'est la vieille école), de circuits intégrés et d'électronique, bref de procédés mécaniques, industriels. Je n'ai pas été du tout ému, même si je suis resté baba pendant ces deux heures quarante-trois là (bon, si, quand même la scène des retrouvailles avec Harrison Ford, mais pour des raisons qui sont peut-être "extérieures" au film.)
Du grand spectacle, incontestablement, qui peut laisser au spectateur attentif et tâtillon que je suis parfois le sentiment qu'il manque au film, sous la cuirasse de cuirassé (la redondance est voulue) interstellaire, le petit supplément de sincérité (d'humanité) qui aurait pu le transcender en grand film. L'âme, quoi (cours de philo de 2049, suite). Oui, à la sortie, subsiste ce sentiment que le film de Denis Villeneuve est à celui de Ridley Scott ce que les Réplicants sont aux humains : la même apparence, des performances supérieures, sans doute, une finition impeccable, mais quid des "vrais" sentiments, qui semblent ici avoir été greffés sur le scénario, comme, dans le film, on greffe des "faux souvenirs" dans le cerveau des Réplicants, pour les humaniser). Les personnages ne sont "que" des personnages, on a du mal à s'y (r)attacher... Je réalise que je viens de dire deux ou trois fois la même chose (mon obsolescence programmée est en marche, irrémédiablement) et donc skrtchh skrtchh (bruits un peu inquiétants de court-circuits et de faux-contacts) il vaut mieux s'arrêter là..

(D'autant plus que la fin semble un peu "bâclée", comme rapidement expédiée, et doublement en plus, car dans le bôô cinéma comme d'hab' les lumières se sont rallumées sur le dernier plan, avant même le début du générique, ça m'éneeeeerve!).


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(et l'affiche est moche, je trouve, et en rajoute encore dans la confusion starwaresque, non ?)

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jeudi 12 octobre 2017

tu vas rire

ALBIN DE LA SIMONE
à l'Audtitorium de Lure
4 octobre 2017

Décidément, il y a quelque chose de spécial, avec cette salle. Non seulement l'acoustique y est excellente, mais chaque fois que j'y vais, c'est pour un grand bonheur de spectacle... L'an dernier c'était Mathieu Boogaerts, et cette année ce fut Albin de la Simone, que je rêvais depuis longtemeps de voir sur scène...
C'est Emma qui me l'a fait découvrir, il y a quelques années, au début, j'avais un peu de mal avec sa petite voix, et c'est Marie-Pierre, à Clermont qui me l'a re-fait découvrir et aimer (oh c'était Mes épaules, qui est devenue une de mes 100 chansons préférées du monde... Tiens, d'ailleurs, faudra que je la fasse un jour, cette liste!)
Là, donc, c'était Un de nous, son dernier album, qu'il tourne en version acoustique (unplugged est vraiment affreux comme mot), avec , semble-t-il, toujours les mêmes belles personnes (Violon, chant et clavier : Anne Gouverneur, Violoncelle et chant : Maëva Le Berre, Guitare et percussions : François Lasserre) . Un seul micro, donc, pour sa voix (mais pour le rappel il chantera même sans), et un spectacle exquis -comme le bonhomme sur la scène-, qui se joue à quatre, où j''ai jubilé de la première à la dernière minute (de Ma barbe pousse à Ado). En plus on était au premier rang, avec Emma, et, vraiment, on n'en perdait pas une miette.
Quel bonheur!
Le personnage est attachant. Ce mec est... classieux, c'est le premier mot qui me vient. Mais sans ostentation. Simplement. Avec son petit costard bleu pétrole et ses jolies chaussures à semelles rouges, avec sa bonne bouille juste joufflue ce qu'il faut et le soupçon de barbe juste ce qu'il faut aussi, il a une classe folle. D'autant plus remarquable que lorsqu'on le verra revenir dans le hall, après la fin du spectacle et les n rappels, ce sera en t-shirt grisâtre informe et un verre de vin à la main. Comme si sur scène il interprétait Monsieur de la Simone ("le poids de mon nom ridicule, de ce fantôme à particule...") , tout en restant tout à fait capable d'être aussi juste Albin.
A la première écoute, c'est vrai j'aimais un peu moins son dernier album (Un de nous) que le précédent (Un homme), donc a priori ma joie serait un peu en deça me disais-je, alors que, benêt que j'étais, pas du tout. Tout fut parfait. Parfaitement. Il chanta, donc, tout le dernier album, dans un ordre aléatoire et ça c'est très bien, en y intercalant judicieusement quelques chansons plus anciennes -dont certaines que je n'avais carrément jamais entendues (Ce pull, par exemple) et d'autres, que j'ai attendues à juste titre (Mes épaules) ou en vain (Mort en plein air, Ma crise, Elle fréquentait la rue Pigalle...).
Il parle,il chante, il tapote son clavier, il raconte, il donne le sourire, et c'est une façon de niveler, d'adoucir certains textes merveilleusement tristes (j'ai pleuré aux Chiens sans langue, par exemple). La complicité évidente entre les quatre partenaires participe aussi au bonheur ressenti face à ce tour de chant (comme on dirait  tour de magie)... Ca suit son cours, tendrement, aimablement, comme une petite rivière joyeuse. On est dessus, petits bateaux en papier et on descend au fil du courant. (d'ailleurs me semble-t-il, au départ la Simone de son nom est un cours d'eau)
Oui, comme pour Mathieu Boogaerts au même endroit l'année dernière, on aurait eu envie que ça ne s'arrête jamais...
Comme dit Emma, "C'est une belle personne..."

https://lefooding.com/media/W1siZiIsIjIwMTcvMDMvMzAvMThfNTVfNTVfNDY2X0FTXzM3MC5qcGciXSxbInAiLCJ0aHVtYiIsIjMwMHgzMDAjIl1d/AS-370.jpg?sha=99832030

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mercredi 11 octobre 2017

elle lui chuchote quelque chose à l'oreille

TWIN PEAKS THE RETURN
de David Lynch

Ca y est! C'est fini! J'ai terminé les dix-huits épidodes de cette fameuse saison 3 ("vingt-cinq ans après il revient...") Avec des hauts et des bas, des interruptions, des reprises (les 5 derniers épidodes sur une journée) et j'en suis tout tourneboulé... Alors voilà des images :

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...oui, je suis tout aussi enthousiaste que Les Cahiaîs (qui y consacrent presque la moitié de leur dernier numéro), même si j'ai un peu de mal à comprendre tout ce qu'ils peuvent bien y raconter... J'ai du mal à en parler, je suis encore sous le choc, c'est comme d'avoir vu un film de Lynch de 18h (dix-huit heures!) avec tous ces moments étranges, terrifiants, drôles, lénifiants, enragés, dégueulasses, nunuches, absurdes, incompréhensibles, surprenants, inquiétants, émouvants, rebutants, schizophrènes, paranoïaques, malsains, ironiques, clignotants, brûlants, explosifs, acidulés, assourdissants, glamour, réjouissants, révoltants, etc. et etc. (il en faut bien deux brassées.) Tous ces personnages, toutes ces histoires, toutes ces questions...
Du coup, je vais regarder les deux premières saisons, il y a peut-être des choses que je vais mieux comprendre...
(peut-être...)

 

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mardi 10 octobre 2017

dix films pour J.r

 cible émouvante

je suis le seigneur

tombés du ciel

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Il s'en est allé le grand moustachu en imperméable qui tentait d'imiter Marylin/ Duperrey en passant au dessus d'une bouche de chaleur, le pince-sans-rire à la voix et au phrasé  inimitables, le plus french des so british, à jamais Etienne le mari de Marthe dans les deux films d'Yves Robert, mais pas que. (Je rêve toujours du Don Quichotte de Terry Gilliam...)
De tous ses films en voici 10, et parmi eux trois  spécialement adorés : LE MARI DE LA COIFFEUSE (1990), TANDEM (1987), UN ÉTRANGE VOYAGE (1980)... On l'aimait, ce grand machin... Il est parti rejoinfre des copains  Marielle et Noiret, la fête peut commencer!

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lundi 9 octobre 2017

FAL 2017

Cette année nous y sommes allés (avec Marie bien sûr) dès le premier jour "officiel", ce qui n'était pas forcément une très bonne idée...
Bilan : 6 livres, 3 petits et trois gros :

par ordre de taille :
- POURQUOI MENACEZ-VOUS LA MARINE ? (CONTREPETERIES) : 1€
- VACHES (Frédéric Boyer / POL) : 2€
- JEROME LINDON (Jean Echenoz / Minuit) : 3€
- CHAGRIN D'ECOLE (Daniel Pennac /Nrf) : 0,50€
- UNE MORT QUI EN VAUT LA PEINE (Donald Ray Pollock / Albin Michel) : 4€
- L'HUMEUR VAGABONDE / UN SINGE EN HIVER (Antoine Blondin /La Tabrle Ronde) 2€
Soit 6 livres pour 12,50€... raisonnable, isn't'it?
Au "petit jeu des prix pricem*inister", ça donne
- contrepèteries : 0,90
- vaches : 1,89
- lindon : 1,60
- pennac : 0,90
- mort : 10,78
- blondin : 15,10
ce qui nous mène à 31,17€ (sans les frais d'envoi)

et donc à une économie de 31,17 - 12,50 = 18,67
... voilà donc une journée bien gagnée, non ?
signé : Chori Picsou

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