jeudi 16 novembre 2017

un ascenseur, un mur, 200 kurdes, un cheval, et Hamburgo

 

sordi danse veuf

 

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LE VEUF
de Dino Risi

Premier film vu de La Quarta Settimana Italiana qui débute aujourd'hui (et qui m'aura causé alcuni problemi). Un film de 1957, dirigé par Dino Risi, autour d'un Alberto Sordi impeccable de veulerie. Le film a été restauré, la copie est impeccable et Alberto Sorti est grandissime. Dino Risi nous faisait déjà rire jaune : Un quasi-aigrefin sans le sou a épousé une richissime et jongle avec ses créanciers, jusqu'à ce qu'on annonce la mort de ladite épouse dans un accident de train. Le veuf se croit riche, et change de statut et de comportement, jusqu'à ce que... Si le récit est assez prévisible (les deux-tiers en sont d'ailleurs racontés dans la bande-annonce, et le tiers restant n'est pas le plus palpitant...) le film vaut, bien sûr par l'abattage de notre Alberto (auquel est d'ailleurs rendu, cette année, un hommage avec deux films). Qui en fait des caisses,certes,  mais des caisses géniales, alors, on lui pardonne tout...

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ultima spiaggia

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L'ULTIMA SPIAGGIA
de Thanos Anastopoulos et davide Del Degan
QSI 2 : un documentaire fort attendu (je l'avais déjà souhaité pour la précédente édition, mais il était alors de trop fraîche date sorti). Deux heures ritalissimi, mais en maillot de bain. La plage du Pedocin, à Trieste, qui a la particularité d'être coupé en deux par un mur, les femmes d'un côté et les hommes de l'autre. Une plage payante, avec deux guichets et deux entrées. Et les gens qui sont sur la plage, depuis le début de la journée jusqu'à l'heure de la fermeture (19h30). Un documentaire simple et touchant, attentif, attendri, les gens, la vie quoi, les discussions, les rigolades, les chansons, les disputes, et les petites histoires du quotidien : le composteur de tickets coincé, un cadenas sur un transat pour le réserver, les toilettes qui se bouchent, un maître-nageur serbe, la mort d'une femme de ménage, de quoi alimenter les conversations des autochtones (i locali). Etre et avoir, été.

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UN PAESE DI CALABRIA
de Shu Aiello et Catherina Catella
QSI 3 : le deuxième doc, celui-ci aussi très attendu. Un film qui démarre piano piano, un peu confusément, mais se construit progressivement, et accueille le spectateur à bras grands ouverts, comme les derniers habitants de Riace l'ont fait avec les 200 kurdes débarqués un beau matin sur la plage... La première voix du film est en français (celle d'une émigrée vers la France), la seconde, en italien, est celle d'un de ces kurdes, justement, qui explique comment il est arrivé là et n'en est plus jamais reparti. Un film optimiste, un film qui fait du bien,  qui redonnerait presque foi en l'humanité (comme disait Claude W. à la sortie "C'est pourtant pas compliqué..."), entre "Si tous les gars du monde..." et "Tous ensemble, tous ensemble!". Ça réchauffe et ça fait du bien... (notamment une jolie scène avec les Saints Côme et Damien)

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A CIAMBRA
de Jonas Carpignano
QSI 4 : Hervé m'avait prévenu de la similitude avec La BM du Seigneur, et je n'ai donc pas été étonné lorsqu'au générique de fin, autour de Pio Amato, l'interprète du personnage principal, l'écran s'est ensuite entièrement rempli avec le nom de tous les autres Amato de la famille, qui jouent leur propre rôle... Un film réaliste, âpre, "rugueux", sur la vie d'une famille rom (en vo "zingari") où un gamin de 13 ans veut qu'on arrête de le considérer comme un môme et veut devenir un homme, ou du moins qu'on le reconnaisse comme tel. (et, coïncidence ,tiens, une nouvelle référence aux saints Côme et Damien). Je dis, à la sortie,  "Dommage qu'il faille faire une saloperie pour devenir un homme" mais Zabetta corrige "Il a choisi de rester fidèle à sa famille..." Dur dur, quand même

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PROFESSION : MAGLIARI
de Francesco Rosi
QSI 5 : Le deuxième film de l'hommage à Sordi, sorti la même année que Le veuf. Un beau noir et blanc, des italiens émigrés à Hambourg (il fait froid), qui traficotent pour s'en sortir, du jazz dans la bande-son BEAUCOUP TROP FORT encore une fois, je gueule, oui, c'est exprès), un Sordi égal à lui même (Albertissime), et un Renato Salvatori débutant qui joue les pieds-tendes à coeur d'artichaut. Dès le début, j'ai senti hélas que je papillonnais, et si à un moment Hervé ne m'avait pas dit "Tu dors ?", me réveillant en sursaut,  je crois que j'y serais encore (en train de dormir). Du tout je n'ai pas tout compris à cette histoire de tissus et de tapis. Pas un sommeil hostile pourtant, mais un film longuet, qui a un peu vieilli... Une curiosité en tout cas, et une découverte : Alberto Sordi n'a pas tourné que des comédies...

sordi magliari

 

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dimanche 12 novembre 2017

rohingyas

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LE VENERABLE W.
de Barbet Schoeder

Comme je l'appréhendais, un film terrifiant. Barbet Schroeder ajoute à Amin Dada et Jacques Vergès le Vénérable W du titre. Il n'a l'air de rien, à le voir comme ça, tout sucre et tout miel, calme posé et lénifiant, avec sa robe orange il colle tout à fait à l'image qu'on se fait desdits moines et de leur religion : zenitude et respect. Sauf que, pas du tout.
On est très vite fixé, dès sa toute première intervention. Cet homme-là profite de sa position de "Maître" (je mets les guillemets juste pour lui) pour proférer une haine féroce envers les musulmans. La mauvaise foi et la violence du discours en rappellent d'autres (chez nous, il n'y a pas si longtemps, certain borgne, sa fille, et consorts, et, en Allemagne, un peu plus tôt, mais de façon bien plus systématique et "rationnelle", certain autre moustachu à méche).
Je cite ces deux-là pour situer le niveau de haine, de violence, de mauvoise foi et de dégueulasserie auquel leur "discours" se situe, sauf que les deux derniers le faisaient en hurlant, en éructant, tandis que notre moine safrané le fait posément, sans hausser à la fois, en ajoutant parfois même un sourire pour parapher ses déclarations.
C'est terrifiant, c'est révoltant, c'est monstrueux, et le réalisateur nous raconte les choses, simplement : les images, le plus souvent documentaires, sont -soyeusement- doublées par une voix, qualifiée au générique de "petite voix du bouddhisme", et qui a la bonne idée d'être celle de Bulle Ogier. Qui se contente d'énoncer les préceptes de ladite religion, et le déroulement des événements. et le simple fait de l'associer aux images qui montrent ce qui se produit en réalité, en suivant soi-disant ces préceptes, un génocide de masse, celui des Rohingyas, rend les choses encore plus choquantes.
Un film poignant.

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jeudi 9 novembre 2017

si j'avais un marteau

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A BEAUTIFUL DAY
de Lynne Ramsay

D'abord, précisons qu'il semble toujours aussi idiot de "traduire" un titre original en anglais (You were never really here) par un autre titre anglais (il faut attendre la dernière minute du film pour comprendre pourquoi).
Ensuite, "le Taxi driver du 21 ème siécle" est une accroche publicitaire nulle (pléonasme). Taxi driver, wtf ? En plus je n'ai jamais aimé ce film.
Et quid des prix ? Le film a été couronné deux fois à Cannes : meilleur acteur et meilleur scénario. Acteur, oui, c'est incontestable, Joaquin Phoenix est immense, je le redis je le répète, j'en bave et je m'en convulse. Pour le scénario, c'est un peu moins évident. Tant qu'à faire, celui de la mise en scène aurait été plus... judicieux.
Fin des ronchonnades (aah si, quand même : pourquoi, dans le bôô cinéma, le projectionniste -facétieux, comme à son habitude- nous avait-il mis le son si fort ? un coup à vous faire péter le sonotone, ça...).
Pour le reste ? c'est tout bon. (Un peu drôle de dire c'est tout bon devant l'histoire d'un mec, disons "tourmenté", qui détruit des pédophiles à coups de marteau, mais c'est pourtant le cas. Une vieille spectatrice -nous étions trois à la séance de 16h - m'a dit "Oui mais, c'est un film d'homme, ça cogne, etc." pour expliquer pourquoi elle avait détesté, quand je lui ai répondu "mais c'est réalisé par une femme...").
Lynne Ramsay, je connaissais de nom., mais je n'ai vu aucun de ses films. J'avoue que celui-là me donne envie de voir les autres, même si -j'y suis allé voir après avoir vu le film- les critiques ne sont pas tendres (enfin, certaines : une salve de 1 * en bas du tableau pour Téléramuche, Première, Libé, La septième saison et, tiens, je vais les citer in petto : "Un nanar qui se fantasme en objet clinquant et artistoïde, et tout autant l’inverse, enfin quelque chose qui traduit surtout un mépris ultra-bourgeois du cinéma", méprisantissimes, Les Cahiaîs.
C'est sûr que ce film est, pour moi, beaucoup plus une forme qu'un fond. Plus qu'une histoire, surtout la manière de la raconter. Mais bon, j'aime ça, qu'un film soit avant tout un objet cinématographique, et You were never really here l'est, brillamment, incontestablement. Joaquin Phoenix, bien sûr. Cet homme-là, je l'aime autant aux USA que Vincent Macaigne par ici, c'est dire. Et il est filmé avec tellemnent de fascination (et presque concupiscence ?) par la réalisatrice qu'il prend toute la place, même quand il ne fait rien. Un personnage torturé, qui sidère d'abord physiquement, par la force de sa présence (50% nounours et 50% terrifiant) puis, progressivement, par la complexité de son mental (des flashes, des visions, infinitésimaux et incompréhensibles au départ, puis de plus en plus prégnants, qui permettent au spectateur de reconstituer quelques situations qu'on qualifiera de "traumatisantes". J'ai vraiment été fasciné d'un bout à l'autre, avec un point culminant (j'avais écrit  acmé mais ça m'a semblé pas tout à fait ça) au beau milieu du film (et au beau milieu d'un lac), une scène qui cite quasiment Bill Viola (et tiens, presqu'un peu de La nuit du Chasseur, allez...) et m'a simplement subjugué.
Bien sûr, ça peut sembler parfois un peu embrouillé (la narration est à l'image du personnage central, perturbée), on ne comprend pas pas tout, mais bon on est en plein dedans, on galope derrière, la nuit nous appartient, la nuit new-yorkaise, celle qu'on avait déjà tant aimée filmée par les frères Safdie dans leur Good Time. Et Joaquin Phoenix y règne sans partage.

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mardi 7 novembre 2017

backgammon

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THE WORLD IS BIG
de Stephan Komandarev

Une découverte Uncut. J'avais un peu délaissé mon abonnement depuis quelques temps, et j'ai donc pas mal de films à rattraper... Voilà un joli p'tit film bulgare, un feel-good movie, même, avec Miki Manojlovic (un habitué Kusturicien et "films de l'est" en général) en grand-père bulgare champion de backgammon qui va rechercher en Allemagne sont petit fils à l'hôpital, amnésique à la suite d'un accident où ses parents ont perdu la vie.
Deux trames d'histoire : pendant que, aujourd'hui, le grand-père et le petit-fiston font une virée en tandem de l'Allemagne vers la Bulgarie, on suit en même temps le voyage inverse, des années plus tôt, qui mena Alex (le petit fils) et ses parents de la Bulgarie vers l'Allemagne, (en passant par l'Italie).
Petite leçon d'histoire récente (Bulgarie, communisme, police, milice, c'est pas jojo), dans un film doux, touchant, attachant, plein de bons sentiments (on devrait plutôt dire de délicieux sentiments, ça paraîtrait moins péjoratif), et de tendresse, où la vie est comparée à une partie de backgammon (auquel on a envie de jouer, une fois le film fini), et la chance juste une histoire de penser aux bons chiffre avant de lancer les dés...
Plaisant.

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lundi 6 novembre 2017

micro 174

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Coco, laisse tes rôles...
(noté en hâte une nuit, au réveil)

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 je vous aime beaux culs

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 3kg de Larcenet pour 55€, ça nous le met au prix du rôti de boeuf en promo au Super U

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le journal Marie-Glaire...

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c'est la nature qui fait tomber les feuilles,
je vois pas pourquoi ça devrait être moi qui me casse le cul à les ramasser...

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Rodolphe Burger sur scène reprend Family Dingo en version blues, et c'est dommage...

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 P. s'était engagé à n'acheter que cinq livres, et il fut donc décidé
que, tous les autres livres qui seraient en plus dans le carton,
ce serait F. qui les aurait achetés

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Scarlett Johansson adore le fromage.

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 (dans un post) écrit similitaire à la place de similaire

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Oh oh... Manu Larcenet serait-il contagieux ??
J'ai lu presque tout le coffret, et mon humeur s'en ressent...

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le backgammon se joue sur un tablier

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J'ai acheté mon premier pyjama à soixante ans passés

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samedi 4 novembre 2017

décidément

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... deux pages dans le Libé de ce week-end : la première qui reprend cette image qui m'a fort interpellé (voir ci-dessus)
et la seconde (voir ci-dessous) qui évoque ce fameux groupe que nous étions allé tout spécialement voir à Détonation, et qui a joueusement avancé sa prestation d'une heure, nous privant du plaisir de le voir (mais on a bon espoir encore pour Les Eurocks, Le chien à Plumes, La guerre du son, etc. (qui sait ?)

lysistrata

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monnaie de singe

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THE SQUARE
de Ruben Östlund

Vu juste après Corps et âmes, et ce fut sans doute une erreur. J'ai déjà parlé des "films qui ne vont pas ensemble" (et de l'image "comme le fromage de chèvre et le jus d'orange", que -je viens de vérifier, il me semblait bien- que, donc, j'ai déjà utilisé ). Ce fut le cas. La comédie ne m'a pas fait rire et la dénonciation ne m'a pas touché. Enfin, pas vraiment. Disons que si le propos du réalisateur était de crééer le malaise, il a réussi, mais pas forcément de la façon dont il l'avait envisagé. Il voulait que son personnage principal nous file la honte, et c'est lui qui le fait. La petitesse, la lâcheté, la compromission du mâle suédois (ou plus largement, européen, ou même mondial, qu'importe), il les avait déjà traitées dans Snow Therapy, et je lui avais alors trouvé un certain charme (une certaine habileté ?) mais que j'avais finalement gratifié d'un Mouais. Il revient donc ici à la charge, continue de grattouiller dans son petit pré carré, autour du personnage de Christian, un conservateur de musée très contemporain (le qualificatif sied aux deux, à l'homme et au musée).
Christian s'est fait voler son porte-feuille et cherche comment les récupérer, Christian draguouille une journaliste, Christianlaisse la com' de sa nouvelle expo partir en quenouille, Christian organise une conférence de presse, etc. on découvre même, au bout d'un certain temps, que Christian a des enfants...

Il veut jouer au moraliste (ou fait mine de) et ça ne fonctionne pas. Il voulait dénoncer mais au final se contente d'énoncer. Et c'est loooong. Le film m'a produit le même éffet que La grande belleza (et il tient d'ailleurs le même genre de discours) :  avec une petite heure de moins c'eût sans doute été jouable. (Peut-être n'aime-je pas les films qui glosent sur l'Art ?)

"Mais pourquoi est-il aussi ­méchant ? Film après film, Ruben Östlund nous inflige sa misanthropie radicale — Haneke, à côté, c’est Capra ! Et s’acharne sur ses personnages avec une cruauté narquoise. Ce jeu de massacre est d’autant plus pénible qu’il a du talent. Sa ri­gueur esthétique dans la composition des cadres, son sens de l’humour à froid font souvent mouche dans la première heure de The Square, quand il se contente de suggérer sa haine de ses contemporains. Ensuite, ça se gâte : le réalisateur explique tout (et plutôt deux fois qu’une), et on ne voit plus que le petit malin, ravi de ses effets provocateurs — pas toujours efficaces : la fameuse scène du happening au milieu du dîner des donateurs est si étirée que son potentiel de malaise s’émousse. Östlund ne dérange pas, il agace. Quant à sa satire de l’art contemporain, elle est aussi subtile que les gribouillis d’Omar Sy vendus à prix d’or dans Intouchables…"(Samuel Douhaire, Télérama).

Merci merci Téléramuche ! Ce qui m'a surtout gêné, cinématographiquement, c'est cette énervante habitude qu'a le réalisateur de ne pas (savoir/vouloir) terminer ses plans. A quoi bon construire une scène (l'introduire, la développer, y installer une problématique, une tension, pour soudain tout abandonner et passer à autre chose comme si ça n'avait finalement aucune importance ? peut-être est-ce une référence (clic clic un clin d'oeil) au Musée à l'Art, aux Oeuvres, et à la façon dont on les voit dans une Exposition : on y consacre un moment et hop on passe à la suivante ? Le réalisateur a agencé ses jolis petits blocs narratifs et sautille de l'un à l'autre, à nous spectateurs de nous conformer à son rythme...
Je sais, j'ai un problème avec le second degré, je n'en possède pas vraiment, oui je suis primaire, et je prend donc les choses au rez-de-chaussée de la compréhension, au pied de la lettre, de l'image, ici, plutôt. Les attaques contre l'art conceptuel, je serais plutôt d'accord (je persiste à considérer Fluxus et consorts comme une joyeuse fumisterie), la petite mendiante qui explose j'ai même tendance à trouver que c'est la chose la plus drôle -en tout cas la plus inattendue- du film, mais je pense que la scène du repas et du "grand primate" relève du plus grand mépris, du spectateur surtout.
je garderai du film le personnage du petit gamin énervé qui crie sur Christian qui l'a embarqué contre son gré dans une histoire qui ne le concernait pas et veut absolument qu'il lui présente des excuses. Peut-être parce que là, à ce moment, je m'identifiais.
Bref tout ça m'a mis d'assez mauvaise humeur je dois le reconnaître (peut-être aurais-je du rester en compagnie de la biche et du cerrf du film précédent)

"Le play-boy propre sur lui finit littéralement dans le local à poubelle transformé en piscine de déchets domestiques où il plonge et patauge comme en un bain lustral où quelque chose de sa nature humaine profonde et perdue se récupérerait au contact des couches culottes souillées et pots de yaourt vides. Les bourgeois, les journalistes, les femmes, les immigrés, les pubards, les enfants, tout le monde aura pris au passage sa petite éclaboussure à peine salissante. Au fond, Ostlund est trop calculateur, didactique ou idéologue pour faire entrer dans son film cette part de vraie trivialité qui trahirait sa vulnérabilité, ses doutes, les failles qui rendraient du coup plus sympathique son insatiable besoin d’être reconnu et plébiscité par ce monde qu’il croit si aisément pouvoir encadrer dans une farce glacée." (Didier Péron, Libération)

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(et l'affiche est très moche... pour le coup, la Com', ici, n'a pas fait son job...)

 

 

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vendredi 3 novembre 2017

biche ô ma biche

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CORPS ET ÂME
de Ildikó Enyedi

J'ai bien ce genre de film, qui apparaît tout à coup sur les écrans et à l'affiche -plop!- comme un champignon magique. Ni répertorié, ni attendu, ni connu. Et qui vous produit un tel effet. Un film hongrois, donc, d'une réalisatrice dont le nom m'évoque un pépiement d'oiseau exotique. Allocinoche m'informe qu'elle a réalisé quatre films depuis Mon XXème siècle, qui avait obtenu la Caméra d'or à Cannes en 1989 (soit grosso modo un film tous les dix ans) inutile de dire que je vais chercher à en savoir plus sur la dame et ses oeuvres, après avoir vu ce film-ci, que j'ai beaucoup beaucoup aimé.
Une histoire d'amour (?) entre un homme et une femme (pas trop chabadabada) : lui est patron d'un abattoir, et elle en est la nouvelle "contrôleuse-qualité". Ils se côtoient d'abord professionnellement, mais, aussi, et surtout, oniriquement : ils se retrouvent toutes les nuits, dès qu'ils s'endorment, sous la forme d'un cerf et d'une biche, dans la forêt enneigée...
On suit en parallèle leurs deux parcours : le nocturne, bucolique et forestier, et le diurne, beaucoup plus... terre-à-terre (les tueurs des abattoirs ne sont pas précisément réputés pour leur légèreté et leur finesse).
Lui est plus âgé, taciturne, handicapé (il a perdu l'usage d'un bras), elle est blonde, timide, mal à l'aise avec les autres (on apprend qu'elle continue de consulter le même pédopsychiatre que lorsqu'elle était enfant), pendant le film j'avais envisagé d'intituler ce post "Je suis in, inadaptée" comme la chanson de Brigitte Fontaine, tellement Maria (c'est son prénom) semble avoir des problèmes : elle est à mi-chemin entre l'autisme et le personnage d'extra-terrestre que jouait Scarlett Johanssen dans Under the skin, c'est dire son inquiétante étrangeté...
C'est la venue d'une psychologue dans l'entreprise, (pour faire des bilans psy de chacun des employés pour trouver le coupable d'une histoire d'aphrodisiaques) qui va permettre (elle leur demande de raconter leurs rêves) à Endre et Maria de réaliser qu'ils se rencontrent ainsi chaque nuit, dès qu'ils s'endorment. Et je trouve le postulat de départ magnifique. Et Maria/biche se comporte plus en "vraie biche" que Maria/femme en "vraie femme". C'est beaucoup plus simple la nuit, dans les rêves, que dans la réalité. D'autant plus que le contexte professionnel en rajoute dans le terre-à-terre et le sanguin, et on a, ainsi, droit au portrait de quelques joyeux bourrins qui y officient.
Avec une maladresse touchante (je devrais dire deux maladresses touchantes) nos deux tourtereaux -oups pardon cervidés- vont tenter de se rapprocher... La réalise entrelace avec soin (avec délicatesse) les deux niveaux de l'histoire, le trivial, boulot, cantine, collègues, et l'onirique, sous-bois enneigé, herbe qu'on broute, museaux qui se frôlent, et on se demande bien comment tout ça va finir... Et Dominique m'avait bien prévenu que c'était "pour public averti, mais pas celui que je pensais...", et j'ai compris lorsque, dès le début, j'ai vu les scènes d'abattoir, dont je n'étais absolument pas au courant, mais qui donnent au film une dimension documentaire, réaliste, "vitale", supplémentaire.
Cette idéalisation de l'amour ne pouvait bien évidemment que me toucher (vous me savez midinet plus que de raison, surtout à mon âge, où l'on est censé n'être plus qu'un vieux braconnier endurci, cuirassé de cicatrices et couturé de certitudes) et je me suis senti dans cette histoire (et son traitement) autant en terrain de connaissance que biche en sous-bois.
J'ai presque trouvé la singularité de Maria à peine un poil (de biche) trop excessive, mais me suis aussi un peu reconnu dans cette fameuse inadaptation, et j'aime aussi que les autres personnages (la psy, le collègue à queue de cheval) soient, eux aussi, à peine exagérés (dans la féminité ou dans la bourrinitude).
Un film, pourtant froid, où, allez savoir pourquoi, je me suis senti bien...

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l'affiche hongroise

 

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et la française

 

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jeudi 2 novembre 2017

à gray (la vile)

 gray libé

on n'y voit goutte...
(une demi-page dans Libé ce jour, tout de même)

 

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mercredi 1 novembre 2017

octobre 2017

dimanche 1er (Besançon / Vesoul)
Du brouillard du brouillard du brouillard en rentrant de Détonation, de Besac à Authoison dans la voiture de Manue, puis d'Authoison à Vesoul dans la mienne (j'ai conduit lentement, à 3h du mat, le long de cette petite route que je ne reconnaissais plus, dans la crainte de voir jaillir chevreuils ou sangliers mais non)
lundi 2 (Lycée des Haberges)
Ma voisine m'avait fait lever tôt, rdv à 8h30 pour une interview avec des jeunettes de première qui souhaitaient  que je leur parle de notre association de cinéphiles (à 9h c'était fini)
mardi 3 (de Coulevon au Montmarin)
en partant à pied rejoindre Catherine qui m'emmènerait retrouver Marie, un moment, suspendu, de grâce, l'air doux, le soleil, le ciel bleu après les orages matinaux, quelque chose d'apaisé, qui m'a mis, sans raison, d'excellente humeur
mercredi 4 (l'Auditorium, à Lure)
assis avec Emma au premier rang, radieux, sur les deux derniers sièges vides qui n'attendaient que nous, pour assister au magnifique concert d'Albin de la Simone
jeudi 5 (dans ma cour)
j'ai photographié mon rosier qui a fait, hier, de la part de Manue, (et avec ma bénédiction), l'objet d'une tonte drastique (et je suis de nouveau allé le voir en revenant de l'anniversaire d'Emma)
vendredi 6 (dans la cuisine)
Pépin me fait un tour de magie bluffant en devinant que j'ai pensé à la dame de trèfle (bien sûr il y a un truc mais je ne sais pas lequel)
samedi 7 (Flunch Belfort)
pour notre repas de midi rituel annuel avec Marie (FAL oblige), la cafétéria était spécialement bruyante et remplie de gamins qui hurlaient (en se passant le relais)
dimanche 8 (à l'ordi)
une journée spécialement pluvieuse et déprimante, utilisée à chercher des solutions à des problèmes informatiques agaçants de carte réseau soit-disant défaillante
lundi 9 (sur le trottoir)
bien pensé à sortir le soir la poubelle à verre pour son vidage mensuel (découvert qu'elle contient, notamment, des bouteilles de champagne qui ne m'appartiennent pas a priori)
mardi 10 (au cinéma)
juste avant le contrôle des billets, une histoire complexe de monnaie à rendre entre Marie, Catherine, Véro et moi (comment rembourser la moitié de 5€ quand on n'a pas la somme correspondante)
mercredi 11 (à l'école)
apparition d'un très joli employé municipal barbu et souriant qui donne envie d'aller manger à la cantine du mercredi tous les mercredis
jeudi 12 (aux Sandales)
utilisé un chèque-cadeau pour acheter le dernier Jo Nesbø (La soif), et gardé l'autre pour le gros coffret de Manu Larcenet (78140 Vélizy) commandé ce même jour
vendredi 13 (FJT)
elle était seule de son espèce dans les bacs à couverts, cette petite cuillère au manche rose translucide, je l'ai prise, puis au moment de rapporter mon plateau, j'ai fini par la mettre dans ma poche (je l'ai volée, quoi)
samedi 14 (Bournel)
nous y déjeunons, (ciel bleu, soleil), avec Catherine -et Erika-  (formule entrée/dessert), sous le regard plus qu'attentif d'un gros serveur à l'obséquiosité condescendante
dimanche 15 (Le Haut du Tôt)
Catherine m'a emmené à ce "plus haut village des Vosges" pour Les sentiers de la photo, une expo en plein air,(ciel bleu, soleil) où nous avons la surprise de croiser Thierry G. avec sa petite famille
lundi 16 (du garage Renault jusqu'à la maison)
marché quelques kilomètres, (ciel bleu, soleil), avec à la main une enveloppe kraft A4 contenant, sous pochette plastique, la couverture de Télérama avec Vincent Macaigne, et l'interview d'icelui, découpés aimablement par Marie
mardi 17 (dans le bôô cinéma)
retourné voir en début d'après-midi Faute d'amour de Zviaguintzev (vu dimanche soir) pour ses très beaux plans d'arbres et de neige (et être sûr qu'il ne m'en manquait rien)
mercredi 18 (chez la voisine)
invité dans sa maison à boire une bière avant qu'elle ne parte en Inde (demain), j'en rapporte deux grosses courgettes que je cuisinerai en soupe ou farcies (vendredi)
jeudi 19 (sur les grilles)
l'unique rescapé des plants d'ipomée que je n'avais ni déraciné ni arraché a produit, ce matin, deux fleurs, (les dernières ?) haut et fort
vendredi 20 (en cuisine)
préparé pour Dominique (qui venait assister à la soirée d'ouverture de saison) un repas "tout courgette" : velouté courgette/vache qui rit, courgettes farcies, et gâteau chocolat/courgette
samedi 21 (à la Poste)
après avoir récupéré au guichet l'objet de tous mes voeux (l'Album Perec en Pléiade), pas pu m'empêcher d'éclater de rire devant un monsieur qui s'obstinait à payer son affranchissement à l'automate en pièces orange, sans comprendre que la limite admise était de 20 pièces
dimanche 22 (chez Zabetta)
invité à déjeuner en compagnie de Jean-Fran, qui a -visiblement- beaucoup apprécié la glace maison à la fève tonka (autant qu'il  abhorre la publicité)
lundi 23 (sur l'ordi)
c'est grâce à ce même Jean-Fran que mon problème récurrent de wifi par intermittence a été finalement résolu : mes deux adaptateurs  wifi étaient morts. Merci merci!
mardi 24 (au passage à niveau)
arrêté au feu derrière une voiturette sans permis, j'attend, quand se met à clignoter le feu annonçant que la barrière va se baisser, et voilà que le jeune kakou, qui fumait derrière moi dans sa voiture de kakou, fulmine soudain, fait vrombir son moteur, déboîte, franchit la ligne continue, nous double tous les deux, grille le premier feu (avant la barrière), franchit la voie ferrée, se rabat, grille le deuxième feu (après la barrière), et disparaît au loin, pendant que ladite barrière finit  placidement de se baisser (et je pense jeune con!)
mercredi 25 (devant la boîte aux lettres)
Le facteur qui m'a donné mon paquet "qui vient d'Angleterre" (avec une chemise en jean levi's dedans) portait lui aussi une chemise en jean levi's, la même que celle que je portais (mais en bien meilleur état, et j'ai eu envie de lui demander où il l'avait achetée...)
jeudi 26 (au local)
le jeu d'étiquettes fourni pour l'envoi de la programmation n'était pas le bon (et ce n'était pas de ma faute comme je l'ai cru d'abord!), et il a fallu, tâche plutôt fastidieuse, procéder étiquette par étiquette (enlever celles de ceux qui n'avaient pas réadhéré, écrire les adresses de ceux qui venaient de le faire), grâce au fichier-témoin que j'avais eu la bonne idée d'imprimer
vendredi 27 (Besançon)
plaisir(s) de remonter la grande rue avec Dominique avec à la main, dans un sac, mes 3kg  de Manu Larcenet, pour aller manger à l'Hermitage, avant d'aller deux fois au cinéma puis à la Rodia pour le concert de Rodolphe Burger...
samedi 28 (à l'Auditorium)
Je suis monté sur la scène, en compagnie d'Hervé, Pépin et Coralie, pour les sélections du Jeu des 1000 euros, mais je n'ai même pas réussi la première épreuve
dimanche 29 (heure d'hiver)
Mon réveil marquait 6h et quelques (j'avais changé l'heure avant de me coucher), la pendule dans la cusine et l'horloge du thermostat marquaient 7h et quelques (ancienne heure), mais, bizarrement, mon ordi annonçait 5h et quelques, et était donc passé, lui, à l'heure d'été... (il commence à m'inquiéter un peu)

lundi 30 (chez Dominique)
Tandis qu'elle se débat avec son nouveau téléphone, je découvre que l'affichage du mien a soudain perdu ses couleurs, et n'affiche plus qu'en noir et blanc, (pardon, en bleu et blanc)

mardi 31 (FJT)
l'amitié, c'est aussi ça : prendre le temps de regarder aavec attention les photos de Nantes de Marie, dont on comprend qu'elles lui tenaient à coeur, alors qu'on perçoit du coin de l'oeil que derrière, au bar, se tient un festival de culs de travailleurs particulièrement riche.

Posté par chori à 06:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]