lundi 5 février 2018

tout pour plaire

017
GASPARD VA AU MARIAGE
d'Antony Cordier

J'aime bien ce réalisateur, même s'il produit peu (Douches froides et Happy Few) et donc zou! direct première séance de l'après-midi au Victor Hugo. Oh lala ce casting d'amour! Félix Moati! Laetitia Dosch! Guillaume Gouix! Marina Foïs! Johan Heldenberg (découvert dans Alabama Monroe) et Christa Théret! (la seule que je ne connaissais pas), avec en prime quelques apparitions d'Elodie Bouchez.... Oui, déjà, rien que de voir tous ces gens-là ça me fait fondre...
D'autant plus qu'il s'agit de l'histoire d'une famille atypique, d'une tribu : Gaspard retourne chez les siens, qu'il n'a pas vus depuis longtemps, pour le mariage de son père. Les siens c'est Coline et Virgil. Coline c'est sa soeur, qui se trimbale sous une peau d'ours, et Virgil, c'est Guillaume Gouix, joliment barbu comme je le préfère. Son père, Max, doit épouser Peggy (Marina Foïs, subtilement "normale") mais auparavant se mettre en régle (au clair) avec toutes ses maîtresses. De maîtresse, justement, Gaspard s'en fabrique une via Laura, jeune fille tout juste rencontrée dans le train (Laetitia D.) Et, chose importante, j'ai oublié de préciser que tout ce monde habite au coeur d'un zoo (un vrai) avec des animaux qui se baladent... Et dont certains se font attaquer nuitamment par des chiens...
C'est... fantasque, baroque, surprenant. Et j'ai adoré ça. Antony Cordier nous a déjà montré qu'il est attiré par les structures affectives pas banales (un trio adolescent dans Douches froides, deux couples qui permutent dans Happy Few) ici, ce parti-pris de non-conventionnalité semble avoir contaminé l'ensemble des personnages. Chacune chacun a son propre petit grain de folie, de fantaisie, sa singularité spécifique, et du coup les inter-actions entre les personnages sont souvent comme des réactions chimiques imprévisibles ou des petits chocs électriques provoquant des étincelles plus ou moins conséquentes (des arcs électriques)
Oui, j'ai adoré ça. Parce que sous la légèreté apparente de cette couvée post-soixante-huitarde se niche une délicate mélancolie de fin d'enfance (qui a fait pincer la bouche au critique des Cahiâis. -entre parenthèses ceux-là ils commencent sérieusement à m'agacer je ne renouvellerai pas l'abonnement-), oui, un certain désarroi.Mais sans ostentation.  Et que tous (toutes devrais-je dire) actrices et acteurs sont au diapason de cette chorale pas toujours accordée mais tellement touchante (un mot en passant sur la musique, qui est signée Thylacine et qui tient divinement son rôle, et aussi, tiens une petite chorégraphie entre frères et soeur qui m'a spécialement touché -tiens ça c'est vrai, je n'arrête pas de voir des films avec dedans au moins une petite scène de danse qui m'émeut...).
Cerise sur le gâteau (n'en jetez plus!) le film est à QV (le père puis un des fils...), mais sans ostentation non plus (à l'image du désarroi cité plus haut) et ça aussi ça me touche (ne nous voilons pas la face).
Animal on est mal chantait il y a longtemps Gérard Manset, mais dans le cas présent,  dans le zoo gentiment déglingué d'Antony Cordier on est bien. Tellement bien.
C'est pour ça que je ne pouvais intituler ce post que de cette façon (et le titre m'est d'ailleurs venu très tôt en regardant le film...)

0692248

Posté par chori à 06:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]