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SEULE SUR LA PLAGE LA NUIT
de Hong Sangsoo

Et hop! Encore un! Après La caméra de Claire (vu en avant-première à la "Journée du Prix des Exploitants") et avant Grass (projeté à la Berlinale et sortant je ne sais quand) voici le nouvel opus de Hongchounet, avec encore sa "nouvelle muse" (dixerunt les critiques) Kim Min-Hee (qui avait d'ailleurs gagné pour ce film un prix d'interpréation à cette même Berlinale, l'an passé).
(H)on est chez Hong, donc, en territoire connu. Soju, bière, discussions, dissections des sentiments, tables de bar, éclats de rires, éclats de voix. Et sa bien-aimée, toujours aussi mimi, ("ni tout à fait la même ni tout à fait une autre", merci Paul V.). Seule sur la plage la nuit fascine autant (je parle pour moi) et surprend pourtant, même si le procédé employé (deux films pour le prix d'un) ne l'est pas pour la première fois par notre Hong SangSoo préféré.
Deux films, numérotés 1 et 2, chacun avec son générique, et le même personnage principal féminin, prénommée ici Younghee. Le premier en Allemagne, où elle attend la visite (ou pas) d'un homme le soir), dans une ville que le réalisateur s'emploie consciencieusement à ne jamais nommée) et le second en Corée (dans une ville qui n'est pas Seoul), où l'on en apprend un peu plus sur la situation professionnelle amoureuse et sociale de notre demoiselle mélancolique. Car, mélancolique, le film l'est. A plusieurs reprises et même constamment, obstinément, à la façon du ressac sur la plage qu'on verra et reverra plusieurs fois. Le deuxième film commence par un minimaliste frontal plan fixe sur l'héroïne dans une salle de cinéma, et je n'ai pas pû m'empécher au cinéma rouge et vide de Goodbye Dragon Inn, de Tsai Min Liang, même si les deux films n'ont pas gran-chose à voir, à part peut-être la tristesse. (tristesse, mélancolie, on y revient...)
Autant La caméra de Claire était solaire et léger (voire désinvolte) autant Seule sur la plage la nuit est humide et frisquet. C'est vrai qu'Hong Sang-soo raconte depuis quelques temps un peu toujours la même histoire (la sienne) : un homme, une femme, un réalisateur, un "fait-divers qui défraie la chronique", mais cette fois c'est la version -un peu désenchantée- de la jeune fille qui nous est livrée, le réalisateur n'apparaissant qu'"en creux".
En plus, ça m'a permis de découvrir le Winterreise de Schubert, et je raffole toujours autant  de ce -désormais quasiment habituel-plan final sur une jeune fille qui s'éloigne, de dos, dans une rue, et qui nous abandonne...

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