samedi 24 mars 2018

fucking chic

037
PHANTOM THREAD
de Paul Thomas Anderson

Ou l'histoire d'un malentendu. Et d'une bande-annonce maladroite. A l'image des robes créées par son grand couturier de personnage principal Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis dans ses grandes oeuvres retrouvé avec un très grand plaisir, oh mon dieu cette voix...) le film a lui-aussi des trucs cachés cousus dans la doublure et les ourlets. Et c'est ça qui est vraiment chic.
Où la rencontre entre un grand couturier (Reynolds, donc) et Alma, une petite serveuse maladroite mais jolie n'est pas exactement -tiens donc!- la chronique amoureuse et/ou sociale escomptée (et annoncée)... C'est un peu ça, mais c'est aussi bien plus  tordu que ça. Et on n'en prend conscience que progressivement.  Paul Thomas Anderson n'est pas un de mes réalisateurs de chevet (je n'avais aimé ni Magnolia -argh Tom Cruise- ni Punch-drunk love -argh Ben stiller!- et même le multi-dithyrambé There will be blood ne m'avait pas plus enthousiasmé que ça... le post est ) je l'avoue. mais là, y a pas à tortiller, bonne pioche.
C'est dire donc si ce film-ci est plutôt une bonne surprise.
Grand couturier, génie au travail, jet-set et têtes couronnées, peites mains, maisons de couture, on connaît tout ça (on a quand même deux St Laurent successifs d'assez récente mémoire), pas un froufrou de dentelle ni une épingle de bâti n'y manque. Maison de couture, le mot est juste, l'empire de Reynolds W. Et de Cyril. Cyril, c'est la soeur de notre couturier, la co-maîtresse de maison, qui rit à peu près chaque fois qu'ellle se coince le nez dans un tiroir (ça n'est pas de moi mais de Gotilib) c'est à dire assez peu fréquemment. Celle qui partage sa vie, son espace vital, sa maison, ses créations, ses relations, sa vie mondaine. Et qui voit d'un assez mauvais oeil l'intrusion de cette péronnelle blonde dans leur univers immuable et millimétré. Cyril a toujours raison (c'est dit dans le film, et j'ai d'ailleurs failli intituler ce post ainsi, mais pour de toutes autres raisons...).
Il s'agit au départ d'une histoire d'amour, puis, quasiment de lutte des classes (au fur et à mesure qu'Alma tente de faire sa place dans ce fonctionnement mortifère et guindé (une très plaisante scène de petit-déjeuner, notamment, toute aussi mise en scène que mise en son...) Si le grââând couturier a son petit caractère, la demoiselle n'en manque pas non plus (et joue avec brio les différentes facettes de son personnage : employée, maîtresse, muse, épouse, etc.) Et elle aura fort à faire pour atteindre son objectif (à partir de là, je suis obligé de rester dans le flou pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui n'ont pas vu le film) et heureusement que mes amies ont fait de même, car je n'ai compris qu'a posteriori le sens des qualficatifs sybillins avec lesquels elles commentaient le film...
La fin est excellente, et vous confirme qu'effectivement ce que vous venez de voir n'est pas exactement ce que vous vous attendiez à. On pensait être en terrain archi-connu, hyper-balisé, on savait à quoi s'attendre, et non... C'est malin, c'est fort. Et on ne peut que s'incliner : ah l'amour...

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Posté par chori à 07:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]