040
DIANE A LES EPAULES
de Fabien Gorgeard

Deux bonnes nouvelles : le film est délicieux et je n'y ai pas fermé l'oeil une seconde. Yesss! Ca faisait un moment qu'Emma m'en avait vanté les mérites, et j'étais donc plutôt content d'enfin pouvoir le voir.
Quel bonheur! Un personnage féminin fort (comme la juge Anne Gruwez de Ni juge ni soumise, la Mildred de 3 billboards ou même l'Alma de Phantom Thread) charpente le récit. Celui de Diane, ici, qui a accepté d'être mère porteuse pour un couple d'amis (dont Grégory Montel, le délicieux nounours vu et aimé dans Dix pour cent) et rencontre, en faisant des travaux dans la maison de ses grands-parents, l'électricien qui y travaille, Fabrizio (Fabrizio Rongione, en qui j'ai cru, pendant tout le film, avoir reconnu le héros du plaisant Je suis supporter du Standard, sauf que pas du tout, alloinoche m'apprend que le monsieur est apparu dans maints films belges récents, surtout ceux des Dardenne, mais j'ai la mémoire des visages, et le sien je suis sûr de l'avoir déjà vu quelque part... peut-être le Ca rend heureux de Joachim Lafosse ?).
Diane, c'est Clotilde Hesme, beaucoup aimée déjà par le passé (Les amants réguliers, Les chansons d'amour, Les Mystères de Lisbonne, mais aussi Angèle et Tony, et, bien sûr, les trois saisons de la série Les Revenants) et là à l'épicentre du film. Si j'avais un peu tendance à la ranger jusque là dans la catégorie "belles actrices tristes", (ex-aequo quasiment avec Céline Sallette), ici elle pétarade, elle sidère, elle ensoleille, elle illumine, bref, elle explose dans ce -premier- rôle visiblement taillé sur mesure pour ses jolies épaules (qu'elle déboîte, d'ailleurs -ouch!- à merveille), et ce n'est pas par hasard si je citais plus haut les trois personnages féminins avec qui elle aurait définitivement quelque chose à voir. Anne, Mildred, Alma, et Diane. Et pas très loin non plus (j'y repense après coup) de la jeune femme de Leonor Serraille (incarnée par Laetitia Dosch)
La même franchise, le même franc-parler, la même force. (Pugnacité). Qu'est-ce que ça fait du bien de voir des personnages féminins de cette trempe. Les hommes, ici, font juste office de faux-bourdons, qui volettent et... bourdonnent (justement) comme ils le peuvent autour de cette reine qui fait beaucoup de vent. Clotilde Hesme nous épate et nous fait jubiler dans ce récit somme toute assez simple et resserré (un journal de grossesse, en quelque sorte, filmé en chapitres mensuels) en nous exposant la multiplicité des nuances de sa palette de jeu. Mais elle est très bien entourée (la distribution est plutôt resserrée) les personnalités de chacun (e) se complètent à merveille (et c'est toujours très juste.)
Diane a les épaules est un film qui fait du bien, tout simplement. Et donne envie d'avoir très vite des nouvelles de son réalisateur.

3891846