mardi 10 avril 2018

le singe en veste rose et le couteau électrique

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ABRACADABRA
de Pablo Berger

Au sortir de notre Semaine Latino, j'ai eu encore envie d'entendre parler español, et, coup de bol, sortait justement au Victor Hugo ce film, sur lequel j'avais lu la veille en diagonale une notule dont je me rappelais juste que le réalisateur avait déjà fait un film que j'aimais bien (je croyais que c'était La Isla Minima, mais pas du tout -j'ai vérifié ensuite- c'était Blanca Nieves -que je n'avais pas adoré tant que ça, et, je l'ai appris au même moment sur allocinoche, Torremolinos 73, vu aussi et d'assez triste mémoire) et que l'acteur principal jouait, là j'en étais sûr, dans, justement La Isla Minima.
Dominique m'y a gentiment accompagné, alors que je l'avais bien prévenue que je déclinais toute responsabilité, résultat, à la fin du film, tandis que je lui présentais quasiment mes excuses tant j'avais trouvé ça navrant, elle a été beaucoup plus indulgente que moi pour le coup et a dit qu'elle avait trouvé ça pas mal...
Oui, navrant. Ça a beau être (parler) español, ça ne mérite pas pour autant toutes les indulgences coupables. J'ai trouvé ça moche, mal foutu, incohérent, dispersé, et, surtout, dommage. Le pitch ? Un mari beauf, macho, amateur de foot, bas de plafond est, suite à un numéro d'hypnotisme, transformé en gentil mari et super papa, pour le plus grand plaisir de son épouse et de sa fille, sauf qu'on apprend qu'il est habité par l'esprit d'un schizophrène meurtrier (qui a pénétré dans son mental en profitant d'une faille de l'espace-temps générée par La danse des canards, si si, je n'invente rien je vous promets). Tout va bien sauf que l'envahisseur, comme tout schizophrène qui se respecte, n'est pas toujours d'humeur égale... A partir de là, le scénario va commencer à pertir en vrille, ou, plutôt, dans tous les sens : que ce soit dans le ton, le "genre" abordé, le traitement, on a le sentiment que le réalisateur ne sait plus trop sur quel pied danser, et donc il essaie un peu tout ce qui lui passe par la tête, et comme la grue dont le contrôle a soudain été perdu (par le mari lorsqu'il est en position "schizo gentil" -traduisez "un peu pédé maricon sur les bords puisqu'il fait le ménage" quelle ibère finesse), on passe nous aussi par tous les états, toutes les positions, on appuie sur tous les boutons, sans savoir quel est celui qui va faire fonctionner la machine comme il faut. Il y a des moments qui fonctionnent, oui, et d'autres pas, voire vraiment pas (certains notamment où j'avais presque honte pour le réalisateur, je pense à la scène de l'hôpital et du mourant, et du slip Superman).
Oui j'étais, comment dire, content que ça finisse, voilà.
Lo siento.

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Posté par chori à 06:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]