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THE THIRD MURDER
de Hirokazu Kore-Eda

(Ce post aurait pu aussi s'appeler non ejusdem farinae mais c'eût pu paraître pédant, non ?). Le dernier film de Kore-Eda Hirokazu, réalisateur qu'on suit ici passionnément depuis ses débuts (Ah, les sublimes After Life et Maborosi...) et dont on continue de programmer les films, même si l'on n'y ressent plus toujours le même enthousiasme à chaque fois.
Le film est très long. les critiques l'avaient annoncé, mais je le confirme. En ouverture, un homme, sur un terrain vague, marche derrière un autre, qu'il va frapper à la tête puis sur lequel il va s'acharner. Toute la suite du film, cela va être le procès de cet homme, mais surtout les discussions entre les personnages : l'avocat et son client, l'avocat et son collègue, etc. Et c'est vrai que ça parle ça parle ça parle (on a le sentiment qu'il s'agit plus d'un film parlé que d'un film joué).
J'y étais avec Dominique, et, hélas, je me suis endormi dès le tout début du film. mais pas le gros assoupissement passif, non, le petit endormissement sournois qui vout fait ouvrir les yeux et les refermer (ou le contraire) plusieurs fois par minute, vous donnant ainsi l'illusion que vous voyez le film alors que pas du tout. D'autant plus que, dans ce demi-sommeil, je n'entendais plus que le japonais des dialogues, que me cerveau traduissait approximativement avec les mots français aux sonorités équivalentes et qui n'avaient évidemment aucun sens dans le contexte), et c'est ces phrases idiotes qui me réveillaient.
J'ai -quand même- fini par m'éveiller complètement, au bout d'un (assez long) moment, et j'ai pu suivre alors le film jusqu'au bout. J'ai ouvert l'oeil juste au moment d'une révélation majeure qui vient modifier ce qu'on a vu jusque là, (et qui confirme que la famille reste une préoccupation majeure de Kore-eda : les films cités sur l'affiche sont Tel père, tel fils, et Notre petite soeur), qui sera suivie de plusieurs autres, (c'est un peu le principe de tous les films dits "de procès" qu'en principe j'affectionne plutôt) qui auraient presque pu finir par égarer un peu le spectateur. Mais non.
Et j'aime aussi beaucoup ce jeu autour de la vérité et du mensonge. Qu'est-ce que mentir ? Et à quoi sert de le faire? Le vrai et le faux, et de l'utilisation qu'on en fait (cinématographiquement, s'entend) c'est une mécanique 'une horlogerie) très kore-edaïenne.
Car Kore-Eda, tout de même. Et j'aime vraiment beaucoup toute la partie du film que j'ai vue. Avec quelques interrogations (quid de la carte postale ? quid du juge ? quid des précédentes condamnations ?) en me didant que sil e film avait été beaucoup moins long, j'y aurais sans doute beauvoup moins dormi... Mais bon c'est bien fait pour moi hein...
D'autant plus que je viens d'apprendre qu'on le projettera bientôt dans le bôô cinéma (enfin, fin mai...) et ça me donnera peut-être l'occasion de racheter mes fautes (de réviser mon jugement)...
Car Lao-Tseu a dit "Qui a dormi au film de le critiquer s'abstiendra"

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Un beau personnage charismatique, celui de l'assassin, autour duquel se cristallise une histoire à la fois simple et complexe.