vendredi 27 avril 2018

oies blanches et verre cassé

055
J'AI MÊME RECONTRE DES TZIGANES HEUREUX
d'Aleksandar Petrovic


Play it again, le Festival, on y rejoue cet année. Le premier film des trois que nous avons choisis. Zabetta l'avait proposé, et j'étais d'accord avec elle : ce film, je ne l'avais pas vu à sa sortie (j'avais treize ans) ni même plus tard, et c'était donc l'occasion. d'autant plus que je me suis rendu compte qu'y figurait un amour de jeunesse : Bekim Fehmiu (que je suivais passionnément à la télévision dans le rôle d'Ulysse, dans le feuilleton justement nommé L'odyssée) y tient un des rôles principaux (en costume blanc).
D'abord les ronchonneries : c'est vrai, je suis sorti du film en disant que ça m'avait saoulé, surtout pour des histoires de niveau sonore. Pourquoi donc s'obstinent-t-ils, dans le bôô cinéma  à passer les films à un volume excessif ? Ont-ils donc peur que, étant vieux, nous soyons donc tous sourds ? Sourd, c'est ce qui risque d'arriver, justement, pendant ces projections : il y a carrément des scènes où j'ai été obligé de me boucher les oreilles tellement j'ai trouvé ça insupportable. D'autant plus que la copie a été restaurée, ce qui est sans doute bien pour l'image mais pas forcément pour le son, tellement on est souvent ici dans un registre de stridences métalliques et désagréables (car, dans le film, ça chante beaucoup, et, donc souvent, ça sature. question volume sonore, mais aussi, en ce qui me concerne, question supportage de ça... Oui donc j'étais saoulé...)
Mis à part cette histoire de chansons et de décibels exagérés, le film est plein de qualités. Une histoire de tziganes, donc, (pleine de bruit, de fureur et de plumes d'oies) comme c'est dit dans le titre. Surtout d'un (celui avec le costume blanc) qui vit grâce à la traite des blanches au plumage des oies, dont il a fait son bizness, et qu'il supervise dans un certain nombre de cantons (dix, je crois), autant que celui de son partenaire et rival (un gros moustachu) qui supervise le même nombre d'autres cantons. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes tziganes (chansons, raki de prune, verres jetés, roulage de mécanique des mâles, gouillasse par terre partout à la ronde, et pains distribués tout aussi à la ronde (mais bon, surtout aux femmes)), si une série d'incidents fâcheux ne venait soudain gripper cette belle mécanique : un souci d'abord au niveau du commerce des plumes d'oies, justement, qui implique une mise au point et un remontage de bretelles, puis, surtout, l'apparition d'une belle jeunesse fougueuse, qui est la fille du moustachu, et sur laquelle notre héros en costard blanc va se mettre à concupiscer, et à monter sur ses ergots de coq pour parader et lui prouver combien il est désirable et combien elle le mérite. Sauf que le gros moustachu n'est pas du tout d'accord et que tout ça va dégénérer (des couteaux seront sortis...). Ah la la les hommes... comme dira, plusieurs, fois, la chanson dans le film...
Conclure en disant que les oies sont doublement photogéniques, en tant qu'animal en troupeau d'un blanc virginal qui traverse l'écran très chorégraphiquement, mais aussi en tant que fournisseuse de, justement, des plumes, des monceaux de plumes au sein desquels (les monceaux) vont se jouer plusieurs scènes fortes du film... Et se dire que (le coup de pied de l'âne) oui que, finalement, Emir Kusturica, les oies, dans ses films, (enfin, l'idée d'en mettre) il n'a pas eu besoin d'aller les chercher très loin, hein... Moi je dis ça, hein...
Mais c'est vrai qu'en sortant je ne me sentais pas vraiment au diapason (!) des autres spectateurs  : finalement je suis assez peu sensible à cette apologie "folklorique" du virilisme, où les mecs se pavanent et où les femmes n'en sont réduites qu'aux stéréotypes de base : à droite la bobonne (vieille) à gauche la bombasse (jeune). Et si le film reste encore aujourd'hui intéressant c'est surtout grâce son aspect quasiment documentaire.
Mais bon...

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la nouvelle

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et la vieille...

A remarquer qu'entre les deux, le réalisteur a retrouvé son prénom originel qu'on avait alors francisé), que c'est le gros moustachu qui a pris la place du mec en costard blanc, et que les deux affiches évoquent, par des moyens très différents, les chants et la musique -celle du bas avec un petit côté flamenco plutôt à côté de la plaque...-

Posté par chori à 06:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]