mercredi 2 mai 2018

personne n'est personne

057
LA BELLE ET LA BELLE
de Sophie Fillières

Il y a des films attendus plus que d'autres... un test : après en avoir vu soixante fois (au moins) la bande-annonce dans le bôô cinéma, j'en avais toujours autant envie (et elle me plaisait toujours autant...). Sandrine Kiberlain et Agathe Bonizer, il faut dire, et que je n'ai jamais vues, l'une comme l'autre, aussi splendidement chevelues (la réalisatrice parvient à fétichiser cet aspect-là, en ce qui me concerne du moins). Et puis un Hervé particulièrement enthousiaste depuis qu'il nous l'avait recommandé, il y a longtemps ((il voit les films très en amont, lui-aussi a de l'entregent...). et puis (surtout, peut-être) un pitch comme je les adore : une Margaux se rencontre elle-même, à 20 ans d'intervalle : la Margaux 1.0 fait la connaissance d'elle-même (Margaux version 2.0). Ce qu'elle sera rencontre ce qu'elle fut (à moins que ce ne soit le contraire). Si on peut dire de certains films qu'ils n'ont pas lieu d'être, on pourrait dire de celui-ci qu'il n' a pas temps d'être. Et ce pitch délicieusement tiré par les cheveux (qu'elles ont, je le répère, splendides) fait loufoquement tout notre bonheur. Comme celui de Melvil Poupaud, troisième sommet du triangle, qui fut l'amant de l'une et sera l'amant de l'autre (mais bon, puisque c'est la même fois deux...)
Contrairement à Dominique, qui m'a dit avoir été un peu déçue, j'ai été ravi. Mais vraiment VRAIMENT ravi. Sophie Fillières, on a quasiment tout pasé d'elle dans le bôô cinéma (et même dans l'autre,  le vieueux, avant). Et on a rarement été déçus. Cette femme a un sens des situations, des personnages, des dialogues, qui m'enchante. Et qui fait mouche, et même fine mouche, à chaque fois ou quasi.
Là, normalement, j'aurais dû chipoter : mais on est dans le passé de Kiberlain ou le futur de Bonitzer ? Et Poupaud reste-t-il égal à lui-même par le biais d'une faille saptio-temporelle ? Ca ne peut trop pas exister (comme dirait Esther, qui est à la fois la meilleure amie à qui on raconte tout et celle qu'on vient d'enterrer et qu'on avait un peu perdue de vue...), hein. mais c'est égal, et on s'en fout. on jubile en galopant derrière les donzelles, on arrondit les ellipses, on sourit aux clins d'oeil, et on est trop bien en sortant. très jolie bonne idée que celle du quai de gare et du train qui s'en va. pour conclure ce qui n'est finalement peut-être qu'une rêverie pleine de fantaisie sur le passé, la mémoire, les souvenirs, et les regrets (ou pas).
Grand bonheur (en version rouge et en version bleue).

3021034

Posté par chori à 06:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]