lundi 28 mai 2018

ça faisait longtemps... 3

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parking, gris

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parking, bleu

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tour du Lac

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parking, par terre

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parking, en l'air

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vide-grenier

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la dernière photo de l'ancien appareil

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et la première du nouveau...

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mercredi 23 mai 2018

road to nowhere

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TRANSIT
de Christian Petzold

Un nouveau film de Christian Petzold, sans Nina Hoos, mais toujours sur le thème de l'imposture (ou du changement d'identité). Avec la très charmante Paula Beer (découverte dans le Frantz d'Ozon) et le très intéressant Franz Rogowski (découvert dans le Victoria de Sebastian Schipper), avec, comme narrateur, la voix immédiatement reconnue de notre Jean-Pierre Darroussin préféré.
Tout ça dans une uchronie (et pas du tout une dystopie, comme je l'ai affirmé à Catherine, quoique...) légère : une histoire qui se passe en 1940, filmée et racontée dans une ville de Marseille filmée de nos jours, dans ce qui pourrait n'être, finalement,  qu'une légère accélération de notre réalité contemporaine.
Le personnage masculin principal, Georg, est incarné par un acteur au physique (et au phrasé) tout à fait particulier(s), sans que je puisse portant préciser vraiment en quoi, qui me l'ont rendu attachant dès le tout début du film. L'utilisation de la voix-off (qui plus est, celle de Darroussin), sans que l'on puisse, au moins au tout début, identifier précisément ce narrateur, met en place une certaine distance (après tout, il est question d'un écrivain disparu, et d'un homme qui emprunte l'identité du défunt) "littéraire", un peu mystérieuse, précieuse, et très plaisante. Comme l'est la décision du réalisateur de filmer dans une réalité contemporaine ces faits qui se sont produits il y a bientôt quatre-vingt ans.
L'usurpation d'identité, la fuite vers le Mexique, le consulat, les billets, les visas, tout cela aurait un fort parfum de roman d'aventures (surtout si on y rajourte une histoire d'amour, et triangulaire de surcroit, avec cette femme mystérieuse qui est l'épouse d'un fantôme et la maîtresse d'un autre) sauf que tout cela n'est que le produit d'une sinistre réalité historique. (l'omniprésence des flics, des refles, des contrôles d'identité, des arrestations, des "fachistes" et des "camps").
Le récit qu'a tiré Christian Petzold du roman d'Anna Seghers (que je n'ai pas lu) fait ainsi la part belle au romanesque (littéraire et/ou littéral) avec cet homme et cette femme qui se croisent sans cesse, (et vont mettre un certain temps avant de réaliser qui ils sont), comme mis en scène par le narrateur omniscient, avec ce que cette intention peut parfois avoir de théorique, et donc de mécanique (la fin, notamment, est  comme un petit feuilleté littéraire, avec son empilement d'allées et venues, de départs, de retours, gourmand, sans doute, mais peut-être un -tout petit- peu lourd à digérer.).
Et je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle avec Mes Provinciales, vu la veille: tant les deux films peuvent être considérés comme symétriques : d'abord par la mise en place ce décalage temporel (aujourd'hui vu comme les années 70 pour l'un, et les années 40 vues comme aujourd'hui pour l'autre) qu'ils ont en commun, par l'utilisation de la littérature (beaucoup de livres pour le premier, et un unique pour le second) et par l'approche de la passion qu'ils ont, de part et d'autre : si Etienne cherchait "la" femme à travers toutes celles qu'il rencontrait successivement, Georg, au contraire, fait de Marie, instantanément ou presque, la seule, l'unique, un objet d'amour fou, (et toutes les femmes à la fois).
(Et ils ont aussi tous les deux en commun de finir par une scène magnifique en plan fixe sur leur héros).

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mardi 22 mai 2018

c'est peut-être ça être amis

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MES PROVINCIALES
de Jean-Paul Civeyrac

Un film magistral.
C'est le premier mot qui m'est venu pendant que je le regardais. Mais, attention, pas au sens d'un film docte doctoral (bien qu'il y soit question d'enseignement, et, donc, de professeurs et d'étudiants), non, simplement, comme la définition qu'en donne le Larousse "qui est le fait d'un maître, qui atteste de la maîtrise, remarquable".
Quand on est sortis de la salle, Pépin évoquait Eustache, et moi plutôt Garrel, et c'était comme si se continuaient là, dans la réalité, les fiévreuses discussions cinéphiliques des personnages du film. Fiévreuses, oui, pour ces jeunes étudiant(e)s, à Paris 8, qu'on suit en cours, dans les  soirées, dans les bars, dans les apparts en coloc', ces jeunes gens filmés souvent de très près, dans un noir et blanc adouci, un peu brumeux, délicat, faisant (comme nous même l'avons faite, en notre temps) leur(s) éducation(s) sentimentale(s), (les premiers choix, les premières ambitions, les premieres amours, les premières désillusions...)
Autour d'Etienne, jeune homme "monté" à Paris pour faire fac de ciné (parce que "pour le ciné, c'était Paris ou rien, c'est comme ça") gravitent, en premier lieu, un certain nombre de jeunes filles (ses petites amoureuses hihihi) mais aussi  quelques garçons, en nombre plus restreint (les "amis") : principalement Mathias l'intransigeant, ("le ténébreux, le veuf, l'inconsolé"...) pour qui il va éprouver une véritable fascination, et Jean-Noël, dont on apprendra rapidement qu'il est gay et amoureux (platonique) d'Etienne.
Ce qui frappe tout d'abord c'est l'intemporalité (ou l'atemporalité) de ce cinéma-là (et qui le rend d'autant plus touchant) : le noir et blanc, d'abord, aiguille notre perception vers une autre époque, sans que, pourtant, aucun effort particulier ne soit fait dans la reconstitution, (décor costumes ou accessoires). On aurait pu se croire dans les années 70, pourtant il s'agit d'aujourd'hui. Enfin, les faits racontés se passent de nos jours, mais ils sont en même temps les souvenirs du réalisateur, son histoire, les débuts de son histoire (professionnelle et affective), d'où ce curieux (mais très réussi) effet de décalage (dédoublement) temporel.
Les préoccupations immédiates d'Etienne (formidablement incarné par Andranic Manet, et j'en profite pour souligner l'excellence et l'homogénéité de l'ensemble de la distribution, tous ou presque des visages et des corps encore inconnus) sont grosso-modo le cinéma et l'amour. Qu'il aborde avec le même appétit et les mêmes illusions. Dans un domaine comme dans l'autre, il va être amené à multiplier les expériences, à faire des tentatives, à changer de point de vue. A se remettre en question, aussi (ça c'est difficile.) Ces deux fils conducteurs (les filles / les films) se déroulent/dévident en parallèle, s'entrecroisent, s'embrouillent, se nouent, se dénouent, se cassent aussi, parfois.
La jeunesse de la plupart des protagonistes fait de chaque événement ou presque quelque chose de crucial, de vital, un sujet de discussion passionné (le plus souvent avec alcool et cigarettes), sans véritable hiérarchie des sujets : on parle d'amour comme on parle de cinéma, avec le même enthousiasme, la même véhémence, la même intégrité (la même férocité), et Mes provinciales est définitivement un film parlé, tout autant qu'un film vécu, et c'est pour ça qu'on l'aime si fort. Que ce soit pour le désir physique ou les affinités intellectuelles, ils sont toujours aussi chauds bouillants, et on ne peut s'empêcher de se souvenir comme c'était ardent, la jeunesse (et parfois cuisant aussi)...
Il y a une scène que j'aime tout particulièrement, vers la fin du film, où Etienne lucidement désespéré (ou désespérément lucide) fait un peu le bilan de sa vie affective, face à un sublime coloc' iranien qui, s'ii n'en perd pas un mot et semble très attentif, ne peut lui répondre puisqu'il ne parle pas français, ou presque. "C'est peut-être ça, être amis : écouter l'autre et ne rien comprendre...".
Et s'il est beaucoup question d'amour (et de cinéma), il le sera aussi beaucoup de littérature. Des livres sont tenus, prêtés, offerts. Pascal, Novalis, Nerval, Pasolini, Flaubert. Et si les mots sont forts, on entend aussi des musiques sublimes (Bach principalement, comme souvent chez Civeyrac, mais aussi du Malher, dans une ultime et magnifique scène).
Et merci à Jean-Paul Civeyrac de m'avoir permis de découvrir Marien Khoutsiev, un cinéaste russe dont j'ignorais l'existence, et son film La porte d'Illitch (aussi nommé J'ai vingt ans) l'histoire de trois jeunes "camarades", à la fois dans  (on voit des images du film dans le film) mais aussi en-deça du film, puisque Jean-Paul Civeyrac le revendique aussi dans ses sources d'inspiration.
Top 10.

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lundi 21 mai 2018

ça faisait longtemps... 2

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depuis chez Marie

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à Gy en promenade

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Open space (Maison des Assoc')

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chez les voisins

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Besançon

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entre Chocolatière et les Vendanges

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au coin du Jean-Macé

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anniversaire du colza

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Bellou

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vide-grenier

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Mortagne

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FJT

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 chez les Soria

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avant d'entrer sur l'autoroute

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Moulicent

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jeudi 17 mai 2018

slips bleus et autres caleçons ou boxers de la même couleur

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PLAIRE, AIMER, ET COURIR VITE
de Christophe Honoré

On devait l'avoir en sortie nationale dans le bôô cinéma, et voilà-t-y pas qu'il a soudain mystérieusement disparu des radars, pfouit! et ce sans aucune explication. Tout le monde étant à Câââânnes, on n'obtiendra aucune réponse à nos questions... J'ai donc pris ma voiture et j'ai filé dès que j'ai pu au Cinéma Victor Hugo chérichéri...
Séance de 13h10 (le film fait plus de deux heures) mais déjà à la salle 3 (la plus petite) et avec visiblement un problème de sous-son (bah, on s'habitue à tendre l'oreille...) un peu comme si le sonotone était débranché.
Christophe Honoré est le papa d'une cinématographie qui, la plupart du temps m'enchante (Dans Paris, La Belle Personne,  Homme au bain, Les Chansons d'amour, Les Bien-Aimés) même si avec  de ci de là quelques baisses de régime affectives (Les malheurs de Sophie, Les métamorphoses, Non Ma fille tu n'iras pas danser, étant, pour moi, "en demi-teinte"...)
Là, on revient tout en haut et ça fait vraiment plaisir. Avec un film plus "simple" (sans chansons), où il sera question de relations (affectives, sexuelles, sentimentales, platoniques, charnelles, romantiques, tarifées, -hétéro, bi, gay, mais gay surtout quand même-) et de la façon dont, comme le résume le titre, elles naissent vivent et meurent. le début, le milieu, et la fin. Un programme simple, que Christophe Honoré fait mine de respecter à la lettre. C'est triste (parfois) mais jamais larmoyant, toujours digne
Une histoire entre la Bretagne et Paris ("Je suis beau, jeune et breton, je sens la pluie et les crêpes au citron..." chantait Grégoire Leprince-Ringuet dans Les Chansons d'amour). Une histoire (des histoires, plutôt) entre plusieurs hommes : entre plusieurs âges aussi (le plus jeune, le plus vieux, et celui du milieu) : Arthur (Vincent Lacoste, qui me réconcilie ici avec lui) est l'étudiant breton, Jacques (Pierre Deladonchamps, toujours aussi bien depuis L'Inconnu du lac) est l'écrivain parisien malade (on est en 1993), Mathieu (Denis Podalydès, un peu trop rare ici et c'est dommage) est le vieil ami/amant qui vit dans l'appart' du dessus, et Marco (Thomas Gonzales, que je ne connaissais pas mais que j'ai trouvé très touchant, et bénéficie de deux scènes de baignoire, bouleversantes chacune à sa manière) est l'ex, en train de mourir, (puis mort). Jacques et Mathieu se sont rencontrés (dans un cinéma, devant La leçon de piano me semble-t-il), ils vont s'aimer, dans tous les sens du terme, et je n'ai pas pu m'empêcher, à chaque étape, de faire le parallèle avec ma propre expérience, tout ce que j'avais vécu, et, surtout, ce à côté de quoi j'étais passé...
On ne peut ne pas faire le parallèle avec 120 bpm (les années 90, le sida) mais les deux films, même s'ils racontent, finalement, la même histoire (un couple gay / l'un meurt et l'autre pas) ne le font absolument pas de la même façon (et je fois avouer que, si je défends le film de Robin Campillo vraiment de tout mon coeur, celui de Christophe Honoré me touche encore plus), chacun sur son propre chemin narratif, le poing levé ici et la romance là, même s'il arrive qu'ils se croisent quelquefois aux fils de leurs narrations respectives.. C'est très simple, très juste. et donc très touchant. En tant que vieux pédé avec beaucoup de souvenirs (ce qui est mon cas) il est facile de s'identifier et, forcément, de faire des comparaisons (avec ce qu'on a vécu, mais, aussi et bien davantage, ce à côté de quoi on est passé...)
Mais il n'y a pas que des histoires de pédés dans Plaire, aimer et courir vite : il y a aussi, autour du beau personnage d'Arthur, qui "monte à Paris" (et qui doit avoir me semble-t-il quelques traits communs avec le réalisateur), la fin de l'adolescence, l'amitié (une scène magnifique, quand Arthur a réuni, de nuit, ses copains pour leur annoncer son départ, une scène qui sonne magnifiquement -terriblement- juste). L'amour c'est gai, l'amour c'est triste disait un titre de film de Jean-Daniel Pollet (celui-là, je crois que je le sors régulièrement, mais c'est tellement, justement, approprié...) et le film de Christophe Honoré aurait pu s'appeler comme ça (on m'a rapporté avoir entenu lors d'une interview que des pressions amicales avaient été exercées sur le réalisateur pour que le titre originellement prévu soit adouci et politiquementcorrectisé pour Câââânnes...)Bref, un beau moment de cinéma, qui rejoint au Honoré-palmarès mes préférés Les Bien-aimés et Les chansons d'amour. Et qui, justement, en parlant de chansons, a l'excellentissime idée de reprendre Les gens qui doutent, d'Anne Sylvestre, une chanson que j'adore, juste à l'image du film, simple, forte, et bouleversante.

"J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas "comme il faut"
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire:
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons..."

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mardi 15 mai 2018

zeitgeist & polonium

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9 DOIGTS
de F.J. Ossang

On a navigué encore une fois, dans le bôô cinéma. Sur un bateau, en noir et blanc. Pas de tout repos. Tiens, comme dans Les garçons sauvages. Et on finit aussi par aborder sur une île mystérieuse. Dont tout le monde tiens tiens ne repartira pas non plus. Deux films cousins, par leur atypisme, leur esprit d'aventure(s) leur façon de raconter et de se situer soit à contre-courant soit à la marge d'une cinématographie "ordinaire". Aux confins. Des films ailleurs, des films "autrement".
J'avais vu il y a quelques années, à Belfort me semble-t-il*, du même réalisateur, Le trésor des Îles Chiennes, qui m'avait plutôt enthousiasmé (le même noir et blanc, le même décalage, et la même musique, signée MKB fraction provisoire -le groupe de F.J. Ossang-, qui m'avait d'ailleurs fait remuer ciel et terre et mettre le ouaibe sens dessus-dessous pour réussir à m'en procurer un exemplaire). Et j'avais donc envie de retenter l'expérience.
D'autant plus que la bande-annonce était séduisante. Qui raconte d'ailleurs pas tout à fait le même film au spectateur. Au début j'ai pensé à l'écriture de Jean Echenoz (que j'adore) et à sa façon à la fois réaliste et ironique de se confronter à un genre donné (ici on en aurait plusieurs, et on glisserait de l'un à l'autre : polar, braquage, aventures maritimes, science-fiction (avec, en prime un mcguffin à la hitchcock sous forme de machin radio-actif dans un sac comme dans le En quatrième vitesse (Kiss me deadly) de Robert Aldrich).)
Paul Hamy (L'ornithologue), Damien Bonnard (Rester Vertical), Pascal Greggory (Dans la solitude des champs de coton) et Gaspard Ulliel (Juste la fin du monde) indiquent ainsi les quatre points cardinaux d'une cartographie cinématographique exigeante (où je me repère de façon assez précise et référencée). Les rôles féminins sont un peu plus stylisés (image-ricochet : j'ai pensé à Véra Clouzot dans Les Diaboliques...) et auraient sans doute gagné à être plus étoffés (les films de F.J. Ossang sont des films d'hommes, qu'y peux-je?)
Le héros à qui surviennent toutes ces aventures est un certain Magloire, qui à affaire à un certain Kurtz, et tout est est téléguidé (les ficelles sont tirées) par un mystérieux et occulte 9 Doigts (dont on n'en saura jamais plus).
Si j'ai adoré la plastique irréprochable du film (oh ce noir et blanc sublime, oh ces cadrages anxiogènes, oh cette lumière réaliste/irréaliste, oh ces personnages comme dessinés façon ligne claire, oh ces intérieurs suffocants oh ces extérieurs fabuleux) j'ai tout de même été un peu gêné par les dialogues (enfin, une grande partie des dialogues) qu'on croirait situatonnistement découpés/recollés d'un autre film, d'une autre histoire (et deviennent à la longue pénibles et sentencieux -pontifiants, oui oui- était-il besoin de convoquer ici Lautréamont et les Chants de Maldoror ?), pièces rapportées, recousues (de fil blanc) de façon un peu voyante et maladroite (et, en ce qui me concerne, déplacée), et je reste persuadé que le film aurait été tout aussi (voire même encore plus) fascinant, avec juste ses images (très fortes, je le répète) et, bien sûr, ses intertitres. Car, comme aurait pu dire Lagarce "car intertitres et rien d'autre"... Avec le curieux sentiment de décalage provoqué par un film qui fait appel (du pied, mais appel d'air aussi) à l'iexpressionnisme et à ce qu'on pourrait nommer "le cinéma des origines", au temps du muet ou presque, donc, et l'alourdit en y rajoutant de la parlotte...
Là, en plus d'être étrange, on rajoute au récit -déjà fort mystérieux- via les mots des personnages, une couche d'abscons, qui charge sérieusement la barque, et risque pour certain(e)s de devenir décourageante et de donner l'envie de quitter le navire (on était 7 au début, et plus que 3 à la fin...)
Mais bon, on a mérité de rester jusqu'au bout, et on en est récompensé, après un mystérieux coup de feu, par un générique en musique très MKB comme j'aime (post-rock ? indus ? électro ? en tout cas y a des guitares qui déménagent) qui nous électrise et, sans doute, frevenir à la réalité  (et m'a fait me tortiller de plaisir sur mon siège...)

* Entrevues 2005, j'ai vérifié...

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lundi 14 mai 2018

micro179

*

"C'était la fin-avril, et je me suis dit "Demain, je m'y mets!"
(Catherine)

*

 "Y a le Colisée pas loin..."
(il l'invite à venir prendre un verre)

*

ce jeune ouvrier roux est passé devant à moi à trois reprises, me confirmant de visu  que la fermeture de la braguette de son pantalon de travail est cassée, et qu'il porte un slip rouge.

*

lieux de drague : l'extrême complexité des circonvolutions du désir (en gros, ça ne va jamais)

*

Catherine trouvait que le café avait un arrière-goût de fromage de chèvre.

*

"Elle était tellement cool que je me suis demandée si elle avait pas fumé un pétard..."
(réunion pédagogique)

*

un peu comme mon appareil-photo : en apparence tout va bien mais dès qu'on veut faire sortir le zoom, on se rend compte qu'à l'intérieur y a un truc cassé, oui qui dysfonctionne...

*

découpe du canard de six heures (cuisson basse température)
"C'est ce qu'il y a de moins pas cuit..."

*

"Yvonne aime se promener le matin les pieds nus dans l'herbe mouillée
ça évacue l'électricité statique... enfin, en principe..."
(un voisin de Malou)

*

"Tu as acheté encore une ortie ?"
(à Dominique, rentrant d'un marché aux plantes)

*

le haut ravin et le bas ravin

*

Sur le pare-brise, les cacas d' oiseaux du Perche sont plus tenaces et plus résistants que ceux des oiseaux de chez nous.

*

 

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tiens ça faisait longtemps...

 

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classe de Catherine

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Mortagne

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Maugis

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Cuse

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Gy

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aire de ?

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Café des amis

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Bellou

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Pomoy

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dimanche 13 mai 2018

quelle rumeur?

060 (en VO)
061 (en VF)
L'ÎLE AUX CHIENS
de Wes Anderson

Un émerveillement.
(Honte au bôô cinéma qui doit être le seul en france à ne l'avoir programmé que pour 5 séances, uniquement en VO (pour une fois qu'il y avait une bonne raison de programmer la VF) et presqu'un mois après sa sortie. Oui, honte!)
Je n'ai pas commis la même erreur que pour Fantastic Mister Fox, du même Wes Anderson, que j'avais snobé à sa sortie en faisant "Peuh! Un film d'animation! c'est pour les enfants..." et j'ai donc couru le voir dès que j'ai pu... (dans le bôô cinéma je veux dire).
Oui, un enchantement. Qui s'est confirmé quelques jours plus tard dans la très grande salle (et très chauffée) du cinéma de Mortagne-au-Perche. (et je modère -pondère ?- ce que j'ai dit à propos du bôô cinéma, puisque celui-ci ne le programme pas davantage, mais avec la bonne raison, quand même , de n'avoir qu'une seule salle).
La réussite du film tient, bien sûr, à l'éblouissante virtuosité de l'animation (celle-ci incluant les décors, les personnages et les accessoires) et est encore plus complète dans la version originale, tant l'adéquation entre les voix et les personnages qu'elles caractérisent me semble encore plus parfaite.
Wes Anderson avait déclaré à un(e) journaliste son envie de faire un film sur le thème des déchets, mais, comme l'a conclu Malou à la sortie "Il me semble qu'il y a dans le film bien plus de choses que ce simple thème...." et c'est vrai qu'elle a entièrement raison sur ce point...Tout dans ce film (ou presque) me ravit. Les chiens ont, bien sûr, la part belle (où il est démontré que quelqu'un qui aime les chats ne peut être que fourbe et cruel hihi) dans l'histoire, qui pourrait, pour nos plus jeunes spectateurs (ou les plus fatigués) se résumer en très peu de mots : un jeune garçon part à la recherche de son chien( sur l'île où celui ci a été mis en quarantaine avec ses congénénères canidé(e)s sous le bon prétexte d'une grippe canine et d'une fièvre truffoïde par des politiques et des financiers véreux et sans scrupules (double pléonasme).) L'histoire se passe donc en grande partie sur l'île en question (quelqu'un a fait remarquer que, phnoéntiquement, le titre original Isle of dogs, se prononçait comme I love dogs, tout ça pour dire combien on sait clairement dès le début de quel côté velu le coeur du réalisateur balance...) où traîne une troupe de chiens qui furent de compagnie dans une existence antérieure, et que la cruauté et l'insensiblité des humains a poussés à retrouver le statut de (plus ou moins) "sauvages", troupe qui va aider "le petit pilote" à retrouver son Spots chéri.
C'est drôle, c'est tendre, c'est hirsute. Des fois ça grogne et ça montre un peu les dents et des fois ça fait le beau et ça donne la papatte et ça va chercher...

La première fois, c'est superbe.
Et la deuxième fois, même à peu de jours d'intervalle, est tout aussi prenante.
L'île aux chiens est un film que je suis sûr qu'on peut revoir et revoir encore, et qu'à chaque fois on aura le plaisir d'y découvrir, oui à chaque fois, de nouvelles choses.

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L'affiche n'est, paradoxalement, ni très jolie ni très engageante ni très lisible, non ?

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samedi 12 mai 2018

j'quitte le navire, désolé, capitaine

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LES GARCONS SAUVAGES
de Bertrand Mandico

Revu dans le bôô cinéma, et, pour une fois, les conditions étaient -à peine- moins bonnes que la première fois que je l'avais vu, en avant-première, au Festival Entrevues de Belfort. La première vision m'avait laissé sur le cul, avec un sentiment mêlé de fascination et de légère nausée. Là j'étais préparé, je savais ce que j'allais (re)voir, et pourtant le sentiment mêlé est resté, le même.
C'est un film hors-norme, c'est certain, un film organique, un film hybride, un film transgenre, un film baroque (voilà quelques-uns des qualificatifs qui me sont venus pendant la projection -non non, je ne dormais pas-, mais bon on peut aussi écrire que c'est (aussi) un film confus, un film en boucle, un film étiré, un film saoulant, un film qui court après sa queue, un film épate-bourgeois... On peut.
Mais bon, ce qui est certain c'est que ça marque, tellement c'est zinzin (et inconfortable pour nos habituels petits accoudoirs de cinéphiles).

(un blanc)

reprendre la litanie : un film luxuriant, un film métamorphique, un film convulsif, un film corrosif,  un film abrasif, un film cathartique...

mais bon c'est vrai que, quand on reprend un post après l'avoir abandonné pendant une dizaine de jours, c'est comme avec le bateau du film en question, on a un peu de mal à remonter à bord... et à savoir de quel côté repartir.
Le film est comme la tempête, et passe par une succession de creux et de bosses (de pleins et de déliés, d'accélérations et de sur-places, de rebondissements et de redites) suffisante (la succession) pour qu'on puisse légitiment en sortir à mi chemin entre haut-le-coeur et haut les coeurs!.
Redire que l'ensemble du casting féminin est à louanger (celles qui incarnent, c'est quand même un secret de Polichinelle que je peux ici spoiler, les garçons sauvages du titre du fim) et qui méritent, tiens, d'être toutes nommées : Pauline Lorillard, Vimala Pons, Diane Rouxel, Anaël Snoek et Mathilde Warnier.. sans oublier cette chérissime Nathalie Richard, qui traverse hélas le film un peu trop au grand galop.

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