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VOLONTAIRE
d'Hélène Fillières

Profité de la Fête du C. pour l'aller voir. Les films sur l'armée, les bidasseries, les bourrineries, ça n'est pas d'habitude trop ma tasse de thé (même si c'est une bonne raison d'y voir, en général une collectivité testostéronée s'y ébattre, je dois le reconnaître). Et voilà qu'on découvre, dès l'affiche, que "le" (qu'on supposait) Volontaire du titre en est une, en réalité. On découvre son beau visage ses cheveux blonds et ses yeux clairs, dans une image qu'on croirait tirée d'une pub  " engagez-vous, l'armée à besoin de vous" belle comme tout, idéalisée, sur papier glacé. Puis on découvre, de la même manière, que le réalisateur en est une, qu'on connaît depuis belle lurette tant on l'adora comme actrice (le passé simple étant de rigueur puisque ça fait un certain temps qu'on n'a pas eu le plaisir de la voir, justement, en tant que telle).
Hélène Fillières cultivait une singularité en tant qu'actrice, qu'elle a conservé en changeant de casquette : non seulement elle réalise, mais elle joue aussi le rôle du commandant adjoint (féminise-t-on les titres à l'armée ?) de la base où notre jeune recrue de l'affiche a été affectée (dans la marine, on dit "marin", on ne dit pas "soldat") après s'être engagée un peu sur un coup de tête, pour "voir ce que c'était", au grand dam de ses parents (maman Balasko, actrice de théâtre, et papa Marcon, metteur en scène, perfect tous les deux) puis de son copain Philippe (Jonathan Couzinié, adoré en son temps dans un court à Clermont, que j'ai eu du mal à reconnaître je l'avoue).
ON va suivre le parcours de cette jeune Laure (Diane Rouxel, parfaite) sous les ordres du strict Commandant Rivière (Lambert Wilson, qu'on a beaucoup de plaisir à revoir ici) arc-boutée dans sa volonté d'intégrer une unité d'élite après la participation à un stage-commando dont son supérieur, justement lui refuse l'accès car pour lui c'est "réservé aux hommes".
Laure a sympathisé avec un jeune aspirant (Corentin Fila, découvert chez Téchiné et retrouvé chez Civeyrac) qui souhaite intégrer le même corps d'élite.
Bon, c'est vrai, il y a beaucoup de militairerie dans ce parcours (hiérarchie, ordres, tenues règlementaires, garde-à-vous, brimades et une-deux une-deux (j'ai mis un peu de temps à reconnaître Alex Descas dans le bourrin entraîneur, tellement juste et crédible qu'on croirait qu'il n'a fait que ça toute sa vie...), mais ce que j'ai adoré, c'est que, sous tous ces uniformes, battent des petits coeurs, et la réalisatrice est assez forte pour, justement, retranscrire les frémissements (l'affleurement) des sentiments(et leur multiplicité)  dans le conditionnement strict du kaki.
Ce n'est pas La ronde ni Le plaisir, mais presque, quasiment, tant le catalogue raisonné des affects en milieu militaire est soigneusement et affectueusement feuilleté par Hélène Fillières. Une très belle surprise, dont il faut souligner l'homogénéité et la puissance du casting, qu'on peut qualifier d'inoxydable (ce qui en ce moment, pour moi, signifie le top du top...)

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