samedi 4 août 2018

the phone game

090
THE GUILTY
de Gustav Möller

Un thiller danois dont je ne savais encore rien la semaine dernière. un rendez-vous avec Emma et Dominique, un jour de début de canicule, séance de 13h30, zou, on file! Un film qui fera date dans la série "films qui ne coûtent pas cher à faire" : deux bureau, une porte de communication, et un couloir. Voilà le décor, et on n'en sortira pas. Film qui pourrait faire aussi date dans la série "tout est hors-champ ou presque", avec un scénario solide, des rebondissements attendus (ou pas), une tension maintenue tout le temps, bref un bon petit film danois, idéal en ce jour de grande chaleur.
Le héros répond au téléphone, il est au 112 (le central téléphonique de la police danoise semble-t-il) il s'appelle Asger, on comprend qu'il n'est là en intérim que pour quelques jours, que c'est un flic de terrain, et qu'il doit passer en procès le lendemain matin... et qu'on ne va voir que lui, ou presque, pendant tout le film. Les informations sont données progressivement, l'histoire se construit sous nos yeux (enfin, nos oreilles plutôt) en même temps que ceux d'Asger, au spectateur d'être attentif et de remettre les choses dans l'ordre.
Comme lorsqu'Asger reçoit un appel d'une femme dont on comprend vite qu'elle a été enlevée, et qu'elle fait semblant d'appeler sa fille... Et clic raccroche. Asger va se mettre au boulot pour en savoir plus, et tenter de savoir qui et quoi et où et de quelle couleur, dans une progression millimétrique mais impitoyablement rigoureuse.
C'est parti, on est à sa merci, suspendu à ses mots, aux coups de fils successifs qu'il reçoit. On est toute ouïe. On écoute chaque mot, chaque son, chaque bruit, et, comme Asger, on interprète, on échafaude. La création sonore est méticuleuse et impressionnante. Comme la femme de la voiture, nous aussi on est pris en otage, capturé, et on s'accroche aux accoudoirs pendant que le récit avance et accélère. C'est rient de dire que la tension monte, tellement celle-ci est efficace, viscérale, et ne vous lâche plus une fois que l'histoire est lancée.
C'est très fort de ne rien montrer du tout, et de forcer le spectateur à rester enfermé dans ce bureau sans pouvoir en sortir. et de l'obliger à devoir, surtout, imaginer, et quand le spectateur imagine, il a tendance à bien sûr imaginer le pire...
Bref le cable se tend se tend se tend de plus en plus, attention au dénouement, ça risque de cingler!
Très très recommandable. (Rafraîchissant ?)

0898867

Posté par chori à 07:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]