dimanche 5 août 2018

sucer la bite

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A GENOUX LES GARS
d'Antoine Desrosières

Pour parler crument... c'est ce que fait le film. Ou, plutôt, les quatre personnages principaux : Rim et Yasmina, deux soeurs, et Majid et Salim, leurs petits copains respectifs. Le titre du post aborde franchement (frontalement) le sujet principal du film et je me devais de l'aborder de la même façon.
Soient deux beurettes (Souad Arsane et Inas Chanti, sensationnelles) qui parlent, et qui nous parlent de ce que c'est qu'être une beurette aujourd'hui. Sans voile et sans fard. A cru. Elles jouent deux frangines complices, une plus agée -qui débute le film en mimant à sa soeur un orgasme- et une plus jeune qui "débute" dans la vie affective et sexuelle, et que sa grande soeur va présenter au pote de son copain à elle. Les deux mecs sont potes et s'appellent "frère", et tout le monde d'ailleurs s'appelle "frère", même les deux soeurs.
Rim avec Majid, et, donc, Yasmina avec Salim.
Un film de parole, de tchatche de bagout. Sidérant. Un concours d'éloquence destinée à justifier, le plus souvent, le recours à la pratique sexuelle évoquée dans le titre de ce post. Rim refuse de sucer Majid, tandis que Yasmina n'a pas refusé ce plaisir à Salim. Tout va se compliquer lorsque, Rim partie en voyage scolaire - à Auschwitz!-, Salim profite de l'occasion pour demander à Yasmina d'accorder toujours ce même plaisir à Majid, parce qu'il est seul et abandonné, et que comme ça ça "ne sortira pas de la famille", plutôt qu'il risque de tromper Rim avec une inconnue...
Bonne pâte, Yasmina finit par accepter, sauf que Salim profite de l'occasion pour filmer la scène, et se livre à un chantage auprès de la jeune fille, la menaçant de diffuser la vidéo si elle n'accepte pas de fluncher avec lui (je vous laisse voir le film pour trouver le sens de l'expression) quasiment ad vitam aeternam, jusqu'au mois de février suivant, en tout cas.
Galère.
Au retour de Rim, la situation devient encore plus confuse et explosive entre les deux soeurs. Et avec les deux gars.
Jusqu'à un dénouement absolument jubilatoire, où les filles réussissent à boucler astucieusement la boucle (les commentateurs de foot auraient commenté ça comme "la réponse du berger à la bergère", sauf que c'est le contraire, voyez le film, vous dis-je).
Les deucactrices principales sont aussi co-dialoguistes et co-scénaristes, et elles figuraient déjà dans le précédent moyen-métrage du réalisateur, Haramiste. (en fouillant dans la filmo d'Antoine desrosières, j'ai découvert qu'il avait été producteur, en 1998, de l'excellent court-métrage Mon copain Rachid, que j'avais en son temps adoré).
Un film speed, trash, soulant, qui a le mérite d'aborder de l'intérieur la condition -pas facile- des demoiselles "de cité", la pose de domination mâle, et la faible marge de manouevre qu'elles ont pour y remédier (entre les interdits familiaux et les diktats d'internet).
Un film culotté, impertinent, bouillonnant, porté par deux comédiennes qui le sont tout autant : culottées, impertinentes, bouillonnantes.
Rendons au féminin ses prérogatives.

0467041


PS (je pourrais aussi dire appendice -hihihi-): au téléphone Hervé me fait remarquer, à très juste titre,  que, dans ma précipitation enthousiaste, j'ai quand même oublié de mentionner une des plus mémorables QV (la seule, en fait, qu'on voit dans le film, celle du jeune black) de l'année, au naturel et en majesté. Rendons à César...

Posté par chori à 10:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

tique

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LE CIEL ÉTOILÉ AU-DESSUS DE MA TÊTE
d'Ilan Klipper

Un film dont j'avais raté l'avant-première l'année dernière à Entrevues, pour cause de visionnage d'une autre avant-première, et dont je n'avais obtenu que des echos plutôt tièdes de la part de Dominique et de son collègue Laurent (dominique qui reconnaîtra plus tard, tout de même, qu'ils étaient les seuls à être de cet avis, et que tous les autres avaient aimé). Eh bien je suis plutôt de l'avie des autres.
Déjà on a cette affiche, que je trouve magnifique et intriguante (c'es la dernière image du film). C'est l'histoire d'un homme, cinquantenaire, qui reste cloîtré dans son appart, le plus souvent en sous-vêtements, à la recherche de l'inspiration pour un deuxième roman, qui ferait suite au premier , Le ciel étoilé au-dessus de ma tête, publié des lustres pultôt et salué par une critique unanime et louangeuse. sauf qu'il n'a rien réussi à écrire (ni donc, à publier) depuis.
Un appartement un peu bordélique, à l'image du film, à la topologie un peu complexe d'utant que se mêlent, sans prévenir, des images oniriques à celles, réelles, filmées dans l'appart' en question (cet homme a quand même une affiche de Cosmodrama au-dessus de son lit!, qu'on s'en émerveille!).
Il vit en coloc' avec une jeune et mignonne femen, qui fait "des trucs en haut avec ses potes", mais il va soudain recevoir la visite de toute une série de gens, parents, amis, relations, qui vont débouler les uns après les autres : papa et maman en tête, accompagnés d'une jeune blonde qu'il va prendre pour un futur parti que lui présentent ses parents, mais pas du tout, qui va se révéler être une psy, venue là spécialement pour lui, mais pour quoi, vous le saurez plus tard, puis un vieux pote, puis son ex, ça commence à brasser beaucoup d'air, ça se bouscule au portillon ça discutaille ça s'interroge voire s'invective, ça se fait des câlins de groupe jusqu'au fin mot de l'histoire : tout le monde s'inquiétant pour notre héros est venu demander un internement d'office "pour son bien". Aïe...
Mais on est plutôt dans le registre de la comédie foutraque que celui du film à thèse (et prise de tête). Quoique. La construction du film, qui met sur le même niveau de narration "vraie choses" et fragments oniriques prend un malin plaisir, justement, à embrouiller les choses dans la tête du spectateur, et jusqu'au bout du bout on se posera des questions : c'est-y-vrai ? ça l'est-y pas?
Je n'ai qu'un regret, c'est d'avoir piqué du nez pendant les dix dernières minutes, plof! comme ça tout d'un coup, et, donc d'avoir dû me poser encore plus de questions que les autres (merci Catherine d'avoir répondu à quelques-unes).Je laisse donc le mot de la fin à la critique de Libé, qui, cette fois, me semble très juste :
"Singulière, surprenante, de bon ton, cette comédie française arrive à point nommé pour marquer son territoire. Elle se démarque, sans grande prétention ni dérision déplacée, à travers une histoire qui grossit, grossit, grossit - de l’anémie jusqu’au débordement épanoui. Et la comédie noire finit bien, ou presque. Dans la nuit, deux âmes se retrouvent. On ne sait plus très bien qui perd les pédales ou si tout cela est vrai - et après tout on s’en fout, car les deux s’embrassent déjà, finalement sains et saufs d’esprit."
Joli, non ?

1853201

 

Posté par chori à 04:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]