dimanche 19 août 2018

mister freeze

095
LE MONDE EST A TOI
de Romain Gavras

Contrairement au morceau de Kool Shen (2005, j'ai des lettres) L'avenir est à nous, le titre ici se conjugue au singulier, les choses sont claires : chacun pour sa gueule. Et dans ce beau panier de crabes (et de crabesses), ça joue dur de la pince, chacun(e) pour s'en sortir mieux que le voisin  n'hésitant pas à marcher sur le museau du copain/de la copine, sans états d'âme ni remords ni regrets. Moi je. Festival de tromperies, de bluffs, de feintes, de mensonges, de trahisons, de coups bas, et autres empapaoutages divers.
Au centre de l'histoire, François (Karim Leklou, que j'aime beaucoup et que j'étais content de voir enfin en haut de l'affiche, il le mérite bien...) un petit trafiquant qui rêve de se ranger du trafic de shit en bas des immeubles pour devenir le concessionnaire exclusif de Mister Freeze au Maroc. Pour sa mise de fonds, il doit négocier avec Poutine, le caïd local aux méninges passablement grillées (Sofian Khammes, très bien) mais surtout avec Danny, sa mère (isabelle Adjani, dans ses -très- grandes oeuvres), plus quelques autres bâtons dans les roues : Henry, un ex-taulard copain de mère (Vincent Cassel, parfaitement extraordinaire dans la sobriété et le sous-jeu...) et la jeune Lamya (Oulaya Amamra, toujours aussi délicieuse, découverte dans Divines) qu'on pourrait poliment qualifier de gourgandine.
Voilà les ingrédients principaux de ce cocktail estival passablement frappé : rajoutez deux petites frappes (un black et un rebeu) speedées, un trafiquant américain et sa fille grassouillette, pas mal d'argent en liquide, pas mal de shit en tonnes, pas mal de flingues aussi, et hop, secouez secouez et dégustez ce catalogue d'embrouilles ce bal de faux-culs et d'entourloupes. Tout le monde cherche à le faire à l'envers (cette expression revient très souvent, en ce moment dans les films et les bandes-annonces) à tout le monde, et tout le monde y réussit, à un moment ou à un autre, avant d'y passer à son tour.
C'est peut-être François le moins salaud de l'histoire (à moins que ce ne soit, finalement, le plus retors) et Karim Leklou incarne à la perfection ce mec un peu mou, un peu lâche, un peu veule, qui n'arrête pas de s'en prendre plein la gueule par les un(e)s et par les autres, mais qui suit, finalement son petit chemin pépère, et parviendra, au bout du compte,  à réaliser son petit rêve pépère (délicieuse image finale)...
Un film en dents de scie, souvent très drôle, et très grinçant aussi d'autres fois (parfois ce sont les mêmes), qui, même s'il a le cul comme posé sur plusieurs tabourets fictionnels (l'humour, l'action, le film de genre, le polar) sait plutôt bien jouer aux chaises musicales (parlons-en, tiens, de la musqiue...) et réussit, plutôt intelligemment à ne jamais se casser la gueule. Bien vu.
Applaudissements pour l'ensemble du casting (en redisant la bonne surprise de la performance atone de Cassel).

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 trois en bleu...

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trois en jaune...

2189700 2160012 2145949

 trois en rose...

2722724 4490731

et deux de plus en bleu
ça c'est de la campagne d'affichage...

 

Posté par chori à 05:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]