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BLACKKKLANSMAN
de Spike Lee

Imparable.
Une mécanique implacale, une horlogerie à la précision sidérante, comme les rouages intérieurs d'une bombe à retardement qu'on voit s'assembler sous nos yeux et de laquelle on attend juste le moment où elle va nous péter à la gueule (et question déflagration, on n'est pas déçu). On le sait, les films de Spike Lee sont des films politiques (c'est lui qui avait répondu, il y a longtemps, à un journaliste  "il y aura des personnages blancs dans mes films quand Woody Allen mettre des blacks dans les siens...") et le cinéaste ne se prive pas de le faire savoir à chaque fois.
Ici, on a deux têtes d'affiche : un noir (John David Washington, le fils de Denzel, excellent) et un blanc (l'omni-aimé Adam Driver, qui va commencer à me fatiguer s'il continue à jouer dans des films que j'adore... Paterson, Logan Lucky, celui-ci, n'en jetez plus!) qui incarnent le même personnage : le premier quand il faut parler au téléphone, et le second quand il faut l'incarner en vrai, car il ne s'agit  de rien de moins que d'infiltrer la section locale du KKK.Ron Stallworth (c'est son nom) est donc noir et blanc, et yin et yang, et toutes les autres dualités de la terre qu'on pourrait bien rajouter.
La mécanique tictaque à la perfection, d'autant plus que, parallèlement, il s'agit, au départ, d'abord, pour notre flic black de s'intégrer et trouver sa place dans la police locale de Colorado Springs (qui compte parmi ses subalternes des sacrées têtes de noeud), et que, pour corser encore un peu l'affaire, le réalisateur a un peu déformé la réalité en faisant du personnage joué par Adam Driver un juif (et j'ai appris là que les gens du kkk ne haïssaient pas que les blacks...) Sans compter que Ron Stallworth (notre flic black chéri) s'est amouraché d'une délicieuse activiste black, qui traite les cops de pigs, et à qui il n'ose pas avouer son vrai job. Tout va se compliquer encore (et tictaquer 'achement plus fort) lorsque le président en personne du kkk annonce qu'il va venir à Colorado Springs pour l'intronisation (le "baptême") des nouveaux membres (dont le "vrai-faux" Stallworth, version blanche) et qu'on assigne à sa protection -arghhh!- un flic black (le vrai-vrai Stallworth, cette fois-ci). Et comme il y a de l'explosif, il est normal que tout ça explose...
(Je suis allé voir trop de films ces derniers temps, et j'ai donc du mal à rédiger un post décent sur chacun d'eux, surtout que le temps passe et que les souvenirs s'effacent)
Je me souviens juste que je suis sorti de là en jubilant.
Top 10, sans doute.

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